{"id":17905,"date":"2026-09-17T11:24:22","date_gmt":"2026-09-17T09:24:22","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=17905"},"modified":"2026-09-17T11:55:50","modified_gmt":"2026-09-17T09:55:50","slug":"catherine-pugin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/catherine-pugin\/","title":{"rendered":"Catherine Pugin"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><span style=\"font-size: 30px\">B\u00e2tisseuse  de ponts entre les mondes virtuels et la r\u00e9alit\u00e9<\/span><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>De la campagne fribourgeoise aux sommets de l\u2019administration vaudoise, Catherine Pugin navigue au carrefour des r\u00e9volutions technologiques.&nbsp; Premi\u00e8re d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au num\u00e9rique du canton de Vaud, elle \u0153uvre aujourd\u2019hui \u00e0 d\u00e9nouer les enjeux de l\u2019\u00e9poque tout en remettant de l\u2019humain au centre de la machine.&nbsp; Un travail de vulgarisation entam\u00e9 sur les bancs de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, puis de Lausanne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le calme avant la temp\u00eate? Lorsqu\u2019elle jette un regard nostalgique \u00e0 sa paisible et heureuse enfance bulloise, Catherine Pugin mesure les changements cataclysmiques survenus dans notre soci\u00e9t\u00e9 et dans son parcours au fil des vagues num\u00e9riques. Il semble en effet loin le temps o\u00f9 la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au num\u00e9rique du Canton de Vaud, charg\u00e9e de coordonner la mise en \u0153uvre de la strat\u00e9gie num\u00e9rique du Conseil d\u2019\u00c9tat, jouait avec ses voisins dans les quartiers de Bulle, alors sans voitures. Une enfance simple et joyeuse, rythm\u00e9e par une scolarit\u00e9 sans accroc, loin des enjeux li\u00e9s aux \u00e9crans et aux r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourtant, la graine technologique est l\u00e0, pr\u00eate \u00e0 germer dans le salon familial. Alors que le monde ignore encore tout de l\u2019informatique, la famille Pugin fait figure de pionni\u00e8re. Passionn\u00e9, son p\u00e8re poss\u00e8de un Commodore 64, premier ordinateur personnel d\u00e9velopp\u00e9 en 1982. Les Pugin sont aussi parmi les premiers \u00e0 se raccorder \u00e0 Internet en 1995. Catherine Pugin s\u2019immerge dans ce monde en devenir et s\u2019y passionne. \u00c0 l\u2019\u00e9cole secondaire, alors que ses camarades s\u2019\u00e9chinent sur des machines \u00e0 \u00e9crire, la Fribourgeoise r\u00e9dige d\u00e9j\u00e0 ses exercices sur ordinateur, au b\u00e9n\u00e9fice d\u2019une dispense express puisque la machine \u00e0 \u00e9crire avait disparu du foyer familial.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette \u00e9poque, la future d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au num\u00e9rique ne se r\u00eave pourtant ni en hackeuse, ni en ing\u00e9nieure. \u00c9l\u00e8ve brillante, elle choisit la voie des langues anciennes au coll\u00e8ge, jusqu\u2019au Bac. Nous sommes en 1999. Catherine Pugin se cherche une voie. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, elle se passionne pour les d\u00e9rives des mouvances sectaires: <em>\u00ab<\/em>J\u2019avais une fascination marqu\u00e9e par l\u2019affaire de l\u2019Ordre du Temple Solaire au milieu des ann\u00e9es 1990. C\u2019\u00e9tait mon premier vrai choc m\u00e9diatique.\u00bb Afin de comprendre les m\u00e9caniques en jeu dans de tels massacres, elle pousse les portes de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg et entame un cursus en Sciences des Religions, \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres. Elle ne fera qu\u2019un semestre. Le cadre, trop flou, ne lui convient pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Catherine Pugin consulte alors un orienteur professionnel qui lui sugg\u00e8re l\u2019informatique. L\u2019id\u00e9e fait mouche. \u00c0 la Facult\u00e9 des sciences de l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg, elle retrouve la rigueur des math\u00e9matiques qu\u2019elle aime tant: \u00abAu d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, on \u00e9tait loin des enjeux li\u00e9s au num\u00e9rique, se souvient-elle. On apprenait la technique pure, le code, la compr\u00e9hension m\u00e9canique de la machine. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par la difficult\u00e9 \u00e0 traduire l\u2019\u00e9vident. Soit comment expliquer \u00e0 un programme ce que le cerveau saisit en une fraction de seconde, comme la diff\u00e9rence entre un cercle et un carr\u00e9?\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Entour\u00e9e d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00e9tudiants soud\u00e9, elle prolonge le plaisir acad\u00e9mique jusqu\u2019\u00e0 obtenir un doctorat en informatique. Mais une certitude s\u2019impose \u00e0 elle. Catherine Pugin ne passera pas sa vie isol\u00e9e derri\u00e8re un \u00e9cran \u00e0 aligner des lignes de code dans le vase clos de la recherche: \u00abUn \u00e9v\u00e9nement public \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg m\u2019a convaincue de l\u2019importance de transmettre la science au grand public. J\u2019avais donc tr\u00e8s envie de me sp\u00e9cialiser dans la vulgarisation; de m\u2019ouvrir aux probl\u00e9matiques soci\u00e9tales du num\u00e9rique.\u00bb Cette ouverture se mat\u00e9rialise au d\u00e9but des ann\u00e9es 2010. Catherine Pugin rejoint le Pr\u00e9pos\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 la protection des donn\u00e9es et \u00e0 la transparence, \u00e0 Berne. Un petit bureau et une tr\u00e8s petite \u00e9quipe, mais qui doit d\u00e9j\u00e0 faire face \u00e0 des enjeux colossaux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 l\u2019instar de \u00abl&rsquo;affaire Google\u00bb en Suisse. Soit le bras de fer juridique et politique opposant le Pr\u00e9pos\u00e9 f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 la protection des donn\u00e9es au g\u00e9ant californien concernant le service Google Street View, doubl\u00e9 du scandale mondial de la collecte ill\u00e9gale de donn\u00e9es Wi-Fi par les cam\u00e9ras itin\u00e9rantes de Google: \u00abNous \u00e9tions au tout d\u00e9but des premi\u00e8res affaires, souligne Catherine Pugin. On devait beaucoup expliquer. Puis pour moi, c&rsquo;\u00e9tait vraiment la rencontre avec tout le milieu de l&rsquo;administration publique et des juristes. J\u2019ai beaucoup appris.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Catherine Pugin poursuit dans la vulgarisation scientifique au sein de la Fondation suisse pour l\u2019\u00e9valuation des choix technologiques (TA-SWISS). Mais son exp\u00e9rience au Pr\u00e9pos\u00e9 \u00e0 la protection des donn\u00e9es et \u00e0 la transparence a laiss\u00e9 des traces. Catherine Pugin r\u00e9alise que le num\u00e9rique n\u2019est plus seulement de la tuyauterie. C\u2019est une lame de fond qui transforme tous les pans de notre soci\u00e9t\u00e9: \u00abNous avons toutes et tous un prisme de lecture du num\u00e9rique et de ses cons\u00e9quences, mais c\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 que j\u2019ai vraiment conscientis\u00e9 les enjeux \u00e9normes auxquels nous devrions faire face \u00e0 l\u2019avenir. J\u2019ai vu l\u2019importance d\u2019analyser les technologies de mani\u00e8re interdisciplinaire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le 1\u1d49\u02b3 janvier 2020, Catherine Pugin est nomm\u00e9e premi\u00e8re d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e au num\u00e9rique de l&rsquo;\u00c9tat de Vaud. Un poste taill\u00e9 sur mesure, mais dont personne ne cerne alors exactement les contours. Deux mois et demi plus tard, le 13 mars, le Covid-19 d\u00e9ferle sur la Suisse. L&rsquo;administration se barricade, le t\u00e9l\u00e9travail devient la norme, et les dossiers br\u00fblants s&rsquo;accumulent de l&rsquo;application Swiss Covid aux outils de tra\u00e7age. Catherine Pugin vit son bapt\u00eame du feu: \u00abC&rsquo;\u00e9tait une page blanche, deux ann\u00e9es pas faciles. Le service informatique devait parer au plus press\u00e9, et il fallait en m\u00eame temps expliquer la raison d\u2019\u00eatre de ma mission\u00bb, raconte-t-elle.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 la v\u00e9locit\u00e9 technologique, Catherine Pugin d\u00e9couvre aussi le temps politique: \u00abIl est clair que c&rsquo;est deux temps qui ne sont pas forc\u00e9ment compatibles, reconna\u00eet la D\u00e9l\u00e9gu\u00e9e. Mais si de temps en temps, je parviens \u00e0 donner un petit coup d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur aux administrations publiques et aux politiques, c\u2019est int\u00e9ressant. Le temps politique a aussi des avantages, puisqu\u2019il permet de prendre du recul et de r\u00e9fl\u00e9chir aux choses m\u00eame si tout s\u2019emballe autour de nous.\u00bb C\u2019est d\u2019ailleurs pour comprendre les bases th\u00e9oriques de l&rsquo;administration publique que Catherine Pugin a effectu\u00e9 deux CAS \u00e0 l\u2019Institut des hautes \u00e9tudes en administration publique (IDHEAP) de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Le premier (CEMAP), en management et action publique. Le second en d\u00e9fis institutionnels et politiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Six ans apr\u00e8s avoir pris la t\u00eate de la strat\u00e9gie num\u00e9rique vaudoise, le regard de Catherine Pugin sur la technologie s&rsquo;est teint\u00e9 d&rsquo;un pragmatisme lucide. M\u00e8re de deux enfants adolescents, elle est confront\u00e9e comme tous les parents \u00e0 la guerre du temps d\u2019\u00e9cran et \u00e0 la fascination pour les intelligences artificielles. Mais au travail comme \u00e0 la maison, sa philosophie reste la m\u00eame: <em>\u00ab<\/em>On a beaucoup laiss\u00e9 le num\u00e9rique aux informaticiens en se disant qu\u2019ils et elles savaient faire. Aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est un sujet dont la soci\u00e9t\u00e9 tout enti\u00e8re doit s&#8217;emparer. Le num\u00e9rique ne doit pas \u00eatre une fin en soi. Mon r\u00f4le, c&rsquo;est de prendre du recul pour faire les bonnes choses au bon moment.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 la d\u00e9ferlante des GAFA et aux promesses folles de l&rsquo;IA, Catherine Pugin plaide pour un num\u00e9rique \u00e9thique, souverain et surtout r\u00e9fl\u00e9chi. Entre l&rsquo;enthousiasme b\u00e9at des technophiles et le temps long du d\u00e9bat politique, la Fribourgeoise continue de tracer sa voie. Avec la m\u00eame m\u00e9thode qu&rsquo;\u00e0 ses d\u00e9buts. \u00c0 savoir \u00e9couter, traduire, et s&rsquo;assurer que la machine reste toujours au service de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat citoyen.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size wp-block-paragraph\"><em>Lausanne le 17.09.2026<br>Article de Mehdi Atmani<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>B\u00e2tisseuse de ponts entre les mondes virtuels et la r\u00e9alit\u00e9<\/p>\n","protected":false},"author":1001058,"featured_media":17908,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_robots_follow":"","_seopress_robots_imageindex":"","_seopress_robots_snippet":"","_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_robots_breadcrumbs":"","_seopress_robots_freeze_modified_date":"","_seopress_robots_custom_modified_date":"","_seopress_robots_canonical":"","_seopress_social_fb_title":"","_seopress_social_fb_desc":"","_seopress_social_fb_img":"","_seopress_social_fb_img_attachment_id":0,"_seopress_social_fb_img_width":0,"_seopress_social_fb_img_height":0,"_seopress_social_twitter_title":"","_seopress_social_twitter_desc":"","_seopress_social_twitter_img":"","_seopress_social_twitter_img_attachment_id":0,"_seopress_social_twitter_img_width":0,"_seopress_social_twitter_img_height":0,"_seopress_redirections_value":"","_seopress_redirections_enabled":"","_seopress_redirections_enabled_regex":"","_seopress_redirections_logged_status":"","_seopress_redirections_param":"","_seopress_redirections_type":0,"_seopress_analysis_target_kw":"","_seopress_news_disabled":"","_seopress_video_disabled":"","_seopress_video":[],"_seopress_pro_schemas_manual":[],"_seopress_pro_rich_snippets_disable_all":"","_seopress_pro_rich_snippets_disable":[],"_seopress_pro_schemas":[],"footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56337,56290],"class_list":["post-17905","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-idheap","tag-numerique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17905","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001058"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=17905"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17905\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17911,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/17905\/revisions\/17911"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/17908"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=17905"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=17905"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=17905"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}