{"id":16942,"date":"2025-12-17T14:25:51","date_gmt":"2025-12-17T13:25:51","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=16942"},"modified":"2025-12-19T09:40:31","modified_gmt":"2025-12-19T08:40:31","slug":"kerria-grize","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/kerria-grize\/","title":{"rendered":"Kerria Grize"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">Les terrains de jeu de Kerria Grize <\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 34 ans, la g\u00e9ographe-urbaniste, sp\u00e9cialiste en analyse spatiale, a toujours explor\u00e9 son monde en changeant de focale. Non pas par ind\u00e9cision, mais pour \u00e9tancher sa soif de curiosit\u00e9. Un regard singulier qu\u2019elle a aiguis\u00e9 en architecture \u00e0 l\u2019EPFL, puis au fil de son cursus en g\u00e9ographie humaine \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement (FGSE) de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>De l\u2019infiniment petit \u00e0 l\u2019immens\u00e9ment grand, Kerria Grize est une femme d\u2019\u00e9chelle. C\u2019est ainsi qu\u2019elle observe depuis toujours son environnement, n\u2019h\u00e9sitant pas \u00e0 changer de focale jusqu\u2019\u00e0 trouver la bonne distance d\u2019observation. Une profondeur de champs que la g\u00e9ographe-urbaniste de 34 ans, sp\u00e9cialiste en analyse spatiale, semble avoir trouv\u00e9 au sein de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019analyses g\u00e9ographiques MICROGIS dans laquelle elle travaille depuis bient\u00f4t quatre ans. Pourtant, Kerria Grize n\u2019a pas toujours vu tr\u00e8s clair. Ou du moins, elle s\u2019est donn\u00e9e le temps et les moyens d\u2019explorer son monde, avec diverses paires de lunettes. Non pas par ind\u00e9cision, mais pour \u00e9tancher sa soif de curiosit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Avant de devenir Lausannoise, Kerria Grize a d\u2019abord grandi \u00e0 Gen\u00e8ve. Une scolarit\u00e9 classique, sans accrocs jusqu\u2019\u00e0 la maturit\u00e9. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, malgr\u00e9 une ann\u00e9e sabbatique en Nouvelle-Z\u00e9lande, elle pense encore que la g\u00e9ographie rime \u00abavec l\u2019apprentissage du nom des capitales\u00bb, ironise-t-elle. Elle comprendra vite son erreur. \u00c0 son retour de voyage, la Genevoise est devant le choix de tous les possibles. Elle d\u00e9cide d\u2019abord de s\u2019inscrire en architecture, \u00e0 l\u2019EPFL: \u00abJe ne connaissais rien au m\u00e9tier d\u2019architecte; je n\u2019avais aucun proche dans le domaine. J\u2019ai fait ce choix par curiosit\u00e9 dans l\u2019id\u00e9e de r\u00e9unir mon c\u00f4t\u00e9 scientifique et cr\u00e9atif.\u00bb Elle fera trois ans en architecture, jusqu\u2019\u00e0 la deuxi\u00e8me ann\u00e9e: \u00abJe vous laisse faire le calcul\u00bb, sourit-elle. L\u2019architecture la passionne, \u00abmais j\u2019ai vite senti que ce n\u2019\u00e9tait pas l\u2019\u00e9chelle qui me convenait le plus. Je ne me reconnaissais pas non plus dans la culture d\u2019entreprise des bureaux d\u2019architecture.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, Kerria Grize s\u2019enthousiasme pour les cours d\u2019urbanisme. Deux petites heures hebdomadaires seulement dans son cursus en architecture, qui la confortent dans son choix: \u00abL\u2019id\u00e9e d\u2019observer la ville \u00e0 l\u2019\u00e9chelle macro m\u2019attirait davantage, poursuit Kerria Grize. Tout est une question d\u2019approche. L\u2019architecture s\u2019oriente vers l\u2019objet; l\u2019urbanisme, par la g\u00e9ographie, s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la mani\u00e8re dont l\u2019humain s\u2019approprie et vit son environnement et son espace.\u00bb La jeune femme poursuit en architecture tout en ouvrant l\u2019oeil sur d\u2019autres fili\u00e8res qui pourraient r\u00e9pondre \u00e0 ses d\u00e9sirs. Elle trouve son bonheur du c\u00f4t\u00e9 de l\u2018Universit\u00e9 de Lausanne et sa Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement (FGSE). Nous sommes en 2014, Kerria Grize entame un bachelor en g\u00e9ographie humaine.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce choix sera le bon. Tout au long de son cursus \u00e0 l\u2019Unil, Kerria Grize n\u2019abandonne pas ses doutes, mais ne c\u00e8de pas \u00e0 l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 d\u2019anticiper l\u2019avenir hors des auditoires: \u00abJe me suis toujours pos\u00e9 des questions. J\u2019ai toujours observ\u00e9 ce qui se faisait ailleurs; hors de mon quotidien. Tr\u00e8s t\u00f4t, j\u2019ai donc eu la conviction que j\u2019allais trouver ma place dans le monde professionnel. Les \u00e9tudes nous apprennent \u00e0 apprendre. En aucun cas, nous sommes des produits finis.\u00bb D\u2019ailleurs, Kerria Grize n\u2019est pas de ces personnes qui se d\u00e9finissent par un m\u00e9tier ou des \u00e9tudes. La trentenaire est une touche-\u00e0-tout. Elle a besoin d\u2019ailleurs et de nourriture qu\u2019elle puise dans ses passions et ses autres int\u00e9r\u00eats. \u00c0 l\u2019instar de la natation qu\u2019elle a repris en 2021, apr\u00e8s douze ans de pratique en club. Et puis il y a aussi le graphisme, le design\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Une fois dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne en 2021, Kerria Grize fait le grand saut dans le monde professionnel par un stage en am\u00e9nagement du territoire et mobilit\u00e9 au sein de l\u2019Agglom\u00e9ration de Fribourg. Puis elle d\u00e9croche un contrat au sein de MICROGIS o\u00f9 elle peut exercer son esprit analytique et technique: \u00abJe m\u2019attaque notamment aux donn\u00e9es quantitatives pour r\u00e9aliser des diagnostics en amont qui serviront ensuite \u00e0 l\u2019\u00e9laboration d\u2019une planification territoriale. Cela me permet d\u2019observer le territoire par le biais de la donn\u00e9e; d\u2019objectiver les choses; de prendre le recul au-del\u00e0 du filtre de mes lunettes d\u2019urbaniste bobo lausannoise\u00bb, caricature-t-elle. Mais il faut laisser une part organique \u00e0 l\u2019am\u00e9nagement. Mon r\u00f4le est aussi d\u2019offrir un socle \u00e0 la vie; de mettre en place les conditions propices \u00e0 ce que la population s\u2019approprie les lieux.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019heure o\u00f9 une initiative UDC veut limiter la population suisse \u00e0 dix millions d\u2019habitants et que les esprits s\u2019\u00e9chauffent sous la pression d\u00e9mographique, comment voit-elle la r\u00e9cup\u00e9ration \u00e9motionnelle de son m\u00e9tier? \u00abEn soi, les donn\u00e9es, cela reste tr\u00e8s objectif. Il est par contre crucial de lever toute ambigu\u00eft\u00e9 sur leur interpr\u00e9tation. Ce qui peut \u00eatre frustrant, c\u2019est lorsque le choix d\u2019\u00e9tude est pertinent, que les analyses sont correctement faites, mais que les conclusions sont hasardeuses. Le lien entre la statistique et la prise de d\u00e9cision; entre le chiffre et le fonctionnement de notre soci\u00e9t\u00e9 n\u2019est pas toujours compris, parfois par le politique, parfois par le chercheur lui-m\u00eame. Il ne faut donc jamais perdre de vue notre devoir d\u2019\u00e9thique et de rigueur scientifique vis-\u00e0-vis de la donn\u00e9e de base pour \u00e9viter qu\u2019elle soit r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e \u00e0 mauvais escient.\u00bb Preuve que l\u2019urbanisme exige aussi de la p\u00e9dagogie et de la patience.<\/p>\n\n\n\n<p>Lausanne, le 15 d\u00e9cembre 2025<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Mehdi Atmani<br>Portrait&nbsp;de&nbsp;Kerria Grize&nbsp;\u00a9&nbsp;Felix&nbsp;Imhof<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les terrains de jeu de Kerria Grize<\/p>\n","protected":false},"author":1003040,"featured_media":16943,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56372,56305,56370,56369],"class_list":["post-16942","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-architecture","tag-fgse","tag-geographie","tag-urbanisme"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16942","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1003040"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16942"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16942\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16970,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16942\/revisions\/16970"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/16943"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16942"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16942"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16942"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}