{"id":14175,"date":"2017-09-15T10:53:00","date_gmt":"2017-09-15T08:53:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=14175"},"modified":"2025-09-29T01:41:19","modified_gmt":"2025-09-28T23:41:19","slug":"xavier-vasseur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/xavier-vasseur\/","title":{"rendered":"Xavier Vasseur"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">Des opportunit\u00e9s \u00e0 saisir&#8230; ou pas<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Il voulait retourner aux beaux-arts, apr\u00e8s un passage \u00e0 l&rsquo;Unil. Une fois sur le march\u00e9 du travail il a saisi les opportunit\u00e9s qui se pr\u00e9sentaient sur son chemin. Portrait d&rsquo;un homme qui a appris \u00e0 \u00e9couter sa petite voix int\u00e9rieure. Xavier Vasseur, dipl\u00f4m\u00e9 de SSP 1998.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Enfant, quel \u00e9tait le m\u00e9tier de vos r\u00eaves?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le premier r\u00eave dont je me souvienne \u00e9tait de devenir \u00ab\u00a0le monsieur en orange qui fait des signes devant les avions\u00a0\u00bb. J&rsquo;utilisais les \u00ab\u00a0rouleaux brosses \u00e0 habits\u00a0\u00bb de ma maman pour diriger des Boeings dans le corridor. Plus tard, je voulais \u00eatre le successeur de Philippe de Dieuleveult* puis de Nicolas Hulot**, pour parcourir le monde.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quel est votre job actuel?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Je suis aujourd&rsquo;hui conseiller au sein de l&rsquo;Unit\u00e9 sant\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 au travail de la Ville de Lausanne. Mon travail consiste \u00e0 accompagner vers le retour \u00e0 l&#8217;emploi des collaboratrices et collaborateurs ayant subi de longs arr\u00eats maladie ou accident. Je travaille \u00e9galement \u00e0 temps partiel comme responsable du comit\u00e9 d&rsquo;organisation de <a href=\"https:\/\/www.lanuitdelalecture.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">la Nuit de la lecture<\/a>, \u00e9v\u00e9nement que j&rsquo;ai fond\u00e9 en 2013.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><img decoding=\"async\" alt=\"cd35ef7854be9ad51505f8999e919514.jpg\" src=\"https:\/\/alumnil.unil.ch\/custom\/unil\/imgcache\/cd\/35\/cd35ef7854be9ad51505f8999e919514.jpg\"><br><em>Affiche la Nuit de la Lecture 2017<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez choisi d&rsquo;\u00e9tudier \u00e0 la Facult\u00e9 des SSP par vocation, pouss\u00e9 par vos parents, pour faire comme vos amis?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai fait des \u00e9tudes en Sciences politiques apr\u00e8s avoir pass\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e prop\u00e9deutique aux Beaux-arts. J&rsquo;ai \u00e9chou\u00e9 \u00e0 l&rsquo;examen d&rsquo;entr\u00e9e du d\u00e9partement d&rsquo;audiovisuel et informatique de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e. J&rsquo;envisageais de passer une ann\u00e9e en Lettres en attendant de me repr\u00e9senter. En fait, je n&rsquo;avais pas d&rsquo;autre projet. Je ne voulais pas commencer un apprentissage, j\u2019avais song\u00e9 \u00e0 rejoindre le CICR ou m\u00eame me lancer dans une carri\u00e8re diplomatique, mais j\u2019ai vite renonc\u00e9 puisque je n\u2019ai jamais aim\u00e9 la politique.<\/p>\n\n\n\n<p>A l\u2019universit\u00e9, un conseiller aux \u00e9tudes m&rsquo;a tr\u00e8s utilement fait remarquer que les branches pour lesquelles j&rsquo;avais le plus grand int\u00e9r\u00eat \u2013 sociologie des m\u00e9dias, histoire des id\u00e9es politiques, \u00e9pist\u00e9mologie \u2013 faisaient partie du cursus de sciences sociales et politiques. J&rsquo;\u00e9viterais ainsi celles qui m&rsquo;int\u00e9ressaient moins, comme la linguistique. De plus, les \u00e9tudes ne duraient que 3 ans alors qu&rsquo;en Lettres, il fallait compter 5 \u00e0 6 ans. Puisque j\u2019avais toujours l\u2019intention de reprendre les beaux-arts, il n&rsquo;\u00e9tait pas question de m\u2019\u00e9terniser \u00e0 l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ma rencontre avec la sociologie politique et Fran\u00e7ois Masnata a \u00e9t\u00e9 une r\u00e9v\u00e9lation. Le Professeur Masnata nous enseignait cette branche avec un charisme et une pr\u00e9sence incroyable, en nous transmettant quantit\u00e9 de connaissances. Il nous stimulait dans l\u2019art du d\u00e9bat, un peu comme le professeur dans le film \u00abLe cercle des po\u00e8tes disparus\u00bb et nous a ouvert les yeux sur le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>En ce qui me concerne, il m&rsquo;a amen\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser qu\u2019on est qui on est parce qu&rsquo;on vient d&rsquo;o\u00f9 on vient. C\u2019est-\u00e0-dire que le choix de nos partenaires de vie, de m\u00e9tier, de biens mat\u00e9riels est influenc\u00e9 par des facteurs dont on ne r\u00e9alise m\u00eame pas l\u2019existence. Ses cours m\u2019ont motiv\u00e9 \u00e0 continuer mes \u00e9tudes, tout comme ma rencontre avec une \u00e9tudiante revenant d\u2019\u00e9change, qui m\u2019a donn\u00e9 envie de partir \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Bradford, en Angleterre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Votre \u00e9tat d&rsquo;esprit au moment de l&rsquo;obtention de votre dipl\u00f4me?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Une grande fiert\u00e9, une grande lib\u00e9ration, mais aussi un questionnement \u00e9norme. \u00ab\u00a0Que vais-je faire maintenant ?\u00a0\u00bb Mes notes \u00e9taient largement suffisantes pour continuer une ma\u00eetrise puis un doctorat, mais le sentiment de ras-le-bol des bancs d&rsquo;\u00e9tudes, de n&rsquo;avoir \u00ab\u00a0jamais cong\u00e9\u00a0\u00bb et le besoin de trouver mon ind\u00e9pendance financi\u00e8re ont pris le dessus. Je me suis donc tourn\u00e9 vers le march\u00e9 du travail. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, je n\u2019avais aucune id\u00e9e de ce que je voulais faire. Pour moi, ces \u00e9tudes n\u2019aboutissaient \u00e0 rien de concret. Par contre, j\u2019avais envie de mettre la main \u00e0 la p\u00e2te et de mettre en pratique ce que j\u2019avais appris.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Que s&rsquo;est-il pass\u00e9 par la suite?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Juste avant de terminer mes examens, j&rsquo;ai trouv\u00e9, parmi les petites annonces affich\u00e9es \u00e0 la Banane, un premier CDD de six mois comme sociologue charg\u00e9 d&rsquo;enqu\u00eate pour l&rsquo;Universit\u00e9 de B\u00e2le. Ce poste consistait \u00e0 mener une \u00e9tude en g\u00e9rontologie et alimentation, en r\u00e9coltant des donn\u00e9es sur des personnes \u00e2g\u00e9es entre 80 et 85 ans via des interviews, et \u00e0 partir de donn\u00e9es informatiques r\u00e9colt\u00e9es par des infirmi\u00e8res. Le but de l\u2019\u00e9tude \u00e9tant de d\u00e9finir la raison pour laquelle les Suisses pr\u00e9sentaient une plus grande long\u00e9vit\u00e9 en comparaison avec d\u2019autres nationalit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai ensuite exerc\u00e9 plein de petits jobs pendant deux ans: figurant danseur au Grand th\u00e9\u00e2tre de Gen\u00e8ve, enqu\u00eateur t\u00e9l\u00e9phonique, r\u00e9colteur de signatures pour des initiatives populaires dans la rue et rempla\u00e7ant gestionnaire de dossiers \u00e0 l\u2019Assurance Invalidit\u00e9. Pour trouver ces petits boulots, je m\u2019adressais \u00e0 Manpower et je saisissais les opportunit\u00e9s qui s&rsquo;offraient. Je venais de trouver un appartement, il fallait donc que je paie le loyer. J\u2019ai aussi profit\u00e9, pendant les p\u00e9riodes creuses, de faire mon brevet de parapente qui a pris pas mal de temps.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019\u00e9tais jamais inquiet, les opportunit\u00e9s se pr\u00e9sentaient les unes apr\u00e8s les autres et je bossais sans arr\u00eat. Aujourd&rsquo;hui je n&rsquo;ai qu&rsquo;un seul regret: ne pas avoir accept\u00e9 de suivre un cours de gestion de projet, offert par mon conseiller ORP. J\u2019ai toutefois combl\u00e9 ces lacunes gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience mais il aurait \u00e9t\u00e9 int\u00e9ressant de profiter de ce cours.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s deux ans de \u00abbutinage\u00bb, j\u2019ai d\u00e9croch\u00e9 un poste fixe d\u2019une mani\u00e8re assez surprenante, gr\u00e2ce \u00e0 ma curiosit\u00e9. En mission pour deux jours, je devais finaliser la mise en page et imprimer des exemplaires d\u2019un document destin\u00e9 \u00e0 la r\u00e9union annuelle des vice-pr\u00e9sidents au niveau international d&rsquo;une grosse multinationale sp\u00e9cialis\u00e9e dans le tabac. J\u2019ai, par hasard, rep\u00e9r\u00e9 une erreur dans le document que j\u2019avais eu la curiosit\u00e9 de parcourir. Je l&rsquo;ai signal\u00e9e \u00e0 mon sup\u00e9rieur hi\u00e9rarchique. La nouvelle est remont\u00e9e \u00e0 travers la hi\u00e9rarchie et le lendemain on m\u2019a demand\u00e9 de rester encore trois mois pour saisir des factures. Rien de tr\u00e8s int\u00e9ressant certes, mais je n\u2019avais pas d\u2019autre emploi en vue, et me suis dit que pour trois mois, c\u2019\u00e9tait supportable et bien pay\u00e9. Durant cette p\u00e9riode, je me suis ennuy\u00e9 ferme avec des coll\u00e8gues en costume-cravate, d\u00e9pourvus d&rsquo;humour. Pour me changer les id\u00e9es, je me rendais souvent au service de packaging o\u00f9 l&rsquo;ambiance \u00e9tait tr\u00e8s diff\u00e9rente et o\u00f9 on me confiait diverses t\u00e2ches.<\/p>\n\n\n\n<p>Un beau jour, le chef du d\u00e9partement m\u2019a appel\u00e9 pour me montrer une annonce cherchant un ing\u00e9nieur packaging avec 10 ans d\u2019exp\u00e9rience. Je lui ai signal\u00e9 qu&rsquo;hormis mon p\u00e8re imprimeur, je ne connaissais personne avec ces qualifications. Il m\u2019a regard\u00e9 et m\u2019a dit qu\u2019il pensait \u00e0 moi et de rajouter, face \u00e0 l&rsquo;\u00e9clat de rire que je n&rsquo;ai pas pu retenir, que m\u00eame si je n\u2019avais pas l\u2019exp\u00e9rience demand\u00e9e, il m&rsquo;en pensait capable. C\u2019est ainsi que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 engag\u00e9, avec un contrat fixe, en tant que responsable de production de produits d\u2019emballage!<\/p>\n\n\n\n<p>Mon poste comportait une partie administrative et un volet cr\u00e9atif o\u00f9 on faisait du re-design de certains paquets et o\u00f9 nous travaillions entre autres sur le lancement de nouvelles marques. Cela impliquait la cr\u00e9ation de maquettes, ce que j\u2019adorais faire, parce que je retrouvais les beaux-arts. Puis il y a eu l\u2019arriv\u00e9e du web et un projet intranet. J\u2019ai pris des cours de web design et j\u2019ai pu d\u00e9velopper des comp\u00e9tences \u00e0 l\u2019interne.<\/p>\n\n\n\n<p>Au bout d\u2019un moment, ce sont mes valeurs qui en ont pris un coup. Mon premier r\u00e9flexe, quand on m\u2019a offert ce poste, avait \u00e9t\u00e9 de me dire \u00abjamais chez ces tueurs\u00bb. Lors de l\u2019entretien, lorsqu\u2019on m\u2019a demand\u00e9 ce que repr\u00e9sentait le tabac pour moi, j\u2019ai r\u00e9pondu que c\u2019\u00e9tait une substance nocive qui tuait. Mais on m\u2019a tout de m\u00eame engag\u00e9. \u00c0 cette \u00e9poque, il \u00e9tait encore permis de fumer dans les bureaux \u00e0 condition que tous les employ\u00e9s soient d\u2019accord. Inutile de dire qu\u2019on \u00e9tait implicitement oblig\u00e9s d\u2019\u00eatre d\u2019accord. Pas id\u00e9al quand on est non-fumeur.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019avais l\u2019habitude de venir au travail \u00e0 v\u00e9lo. Un jour on m\u2019a signifi\u00e9 qu&rsquo;\u00e0 mon niveau de salaire, je pouvais tout \u00e0 fait me payer une voiture et que ce serait mieux pour l\u2019image de la maison. (Je me souviens du jour de ma premi\u00e8re paie: je ne savais pas si c\u2019\u00e9tait mon salaire annuel ou mensuel!). En outre, il fallait bien entendu porter un \u00ab\u00a0costard-cravate\u00a0\u00bb m\u00eame si je ne recevais ni ne voyais jamais personne de l\u2019ext\u00e9rieur. Tout cela, ce para\u00eetre, cette image qu\u2019il fallait donner et qui ne me correspondait pas, m\u2019a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 donner ma d\u00e9mission.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center has-small-font-size\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/alumnil.unil.ch\/custom\/unil\/imgcache\/f3\/2f\/f32ff1de92a580dd4501dbb347c2f293.jpg\" alt=\"f32ff1de92a580dd4501dbb347c2f293.jpg\"><br><em>Xavier Vasseur adoss\u00e9 \u00e0 une bo\u00eete \u00e0 livres \u00e0 Lausanne en f\u00e9vrier 2016.<br>Photo:\u00a0Robert Fux; Graffiti: Baro Bombing.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nouvelle \u00e9tape de ma vie, j\u2019ai trouv\u00e9 une place en tant que conseiller en placement, sans doute gr\u00e2ce \u00e0 la mention dans mon CV d\u2019un s\u00e9minaire avanc\u00e9 en gestion de ressources humaines que j\u2019avais suivi aupr\u00e8s des HEC. Malgr\u00e9 le fait que j\u2019aimais beaucoup le contact avec les demandeurs d&#8217;emploi, je n\u2019ai pas travaill\u00e9 longtemps pour cette soci\u00e9t\u00e9. Je ne supportais pas l\u2019attitude du patron qui consid\u00e9rait ces gens comme de la viande qu\u2019il fallait vendre \u00e0 tout prix pour toucher une commission. Cela allait contre mes valeurs encore une fois.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;ai ensuite trouv\u00e9 un poste de webdesigner. D&rsquo;un stage de trois mois, j&rsquo;ai obtenu un poste fixe avant de devenir directeur artistique un an plus tard, puis membre du comit\u00e9 de direction. L\u2019ambiance \u00e9tait g\u00e9niale, je n\u2019ai plus eu \u00e0 porter de cravate et on \u00e9coutait Bob Marley en travaillant. J&rsquo;ai collabor\u00e9 pendant 8 ans dans cette entreprise avant de subir un licenciement \u00e9conomique collectif.<\/p>\n\n\n\n<p>Dix ans apr\u00e8s \u00eatre sorti de l\u2019Unil, il \u00e9tait temps de dresser un bilan de ma situation. Je savais pertinemment que je n\u2019allais plus pouvoir devenir un sociologue, je n\u2019avais jamais pratiqu\u00e9 le m\u00e9tier et ne m\u2019\u00e9tais jamais tenu \u00e0 jour. Quant au m\u00e9tier de webdesigner, qui comprenait une large gamme d\u2019activit\u00e9s, il s\u2019\u00e9tait tellement sp\u00e9cialis\u00e9 en quelques ann\u00e9es que malgr\u00e9 mes comp\u00e9tences g\u00e9n\u00e9rales, je n\u2019\u00e9tais plus int\u00e9ressant pour le march\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Je suis donc retourn\u00e9 au ch\u00f4mage pendant six mois durant lesquels on m\u2019a financ\u00e9 un bilan de comp\u00e9tences. \u00c0 terme je savais que je ne voulais pas avoir un seul job mais un m\u00e9lange de deux ou trois postes qui toucheraient \u00e0 la fois les domaines de la communication, du monde de la cr\u00e9ation et de l\u2019enseignement. C\u2019\u00e9tait assez compliqu\u00e9 de trouver quelque chose qui pouvait combiner les trois.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s plusieurs d\u00e9ceptions, je suis tomb\u00e9 sur un poste de Conseiller en r\u00e9insertion professionnelle pour la Fondation Int\u00e9gration pour tous (IPT) o\u00f9 j\u2019ai \u00e9t\u00e9 engag\u00e9 et form\u00e9 en interne. J&rsquo;y suis rest\u00e9 7 ans. Le m\u00e9tier m\u2019a vraiment plu. J\u2019avais le sentiment d\u2019\u00eatre utile, de pouvoir aider les gens. Malheureusement, la fondation qui avait 40 ans d\u2019activit\u00e9, tournait sur un business mod\u00e8le obsol\u00e8te. Il \u00e9tait temps pour moi de chercher autre chose.<\/p>\n\n\n\n<p>Durant mes recherches, j\u2019ai profit\u00e9 de suivre une formation de m\u00e9diateur culturel et ai lanc\u00e9 la \u00abNuit de la lecture\u00bb. J\u2019avais baiss\u00e9 mon taux d&rsquo;activit\u00e9 pour y consacrer plus de temps et d\u00e9velopper d\u2019autres projets quand je suis tomb\u00e9 sur le nouveau programme de suivi d&rsquo;absences longues pour les collaborateurs de la Ville de Lausanne. J\u2019ai saisi l\u2019opportunit\u00e9 de participer \u00e0 sa conception et \u00e0 sa mise en place, ceci depuis le 1er mars 2016.<\/p>\n\n\n\n<p>Si je devais tirer une conclusion de mon parcours, je dirais tout d\u2019abord que pour le sociologue, il n\u2019y a pas de hasard. Tout ce que je viens de vous d\u00e9crire est une succession d\u2019opportunit\u00e9s qu\u2019on d\u00e9cide de saisir ou pas. J\u2019ai donc fait des choix et en ai refus\u00e9 quelques-unes qui ne me parlaient pas sur le moment. Je pense que j\u2019ai su d\u00e9montrer certaines comp\u00e9tences qui ont titill\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat de mes employeurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019avais personnellement pas de plan de carri\u00e8re. Mais tout d\u00e9pend de ce qu\u2019on veut dans la vie : si on ambitionne de devenir vice-pr\u00e9sident d\u2019une grande banque \u00e0 Gen\u00e8ve, il faut avoir les dents longues, jouer strat\u00e9giquement et bien planifier chaque \u00e9tape de son parcours. Si l\u2019important est de se sentir bien dans son poste, et qu\u2019on n\u2019a pas besoin du chalet, de la voiture, ni des vacances annuelles au Bahamas, on s\u2019\u00e9coute simplement et on choisit selon son inspiration.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Si c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 refaire, que changeriez-vous?<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;\u00e9couterais ma passion plut\u00f4t que ma raison. Certaines choses n\u2019\u00e9taient pas concevables \u00e0 mes yeux. Venant d\u2019une famille assez classique avec un p\u00e8re imprimeur et une m\u00e8re au foyer, je n\u2019aurais jamais eu l\u2019id\u00e9e de devenir sage-femme ou danseur \u00e9toile, ni de vivre du th\u00e9\u00e2tre. Quand je leur ai annonc\u00e9 mon intention de suivre les beaux arts, ils n\u2019\u00e9taient pas tr\u00e8s rassur\u00e9s. J&rsquo;ai fait passer la pilule en pr\u00e9cisant que j\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 de me sp\u00e9cialiser en audiovisuel, si bien qu&rsquo;une fois mes \u00e9tudes termin\u00e9es, je pourrais produire des \u00e9missions TV du style \u00ab\u00a0Temps Pr\u00e9sent\u00a0\u00bb ou le t\u00e9l\u00e9-journal. La RTS, \u00e7a leur parlait plus.<\/p>\n\n\n\n<p>La vie a fait que je n&rsquo;ai pas achev\u00e9 mes \u00e9tudes en beaux arts. M\u00eame si j\u2019essaie actuellement de garder un pied dans le monde de l\u2019art et du spectacle &#8211; je continue \u00e0 jouer et j&rsquo;ai mis en sc\u00e8ne ma premi\u00e8re pi\u00e8ce l&rsquo;an dernier &#8211; je ne serais jamais artiste professionnel. Tout comme il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;\u00eatre cosmonaute amateur, ni chirurgien amateur, il faut s&rsquo;y consacrer \u00e0 100%. Je fais cela par pur plaisir. Mais si je pouvais remonter dans le temps, je tenterais ma chance et essayerais de rentrer dans une \u00e9cole de th\u00e9\u00e2tre professionnelle. Je n&rsquo;aurais pas forc\u00e9ment \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9 ou fait carri\u00e8re dans ce m\u00e9tier, mais en cas de refus, je n&rsquo;aurais pas eu de regrets, et en cas de succ\u00e8s, j&rsquo;aurais pu vivre cette exp\u00e9rience \u00e0 100%.<\/p>\n\n\n\n<p>J\u2019ai bien s\u00fbr du plaisir dans mon travail. Par contre, si je n\u2019avais pas besoin de gagner de l\u2019argent, je me consacrerais corps et \u00e2me \u00e0 la mise en sc\u00e8ne qui me passionne. \u00c0 ce jour, je n\u2019ai pas encore trouv\u00e9 un job pour lequel je \u00abvis\u00bb. Mais qui sait\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>En tout cas chers et ch\u00e8res dipl\u00f4m\u00e9\u00b7e\u00b7s de l\u2019Unil, le seul conseil que je puisse vous donner est le suivant: \u00e9coutez vos envies et respectez vos valeurs. Dans vos choix professionnels, sachez \u00e9couter la raison, la patience, les conseils de vos proches, mais aussi la petite voix de l&rsquo;enfant de 7 ans qui vous dit de l&rsquo;int\u00e9rieur \u00ab\u00a0c&rsquo;est pas \u00e7a que je voulais faire!\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em><strong>* Philippe de Dieuleveult<\/strong> (4 juillet 1951 \u00e0 Versailles \u2013 disparu le 6 ao\u00fbt 1985 aux environs d&rsquo;Inga, Za\u00efre) \u00e9tait reporter et animateur fran\u00e7ais de t\u00e9l\u00e9vision. Il anima la c\u00e9l\u00e8bre \u00e9mission de t\u00e9l\u00e9vision fran\u00e7aise La Chasse aux tr\u00e9sors. (Wikipedia)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em><strong>** Nicolas Hulot,<\/strong> n\u00e9 le 30 avril 1955 \u00e0 Lille, est un journaliste-reporter, animateur-producteur de t\u00e9l\u00e9vision, \u00e9crivain et ministre de la transition \u00e9cologique et solidaire.<\/em><em> B\u00e9n\u00e9ficiant de la renomm\u00e9e de son \u00e9mission t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e Ushua\u00efa, il s&rsquo;engage plus avant dans la protection de l&rsquo;environnement et la sensibilisation du grand public sur les questions \u00e9cologiques. (Wikipedia)<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Jeyanthy Geymeier, Bureau des alumni, 15 septembre 2017<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des opportunit\u00e9s \u00e0 saisir&#8230; ou pas<\/p>\n","protected":false},"author":1002190,"featured_media":14176,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56256,56261,56318,56285,56311],"class_list":["post-14175","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-communication","tag-entrepreneuriat","tag-service-public","tag-social","tag-ssp"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14175","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002190"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14175"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14175\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16441,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14175\/revisions\/16441"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14176"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14175"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14175"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14175"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}