{"id":13619,"date":"2025-04-17T15:17:10","date_gmt":"2025-04-17T13:17:10","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=13619"},"modified":"2025-08-20T12:11:06","modified_gmt":"2025-08-20T10:11:06","slug":"lucie-dubugnon","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/lucie-dubugnon\/","title":{"rendered":"Lucie Dubugnon"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">L\u2019oeil du vivant et la t\u00eate chercheuse de Lucie Dubugnon<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c0 46 ans, la toxicologue dirige le Laboratoire de l\u2019Institut de chimie clinique de Lausanne. Une voie toute trac\u00e9e pour cette petite-fille de pharmacien et fille de chimiste, qu\u2019elle a poursuivie sur les bancs de la Facult\u00e9 de Biologie de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne. Une scientifique n\u00e9e devenue entrepreneure et co-fondatrice de \u00abI Lake Lausanne\u00bb. Une association qui, depuis dix ans, ambiance les rives lausannoises.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il est parfois difficile de s\u2019extirper de l\u2019ADN familial. Lucie Dubugnon le sait mieux que d\u2019autres. Cette petite-fille de pharmacien et fille de chimiste dirige aujourd\u2019hui le Laboratoire de l\u2019Institut de chimie clinique de Lausanne. Rien ne la pr\u00e9destinait pourtant \u00e0 reprendre l\u2019entreprise familiale malgr\u00e9 son int\u00e9r\u00eat pr\u00e9coce pour le vivant. En effet, petite, Lucie Dubugnon se r\u00eave d\u00e9j\u00e0 en grande scientifique, aiguisant son sens de l\u2019observation de l\u2019infiniment petit et du plus grand qui l\u2019entoure dans sa r\u00e9gion d\u2019Aubonne, o\u00f9 elle grandit.<\/p>\n\n\n\n<p>Les ann\u00e9es SIDA vont forger son esprit scientifique. Nous sommes dans les ann\u00e9es 1990. Comme l\u2019ensemble des adolescentes et adolescents, Lucie Dubugnon est marqu\u00e9e au fer rouge par le matraquage pr\u00e9ventif autour de cette maladie sexuellement transmissible. La bande-dessin\u00e9e \u00abJo\u00bb, distribu\u00e9e \u00e0 l\u2019ensemble de la jeunesse romande, forge son int\u00e9r\u00eat. Mais au-del\u00e0 d\u2019un support de pr\u00e9vention, l\u2019adolescente Lucie Dubugnon y voit aussi un terrain de recherche vers un futur vaccin.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est durant ces ann\u00e9es d\u2019\u00e9tudes au Gymnase de Nyon que Lucie Dubugnon \u00abs\u2019extirpe enfin\u00bb d\u2019Aubonne. Elle y suit naturellement un cursus en biologie-chimie. Mais malgr\u00e9 l\u2019int\u00e9r\u00eat \u00abje n\u2019\u00e9tais pas la meilleure \u00e9l\u00e8ve dans ces domaines. M\u00eame \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 d\u2019ailleurs, se souvient-elle. Par contre, la biologie m\u2019int\u00e9ressait parce que c\u2019est un domaine tr\u00e8s vaste qui explore autant les plantes que les animaux.\u00bb Cette curiosit\u00e9 personnelle se poursuit jusque sur les bancs de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, en Facult\u00e9 de Biologie. Son cursus se conclura par cinq mois de recherche de terrain en for\u00eat tropicale au Smithsonian Tropical research Institute au Panama. De retour en Suisse, ce sera la th\u00e8se en biologie v\u00e9g\u00e9tale, o\u00f9 la t\u00eate chercheuse investigue l\u2019ensemble des m\u00e9canismes de d\u00e9fense d\u00e9velopp\u00e9s par les plantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Son doctorat en poche, Lucie Dubugnon doit se r\u00e9soudre \u00e0 entrer sur le march\u00e9 du travail. Nous sommes en 2008. Son profil int\u00e9resse les g\u00e9ants pharmaceutiques et les multinationales du tabac: \u00ab\u00c9thiquement parlant, ce n\u2019\u00e9tait pas du tout ce que je recherchais.\u00bb La question de reprendre le laboratoire familial se pose alors. Lucie Dubugnon y fait d\u00e9j\u00e0 des remplacements. Mais elle veut m\u00fbrir sa d\u00e9cision: \u00abJe me suis inscrite au ch\u00f4mage pour prendre un peu de recul. J\u2019ai \u00e9voqu\u00e9 au conseiller l\u2019opportunit\u00e9 de reprendre l\u2019entreprise. Mais il me manquait des comp\u00e9tences manag\u00e9riales.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lucie se forme gr\u00e2ce au ch\u00f4mage et s\u2019envole pour Berlin pour y effectuer un stage en toxicologie. \u00c0 son retour, elle ma\u00eetrise l\u2019allemand et int\u00e8gre le laboratoire. En 2011, elle devient associ\u00e9e-g\u00e9rante, puis directrice: \u00abLa th\u00e8se et mes exp\u00e9riences en biologie m\u2019ont permis d\u2019acqu\u00e9rir un esprit synth\u00e9tique et analytique de pointe, notamment dans la biologie mol\u00e9culaire et la chromatographie\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire la m\u00e9thode physico-chimique servant \u00e0 s\u00e9parer les diff\u00e9rentes substances pr\u00e9sentes dans un \u00e9chantillon. \u00ab\u00c7a m&rsquo;a donn\u00e9 un bagage important pour le laboratoire.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Le Laboratoire de l\u2019Institut de chimie clinique, qui emploie une quinzaine de personnes, re\u00e7oit des mandats de la justice, notamment dans les cas d\u2019accidents de la route. Sur la base des pr\u00e9l\u00e8vements effectu\u00e9s par la police, le laboratoire recherche toutes les substances (drogue, alcool, m\u00e9dicaments). Ces r\u00e9sultats sont mis en perspective avec une incapacit\u00e9 de conduire. En parall\u00e8le \u00e0 cette activit\u00e9, le laboratoire fonctionne comme un centre d\u2019analyses m\u00e9dicales. Docteure et entrepreneure, Lucie Dubugnon n\u2019a jamais voulu rejoindre des grands groupes de laboratoires pour combler l\u2019\u00e9rosion des tarifs d\u2019analyse: \u00abJe pr\u00e9f\u00e8re miser sur la dualit\u00e9 de nos expertises de niche.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 sa sociabilit\u00e9, la quadrag\u00e9naire et m\u00e8re de deux enfants, n\u2019\u00e9chappe pas au sentiment de solitude qui frappe parfois les personnes dirigeantes: \u00abJ\u2019ai une super \u00e9quipe sur laquelle je peux compter, mais parfois j\u2019aimerais plus de retours sur mon travail ou la satisfaction client.\u00bb Elle comble cette impression en 2014 avec ses fid\u00e8les amis. Ensemble, ils montent l\u2019association \u00abI Lake Lausanne\u00bb avec la folle id\u00e9e d\u2019ambiancer les rives lausannoises. Ils inaugurent en 2015 le bar saisonnier \u00abLa Jet\u00e9e de la Compagnie\u00bb, \u00e0 Vidy.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s son ouverture, le succ\u00e8s est massif: \u00abC\u2019\u00e9tait tr\u00e8s valorisant car j\u2019ai vu que mes comp\u00e9tences de manager pouvaient \u00eatre utiles dans un autre contexte. \u00c7a me nourrit.\u00bb En 2016 suit \u00abLa Galicienne\u00bb, sur la friche de Prilly-Malley. Le Covid vient g\u00e2cher la f\u00eate en 2020. Malgr\u00e9 le coup de frein g\u00e9n\u00e9ral d\u00fb aux mesures sanitaires, \u00abLa Jet\u00e9e de la Compagnie\u00bb tient bon\u00bb. Quant au laboratoire, il se mue en centre de test. Preuve que le management et la biologie font bon m\u00e9nage.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lausanne, le 10 mars 2025<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Mehdi Atmani, <a href=\"https:\/\/flypaper.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Flypaper<\/a><\/em><br><em>Portrait de Lucie Dubugnon \u00a9\u00a0Felix\u00a0Imhof<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019oeil du vivant et la t\u00eate chercheuse de Lucie Dubugnon<\/p>\n","protected":false},"author":1001058,"featured_media":13724,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56310,56261,56281,56252],"class_list":["post-13619","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-biologie","tag-entrepreneuriat","tag-fbm","tag-leadership"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13619","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001058"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13619"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13619\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13770,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13619\/revisions\/13770"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13619"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13619"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13619"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}