{"id":13474,"date":"2025-01-17T09:26:16","date_gmt":"2025-01-17T08:26:16","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=13474"},"modified":"2025-08-20T12:10:14","modified_gmt":"2025-08-20T10:10:14","slug":"nathalie-chuard","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/nathalie-chuard\/","title":{"rendered":"Nathalie Chuard"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">L&rsquo;art de la diplomatie<\/p>\n\n\n\n<p><strong><strong>Depuis le printemps 2023, Nathalie Chuard est la directrice du DCAF, le Centre pour la gouvernance du secteur de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 ambassadrice au Bangladesh. Premi\u00e8re femme \u00e0 ce poste, elle revient sur une carri\u00e8re diplomatique initi\u00e9e sur les bancs de la Facult\u00e9 des lettres de l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne.<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Elle vient \u00e0 peine de quitter le ciel azur de la Grande Pomme pour retrouver le stratus genevois. La Lausannoise, qui dirige le Centre pour la gouvernance du secteur de la s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve (DCAF), conna\u00eet bien la m\u00e9gapole. Elle y a travaill\u00e9 quatre ans, au sein de la Mission Suisse aupr\u00e8s des Nations-Unies.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette fois-ci, elle a profit\u00e9 de la pr\u00e9sidence suisse du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;ONU pour suivre les d\u00e9bats autour des programmes et des engagements en faveur des femmes, de la paix et de la s\u00e9curit\u00e9, pr\u00e9sid\u00e9s par la Conseill\u00e8re f\u00e9d\u00e9rale Viola Amherd. La Directrice du DCAF a d&rsquo;ailleurs saisi cette opportunit\u00e9 pour pr\u00e9senter le rapport conjoint r\u00e9alis\u00e9 par l&rsquo;ONU et le DCAF sur les enjeux facilitant la participation des femmes dans le secteur de la d\u00e9fense et de la paix. L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des genres est au c\u0153ur du travail du DCAF et de l&rsquo;engagement de la diplomate.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 52 ans, Nathalie Chuard parle avec conviction du besoin de cet espace de discussions mondial, menac\u00e9 mais indispensable: \u00abEn tant que diplomate suisse, je tiens fermement au multilat\u00e9ralisme. C&rsquo;est une prouesse de r\u00e9unir autant de pays autour d&rsquo;enjeux communs. Parfois, nous trouvons des solutions. Parfois pas. Mais c&rsquo;est le jeu diplomatique, souligne la Lausannoise. L&rsquo;ONU, c&rsquo;est un lieu o\u00f9 les voix du terrain sont audibles et peuvent susciter de nouvelles r\u00e9flexions et des engagements. Ce qui m&rsquo;importe, c&rsquo;est d&rsquo;apprendre de l&rsquo;autre. Le sens de la diplomatie est de chercher, puis trouver des espaces de dialogues, et des solutions.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Parfois, cette mission peut para\u00eetre d\u00e9connect\u00e9e des enjeux du terrain. Nathalie Chuard en a bien conscience. C\u2019est d&rsquo;ailleurs pour cette raison que la diplomate a toujours ressenti le besoin de s&rsquo;immerger dans le concret et le r\u00e9el, afin d&rsquo;explorer \u00ables mani\u00e8res de faire une diff\u00e9rence dans la vie des gens.\u00bb Il y a eu l&rsquo;Asie-Centrale post-sovi\u00e9tique, l&rsquo;Iran, l&rsquo;Afghanistan, le Proche-Orient, puis le Bangladesh en tant qu&rsquo;ambassadrice suisse. La carri\u00e8re de Nathalie Chuard ne ressemble en rien \u00e0 celle d&rsquo;une bureaucrate.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez Nathalie Chuard, la diplomatie n&rsquo;est pas une vocation, mais le point de chute d&rsquo;un cheminement mu\u00e9 par la curiosit\u00e9: \u00abJ&rsquo;ai toujours eu l&rsquo;envie d&rsquo;une carri\u00e8re internationale, confesse-t-elle.\u00bb Mais laquelle? \u00c0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne, elle termine un cursus en langues et civilisations slaves: \u00abLes \u00e9tudes de Lettres m&rsquo;ont pos\u00e9 un cadre th\u00e9orique sur le monde et ses perspectives. C&rsquo;\u00e9tait fondamental. Mais en sortant de l&rsquo;Universit\u00e9, j\u2019avais besoin de me confronter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Nous \u00e9tions \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, une d\u00e9cennie pleine d&rsquo;espoir apr\u00e8s la chute du Mur.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Plusieurs s\u00e9jours en Russie vont lui donner d&rsquo;autres lectures du monde. Une alt\u00e9rit\u00e9 qui va la guider dans sa future carri\u00e8re. Nathalie Chuard s&rsquo;oriente d&rsquo;abord vers l&rsquo;humanitaire: \u00abJe voulais changer le monde, avoir un impact concret.\u00bb Elle s&rsquo;inscrit donc \u00e0 un programme de l&rsquo;Organisation du d\u00e9veloppement et de la coop\u00e9ration (DDC). Engag\u00e9e par Terre des hommes via la DDC, elle quittera vite les rives l\u00e9maniques pour la capitale afghane. En poste \u00e0 Kaboul en 2001, quelques semaines seulement apr\u00e8s les attentats du 11 septembre, Nathalie Chuard sera \u00e9vacu\u00e9e par Terre des hommes.<\/p>\n\n\n\n<p>La diplomatie l&rsquo;intrigue. Elle d\u00e9cide de se tourner vers les aspects plus politiques et s&rsquo;inscrit au concours diplomatique. C&rsquo;est un stage \u00e0 l&rsquo;ambassade de Suisse \u00e0 Washington en 2008, et surtout en tant que coordinatrice politique de la mission suisse \u00e0 New York, que Nathalie Chuard d\u00e9couvre la machine onusienne et la complexit\u00e9 de la r\u00e9solution des conflits. Elle apprend les arcanes de la diplomatie et s&rsquo;immerge dans les grands enjeux g\u00e9opolitiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors qu&rsquo;elle est charg\u00e9e de l&rsquo;unit\u00e9 suisse de la mission internationale d&rsquo;observation \u00e0 Hebron dans le Territoire palestinien occup\u00e9, Nathalie Chuard, qui vient d&rsquo;int\u00e9grer le D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral des Affaires \u00e9trang\u00e8res, est \u00e9vacu\u00e9e une nouvelle fois. La Lausannoise ne tire pas un trait sur les exp\u00e9riences du terrain. Bien au contraire. Nathalie Chuard part pour l&rsquo;Iran, puis devient cheffe des affaires humanitaires pour l&rsquo;Afrique du Nord et le Moyen-Orient \u00e0 la DDC. Dans toutes ces exp\u00e9riences, elle d\u00e9veloppe toujours plus ses comp\u00e9tences dans la pr\u00e9vention et la construction de la paix.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil de sa carri\u00e8re, Nathalie Chuard d\u00e9montre qu&rsquo;elle n\u2019a pas froid aux yeux et la capacit\u00e9 \u00e0 s&rsquo;adapter \u00e0 des contextes parfois tr\u00e8s compliqu\u00e9s. Peut-\u00eatre une force de caract\u00e8re h\u00e9rit\u00e9e de son pass\u00e9 de nageuse de comp\u00e9tition: \u00abCe sport m&rsquo;a appris la rigueur et la pers\u00e9v\u00e9rance. Mais aussi l&rsquo;esprit d&rsquo;\u00e9quipe et l&rsquo;appartenance. Ces deux notions sont tr\u00e8s importantes pour moi dans ma vie, comme dans mon travail.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>En 2020, Nathalie Chuard est nomm\u00e9e ambassadrice de Suisse au Bangladesh alors que les vagues successives de Covid-19 d\u00e9ferlent sur le monde. Confinement oblige, il lui faudra plusieurs mois avant de rencontrer personnellement l&rsquo;ensemble de ses 48 collaborateurs. Pour elle, ambassadrice n&rsquo;est pas un titre, mais une fonction dont elle est fi\u00e8re. Un m\u00e9tier \u00e0 plusieurs facettes qui m\u00eale la th\u00e9orie et le terrain: \u00abC\u2019est surtout une ouverture sur le monde. On change tous les quatre ans. \u00c0 chaque fois, il faut se r\u00e9inventer. C&rsquo;est fantastique et motivant.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quel est son secret pour faire rayonner la diplomatie suisse \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger? \u00abJe suis fi\u00e8re de notre syst\u00e8me politique, de notre diversit\u00e9 et de notre culture du consensus. J&rsquo;aime bien exporter cela \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, sans donner de le\u00e7ons. On dit souvent que la Suisse prend son temps pour arriver \u00e0 un consensus, mais la d\u00e9cision est solide. En m\u00eame temps, nous cultivons une forme d&rsquo;humilit\u00e9. Avec nous, il n&rsquo;y a pas d&rsquo;agenda cach\u00e9.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lausanne, le 16 janvier 2025<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Mehdi Atmani, <a href=\"https:\/\/flypaper.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Flypaper<\/a><br>Portrait de Nathalie Chuard \u00a9&nbsp;Felix&nbsp;Imhof<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;art de la diplomatie<\/p>\n","protected":false},"author":1002677,"featured_media":13476,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56283,56259,56257,56313,56264,56291],"class_list":["post-13474","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-humanitaire","tag-international","tag-lettres","tag-politique","tag-relations-publiques","tag-securite"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13474","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002677"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13474"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13474\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13491,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13474\/revisions\/13491"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13476"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13474"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13474"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13474"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}