{"id":13338,"date":"2024-11-14T08:00:00","date_gmt":"2024-11-14T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=13338"},"modified":"2025-08-28T12:12:39","modified_gmt":"2025-08-28T10:12:39","slug":"chrystelle-gabbud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/chrystelle-gabbud\/","title":{"rendered":"Chrystelle Gabbud"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">Aux sources de Chrystelle Gabbud<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Des bisses aux barrages en passant par les glaciers, la Valaisanne baigne dans l\u2019eau sous toutes ses formes depuis sa tendre enfance dans le Val de Bagnes. Une vocation pour cette trentenaire, d\u00e9sormais cheffe de projet environnement chez Alpiq, apr\u00e8s un Doctorat en G\u00e9ographie physique \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a parfois des trajectoires de vie pr\u00e9destin\u00e9es; des parcours qui n\u2019auraient pas pu \u00eatre autres. Chrystelle Gabbud est une de ces \u00e9lues, m\u00eame si la Valaisanne de 35 ans se montre plus nuanc\u00e9e. Pourtant, \u00e0 regarder dans le r\u00e9troviseur de cette cheffe de projet environnement chez Alpiq, charg\u00e9e de l\u2019assainissement des cours d\u2019eau influenc\u00e9s par la production hydro\u00e9lectrique, on se dit d\u2019embl\u00e9e qu\u2019elle n\u2019aurait pas pu \u00eatre \u00e0 une autre place.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ADN de Chrystelle Gabbud est imbib\u00e9 d\u2019eau. La trentenaire a d\u2019ailleurs grandi sous le barrage de Mauvoisin, au Fregnoley. Ce petit hameau d\u2019une dizaine d\u2019habitants du Val de Bagnes a fait la Une de l\u2019actualit\u00e9 l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier, coup\u00e9 du monde par la puissance d\u00e9vastatrice de laves torrentielles. L\u2019eau, encore elle, source de catastrophes et de magn\u00e9tisme pour la Valaisanne: \u00abJ\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par les changements de l\u2019eau; son bruit, son d\u00e9bit et sa couleur qui se modifient sans cesse.\u00bb Petite, lorsqu\u2019elle crapahute dans les montagnes, elle affine son observation des bisses, des ruisseaux et des torrents.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019adolescence, Chrystelle Gabbud d\u00e9couvre la glace. Ses premi\u00e8res foul\u00e9es sur le glacier du Brenay la bouleversent: \u00abC\u2019\u00e9tait une sensation incroyable, se souvient-elle. Un sentiment d\u2019humilit\u00e9 profonde, une joie immense mais teint\u00e9e de peur et de tristesse de constater \u00e0 quel point il fond vite. J\u2019ai pris soudainement conscience que les paysages que je connaissais si bien devaient \u00eatre pr\u00e9serv\u00e9s; qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas \u00e9ternels.\u00bb La vocation est l\u00e0, mais encore h\u00e9sitante. Lors de son parcours de coll\u00e9gienne \u00e0 Sion, Chrystelle Gabbud est captiv\u00e9e par les cours sur les \u00e9nergies renouvelables. Ils lui font visiter les parcs d\u2019\u00e9oliennes et des centrales nucl\u00e9aires.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais son engouement pour la biologie et les cellules humaines lui indiquent une autre voie: \u00abJusqu\u2019\u00e0 mon Bachelor, j\u2019ai toujours h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 faire de la chirurgie. J\u2019aimais beaucoup l\u2019id\u00e9e de r\u00e9parer l\u2019humain. Sauf que le parcours de m\u00e9decine ne m\u2019int\u00e9ressait pas du tout.\u00bb Il l\u2019aurait surtout \u00e9loign\u00e9e de la nature. En 2008, Chrystelle Gabbud se lance sans grande conviction dans une ann\u00e9e prop\u00e9deutique en sciences et ing\u00e9nierie de l\u2019environnement \u00e0 l\u2019EPFL: \u00abD\u00e8s la premi\u00e8re semaine, j\u2019ai su que ce n\u2019\u00e9tait pas fait pour moi, hormis les cours sur les processus environnementaux. Mais j\u2019ai tenu une ann\u00e9e pour ensuite bifurquer en sciences de l\u2019environnement \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019UNIL, Chrystelle Gabbud se sent \u00e0 nouveau \u00e0 sa place. Elle est \u00abmarqu\u00e9e par les cours de g\u00e9omorphologie, o\u00f9 l\u2019on passait de la compr\u00e9hension des glaciers \u00e0 la connaissance des volcans. \u00c7a m&rsquo;a passionn\u00e9.\u00bb&nbsp; Son travail de bachelor portera sur l\u2019\u00e9tat et l\u2019avenir des bisses en lien avec la fonte des glaciers et la rar\u00e9faction des cours d\u2019eau. \u00c0 la fin du bachelor, Stuart Lane, Professeur \u00e0 l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement, ajoute la g\u00e9omorphologie fluviale au master en am\u00e9nagement des r\u00e9gions de montagne : \u00abJe n\u2019ai plus eu d\u2019h\u00e9sitations\u00bb. Chrystelle Gabbud y d\u00e9veloppe son esprit critique et multiplie les exp\u00e9riences de terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fin de son master doublement prim\u00e9, la Valaisanne ne se r\u00eave pas dans une carri\u00e8re acad\u00e9mique. Elle se r\u00e9jouit plut\u00f4t d\u2019aller se frotter \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Mais son professeur lui sugg\u00e8re une th\u00e8se sur l\u2019incidence de l\u2019hydro\u00e9lectricit\u00e9 sur les rivi\u00e8res alpines. Parce que le travail est orient\u00e9 vers la pratique, Chrystelle Gabbud fonce. Une anecdote \u00e0 la Foire du Valais viendra encore confirmer ses plans: \u00abSur un stand, il y avait une carte du Valais et j\u2019ai vu une erreur de nom sur l\u2019une des montagnes o\u00f9 j\u2019allais mener mes travaux. Je l\u2019ai fait remarquer gentiment aux h\u00f4tes pr\u00e9sents.\u00bb Chrystelle Gabbud se trouve en fait sur le stand d\u2019Alpiq. Elle discute avec les responsables et apprend qu\u2019Alpiq soutient en partie ce projet de th\u00e8se. Chrystelle Gabbud se lance avec enthousiasme.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 quelques mois de devenir docteure, elle apprend qu\u2019un poste se lib\u00e8re chez Alpiq: \u00abC\u2019\u00e9tait trop t\u00f4t, mais je r\u00eavais d\u2019obtenir ce poste. J\u2019ai donc postul\u00e9 et on m\u2019a donn\u00e9 ma chance\u00bb. Le saut fut progressif, mais intensif, puisque Chrystelle Gabbud doit terminer sa th\u00e8se tout en g\u00e9rant ses premiers projets chez Alpiq. C\u2019est d\u2019ailleurs la v\u00e9locit\u00e9 des choses qui la marque: \u00ab\u00c0 l\u2019Universit\u00e9, les choses avancent vite. On \u00e9volue avec des convaincus. Chez Alpiq, j\u2019ai d\u00fb apprendre la patience et \u00e0 travailler dans une autre temporalit\u00e9. Je g\u00e8re par exemple actuellement au quotidien un projet qui va s\u2019\u00e9tendre sur plus de 15 ans. Il faut une bonne endurance.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Dans des domaines parfois clivants dans la soci\u00e9t\u00e9 comme la pr\u00e9servation de l\u2019environnement et les \u00e9nergies renouvelables, Chrystelle Gabbud apprend aussi l&rsquo;alt\u00e9rit\u00e9 et le pragmatisme: \u00ab\u00c0 l\u2019Universit\u00e9, on \u00e9volue dans une bulle. Chez Alpiq, j\u2019ai d\u00e9couvert une diversit\u00e9 de visions parfois tr\u00e8s divergentes de la mienne. Au d\u00e9part, je voulais convaincre tout le monde. Puis, j\u2019ai appris \u00e0 \u00e9couter les int\u00e9r\u00eats de chacun et \u00e0 casser certaines certitudes chez les sceptiques par mes convictions. La cl\u00e9, c\u2019est de pouvoir conserver ses valeurs tout en restant r\u00e9aliste. Il le faut bien. Il en est de m\u00eame avec la nature qui nous entoure. Ne pas chercher \u00e0 la ma\u00eetriser, mais apprendre \u00e0 co-exister.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lausanne, le 13 novembre 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Mehdi Atmani, <a href=\"https:\/\/flypaper.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Flypaper<\/a><br>Portrait de Chrystelle Gabbud \u00a9&nbsp;Felix&nbsp;Imhof<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Aux sources de Chrystelle Gabbud<\/p>\n","protected":false},"author":1001058,"featured_media":13340,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56302,56304,56305,56335],"class_list":["post-13338","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-durabilite","tag-environnement","tag-fgse","tag-geosciences"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13338","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001058"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13338"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13338\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13341,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13338\/revisions\/13341"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13340"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13338"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13338"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13338"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}