{"id":12969,"date":"2024-10-07T00:00:00","date_gmt":"2024-10-06T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=12969"},"modified":"2025-08-21T09:34:50","modified_gmt":"2025-08-21T07:34:50","slug":"nadine-haltiner","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/nadine-haltiner\/","title":{"rendered":"Nadine Haltiner"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">Journaliste d\u2019actualit\u00e9 <\/p>\n\n\n\n<p><strong>R\u00e9dactrice en chef adjointe de l\u2019information sur les ondes de la RTS, Nadine Haltiner est biberonn\u00e9e \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. Un virus et un esprit critique attrap\u00e9s sur les bancs de SSP, qui font de la journaliste aujourd\u2019hui un nom qui compte dans le paysage m\u00e9diatique suisse.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la fois grave et chaude, directe mais bienveillante. Sur les ondes de la RTS, la voix de Nadine Haltiner est de celle qui compte en Suisse romande. Et que l&rsquo;on \u00e9coute pour son professionnalisme et sa pugnacit\u00e9. On dirait d&rsquo;ailleurs d&rsquo;elle qu&rsquo;elle a \u00abune voix de radio\u00bb; ce don de naissance partag\u00e9 par une poign\u00e9e de privil\u00e9gi\u00e9\u00b7e\u00b7s. Chez la journaliste de 43 ans, d\u00e9sormais r\u00e9dactrice en chef adjointe \u00e0 l&rsquo;Actualit\u00e9 Radio, il n&rsquo;en est rien. Jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de l&rsquo;adolescence, elle se r\u00eavait d&rsquo;ailleurs apprentie boulang\u00e8re-p\u00e2tissi\u00e8re. Tout l&rsquo;inverse du projet familial. En qu\u00eate d&rsquo;ascension sociale pour leur prog\u00e9niture, son p\u00e8re, longtemps ouvrier sur les chantiers et sa m\u00e8re serveuse au restaurant Copernic (EPFL), l&rsquo;ambitionnent sur les bancs de l&rsquo;Universit\u00e9. Ils ont eu fin nez.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est \u00e0 la fois une rencontre fugace, mais d\u00e9terminante qui va donner le cap. Un soir de ses 17 ans, Nadine Haltiner croise le chemin d&rsquo;un \u00e9tudiant en premi\u00e8re ann\u00e9e en Sciences sociales et politiques (SSP) de l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne: \u00abIl \u00e9tait fascin\u00e9 et fascinant, se souvient Nadine Haltiner, alors Gymnasienne. Je voulais faire \u00e7a et je me suis inscrite.\u00bb De fil en aiguille, elle se passionne pour ses \u00e9tudes. Surtout pour l&rsquo;histoire et la sociologie politique. L&rsquo;\u00e9tudiante aiguise petit \u00e0 petit son regard sur nos institutions et leurs fonctionnements. Elle l&rsquo;ignore encore, mais un premier pas vers le journalisme politique et parlementaire est franchi.<\/p>\n\n\n\n<p>En quatri\u00e8me ann\u00e9e, elle prend le large pour un Erasmus d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 Science-Po Paris. Mais \u00e0 son retour, la r\u00e9alit\u00e9 de fin d&rsquo;\u00e9tudes la rattrape. Errant dans les couloirs du \u00abB2\u00bb \u2013 aujourd\u2019hui L&rsquo;Anthropole \u2013&nbsp; elle se cherche un sujet et un directeur pour superviser la r\u00e9daction de son m\u00e9moire de Licence (Master). Elle croise Bernard Voutat, aujourd\u2019hui Professeur honoraire de la Facult\u00e9 des SSP, qui lui sugg\u00e8re de mener ses recherches sur le Conseil f\u00e9d\u00e9ral. Nous sommes en 2003, ann\u00e9e d&rsquo;\u00e9lections. Les Sept Sages coulent leurs derni\u00e8res heures sous le radar m\u00e9diatique.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour son m\u00e9moire, Nadine Haltiner braque ses recherches sur le traitement des \u00e9lections f\u00e9d\u00e9rales par les m\u00e9dias. Autant dire qu&rsquo;elle d\u00e9broussaille un terrain vierge abandonn\u00e9, \u00e0 tort, par les Sciences politiques. Mais chaque coup de pioche de la chercheuse va r\u00e9v\u00e9ler les coulisses d&rsquo;une sc\u00e8ne politique suisse o\u00f9 les intrigues, les menaces et les coups de poignard ambiancent la vie quotidienne des journalistes sous la Coupole. C&rsquo;est un certain Christoph Blocher qui donne le tempo. Alors pr\u00e9sident de l&rsquo;UDC, dont le parti devient la premi\u00e8re force politique du pays, le tribun zurichois revendique un deuxi\u00e8me si\u00e8ge de la droite dure au Conseil f\u00e9d\u00e9ral lors des \u00e9lections de 2003. Il y parviendra. La sacro-sainte formule magique est bris\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Pugnace, opportuniste et maligne, Nadine Haltiner est aux avant-postes de ce changement politique. Un jour, un des correspondants parlementaires du Temps donne une conf\u00e9rence sur la couverture de l&rsquo;\u00e9lection par son quotidien: \u00abJ&rsquo;y suis all\u00e9e et j&rsquo;ai constat\u00e9 des impr\u00e9cisions dans les analyses. Je suis intervenue pour le souligner.\u00bb Intrigu\u00e9, le journaliste lui demande qui elle est. Il lui propose de s&rsquo;immerger quelques jours dans la r\u00e9daction du Temps. Le destin de Nadine Haltiner est scell\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Au sein du microcosme journalistique, la Vaudoise de naissance d\u00e9couvre l&rsquo;envers du d\u00e9cor d&rsquo;une information et les exigences du m\u00e9tier: \u00abJ&rsquo;y ai vu un prolongement de mes \u00e9tudes et de mes recherches, se souvient-elle. La r\u00e9alit\u00e9 journalistique est tout autre. La d\u00e9marche est similaire, mais la restitution est diff\u00e9rente. En tant que journaliste, il faut acc\u00e9der \u00e0 la mati\u00e8re, la saisir, la comprendre puis en restituer les grands enjeux. Cela repr\u00e9sente parfois 10% de ce que l&rsquo;on a appris. C&rsquo;est exigeant, passionnant, frustrant aussi. Mais c&rsquo;est une fen\u00eatre sur le monde.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sormais contamin\u00e9e par le virus du m\u00e9tier, Nadine Haltiner quitte le monde acad\u00e9mique et fait ses armes aux 24 Heures. Elle y restera six ans, n&rsquo;h\u00e9sitant pas \u00e0 franchir le Roestigraben: \u00ab\u00catre correspondante \u00e0 Zurich, pour mes amis romands c&rsquo;\u00e9tait comme partir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Mais j\u2019ai ador\u00e9. Durant trois ans, je n&rsquo;ai fait que du terrain. Je connais les 26 cantons. J&rsquo;ai pu me rendre compte de la diversit\u00e9 de ce pays; d\u00e9faire bon nombre de clich\u00e9s au fil des rencontres.\u00bb Nadine Haltiner se souvient de ces rappeurs saint-gallois surpris de voir des chauffeurs de bus de couleurs \u00e0 Lausanne. \u00abCela peut choquer. Mais cette r\u00e9alit\u00e9 n&rsquo;en est pas une dans leur campagne du nord-est de la Suisse.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Nadine Haltiner ne s&rsquo;en cache pas. Le m\u00e9tier de journaliste l&rsquo;\u00e9duque et lui permet de d\u00e9crypter le monde avec une multitude de paires de lunettes: \u00abIl m&rsquo;a chang\u00e9 dans l&rsquo;exigence de ne rien percevoir comme une \u00e9vidence. Il faut sans cesse tenter de comprendre le monde. Et quand on cherche \u00e0 comprendre le pourquoi, le comment, on va plus loin et notre regard change. On est moins na\u00eff. C&rsquo;est \u00e0 la fois g\u00e9nial et tr\u00e8s d\u00e9primant. Je serais peut-\u00eatre plus heureuse si j&rsquo;en savais moins. Mais c&rsquo;est trop tard. Je suis biberonn\u00e9e \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9. J\u2019ai tout le temps le nez dedans. \u00c7a doit \u00eatre chiant pour l&rsquo;entourage.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la parenth\u00e8se zurichoise, puis bernoise, Nadine Haltiner cl\u00f4t (temporairement?) sa carri\u00e8re dans la presse \u00e9crite pour c\u00e9der aux sir\u00e8nes de la radio. Elle int\u00e8gre La Premi\u00e8re en 2012 dans \u00abForum\u00bb, le programme d&rsquo;informations phare de la RTS. Elle pilote ensuite la rubrique suisse, puis pr\u00e9sente le journal de 12h30, avant de se hisser, en 2021, \u00e0 la r\u00e9daction en chef adjointe. Un poste aussi expos\u00e9 qu&rsquo;exigeant. Avec lui, c&rsquo;est l&rsquo;apprentissage d&rsquo;un nouveau m\u00e9tier: \u00abJ&rsquo;apprends \u00e0 manager. Ce n&rsquo;est d&rsquo;ailleurs pas si diff\u00e9rent du journalisme. L&rsquo;essence du m\u00e9tier est d&rsquo;interagir avec les gens, entrer en relation, comprendre leur r\u00e9alit\u00e9 et s&rsquo;adapter. A cela s&rsquo;ajoute le pilotage d&rsquo;une r\u00e9daction qui fait que je me trouve au plus proche de l&rsquo;actualit\u00e9 et de la mani\u00e8re de la restituer.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Quand on regarde dans le r\u00e9troviseur de Nadine Haltiner, on pourrait se dire que la journaliste n&rsquo;a plus d&rsquo;os \u00e0 ronger. C&rsquo;est sans compter les nombreux fantasmes journalistiques qu&rsquo;elle cultive en secret. Parmi eux, pr\u00e9senter une \u00e9mission d&rsquo;entretiens ou faire des flashs infos \u00e0 la radio: \u00abCela peut para\u00eetre surprenant, car c&rsquo;est \u00e0 la base du m\u00e9tier, mais je n&rsquo;ai jamais fait de flashs.\u00bb Reste encore celui d&rsquo;ouvrir un jour une p\u00e2tisserie.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Lausanne, le 7 octobre 2024<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Article de Mehdi Atmani,&nbsp;<a href=\"https:\/\/flypaper.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Flypaper<\/a><\/em><br><em>Portrait de Nadine Haltiner \u00a9&nbsp;Felix&nbsp;Imhof<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Journaliste d&rsquo;actualit\u00e9 au quotidien<\/p>\n","protected":false},"author":1002677,"featured_media":12971,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56256,56317,56270,56313,56311],"class_list":["post-12969","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-communication","tag-journalisme","tag-media","tag-politique","tag-ssp"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12969","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002677"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12969"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12969\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13339,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12969\/revisions\/13339"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12971"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12969"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12969"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12969"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}