{"id":10039,"date":"2022-02-23T20:34:35","date_gmt":"2022-02-23T19:34:35","guid":{"rendered":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/?p=10039"},"modified":"2025-08-20T11:36:42","modified_gmt":"2025-08-20T09:36:42","slug":"aylin-gokmen","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/aylin-gokmen\/","title":{"rendered":"Aylin G\u00f6kmen"},"content":{"rendered":"\n<p style=\"font-size:30px\">Cam\u00e9ra po\u00e9tique au poing<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Longtemps \u00e0 la recherche de son identit\u00e9, c&rsquo;est lors d&rsquo;un \u00e9change Erasmus \u00e0 Istanbul que la jeune femme suisso-turque a une r\u00e9v\u00e9lation avec la rencontre de reporters et de r\u00e9alisateurs dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s. Pour elle c&rsquo;est clair, ce sera la cam\u00e9ra et la r\u00e9alisation. Retour sur ses souvenirs de l&rsquo;UNIL et parcours d&rsquo;une jeune femme dans le domaine du cin\u00e9ma.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Juste rentr\u00e9e du tournage d\u2019un court-m\u00e9trage en Turquie, elle se pr\u00eate tout sourire \u00e0 une interview-Zoom depuis chez elle \u00e0 Bramois, en Valais. La r\u00e9alisatrice, productrice et monteuse Aylin G\u00f6kmen, <em>coach\u00e9e<\/em> par Claude Barras (r\u00e9alisateur de <em>Ma vie de courgette<\/em>), souffle: \u00abCovid oblige, je ne savais pas jusqu\u2019au dernier moment si le chef op\u00e9rateur, qui \u00e9tait en Belgique, nous rejoindrait. Et nous avons subi des al\u00e9as climatiques: les champs de coton o\u00f9 nous allions tourner n\u2019ont pas \u00e9clos au bon moment. Mais nos images sont belles!\u00bb Ce documentaire po\u00e9tique teint\u00e9 de fiction, un style que la cin\u00e9aste cultive, \u00e9voquera les souvenirs d\u2019une personne ayant surv\u00e9cu au fascisme, et est soutenu par Cin\u00e9forom (Fondation romande pour le cin\u00e9ma) et le Canton du Valais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tout n\u2019a pas toujours coul\u00e9 de source pour la pr\u00e9sidente de la structure de production \u00ab\u00c0 vol d\u2019oiseau\u00bb et animatrice du podcast sur les documentaires \u00abDocs in Orbit\u00bb. N\u00e9e en Valais en 1990 de parents turcs, issus de la classe ouvri\u00e8re, per\u00e7ue ouvertement comme \u00e9trang\u00e8re malgr\u00e9 sa nationalit\u00e9 suisse, elle peinait \u00e0 trouver son identit\u00e9. Enfant, Aylin G\u00f6kmen se montrait cr\u00e9ative, mais n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 encourag\u00e9e \u00e0 d\u00e9velopper cela \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Apr\u00e8s une maturit\u00e9 classique, elle obtient un <em>bachelor<\/em> en philosophie et fran\u00e7ais moderne \u00e0 l\u2019UNIL. Ses cours l\u2019int\u00e9ressent, dont ceux donn\u00e9s par Alexandrine Schniewind sur la philosophie ancienne et la mythologie. \u00abMais je ne savais toujours pas qui j\u2019\u00e9tais.\u00bb Elle passe alors son dernier semestre en Erasmus \u00e0 Istanbul et effectue du volontariat dans des camps de r\u00e9fugi\u00e9s, rencontrant des reporters et des r\u00e9alisateurs. Une vraie r\u00e9v\u00e9lation.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s un stage en production th\u00e9\u00e2trale et filmique en R\u00e9publique tch\u00e8que, la jeune femme effectue un <em>master<\/em> international de r\u00e9alisation documentaire, Erasmus Mundus Doc Nomads, entre Lisbonne, Budapest, Bruxelles. Elle tourne au Portugal <em>Espiritos e rochas: um mito a\u00e7oriano<\/em> (\u00abEsprits et rochers: un mythe a\u00e7or\u00e9en\u00bb). Ce film explorant la r\u00e9silience des habitants de ces \u00eeles volcaniques face \u00e0 leur dur environnement est s\u00e9lectionn\u00e9 en 2020 au Festival international du film de Locarno et au Sundance festival aux \u00c9tats-Unis, et remporte des prix. \u00abJ\u2019ai failli renoncer \u00e0 envoyer mon film \u00e0 Locarno car je craignais que le festival ne se d\u00e9roule que sur internet \u00e0 cause de la pand\u00e9mie et que le travail sur le son ne soit pas perceptible\u00bb, confie la cin\u00e9aste, qui d\u00e9crit son travail comme une qu\u00eate de perfection audiovisuelle.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><strong>F\u00e9miniser le cin\u00e9ma<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Aylin G\u00f6kmen \u00e9crit actuellement un long-m\u00e9trage sur les difficult\u00e9s du cin\u00e9ma turc et s\u2019engage dans la promotion des carri\u00e8res f\u00e9minines, au sein du Swiss Women\u2019s Audiovisual Network. Elle craignait que ses \u00e9tudes n\u2019aient retard\u00e9 sa carri\u00e8re, mais s\u2019est rendu compte au contraire que ce <em>bachelor<\/em> l\u2019avait enrichie: des r\u00e9f\u00e9rences litt\u00e9raires et philosophiques truffent ses films et l\u2019universit\u00e9 lui a permis d\u2019aff\u00fbter sa plume, essentielle \u00e0 l\u2019\u00e9criture des dossiers de production pour obtenir des fonds. \u00abCe n\u2019est pas parce qu\u2019\u00e0 20 ans on se lance dans une formation que notre destin est trac\u00e9.\u00bb On peut toujours bifurquer, et ce qu\u2019on a appris n\u2019est jamais perdu, souligne celle qui consid\u00e8re d\u00e9sormais sa double culture turco-suisse comme une richesse.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\" \/>\n\n\n\n<p><strong><strong>LES QUATRE QUESTIONS ALUMNIL<\/strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Votre lieu pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 durant vos \u00e9tudes?<\/h6>\n\n\n\n<p>J\u2019adorais la vaste pelouse menant de La Banane au bord du lac. J\u2019ai aussi beaucoup aim\u00e9 le bar du Zelig. J\u2019y ai pass\u00e9 des soir\u00e9es sympas, notamment des sessions karaok\u00e9 assez m\u00e9morables (rires).<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Le cours ou s\u00e9minaire o\u00f9 vous retourneriez demain?<\/h6>\n\n\n\n<p>J\u2019ai vraiment appr\u00e9ci\u00e9 les enseignements donn\u00e9s par Alexandrine Schniewind, Professeure en philosophie antique et m\u00e9di\u00e9vale. Nous avons abord\u00e9 la philosophie de l\u2019\u00e2me. J\u2019ai encore mes notes de cours et je compte m\u2019y replonger un jour tellement c\u2019\u00e9tait int\u00e9ressant.<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Votre devise pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e?<\/h6>\n\n\n\n<p>Je n\u2019en ai pas vraiment, mais je partage des citations de l\u2019\u00e9crivain am\u00e9ricain James Baldwin, que je lis beaucoup en ce moment. Par exemple celle-ci : \u00abIl m\u2019a fallu beaucoup d\u2019ann\u00e9es pour vomir toutes les salet\u00e9s qu\u2019on m\u2019avait enseign\u00e9es sur moi-m\u00eame, et auxquelles je croyais \u00e0 moiti\u00e9, avant de pouvoir arpenter cette terre comme si j\u2019y \u00e9tais autoris\u00e9.\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\">Un conseil aux \u00e9tudiant\u00b7e\u00b7s actuel\u00b7le\u00b7s?<\/h6>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est pas parce qu\u2019\u00e0 20 ans on se lance dans une formation que notre destin est trac\u00e9. J\u2019ai fait un bachelor en Lettres puis j\u2019ai bifurqu\u00e9 vers le cin\u00e9ma, en ayant peur d\u2019avoir commenc\u00e9 trop tard dans ce domaine et que mes \u00e9tudes m\u2019aient \u00e9t\u00e9 inutiles. Au contraire, ces connaissances n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 perdues pour moi. Ce que j\u2019ai \u00e9tudi\u00e9 me sert \u00e9norm\u00e9ment, peut-\u00eatre plus que si j\u2019avais directement fait des \u00e9tudes de cin\u00e9ma. J\u2019ai mis quelque temps \u00e0 comprendre cela et finalement, j\u2019en suis tr\u00e8s contente. Donc si des personnes qui se sentent un peu perdues peuvent me lire et se sentir rassur\u00e9es, j\u2019en serais tr\u00e8s heureuse.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>D\u00e9couvrez l\u2019article dans <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/aylin-gokmen-camera-poetique-au-poing\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">le n\u00b079&nbsp;d\u2019<em>Allez Savoir!<\/em>&nbsp;<\/a><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-small-font-size\"><em>Propos recueillis par No\u00e9mie Matos, Unicom<br>Photo : \u00a9 Pierre-Antoine Grisoni \/ Strates<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cam\u00e9ra po\u00e9tique au poing<\/p>\n","protected":false},"author":1002575,"featured_media":10247,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[56241],"tags":[56260,56294,56296,56266,56257],"class_list":["post-10039","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-portrait","tag-art","tag-cinema","tag-culture","tag-engagement","tag-lettres"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10039","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1002575"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10039"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10039\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15673,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10039\/revisions\/15673"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10039"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10039"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/alumnil\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10039"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}