{"id":985,"date":"2008-09-16T19:39:18","date_gmt":"2008-09-16T17:39:18","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=985"},"modified":"2010-11-12T11:11:00","modified_gmt":"2010-11-12T09:11:00","slug":"tout-ce-que-nous-devons-a-la-conquete-spatiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/tout-ce-que-nous-devons-a-la-conquete-spatiale\/","title":{"rendered":"Tout ce que nous devons \u00e0 la conqu\u00eate spatiale"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2008\/09\/cosmos.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-1034\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2008\/09\/cosmos.jpg\" alt=\"Tout ce que nous devons \u00e0 la conqu\u00eate spatiale\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2008\/09\/cosmos.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2008\/09\/cosmos-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Dans quelques jours, la NASA, l\u2019agence spatiale am\u00e9ricaine, c\u00e9l\u00e9brera ses cinquante ans. Un demi-si\u00e8cle qui nous aura valu, outre des images inoubliables de la Lune, de b\u00e9n\u00e9ficier apr\u00e8s coup d\u2019innombrables trouvailles scientifiques pr\u00e9par\u00e9es pour les astronautes. Tour d\u2019horizon de ces b\u00e9n\u00e9fices scientifiques quotidiens avec le chercheur de l\u2019UNIL Claude-Alain Roten.<\/em><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait il y a cinquante ans. Le 1er octobre 1958, la NASA d\u00e9butait ses activit\u00e9s, quelques mois apr\u00e8s la signature du National Aeronautics and Space Act. Avec ce texte, le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Eisenhower ordonnait la mise en place de l\u2019agence spatiale \u00e9tats-unienne, et r\u00e9pondait au fameux \u00abbip-bip\u00bb envoy\u00e9 un an plus t\u00f4t par Spoutnik-1.<\/p>\n<p>Ce petit signal avait alors fait grand bruit sur la Terre, en d\u00e9montrant que les Sovi\u00e9tiques venaient, les premiers, de mettre en orbite un satellite. Une performance qui lan\u00e7ait la course \u00e0 l\u2019espace et d\u00e9clenchait une comp\u00e9tition nimb\u00e9e de prestige et de strat\u00e9gie, o\u00f9, outre les Sovi\u00e9tiques et les Am\u00e9ricains, les Europ\u00e9ens ont particip\u00e9 d\u00e8s 1962, bient\u00f4t suivis par les Japonais, les Chinois et les Indiens.<\/p>\n<h2>Des le\u00e7ons de management<\/h2>\n<p>Qu\u2019y a-t-on appris en cinquante ans? On entend souvent dire que l\u2019aventure spatiale est tr\u00e8s on\u00e9reuse et qu\u2019elle ne rapporte pas grand-chose. Certes, lancer des fus\u00e9es ou des navettes, mettre en orbite des stations spatiales ou envoyer des astronautes sur la Lune a un prix. Mais l\u2019ESA (l\u2019Agence spatiale europ\u00e9enne) a coutume de r\u00e9torquer que, pour un franc d\u00e9pens\u00e9 dans l\u2019espace, trois francs retournent aux industriels du secteur et, par l\u00e0, \u00e0 l\u2019\u00e9conomie terrestre.<\/p>\n<p>Sans compter les nombreuses retomb\u00e9es de l\u2019espace qui sont difficilement chiffrables. L\u2019une des plus importantes, selon Claude-Alain Roten, qui sait de quoi il parle puisqu\u2019il est chef de projet de recherche \u00e0 l\u2019UNIL et au CHUV, est justement \u00abla d\u00e9marche de management de projet\u00bb. En clair, on se fixe un objectif clair et pr\u00e9cis, un laps de temps et un certain budget pour le mener \u00e0 bien; et l\u2019on fonce.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est vraiment un mod\u00e8le de cr\u00e9ativit\u00e9 qui est maintenant utilis\u00e9 par des grandes entreprises.\u00bb Un mod\u00e8le de communication aussi, pr\u00e9cise le microbiologiste, qui rappelle qu\u2019avant de partir sur la Lune, les astronautes des missions Apollo \u00abs\u2019\u00e9taient donn\u00e9 pour consigne d\u2019aller serrer la main de tous les employ\u00e9s travaillant sur le site de la NASA, afin de s\u2019assurer que tous allaient donner le meilleur d\u2019eux-m\u00eames pour pr\u00e9parer les missions\u00bb.<\/p>\n<p>Sur le plan organisationnel, les accidents ont d\u2019ailleurs, eux aussi, eu un certain impact. L\u2019explosion de la navette Challenger a ainsi donn\u00e9 naissance \u00e0 \u00abtoute une r\u00e9flexion sur le risque, mais aussi sur la mani\u00e8re de stocker et de diffuser l\u2019information en cas de probl\u00e8me\u00bb.<\/p>\n<h2>Sans fus\u00e9es, pas de t\u00e9flon ni de titane<\/h2>\n<p>Mais, au-del\u00e0, la conqu\u00eate spatiale a toujours \u00e9t\u00e9 un formidable moteur pour le d\u00e9veloppement technologique. Dans son livre \u00abA la conqu\u00eate de l\u2019espace. De Spoutnik \u00e0 l\u2019homme sur Mars\u00bb, Jacques Villain souligne que \u00abplus de 100 technologies d\u00e9velopp\u00e9es pour la navette spatiale ont trouv\u00e9 des applications civiles\u00bb. Et encore le sp\u00e9cialiste fran\u00e7ais ne mentionne- t-il que la navette.<\/p>\n<p>Certaines de ces innovations font aujourd\u2019hui partie de notre quotidien. Tel est notamment le cas du t\u00e9flon dont on recouvre les po\u00eales; un mat\u00e9riau qui, au d\u00e9part, \u00aba \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour permettre \u00e0 des pi\u00e8ces de glisser l\u2019une sur l\u2019autre, sans huile\u00bb, pr\u00e9cise Claude-Alain Roten. Quant au titane, il \u00e9tait connu de longue date, mais peu utilis\u00e9 en raison de son co\u00fbt \u00e9lev\u00e9. Son emploi par l\u2019industrie spatiale a favoris\u00e9 son essor et il est aujourd\u2019hui fr\u00e9quemment employ\u00e9 pour fabriquer des alliages l\u00e9gers et r\u00e9sistants.<\/p>\n<h2>Nous leur devons la d\u00e9mocratisation des couches-culottes<\/h2>\n<p>Plus surprenant encore: si la NASA n\u2019a pas \u00e0 proprement parler invent\u00e9 les couches-culottes jetables, elle a largement contribu\u00e9 \u00e0 leur am\u00e9lioration et \u00e0 leur d\u00e9mocratisation. Tout a sans doute commenc\u00e9 avec Alan Shepard, le premier Am\u00e9ricain envoy\u00e9 dans l\u2019espace dans le cadre du programme Mercury.<\/p>\n<p>La mission ne devait durer qu\u2019une quinzaine de minutes, mais des probl\u00e8mes techniques ont retard\u00e9 son lancement et l\u2019astronaute a \u00e9t\u00e9 pris d\u2019un besoin pressant. Ses coll\u00e8gues lui ont conseill\u00e9 de se soulager dans son scaphandre, mais ils ont d\u00fb couper le courant pour \u00e9viter les risques de court-circuit, ce qui a retard\u00e9 encore le d\u00e9part.<\/p>\n<p>\u00abA l\u2019\u00e9poque, il n\u2019y avait pas de facilit\u00e9s \u00e0 bord\u00bb, commente le microbiologiste de l\u2019UNIL. Aujourd\u2019hui, les navettes en sont pourvues, ce qui n\u2019emp\u00eache pas la NASA de mettre des couches-culottes \u00e0 la disposition de ses astronautes qui, parfois, sont trop occup\u00e9s ou dans des situations telles qu\u2019ils ne peuvent pas se rendre aux toilettes.<\/p>\n<h2>Miniaturisation et jeux \u00e9lectroniques<\/h2>\n<p>Dans de nombreux domaines, l\u2019espace est \u00abun superbe banc d\u2019essai\u00bb, souligne Claude-Alain Roten. Toutefois, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on pourrait croire, la conception des processeurs n\u2019en a pas vraiment b\u00e9n\u00e9fici\u00e9. Dans l\u2019espace en effet, les conditions sont hostiles, notamment du fait des bouff\u00e9es de rayonnement solaire qui mettent le mat\u00e9riel \u00e0 rude \u00e9preuve, alors m\u00eame qu\u2019il est tr\u00e8s difficile de r\u00e9parer une pi\u00e8ce endommag\u00e9e. \u00abOn pr\u00e9f\u00e8re donc utiliser des composants plut\u00f4t d\u00e9suets, mais dont la robustesse a \u00e9t\u00e9 \u00e9prouv\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>En revanche, la n\u00e9cessaire miniaturisation de tout le mat\u00e9riel embarqu\u00e9 a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 \u00e0 l\u2019informatique grand public. \u00abQuand les astronautes de la mission Apollo se sont pos\u00e9s sur la Lune, l\u2019ordinateur qui g\u00e9rait la descente du module lunaire ressemblait aux toutes premi\u00e8res calculatrices programmables, qui sont arriv\u00e9es dans le commerce quelques ann\u00e9es plus tard\u00bb, raconte Claude-Alain Roten. D\u2019ailleurs, \u00abl\u2019un des tout premiers jeux \u00e9lectroniques \u00e0 programmer manuellement disponibles sur les premi\u00e8res calculatrices Hewlett-Packard \u00e9tait inspir\u00e9 de la descente lunaire: il fallait injecter, \u00e0 un moment pr\u00e9cis, du carburant pour se poser virtuellement en douceur\u00bb.<\/p>\n<h2>Electrocardiogrammes et scanners<\/h2>\n<p>Lorsque les stations am\u00e9ricaine Skylab, sovi\u00e9tique MIR et internationale ISS furent construites, les agences spatiales promettaient l\u2019installation de v\u00e9ritables usines en orbite qui, tirant parti de l\u2019apesanteur, fabriqueraient des produits r\u00e9volutionnaires. Cela ne s\u2019est en fait jamais r\u00e9alis\u00e9, \u00abcar il est toujours beaucoup plus simple et plus rentable de produire sur la Terre\u00bb, souligne Claude-Alain Roten. Autant dire que nul m\u00e9dicament miracle n\u2019a \u00e9t\u00e9 concoct\u00e9 dans l\u2019espace.<\/p>\n<p>Cela ne signifie pas pour autant que la m\u00e9decine n\u2019a pas tir\u00e9 quelques b\u00e9n\u00e9fices de la conqu\u00eate spatiale. Ainsi le Holter, cet appareil d\u00e9velopp\u00e9 par la NASA pour enregistrer en continu l\u2019\u00e9lectrocardiogramme des astronautes, \u00e9quipe aujourd\u2019hui de nombreux cabinets et services hospitaliers de cardiologie. Des scanners portables pour \u00e9valuer la qualit\u00e9 osseuse des spationautes durant les missions de longue dur\u00e9e (en apesanteur, les os se d\u00e9calcifient, \u00e0 moins de faire des exercices r\u00e9guliers), servent maintenant sur la Terre pour suivre la d\u00e9min\u00e9ralisation des os.<\/p>\n<h2>L\u2019\u00e9mergence de la t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine<\/h2>\n<p>Ce ne sont l\u00e0 que quelques exemples parmi bien d\u2019autres. Toutefois, pour le microbiologiste du CHUV, la retomb\u00e9e la plus importante de l\u2019exploration spatiale dans ce domaine concerne la t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine. Les technologies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es afin de pouvoir pratiquer des diagnostics et offrir de l\u2019assistance et des traitements \u00e0 distance aux astronautes durant leurs missions.<\/p>\n<p>Elles se sont av\u00e9r\u00e9es \u00abtr\u00e8s utiles sur la Terre, par exemple lorsque des explorateurs sont isol\u00e9s en Antarctique\u00bb. La t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine est en plein essor; son emploi devrait se g\u00e9n\u00e9raliser et profiter \u00e0 tous ceux qui se trouvent dans des endroits isol\u00e9s.<\/p>\n<h2>Espions en orbite<\/h2>\n<p>Qui dit espace dit bien \u00e9videmment satellites. A commencer par les engins militaires. Les grandes puissances disposent de toute une flottille de satellites \u2013 de reconnaissance, d\u2019alerte, d\u2019interception ou d\u2019\u00e9coute \u2013 qui sont de v\u00e9ritables espions en orbite.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est en fait qu\u2019un juste retour des choses, puisque la premi\u00e8re vraie fus\u00e9e balistique, la V2 mise au point par l\u2019ing\u00e9nieur allemand Wernher von Braun pendant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, a servi de base \u00e0 la conception des fus\u00e9es modernes.<\/p>\n<p>Ce sont d\u2019ailleurs aussi des motifs g\u00e9ostrat\u00e9giques qui ont, au d\u00e9part, servi de moteur \u00e0 la course \u00e0 l\u2019espace. \u00abDerri\u00e8re les programmes lunaires, il y avait une \u00e9norme comp\u00e9tition militaire, rappelle Claude-Alain Roten. Les Am\u00e9ricains craignaient que les Sovi\u00e9tiques installent une base de lancement de missiles sur la Lune, et il leur a fallu montrer qu\u2019eux aussi \u00e9taient capables d\u2019y aller.\u00bb<\/p>\n<h2>Transmettre des images, de la voix et des donn\u00e9es<\/h2>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache: la plupart des satellites ont des fonctions civiles qui ont v\u00e9ritablement r\u00e9volutionn\u00e9 nos modes de vie. Tout particuli\u00e8rement dans le domaine des t\u00e9l\u00e9communications. Le lancement d\u2019Echo 1 par la NASA, en 1960, a d\u00e9clench\u00e9 le mouvement. Les satellites de t\u00e9l\u00e9coms se sont tr\u00e8s vite multipli\u00e9s au point qu\u2019actuellement ils sont plus de 320 sur l\u2019orbite g\u00e9ostationnaire.<\/p>\n<p>Sans eux, il ne nous aurait pas \u00e9t\u00e9 possible de suivre en direct les JO de P\u00e9kin, ni de recevoir quotidiennement des images d\u2019\u00e9v\u00e9nements, sportifs ou autres, qui ont lieu \u00e0 l\u2019autre bout de la plan\u00e8te. Ces engins transmettent d\u2019ailleurs non seulement des programmes des cha\u00eenes t\u00e9l\u00e9vis\u00e9es, mais aussi de la voix et des donn\u00e9es num\u00e9riques.<\/p>\n<p>En outre, ils am\u00e9liorent les communications des pays mal \u00e9quip\u00e9s en infrastructures terrestres et c\u00e2bles sous-marins, et demain, ils permettront l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019offre de services \u00abtout satellite\u00bb pour les mobiles et de bien d\u2019autres tant, \u00abdans ce domaine, tout \u00e9volue \u00e0 grande vitesse \u00bb, constate Claude-Alain Roten.<\/p>\n<p>Venant en deuxi\u00e8me position derri\u00e8re les t\u00e9l\u00e9communications, la localisation et la navigation par satellite gagnent du terrain. Au d\u00e9part, la technique \u00e9tait r\u00e9serv\u00e9e aux utilisations spatiales \u2013 elle est notamment indispensable \u00abquand on doit arrimer un \u00e9tage d\u2019une fus\u00e9e ou un vaisseau \u00e0 la station spatiale internationale, par mode compl\u00e8tement automatique\u00bb, constate le chercheur de l\u2019UNIL \u2013 ainsi qu\u2019aux secteurs a\u00e9ronautique et maritime.<\/p>\n<h2>Se rep\u00e9rer sur la plan\u00e8te<\/h2>\n<p>Aujourd\u2019hui, elle s\u2019est d\u00e9mocratis\u00e9e au point qu\u2019elle a d\u00e9sormais pris place dans nos voitures. Si le syst\u00e8me am\u00e9ricain GPS (Global Positioning System) tient aujourd\u2019hui le haut de l\u2019espace, d\u2019autres comme le russe Glonass, le chinois Beidou et l\u2019europ\u00e9en Galileo devraient bient\u00f4t le rejoindre en orbite. Dans ce secteur en plein boom, on estime que le march\u00e9 mondial pourrait atteindre plus de 750 milliards de francs en 2025.<\/p>\n<h2>Pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9o et \u00e9veil \u00e0 l\u2019\u00e9cologie<\/h2>\n<p>Depuis leur orbite, les satellites peuvent observer la Terre. Ils peuvent suivre les d\u00e9placements des masses d\u2019air et nous livrer des pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9orologiques pr\u00e9cises et pr\u00e9cieuses. Ils peuvent aussi contr\u00f4ler les humeurs des oc\u00e9ans, g\u00e9rer les ressources halieutiques ou agricoles, suivre les pollutions, contr\u00f4ler la d\u00e9forestation&#8230; Bref, surveiller notre environnement.<\/p>\n<p>Claude-Alain Roten en est encore persuad\u00e9: l\u2019int\u00e9r\u00eat pour l\u2019\u00e9cologie, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9 dans les ann\u00e9es 1970, \u00abd\u00e9coule des images de la Terre prises depuis l\u2019espace \u00bb. Et en particulier de ce fameux \u00abclair de Terre, photographi\u00e9 depuis la Lune, qui a mis en \u00e9vidence \u00e0 nos yeux le fait que nous vivions sur une plan\u00e8te, et une seule, dont la surface \u00e9tait limit\u00e9e\u00bb. De cette nouvelle vision de notre globe sont n\u00e9es les pr\u00e9occupations actuelles face au trou d\u2019ozone ou au r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<h2>On cherchait la vie extraterrestre. On a trouv\u00e9 de la vie sur la Terre<\/h2>\n<p>Cette image et bien d\u2019autres ont aussi mis en \u00e9vidence la fragilit\u00e9 de notre plan\u00e8te. Mais au-del\u00e0, souligne Claude- Alain Roten, \u00abelle a modifi\u00e9 l\u2019id\u00e9e que l\u2019on se faisait de la vie\u00bb. En 1976, lorsque les Am\u00e9ricains ont envoy\u00e9 leurs sondes Viking sur Mars pour y chercher des traces de vie, \u00abils n\u2019ont obtenu que des r\u00e9ponses ambigu\u00ebs, car ils recherchaient des empreintes d\u2019organismes vivant \u00e0 20 \u00b0C, etc., ce qui correspondait aux connaissances que l\u2019on avait \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 propos de la vie\u00bb.<\/p>\n<p>Depuis, les choses ont grandement \u00e9volu\u00e9, car l\u2019espoir de rep\u00e9rer de la vie sur la plan\u00e8te rouge a incit\u00e9 les chercheurs \u00e0 regarder de plus pr\u00e8s ce qui se passait sur notre propre plan\u00e8te. \u00abOn s\u2019est peu \u00e0 peu rendu compte que toute la surface de la Terre \u00e9tait colonis\u00e9e par des micro-organismes, des glaces de l\u2019Antarctique aux sables du Sahara. O\u00f9 que l\u2019on creuse, on trouve toujours une forme de vie active, bien adapt\u00e9e \u00e0 son environnement. \u00bb<\/p>\n<h2>De grandes d\u00e9couvertes astronomiques<\/h2>\n<p>Pour le microbiologiste, \u00abces d\u00e9couvertes d\u00e9rivent en droite ligne de l\u2019exploration spatiale\u00bb. Comme bien d\u2019autres avanc\u00e9es scientifiques d\u2019ailleurs, car la recherche, elle aussi, a largement profit\u00e9 de cette course \u00e0 l\u2019espace lanc\u00e9e il y a cinquante ans.<\/p>\n<p>Les travaux effectu\u00e9s en orbite ou dans les laboratoires des stations spatiales ont eu de nombreuses retomb\u00e9es, en particulier en sciences de la vie ou des mat\u00e9riaux. Mais c\u2019est sans doute l\u2019astronomie qui a \u00e9t\u00e9 la grande gagnante dans l\u2019affaire: le lancement de multiples satellites et sondes spatiales, sans compter l\u2019envoi d\u2019hommes sur la Lune, ont profond\u00e9ment modifi\u00e9 la vision que l\u2019on avait auparavant du syst\u00e8me solaire et du cosmos.<\/p>\n<p>\u00abCela va du param\u00e9trage de l\u2019Univers \u00e0 son \u00e2ge et sa taille, en passant par le nombre d\u2019\u00e9toiles ou de galaxies qu\u2019il renferme, constate Claude-Alain Roten. C\u2019est une r\u00e9volution copernicienne, car cela a permis de se d\u00e9faire de nombreux a priori scl\u00e9rosants que l\u2019on avait auparavant.\u00bb<\/p>\n<p>Les missions spatiales ont aussi eu une retomb\u00e9e plus indirecte dans le domaine scientifique: elles ont suscit\u00e9 nombre de vocations chez des jeunes qui, fascin\u00e9s par les exploits des astronautes, ont embrass\u00e9 une carri\u00e8re scientifique. Car l\u2019espace fait r\u00eaver. M\u00eame si, aujourd\u2019hui, il suscite moins d\u2019enthousiasme qu\u2019auparavant, m\u00eame si l\u2019envoi de robots sur Mars provoque moins d\u2019excitation que les premiers pas de Neil Armstrong sur la Lune, la conqu\u00eate spatiale nourrit toujours notre imaginaire. Ce n\u2019est pas l\u00e0 la moindre de ses retomb\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gordon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans quelques jours, la NASA, l\u2019agence spatiale am\u00e9ricaine, c\u00e9l\u00e9brera ses cinquante ans. 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