{"id":976,"date":"2008-09-16T22:19:12","date_gmt":"2008-09-16T20:19:12","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=976"},"modified":"2010-11-12T11:10:24","modified_gmt":"2010-11-12T09:10:24","slug":"ce-nest-pas-juste-mais-cetait-son-destin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/ce-nest-pas-juste-mais-cetait-son-destin\/","title":{"rendered":"Ce n\u2019est pas Juste, mais c\u2019\u00e9tait son destin"},"content":{"rendered":"<p>C\u2019est une petite trag\u00e9die vaudoise que nous vous invitons \u00e0 d\u00e9couvrir dans ce num\u00e9ro d\u2019\u00abAllez savoir!\u00bb La trajectoire d\u2019un livre aussi influent que maudit, dont les rares \u00e9ditions n\u2019ont jamais connu le succ\u00e8s populaire qu\u2019elles m\u00e9ritaient. Et le destin d\u2019un chercheur qui fut exil\u00e9 \u00e0 Paris, en 1845, suite \u00e0 la r\u00e9volution radicale, avant de devenir un inconnu dans ce Pays de Vaud qu\u2019il a pourtant (r\u00e9) invent\u00e9.<\/p>\n<p>Dans le meilleur des cas, nous savons aujourd\u2019hui que Juste Olivier a donn\u00e9 son nom \u00e0 une avenue de Lausanne. Des promeneurs curieux et observateurs ont encore remarqu\u00e9 sa statue barbue, \u00e0 l\u2019entr\u00e9e du parc de Milan, dans la capitale vaudoise. D\u2019autres vous diront enfin que la commune de Gryon, o\u00f9 il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 1876, lui a \u00e9lev\u00e9 un monument.<\/p>\n<p>C\u2019est bien peu pour saluer la m\u00e9moire de l\u2019historien de l\u2019Acad\u00e9mie (l\u2019anc\u00eatre de l\u2019UNIL) qui, quelques d\u00e9cennies apr\u00e8s le d\u00e9part des Bernois, a mis toute son \u00e9nergie pour arracher notre pass\u00e9 \u00e0 l\u2019oubli, pour r\u00e9v\u00e9ler l\u2019histoire vaudoise \u00e0 ses compatriotes, pour offrir une place plus honorable au Major Davel, et, finalement, pour nous rendre nos racines.<\/p>\n<p>Car, avant Juste Olivier, il n\u2019y avait plus rien. \u00abLe pays avait \u00e9t\u00e9 vid\u00e9 de ses croyances et de sa substance\u00bb par l\u2019\u00e9pisode bernois, rappelait Charles Ferdinand Ramuz dans l\u2019hommage posthume qu\u2019il a rendu \u00e0 l\u2019historien en 1938, avant de pr\u00e9senter son livre comme \u00abun classique, notre seul classique vaudois\u00bb.<\/p>\n<p>Pourtant, malgr\u00e9 l\u2019appel vibrant de Ramuz, paru dans la pr\u00e9face \u00e0 la premi\u00e8re r\u00e9\u00e9dition de l\u2019ouvrage, \u00abLe Canton de Vaud, sa vie et son histoire \u00bb n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 lu par le grand public. Mal accueilli d\u00e8s sa sortie, entre 1837 et 1841, le livre de Juste Olivier s\u2019est toujours transmis sous le manteau par de rares fid\u00e8les qui se le procuraient difficilement et se le pr\u00eataient respectueusement. Et les r\u00e9\u00e9ditions de 1938 ou de 1978 n\u2019ont pas modifi\u00e9 son statut de livre boud\u00e9 par les Vaudois auxquels il \u00e9tait destin\u00e9.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, l\u2019ouvrage prend la poussi\u00e8re dans toutes les biblioth\u00e8ques du canton, et une longue qu\u00eate n\u2019est pas n\u00e9cessaire pour en trouver un exemplaire chez un bouquiniste. Moyennant quelques dizaines de francs, on ressort de l\u2019\u00e9choppe avec les deux tomes illustr\u00e9s par autant de portraits de Juste Olivier r\u00e9alis\u00e9s par le peintre Charles Gleyre, son ami. 1200 pages qui valent autant pour leur contenu que pour la l\u00e9gende noire qui les accompagne.<\/p>\n<p>Impossible de les feuilleter sans ressentir un sentiment d\u2019injustice. Cet insucc\u00e8s chronique du livre semble d\u2019autant plus imm\u00e9rit\u00e9 au XXIe si\u00e8cle que l\u2019histoire n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 aussi populaire. Depuis quelques ann\u00e9es, les ouvrages racontant les diverses facettes du pass\u00e9 suisse sortent les uns apr\u00e8s les autres et deviennent invariablement des succ\u00e8s en librairie. Une reconnaissance du public que le pionnier lausannois n\u2019a jamais connue. Reste \u00e0 esp\u00e9rer que cette nouvelle mode sera la chance tardive de Juste Olivier d\u2019\u00eatre enfin d\u00e9poussi\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Jocelyn Rochat<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est une petite trag\u00e9die vaudoise que nous vous invitons \u00e0 d\u00e9couvrir dans ce num\u00e9ro d\u2019\u00abAllez savoir!\u00bb La trajectoire d\u2019un livre aussi influent que maudit, dont les rares \u00e9ditions n\u2019ont jamais &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":158,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[61,28],"tags":[43],"class_list":{"0":"post-976","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","6":"category-edito","7":"category-no-42","8":"tag-jocelyn-rochat"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/158"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=976"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/976\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=976"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=976"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=976"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}