{"id":9721,"date":"2019-05-09T08:07:11","date_gmt":"2019-05-09T06:07:11","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9721"},"modified":"2024-01-31T16:15:38","modified_gmt":"2024-01-31T14:15:38","slug":"un-homme-de-lecrit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/un-homme-de-lecrit\/","title":{"rendered":"Un homme de l\u2019\u00e9crit"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_9800\" aria-describedby=\"caption-attachment-9800\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/04\/petermann_72_1.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/04\/petermann_72_1.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/04\/petermann_72_1-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9800\" class=\"wp-caption-text\">St\u00e9phane P\u00e9termann. Au restaurant Mirabeau,<br \/>\u00e0 Lausanne.<br \/>\u00a9 Pierre-Antoine Grisoni \/Strates<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>On pourrait dire, en imitant le titre du livre d\u2019Alain Finkielkraut sur Charles P\u00e9guy, que St\u00e9phane P\u00e9termann est un \u00abm\u00e9contemporain\u00bb, un homme qui cultive ses ancrages et ses fid\u00e9lit\u00e9s sans se laisser d\u00e9tourner par l\u2019actualit\u00e9 imm\u00e9diate et les go\u00fbts du jour.<\/em><\/p>\n<p>Chercheur \u00e0 l\u2019UNIL, il est membre du <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/crlr\/fr\/home.html\">Centre des litt\u00e9ratures en Suisse romande<\/a> \u2013 anciennement le Centre de recherches sur les lettres romandes \u2013 et vient d\u2019achever, avec Alexandra Weber Berney, l\u2019\u00e9dition du<em> Journal 1940-1948<\/em> de la romanci\u00e8re Monique Saint-H\u00e9lier (luxueux coffret en 18 volumes paru aux \u00c9ditions de l\u2019Aire).<\/p>\n<p>Entrer dans une vie \u00e9trange comme celle de cette Suissesse exil\u00e9e \u00e0 Paris durant la Seconde Guerre mondiale, clou\u00e9e au lit par une maladie aussi myst\u00e9rieuse que douloureuse, n\u2019est pas une \u00e9vidence \u00e0 l\u2019heure o\u00f9 plus grand monde, au-del\u00e0 d\u2019un cercle de fervents admirateurs, ne se souvient d\u2019elle (morte en 1955) et de son mari, Blaise Briod. Pour St\u00e9phane P\u00e9termann, qui aime tisser des liens entre des vies disparues et des textes pour certains encore br\u00fblants, ce n\u2019est pas un probl\u00e8me. Il a particip\u00e9 ainsi \u00e0 la publication des <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> de C. F. Ramuz, une aventure scientifique achev\u00e9e en 2013 aux \u00c9ditions Slatkine; le grand auteur vaudois ne le quitte jamais si l\u2019on en croit la parution au printemps 2019 d\u2019une monographie intitul\u00e9e <em>C. F. Ramuz, sentir vivre et battre le mot<\/em> (Savoir Suisse) et la publication de la si jolie collection \u00abPetite biblioth\u00e8que ramuzienne\u00bb aux \u00c9ditions Zo\u00e9.<\/p>\n<p>Vouloir retenir le monde qui fuit, la civilisation qui passe, n\u2019emp\u00eache pas d\u2019\u00e9pouser au quotidien le tourbillon de la vie: le chercheur peu port\u00e9 sur l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re transmet le go\u00fbt de la lecture \u00e0 ses deux enfants, une fille de huit ans et un gar\u00e7on de dix. Alors \u00e2g\u00e9 de cinq ou six ans, ce dernier s\u2019est un jour \u00e9cri\u00e9 \u00e0 la vue d\u2019un portrait dans une exposition: \u00abC\u2019est Ramuz!\u00bb, \u00e0 la surprise des adultes alentour&#8230;<\/p>\n<p>St\u00e9phane P\u00e9termann vit loin des pol\u00e9miques et des injonctions id\u00e9ologiques qui rythment l\u2019actualit\u00e9 politique et parfois m\u00eame universitaire. Dipl\u00f4m\u00e9 en Lettres de l\u2019UNIL et officier \u00e0 l\u2019arm\u00e9e, ce protestant amateur d\u2019auteurs souvent catholiques lit volontiers un \u00e9crivain contemporain comme Richard Millet et d\u2019autres nostalgiques plus m\u00e9connus, voire totalement oubli\u00e9s comme les Fran\u00e7ais Henry Bordeaux (1870-1963) ou Ren\u00e9 Boylesve (1867-1926). St\u00e9phane P\u00e9termann s\u2019est rarement trouv\u00e9 l\u00e0 o\u00f9 l\u2019attendait l\u2019air du temps, lui qui appr\u00e9cie les meubles anciens et l\u2019op\u00e9ra&#8230;<\/p>\n<p>Lors d\u2019un voyage en Isra\u00ebl avec le ch\u0153ur de la HEP, il a chant\u00e9 avec un orchestre palestinien; une exp\u00e9rience \u00e9mouvante qui l\u2019a plong\u00e9 dans un pass\u00e9 moins familier et tragiquement accroch\u00e9 au pr\u00e9sent. D\u2019ailleurs, il ne fuit pas le monde, il met \u00e0 distance notre course vers un futur de plus en plus d\u00e9racin\u00e9, d\u00e9cultur\u00e9 et d\u00e9shumanis\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s avoir quitt\u00e9 la journaliste, il envoie un mot sur l\u2019un de ses cin\u00e9astes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s. On aurait pu le deviner: il s\u2019agit de Luchino Visconti, le prince du cin\u00e9ma, peintre d\u2019un pass\u00e9 qui n\u2019en finit pas de mourir en jetant sur la sc\u00e8ne ses derniers flamboiements.<\/p>\n<p><strong>Un go\u00fbt de son enfance<\/strong><br \/>\nLes tartines au beurre de son arri\u00e8re-grand-m\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>Une ville de go\u00fbt<\/strong><br \/>\nJ\u00e9rusalem pour ses saveurs orientales, entre cuisines juive et arabe.<\/p>\n<p><strong>Un compagnon de table<\/strong><br \/>\nL\u2019auteur allemand francophile hant\u00e9 par \u00abl\u2019aventure de la guerre\u00bb, Ernst J\u00fcnger.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On pourrait dire, en imitant le titre du livre d\u2019Alain Finkielkraut sur Charles P\u00e9guy, que St\u00e9phane P\u00e9termann est un \u00abm\u00e9contemporain\u00bb, un homme qui cultive ses ancrages et ses fid\u00e9lit\u00e9s sans &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":9801,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[13144,42213,39524,42182],"tags":[39532],"class_list":{"0":"post-9721","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-art-et-litterature","8":"category-cafe-gourmand","9":"category-chronique","10":"category-no-72","11":"tag-nadine-richon"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9721","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9721"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9721\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13899,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9721\/revisions\/13899"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9801"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9721"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9721"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9721"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}