{"id":9436,"date":"2019-01-31T08:11:00","date_gmt":"2019-01-31T06:11:00","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9436"},"modified":"2020-07-22T14:48:57","modified_gmt":"2020-07-22T12:48:57","slug":"des-milliards-de-donnees-et-moi-et-moi-et-moi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/des-milliards-de-donnees-et-moi-et-moi-et-moi\/","title":{"rendered":"Des milliards de donn\u00e9es (et moi et moi et moi)"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_9475\" aria-describedby=\"caption-attachment-9475\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9475\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/formation_continue_1_72.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"394\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/formation_continue_1_72.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/formation_continue_1_72-389x260.jpg 389w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9475\" class=\"wp-caption-text\">Etienne Honor\u00e9 et Nicole Durisch Gauthier (HEP Vaud). Philippe Bornet (UNIL). Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>La nouvelle formation \u00abD\u00e9coder un monde num\u00e9ris\u00e9\u00bb propose un regard critique sur les enjeux des traces num\u00e9riques, de la programmation ou encore des algorithmes.<\/em><\/p>\n<p>Les robots prennent leurs aises dans le cadre professionnel. En ligne, des algorithmes subtils nous ram\u00e8nent des contenus qui forgent nos go\u00fbts. De multiples aspects de nos personnalit\u00e9s se baladent sur les r\u00e9seaux sociaux. Les interactions sociales se d\u00e9veloppent de smartphone \u00e0 smartphone. Comment d\u00e9coder ce monde num\u00e9ris\u00e9? Comment le prendre avec distance, alors qu\u2019il nous impose un rythme rapide? Comment le penser de mani\u00e8re critique et inform\u00e9e? Une nouvelle formation continue, fruit d\u2019une collaboration entre des chercheurs de l\u2019UNIL et de la HEP Vaud, propose des pistes de r\u00e9ponses.<\/p>\n<p>\u00abCes sujets concernent tous les citoyens. Dans notre soci\u00e9t\u00e9 num\u00e9rique, nous devrions, si possible, \u00eatre outill\u00e9s pour aborder ces questions\u00bb, rel\u00e8ve Nicole Durisch Gauthier (HEP Vaud), du comit\u00e9 d\u2019organisation de la formation. Ainsi, m\u00eame si le cursus, r\u00e9parti sur deux jours, s\u2019adresse aux professionnels de l\u2019\u00e9ducation, son contenu int\u00e9resse des cercles plus larges.<\/p>\n<p><strong>Programmation et traces<\/strong><br \/>\n\u00abLa formation \u201cD\u00e9coder un monde num\u00e9ris\u00e9\u201d est bien caract\u00e9ris\u00e9e par la m\u00e9taphore de l\u2019interface, image son coll\u00e8gue Etienne Honor\u00e9 (HEP Vaud). Celle-ci sert de zone d\u2019\u00e9change et de communication entre la technologie et nous. Si elle nous facilite la t\u00e2che, elle nous masque le code, le fonctionnement de l\u2019outil.\u00bb La programmation figure justement au c\u0153ur de la premi\u00e8re journ\u00e9e de formation. \u00abL\u2019interface nous cache aussi ce qui se trouve en aval de nos interactions, c\u2019est-\u00e0-dire ce que deviennent nos donn\u00e9es.\u00bb Le sujet \u00e9pineux des traces est trait\u00e9 lors de la seconde journ\u00e9e de cours.<\/p>\n<p>\u00abD\u00e9coder un monde num\u00e9ris\u00e9\u00bb se trouve au croisement de deux perspectives: un axe pratique \u2013 mais non technique \u2013 ainsi qu\u2019une mise \u00e0 distance soutenue par le domaine des Humanit\u00e9s num\u00e9riques. \u00abAvec les participants, nous allons d\u00e9passer le fonctionnalisme et la vision utilitaire des outils pour d\u00e9velopper une conscience critique, ce qui rejoint les interrogations de la recherche\u00bb, indique Philippe Bornet, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en Facult\u00e9 des lettres.<\/p>\n<p><strong>Le monde vu par la machine<\/strong><br \/>\nPlac\u00e9e sous le signe de la programmation, la premi\u00e8re journ\u00e9e d\u00e9butera par un expos\u00e9 sur l\u2019enseignement de la pens\u00e9e computationnelle \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire bas\u00e9e sur les fondamentaux de l\u2019informatique th\u00e9orique. Pour entrer dans cette mani\u00e8re de consid\u00e9rer le monde, Michael Piotrowski, professeur associ\u00e9 en Section des sciences du langage et de l\u2019information (Lettres), recourra \u00e0 la cr\u00e9ation de fictions interactives, sur le mod\u00e8le des livres-jeux qui offrent des choix multiples \u00e0 leurs lecteurs. Ensuite, les participants prendront part, en petits groupes, \u00e0 deux ateliers pratiques et ludiques. Donn\u00e9s par deux chercheurs de la HEP, Jean-Philippe Pellet et Morgane Chevalier, ils porteront respectivement sur les algorithmes et sur la robotique, l\u2019intelligence artificielle. M\u00eame si la formation n\u2019est pas destin\u00e9e \u00e0 transformer les participants en informaticiens, ces derniers auront l\u2019occasion de \u00abmettre la main \u00e0 la p\u00e2te\u00bb, assure Nicole Durisch Gauthier.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Isaac Pante, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en Section des sciences du langage et de l\u2019information (Lettres), \u00abva \u00e9tablir une analogie entre la programmation et l\u2019apprentissage d\u2019une langue, qui toutes deux poss\u00e8dent leur grammaire et leur syntaxe\u00bb, pr\u00e9cise Philippe Bornet.<\/p>\n<p>Enfin, de mani\u00e8re originale, les participants concluront leur premier jour par une table ronde avec les intervenants. Un moment o\u00f9 \u00abchacun pourra faire fructifier ses r\u00e9flexions\u00bb, esp\u00e8re Nicole Durisch Gauthier. Il s\u2019agira aussi \u00abd\u2019une mani\u00e8re d\u2019\u00e9valuer son propre parcours: suis-je un acteur de cette discussion? Est-ce que le fait d\u2019avoir bien d\u00e9fini les enjeux me permet de profiter au mieux des \u00e9changes?\u00bb, rench\u00e9rit son coll\u00e8gue Etienne Honor\u00e9. Des \u00e9l\u00e9ments vivants qui pourront ensuite \u00eatre repris dans des conversations, par exemple avec des coll\u00e8gues.<\/p>\n<p><strong>Qui suis-je en ligne?<\/strong><br \/>\nDeux mois plus tard, le 16 mai, les participants se retrouveront autour des identit\u00e9s num\u00e9riques. Boris Beaude, professeur assistant au Laboratoire d\u2019\u00e9tude des sciences et des techniques (Facult\u00e9 des SSP), dressera un panorama des diverses traces que nous laissons dans le monde virtuel, en touchant aux questions de gouvernance et de surveillance.<\/p>\n<p>Ensuite, S\u00e9bastien Gogniat (collaborateur \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019enseignement obligatoire) traitera des adolescents, des r\u00e9seaux sociaux, de cyberharc\u00e8lement et de pr\u00e9vention. Un th\u00e8me qui int\u00e9ressera particuli\u00e8rement les professionnels de l\u2019\u00e9ducation. L\u2019apr\u00e8s-midi d\u00e9butera par une intervention sur la mani\u00e8re dont nos identit\u00e9s sont mises en sc\u00e8ne en ligne, des images d\u2019\u00e9chographie jusqu\u2019aux lieux de m\u00e9moire num\u00e9riques, avec Fanny Georges, chercheuse \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 Sorbonne Nouvelle Paris 3. Puis la philosophe du droit Antoinette Rouvroy, (Universit\u00e9 de Namur), s\u2019int\u00e9ressera \u00abaux risques d\u2019une conception de l\u2019individu d\u00e9termin\u00e9e par des profils num\u00e9riques qui ne sont construits qu\u2019\u00e0 partir des traces de nos actions\u00bb, r\u00e9sume Etienne Honor\u00e9. Ne sommes-nous que le total de nos donn\u00e9es? A nouveau, une table ronde conclura la journ\u00e9e.<\/p>\n<p>Certes, l\u2019approche des sujets trait\u00e9s, critique, est con\u00e7ue pour permettre aux participants de prendre un peu de recul. Mais le trio organisateur de la formation veut \u00e9viter l\u2019\u00e9cueil du moralisme ou de l\u2019attitude de rejet. L\u2019\u00e9ducation au num\u00e9rique a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9e comme \u00e9tant la priorit\u00e9 de l\u2019\u00c9cole vaudoise, \u00e0 la rentr\u00e9e 2018: ce n\u2019est donc pas demain que ces questions dispara\u00eetront du d\u00e9bat public.<\/p>\n<p><strong>Les inscriptions sont closes, le nombre maximum de participants ayant \u00e9t\u00e9 atteint<\/strong><br \/>\nInformations: <a href=\"https:\/\/formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/decoder-monde-numerise\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/decoder-monde-numerise<\/a><\/p>\n<p><strong>Culture<\/strong><\/p>\n<h3>Le Soi: perspectives philosophiques<\/h3>\n<p>\u00abTu peux, \u00e0 l\u2019heure que tu veux, te retirer en toi-m\u00eame. Nulle retraite n\u2019est plus tranquille ni moins troubl\u00e9e pour l\u2019homme que celle qu\u2019il trouve en son \u00e2me [&#8230;]\u00bb Cet extrait du livre IV des <em>Pens\u00e9es<\/em> de Marc-Aur\u00e8le (121-180) nous plonge dans l\u2019ambiance de la journ\u00e9e de formation continue intitul\u00e9e Le Soi: perspectives philosophiques. Le 3 avril 2019, les participants vont explorer ce th\u00e8me, guid\u00e9s par deux chercheurs de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>\u00abLa qu\u00eate de soi et la question \u201cQui suis-je?\u201d figurent parmi les pr\u00e9occupations centrales de l\u2019Antiquit\u00e9 grecque et romaine\u00bb, note Alexandrine Schniewind, professeure en Section de philosophie (Facult\u00e9 des lettres). L\u2019enseignante constate qu\u2019il en est de m\u00eame aujourd\u2019hui. \u00abCe sujet tr\u00e8s riche passionne mes \u00e9tudiants\u00bb. Ainsi, avec son coll\u00e8gue Michael Groneberg, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche, la philosophe a cr\u00e9\u00e9 un cursus d\u2019une journ\u00e9e, accessible \u00e0 tous sans pr\u00e9requis, autour de cette th\u00e9matique.<\/p>\n<p>Le dualisme \u00e2me-corps a bien occup\u00e9 les auteurs de l\u2019Antiquit\u00e9. Peut-on les s\u00e9parer? Quelle est la nature de cet esprit qui s\u2019incarne dans un organisme mat\u00e9riel? Qu\u2019est-ce qui me permet de (me) penser? Au travers d\u2019extraits de textes, de Platon \u00e0 Plotin, les participants vont d\u00e9couvrir diff\u00e9rents courants philosophiques parfois oppos\u00e9s, que les deux enseignants remettront dans leur contexte.<\/p>\n<p>Une r\u00e9sonance moderne \u00e0 ces textes antiques est pr\u00e9vue. \u00abLes selfies, ces images de soi positives que l\u2019on diffuse, se rattachent \u00e0 la th\u00e9matique du bonheur et de l\u2019injonction \u201cIl faut \u00eatre heureux\u201d, qui tient du <em>diktat<\/em>\u00bb, avance Alexandrine Schniewind, \u00e9galement psychologue clinicienne. Dans <em>Malaise dans la civilisation<\/em> (1930), Freud se demande si nous sommes vraiment au monde pour \u00eatre heureux. Il est int\u00e9ressant de noter que, de philosophique, la question du soi a d\u00e9bord\u00e9 dans les champs de la psychanalyse et de l\u2019anthropologie. Toujours au XXe si\u00e8cle, les participants vont se pencher sur la pens\u00e9e des philosophes Michel Foucault et Pierre Hadot, qui ont entretenu une correspondance sur la question du \u00absoi\u00bb.<\/p>\n<p>Alexandrine Schniewind promet une approche p\u00e9dagogique diversifi\u00e9e. Quelques expos\u00e9s th\u00e9oriques jalonneront la journ\u00e9e, tout comme des lectures \u00e0 haute voix et des interpr\u00e9tations communes de textes, ainsi que des discussions et des travaux de groupe. A la fin de l\u2019apr\u00e8s-midi, le 3 avril, \u00abj\u2019aimerais que les participants aient compris \u00e0 quel point la question du soi traverse toute la civilisation occidentale, et qu\u2019elle est la cl\u00e9 des d\u00e9buts de la philosophie grecque\u00bb, esp\u00e8re la professeure. Elle souhaite aussi que les participants rentrent dans leurs p\u00e9nates avec l\u2019envie de lire les auteurs (re)d\u00e9couverts pendant la formation.<\/p>\n<p>S\u2019inscrire rapidement sur <a href=\"https:\/\/www.formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/le-soi-perspectives-philosophiques\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">formation-continue-unil-epfl.ch\/formation\/le-soi-perspectives-philosophiques<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nouvelle formation \u00abD\u00e9coder un monde num\u00e9ris\u00e9\u00bb propose un regard critique sur les enjeux des traces num\u00e9riques, de la programmation ou encore des algorithmes. 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