{"id":9409,"date":"2019-01-31T08:18:25","date_gmt":"2019-01-31T06:18:25","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9409"},"modified":"2020-07-22T14:39:41","modified_gmt":"2020-07-22T12:39:41","slug":"faire-parler-les-crottes-et-leau","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/faire-parler-les-crottes-et-leau\/","title":{"rendered":"Faire parler  les crottes et l\u2019eau"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_9515\" aria-describedby=\"caption-attachment-9515\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9515\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_suite_72.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_suite_72.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_suite_72-346x260.jpg 346w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9515\" class=\"wp-caption-text\">Un pi\u00e8ge photographique install\u00e9 en Mongolie a immortalis\u00e9 cette panth\u00e8re des neiges.<br \/>\u00a9DEE\/UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le Dr Luca Fumagalli, responsable du Laboratoire de biologie de la conservation (LBC) \u00e0 l\u2019UNIL, est parti en Mongolie pour r\u00e9colter des crottes et pr\u00e9lever de l\u2019eau dans le d\u00e9sert de Gobi. Une t\u00e2che ardue, pleine de surprises.<\/strong><\/p>\n<p>\u00abUn des buts de mon voyage \u00e9tait de compl\u00e9menter le travail du professeur Christe et de son doctorant avec des analyses g\u00e9n\u00e9tiques \u00e0 partir de crottes collect\u00e9es de fa\u00e7on non invasive: des crottes et de l\u2019eau, pr\u00e9lev\u00e9es dans le Small Gobi A (une portion du Great Gobi A)\u00bb, explique le Dr Luca Fumagalli, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche, privat-docent au DEE.<\/p>\n<p>Les quatorze f\u00e8ces ramen\u00e9es dans ses valises ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es. Huit d\u2019entre elles appartiennent bien \u00e0 des irbis. Les autres proviennent de loups, de renards ou n\u2019ont rien r\u00e9v\u00e9l\u00e9. \u00abDes rangers continuent la r\u00e9colte sur place, se r\u00e9jouit-il. Il s\u2019agit d\u2019abord d\u2019estimer le nombre d\u2019individus. Et ensuite d\u2019\u00e9tudier le r\u00e9gime alimentaire de l\u2019animal. L\u2019once mange-t-elle diff\u00e9remment si elle vit dans une zone sauvage ou plus proche de l\u2019Homme?\u00bb<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 ce projet, Claudio Augugliaro avait rep\u00e9r\u00e9 des points d\u2019eau dans la portion du d\u00e9sert de Gobi appel\u00e9e Small Gobi A, exploitables pour des \u00e9chantillonnages de ce que l\u2019on nomme \u00ab?ADN environnemental?\u00bb, un mois avant l\u2019arriv\u00e9e du sp\u00e9cialiste des analyses g\u00e9n\u00e9tiques. \u00ab?Il est obligatoire de se rendre dans des coins o\u00f9 il n\u2019y a ni humain ni animal domestique pour ne pas fausser les r\u00e9sultats?\u00bb, indique le responsable du LBC. Apr\u00e8s des heures en v\u00e9hicule sur des pistes \u00e0 deviner, l\u2019\u00e9quipe de biologistes de l\u2019UNIL, guid\u00e9e par un GPS, a d\u00fb se rendre \u00e0 l\u2019\u00e9vidence: elle ne r\u00e9colterait rien, car la saison s\u00e8che a fait dispara\u00eetre toute trace d\u2019eau dans le d\u00e9sert&#8230;<\/p>\n<p>\u00abMalgr\u00e9 les probl\u00e8mes de langue, j\u2019ai r\u00e9ussi \u00e0 former des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 d\u2019Oulan-Bator \u00e0 la collecte d\u2019ADN environnemental, souligne le Dr Fumagalli. Ils sont partis filtrer de l\u2019eau dans la partie la plus grande et isol\u00e9e du Gobi (Great Gobi A).\u00bb Le protocole est extr\u00eamement pr\u00e9cis, car toute contamination r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant la t\u00e2che effectu\u00e9e. \u00abIl faut travailler avec des gants, des instruments st\u00e9riles (seringue, louche, capsule etc.). Si l\u2019on pose un pied ou un doigt dans l\u2019eau, on contamine tout le milieu.\u00bb Des pi\u00e8ges-photos sont aussi d\u00e9pos\u00e9s aux points d\u2019eau pour comparer les donn\u00e9es collect\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019ADN contenu dans les mini-mares, de 20 \u00e0 80 cm de profondeur, se fixe sur le filtre d\u2019une capsule et un liquide de conservation permet de le pr\u00e9server. Dans un monde id\u00e9al, les chercheurs mongols n\u2019ont ensuite plus qu\u2019\u00e0 envoyer ces \u00e9chantillons en Suisse. Le hic, c\u2019est que les entreprises de transport locales peuvent refuser de livrer ces colis insolites. \u00abLa premi\u00e8re tentative a \u00e9t\u00e9 une faillite, d\u00e9plore le Dr Fumagalli, mais les \u00e9chantillons sont enfin arriv\u00e9s \u00e0 l\u2019UNIL \u00e0 la fin octobre 2018. Je ne sais pas combien de temps l\u2019ADN va tenir avant de se d\u00e9grader. A ma connaissance, personne n\u2019a jamais travaill\u00e9 avec cette approche dans un milieu d\u00e9sertique. Les conditions environnementales tr\u00e8s extr\u00eames, notamment la force des UV et les variations importantes de temp\u00e9ratures pendant la journ\u00e9e, peuvent tr\u00e8s vite alt\u00e9rer l\u2019ADN.?\u00bb<\/p>\n<p>Le chercheur de l\u2019UNIL voudrait d\u00e9montrer que, dans un milieu hostile, il est possible, avec cette m\u00e9thode, de rep\u00e9rer non seulement les organismes aquatiques (poissons, \u00e9crevisses, mollusques, insectes), mais aussi les animaux forc\u00e9s de se regrouper dans les derniers rarissimes points d\u2019eau afin de s\u2019y abreuver. \u00abJe m\u2019attends \u00e0 d\u00e9tecter beaucoup plus d\u2019esp\u00e8ces que les pi\u00e8ges-photos, notamment l\u2019ours de Gobi, une sous-esp\u00e8ce de l\u2019ours brun, qui ne compte plus que 20 \u00e0 30 individus sur Terre.\u00bb<\/p>\n<p>Article principal: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/sur-les-traces-de-la-panthere-des-neiges\/\">Sur les traces de la panth\u00e8re des neiges<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Dr Luca Fumagalli, responsable du Laboratoire de biologie de la conservation (LBC) \u00e0 l\u2019UNIL, est parti en Mongolie pour r\u00e9colter des crottes et pr\u00e9lever de l\u2019eau dans le d\u00e9sert &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":9516,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[718,42178],"tags":[42181],"class_list":{"0":"post-9409","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nature","8":"category-no-71","9":"tag-virginie-jobe-truffer"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9409","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9409"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9409\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9409"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9409"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9409"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}