{"id":9404,"date":"2019-01-31T08:19:46","date_gmt":"2019-01-31T06:19:46","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9404"},"modified":"2020-07-22T14:39:07","modified_gmt":"2020-07-22T12:39:07","slug":"sur-les-traces-de-la-panthere-des-neiges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/sur-les-traces-de-la-panthere-des-neiges\/","title":{"rendered":"Sur les traces de la panth\u00e8re des neiges"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_9513\" aria-describedby=\"caption-attachment-9513\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9513\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_1_72.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"330\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_1_72.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/panthere_1_72-465x260.jpg 465w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9513\" class=\"wp-caption-text\">Irbis ou Once. Ce beau f\u00e9lin, qui vit notamment en Mongolie, est peu connu. C\u2019est une esp\u00e8ce menac\u00e9e.<br \/>\u00a9Batt\u2019Art\/Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Une \u00e9quipe de chercheurs du D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019UNIL a investi la Mongolie afin de participer \u00e0 la sauvegarde de l\u2019un des mammif\u00e8res les plus discrets de la plan\u00e8te. Voyage au bout du d\u00e9sert.<\/em><\/p>\n<p>Des paysages d\u2019altitude priv\u00e9s d\u2019arbres, \u00e0 peine travers\u00e9s par quelques pistes rocailleuses, parsem\u00e9s de chameaux, survol\u00e9s par de nombreux gypa\u00e8tes barbus, soudain anim\u00e9s par des hurlements de loups: bienvenue sur le territoire de l\u2019irbis, comme le nomment les Mongols! La panth\u00e8re des neiges (<em>Panthera uncia<\/em>) a choisi de s\u2019\u00e9tablir dans une contr\u00e9e certes inhospitali\u00e8re, mais parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 ses besoins. On ne sait toutefois pas combien de temps elle pourra continuer \u00e0 s\u2019y \u00e9panouir. La myst\u00e9rieuse once, un autre de ses noms, est en effet class\u00e9e sur la liste rouge de l\u2019UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) en tant qu\u2019esp\u00e8ce vuln\u00e9rable. Claudio Augugliaro, doctorant au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (DEE), a d\u00e9cid\u00e9 de poser ses bagages dans l\u2019univers lunaire du grand f\u00e9lin. \u00abLes grands carnivores connaissent une extinction locale et globale, souligne-t-il. Et aujourd\u2019hui encore, des esp\u00e8ces discr\u00e8tes comme la panth\u00e8re des neiges sont tr\u00e8s peu connues. Je d\u00e9sire apporter ma contribution \u00e0 la protection d\u2019animaux si beaux et tellement importants sur un plan \u00e9cologique.\u00bb<\/p>\n<p>Son travail consiste \u00e0 interroger des bergers dans l\u2019Alta\u00ef occidental mongol pour conna\u00eetre la perception qu\u2019ils ont de l\u2019irbis et \u00e0 \u00e9valuer sa population, sa distribution, ainsi que les dangers qui la menacent. Le professeur Philippe Christe, directeur de sa th\u00e8se, et le Dr Luca Fumagalli, sp\u00e9cialiste des analyses g\u00e9n\u00e9tiques, tous deux au DEE, l\u2019ont rejoint sur place durant deux semaines au printemps 2018. Premiers r\u00e9sultats d\u2019une enqu\u00eate aussi mouvement\u00e9e que passionnante.<\/p>\n<p><strong>O\u00f9 trouver le \u00abfant\u00f4me des montagnes\u00bb?<\/strong><br \/>\nIl est si difficile de l\u2019apercevoir qu\u2019on l\u2019a surnomm\u00e9e le \u00abfant\u00f4me des montagnes\u00bb. Son pelage tachet\u00e9 la camoufle \u00e0 la perfection sur son domaine. \u00abOn ne la trouve que dans des endroits tr\u00e8s escarp\u00e9s, pr\u00e9cise Philippe Christe, professeur associ\u00e9 au DEE (Facult\u00e9 de biologie et m\u00e9decine). L\u2019\u00e9cor\u00e9gion montagneuse o\u00f9 nous effectuons nos recherches \u2013 l\u2019Alta\u00ef-Sayan, dans le Kazakhstan mongol, class\u00e9e par le WWF comme zone prioritaire pour la biodiversit\u00e9 \u2013 para\u00eet id\u00e9ale pour la panth\u00e8re des neiges. Et c\u2019est aussi sur ce territoire que l\u2019on poss\u00e8de le moins de donn\u00e9es.\u00bb<\/p>\n<p>Aucun des chercheurs de l\u2019UNIL n\u2019a r\u00e9ussi \u00e0 voir ne serait-ce que le bout de la queue de l\u2019\u00e9nigmatique f\u00e9lin. D\u2019ailleurs, sur les 261 \u00e9leveurs de b\u00e9tail interview\u00e9s, seuls 21 l\u2019ont rep\u00e9r\u00e9e. \u00abEt l\u2019\u00e2ge moyen des personnes interrog\u00e9es est de 48 ans, rel\u00e8ve Philippe Christe. Les bergers passent leurs journ\u00e9es \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur sans la croiser. Il faut donc \u00e9norm\u00e9ment de chance pour l\u2019apercevoir.\u00bb<\/p>\n<p>Quelques empreintes au bord d\u2019une rivi\u00e8re ont \u00e9mu Philippe Christe. \u00abNotre guide, qui ne parlait pas un mot d\u2019anglais, m\u2019a montr\u00e9 une trace au sol. J\u2019avoue avoir dout\u00e9. Mais 100 m plus loin, nous en avons trouv\u00e9 d\u2019autres, mieux form\u00e9es. On ne peut pas la confondre avec un autre animal, car ses empreintes sont rondes, avec des coussinets bien marqu\u00e9s, sans traces de griffes apparentes.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Comment capturer la f\u00e9line invisible?<\/strong><br \/>\nPour avoir le plaisir de l\u2019admirer, les chercheurs ont d\u00fb se rabattre sur les pi\u00e8ges-photos d\u00e9pos\u00e9s dans des zones \u00e9loign\u00e9es. Camoufl\u00e9es par une peinture militaire, sous des tas de cailloux capables de r\u00e9sister aux vents violents, les cam\u00e9ras sont plac\u00e9es pr\u00e8s de grands blocs de pierres qui apparaissent soudain au milieu des paysages monotones. \u00abM\u00e2le et femelle viennent marquer de leur urine ce genre d\u2019endroit, indique le biologiste. Nous installons toujours une cam\u00e9ra de chaque c\u00f4t\u00e9 du passage, afin d\u2019avoir des photos des deux flancs de l\u2019animal. Chaque individu a en effet des taches uniques qui permettent de l\u2019identifier.\u00bb<\/p>\n<p>Le professeur de l\u2019UNIL est parti sur le terrain avec son \u00e9quipe, un guide et une interpr\u00e8te pour r\u00e9cup\u00e9rer les dizaines de milliers de clich\u00e9s captur\u00e9s par pr\u00e8s de 200 pi\u00e8ges-photos install\u00e9s quelques mois plus t\u00f4t. Une exp\u00e9dition r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 cheval et \u00e0 pied, parfois sur des rivi\u00e8res gel\u00e9es. \u00abNous pouvons ainsi estimer le nombre d\u2019individus sur un territoire, explique Philippe Christe. Cela donne une id\u00e9e de la densit\u00e9 de la population et de comment l\u2019esp\u00e8ce occupe l\u2019espace.\u00bb<\/p>\n<p>Sur place, l\u2019\u00e9quipe est rassur\u00e9e en constatant qu\u2019un seul des pi\u00e8ges-photos a \u00e9t\u00e9 vol\u00e9. \u00ab\u00c0 la base, j\u2019avais achet\u00e9 des cadenas pour les attacher, sans imaginer qu\u2019il n\u2019y avait pas d\u2019arbres o\u00f9 les accrocher&#8230; Les deux derni\u00e8res cam\u00e9ras, inaccessibles lors de notre s\u00e9jour \u00e0 cause du d\u00e9gel de certaines rivi\u00e8res, ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es par des rangers l\u2019\u00e9t\u00e9 pass\u00e9. Cela leur a pris quatre jours \u00e0 cheval.\u00bb<\/p>\n<p>Mais l\u2019investissement en valait la peine. Outre des photos de loups, de gloutons ou encore de manuls (petits f\u00e9lins sauvages tr\u00e8s peu \u00e9tudi\u00e9s), un premier bilan montre une bonne densit\u00e9 de population chez l\u2019irbis, \u00e0 savoir une dizaine d\u2019individus dans la zone \u00e9tudi\u00e9e. \u00abCe r\u00e9sultat nous r\u00e9jouit. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ces chiffres: la panth\u00e8re est prot\u00e9g\u00e9e et respect\u00e9e. Elle profite du nombre important de bouquetins de Sib\u00e9rie dans la r\u00e9gion. On a cependant peu de suivi \u00e0 long terme. On ne sait pas comment elle vivait il y a vingt ans.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_9478\" aria-describedby=\"caption-attachment-9478\" style=\"width: 262px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9478\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/FumagalliChriste_72.jpg\" alt=\"\" width=\"262\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/FumagalliChriste_72.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/FumagalliChriste_72-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9478\" class=\"wp-caption-text\">Philippe Christe et Luca Fumagalli. Professeur et Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche, tous deux au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine).<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Dans quel environnement chasse-t-elle?<\/strong><br \/>\nEn dehors de la p\u00e9riode des amours, l\u2019once est une solitaire qui passe la plupart de son temps \u00e0 chercher des proies. \u00abC\u2019est le seul grand f\u00e9lin qui chasse \u00e0 la verticale, s\u2019enthousiasme le doctorant Claudio Augugliaro. Quand les autres suivent leur victime sur des terrains plats, la panth\u00e8re des neiges chasse dans des falaises tr\u00e8s escarp\u00e9es. Elle est capable de sauter de 7 m\u00e8tres de haut, parfois plus, et d\u2019atterrir sur des pentes abruptes. La niche \u00e9cologique qu\u2019elle occupe d\u00e9termine ses traits particuliers: une queue longue et \u00e9paisse qui lui donne un meilleur \u00e9quilibre, des membres plus courts que les autres f\u00e9lins et de grandes pattes poilues.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019once suit sa nourriture en fonction des saisons. En \u00e9t\u00e9, elle mange essentiellement des bouquetins de Sib\u00e9rie, des marmottes et des argalis (une esp\u00e8ce de caprins). \u00abEn hiver, elle descend dans les vall\u00e9es, plus proches de l\u2019Homme, en m\u00eame temps que les troupeaux de bouquetins qui affectionnent les zones expos\u00e9es au vent qui balaie la neige et met \u00e0 d\u00e9couvert l\u2019herbe dont ils se nourrissent, signale Philippe Christe. Nous ne savons pas encore s\u2019il y a un effet de saison quant aux attaques sur le b\u00e9tail.\u00bb<\/p>\n<p>Parmi les questions soumises \u00e0 261 bergers \u2013 que Claudio Augugliaro (avec son interpr\u00e8te? a tous rencontr\u00e9s \u00e0 leur domicile hivernal, \u00e0 chaque fois re\u00e7u telle une \u00abstar de Hollywood\u00bb selon ses termes \u2013 l\u2019une s\u2019int\u00e9ressait aux probl\u00e8mes de pr\u00e9dation rencontr\u00e9s sur une ann\u00e9e. \u00abSur 8000 b\u00eates disparues, ce qui repr\u00e9sente 9?% du cheptel, la moiti\u00e9 est morte de causes naturelles (maladies ou <em>dzud<\/em>, un ph\u00e9nom\u00e8ne climatique d\u00e9fini par une vague de grand froid en hiver et un \u00e9t\u00e9 caniculaire). L\u2019autre moiti\u00e9 a \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9e par des carnivores, r\u00e9sume le professeur Christe. Sur les 4000 \u00abpr\u00e9dat\u00e9es\u00bb, la grosse majorit\u00e9 regroupe des ch\u00e8vres et des moutons. Les loups en ont mang\u00e9 3000, tandis que la panth\u00e8re des neiges n\u2019en aurait consomm\u00e9 qu\u2019une centaine. Une proportion similaire est observ\u00e9e en ce qui concerne la pr\u00e9dation sur les chevaux, les yaks ou les vaches. Les \u00e9leveurs d\u00e9testent les loups mais, en g\u00e9n\u00e9ral, ont une bonne image de l\u2019once. Surtout ceux qui ont eu la chance de la voir.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Qui sont ses ennemis?<\/strong><br \/>\nN\u00e9anmoins, tous les bergers ne respectent pas les espaces prot\u00e9g\u00e9s des diff\u00e9rents parcs qui s\u2019\u00e9tendent le long du Kazakhstan mongol. \u00abIl existe des zones tampons o\u00f9 il est possible de s\u2019installer avec du b\u00e9tail sur une p\u00e9riode donn\u00e9e, d\u00e9clare le directeur de th\u00e8se. Mais lorsqu\u2019on est sur place, on se rend compte qu\u2019il y a des animaux domestiques partout, tout le temps. En termes de biomasse, ils seraient cinq fois plus nombreux que les esp\u00e8ces sauvages.\u00bb La raison? L\u2019ouverture de la Mongolie \u00e0 l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 dans les ann\u00e9es 90 a fait exploser la production de cachemire. En moins de trente ans, le nombre de ch\u00e8vres a quintupl\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abElles sont pass\u00e9es de 5 millions \u00e0 25 millions, note-t-il. Les yaks, les moutons et les chevaux domestiques, que l\u2019on \u00e9l\u00e8ve pour la viande, le lait, etc., sont aussi tr\u00e8s nombreux. Cela provoque des probl\u00e8mes de surp\u00e2turage, donc d\u2019\u00e9rosion des sols, qui emp\u00eache la repousse des plantes. Le b\u00e9tail, pour trouver sa nourriture, doit monter de plus en plus haut dans les vall\u00e9es et se retrouve en comp\u00e9tition avec la faune sauvage.\u00bb Dont la panth\u00e8re des neiges qui se prend parfois les pattes dans les pi\u00e8ges \u00e0 loup d\u00e9pos\u00e9s sur son territoire ou avale le poison qui \u00e9tait destin\u00e9 aux canid\u00e9s, victime de la haine des Hommes envers son potentiel concurrent.<\/p>\n<p>\u00abIl y a une once sans queue dans la r\u00e9gion o\u00f9 nous \u00e9tions, signale Philippe Christe. Elle a d\u00fb se la prendre dans un pi\u00e8ge. Et je me demande si elle ne s\u2019attaque pas plus aux chevaux domestiques, car elle a de la peine \u00e0 chasser des bouquetins dans les rochers sans une queue qui fait balancier et lui donne de l\u2019\u00e9quilibre.\u00bb \u00c9galement expert d\u2019une th\u00e8se au sujet de la panth\u00e8re des neiges qui se d\u00e9roule actuellement au Bhoutan, il ajoute que dans ce pays d\u2019Asie du Sud elle doit faire face \u00e0 des d\u00e9rangements d\u2019un autre ordre. \u00abLe yarsagumba, un champignon \u00e9trange qui grandit sur une chenille, a, selon la rumeur, des vertus aphrodisiaques. Il pousse sur les pelouses alpines o\u00f9 vit le grand f\u00e9lin. Cela signifie qu\u2019il est sans cesse d\u00e9rang\u00e9 par les cueilleurs de ce Viagra de l\u2019Himalaya.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_9455\" aria-describedby=\"caption-attachment-9455\" style=\"width: 393px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9455\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/augugliaro_72.jpg\" alt=\"\" width=\"393\" height=\"262\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/augugliaro_72.jpg 393w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/augugliaro_72-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 393px) 100vw, 393px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9455\" class=\"wp-caption-text\">Claudio Augugliaro. Doctorant au D\u00e9par\u00adtement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution, photographi\u00e9 ici en Mongolie.<br \/>\u00a9DR<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Comment participer \u00e0 sa sauvegarde?<\/strong><br \/>\nLa CITES (Convention sur le commerce international des esp\u00e8ces de faune et de flore sauvages menac\u00e9es d\u2019extinction) l\u2019a fait passer du statut de \u00aben danger\u00bb \u00e0 celui de \u00abvuln\u00e9rable\u00bb, car elle ne r\u00e9pond plus aux crit\u00e8res du premier. \u00abPour \u00eatre \u00aben danger\u00bb, une esp\u00e8ce doit comprendre moins de 2500 individus sur toute son aire de r\u00e9partition et ses effectifs doivent \u00eatre en train de diminuer tr\u00e8s fortement, explique Philippe Christe. On estime qu\u2019il y aurait aujourd\u2019hui entre 4000 et 7000 panth\u00e8res des neiges. Mais il existe peu d\u2019endroits o\u00f9 de bonnes estimations ont \u00e9t\u00e9 faites.\u00bb<\/p>\n<p>Devenu LA r\u00e9f\u00e9rence en mati\u00e8re d\u2019once en Mongolie, Claudio Augugliaro, dont une partie du travail a \u00e9t\u00e9 financ\u00e9e par la Fondation Herbette, collabore avec le Mus\u00e9e des sciences (MUSE) de Trente, dans la r\u00e9gion du Trentin-Haut-Adige en Italie, l\u2019ONG Green Initiative (dont le si\u00e8ge est \u00e0 Shanghai), Snow Leopard Conservancy (organisation \u00e0 but non lucratif bas\u00e9e en Californie et en Inde), ainsi qu\u2019avec l\u2019Acad\u00e9mie des sciences de Mongolie. \u00abCe projet b\u00e9n\u00e9ficie aussi de la pr\u00e9cieuse collaboration du Dr Fridolin Zimmermann, codirecteur de cette th\u00e8se et sp\u00e9cialiste de l\u2019\u00e9cologie des carnivores (KORA), pour toute la m\u00e9thodologie statistique li\u00e9e au traitement d\u2019images r\u00e9colt\u00e9es par pi\u00e8ges-photos\u00bb, tient \u00e0 pr\u00e9ciser Philippe Christe, qui ajoute: \u00abClaudio va pouvoir \u00e9tablir une carte de r\u00e9partition potentielle de l\u2019esp\u00e8ce. Nous avons caract\u00e9ris\u00e9 l\u2019environnement autour des pi\u00e8ges-photos (altitude, inclinaison de la pente, types de roches, etc.). Gr\u00e2ce \u00e0 ces informations, nous pourrons pr\u00e9dire la localisation des endroits adapt\u00e9s au grand f\u00e9lin et proposer la mise en place de mesures sp\u00e9cifiques \u00e0 ces endroits-cl\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Le doctorant esp\u00e8re lui aussi que ses r\u00e9sultats \u00abferont prendre des mesures de protection appropri\u00e9es aux Autorit\u00e9s locales. La politique de pers\u00e9cution du loup pose des probl\u00e8mes \u00e0 la panth\u00e8re des neiges qui est tu\u00e9e par des pi\u00e8ges qui ne lui sont pas destin\u00e9s et que j\u2019ai m\u00eame trouv\u00e9s dans des zones prot\u00e9g\u00e9es. Mon analyse des facteurs relatifs \u00e0 l\u2019attaque des carnivores sur le cheptel domestique pourra aider \u00e0 d\u00e9finir des m\u00e9thodes pour r\u00e9duire le nombre de ces attaques et, en cons\u00e9quence, affaiblir la volont\u00e9 de repr\u00e9sailles des \u00e9leveurs et ainsi diminuer les risques de conflits entre les humains et la panth\u00e8re des neiges.\u00bb<\/p>\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/faire-parler-les-crottes-et-leau\/\">Faire parler les crottes et l&rsquo;eau<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_9461\" aria-describedby=\"caption-attachment-9461\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9461\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/Carte_LeopardNeige_72.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"463\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/Carte_LeopardNeige_72.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2019\/01\/Carte_LeopardNeige_72-331x260.jpg 331w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9461\" class=\"wp-caption-text\">Carte de r\u00e9partition de la panth\u00e8re des neiges. \u00a9Carte r\u00e9alis\u00e9e par Romain Salomon\/UNICOM. Source: SLT<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une \u00e9quipe de chercheurs du D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019UNIL a investi la Mongolie afin de participer \u00e0 la sauvegarde de l\u2019un des mammif\u00e8res les plus discrets de la &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":9514,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[718,42178],"tags":[42181],"class_list":{"0":"post-9404","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nature","8":"category-no-71","9":"tag-virginie-jobe-truffer"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9404","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9404"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9404\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/9514"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9404"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9404"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9404"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}