{"id":9239,"date":"2018-10-04T08:22:02","date_gmt":"2018-10-04T06:22:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9239"},"modified":"2020-08-06T09:52:31","modified_gmt":"2020-08-06T07:52:31","slug":"9239-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/9239-2\/","title":{"rendered":"A la poursuite d&rsquo;Art\u00e9mis"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_9145\" aria-describedby=\"caption-attachment-9145\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9145\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_1.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_1.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_1-346x260.jpg 346w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9145\" class=\"wp-caption-text\">Chantier. Le travail commence au lever du soleil. Au premier plan, les vestiges du b\u00e2timent le plus important du sanctuaire, la stoa du IVe si\u00e8cle avant J.-C. \u00a9 Andreas Skiadaressis<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>L\u2019an pass\u00e9, les chercheurs de l\u2019\u00c9cole suisse d\u2019arch\u00e9ologie en Gr\u00e8ce ont identifi\u00e9 un vaste sanctuaire consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9esse de la chasse, sur l\u2019\u00eele d\u2019Eub\u00e9e. Cet \u00e9t\u00e9, Allez savoir! s\u2019est rendu sur le site des fouilles, \u00e0 Amarynthos, o\u00f9 travaillent de nombreux \u00e9tudiants et arch\u00e9ologues professionnels.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>L\u2019autoroute peu fr\u00e9quent\u00e9e serpente entre des collines couvertes d\u2019arbustes. Sur la droite, on aper\u00e7oit notre destination, l\u2019\u00eele d\u2019Eub\u00e9e. Ce 24 juillet, une chaleur lourde r\u00e8gne sur cette r\u00e9gion de Gr\u00e8ce, situ\u00e9e \u00e0 une bonne heure de voiture d\u2019Ath\u00e8nes, au nord. Avant de franchir le pont qui enjambe le d\u00e9troit de l\u2019Euripe, Karl Reber d\u00e9signe le bord de la mer. \u00abVoici l\u2019ancienne Aulis. D\u2019apr\u00e8s l\u2019<em>Iliade<\/em>, les Grecs ont embarqu\u00e9 ici pour la Guerre de Troie. Selon d\u2019autres textes, c\u2019est \u00e0 cet endroit que le roi Agamemnon a sacrifi\u00e9 sa fille Iphig\u00e9nie \u00e0 Art\u00e9mis. Mais la d\u00e9esse a remplac\u00e9 la jeune femme par une biche, au dernier moment\u00bb, raconte le directeur de l\u2019<a href=\"https:\/\/esag.swiss\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">\u00c9cole suisse d\u2019arch\u00e9ologie en Gr\u00e8ce<\/a>\u00a0(ESAG), \u00e9galement professeur \u00e0 l\u2019UNIL (Facult\u00e9 des lettres).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres, nous parvenons \u00e0 \u00c9r\u00e9trie. Les touristes \u2013 principalement grecs \u2013 sont encore peu nombreux \u00e0 se promener sur le front de mer jalonn\u00e9 de restaurants. A quelques rues de l\u00e0 au nord, au pied d\u2019une colline, les travaux men\u00e9s par les arch\u00e9ologues suisses depuis 1964 ont mis au jour une impressionnante ville antique. Son histoire est cont\u00e9e dans l\u2019ouvrage <em>Cit\u00e9 sous terre<\/em> (r\u00e9f\u00e9rence ci-dessous).<\/p>\n<figure id=\"attachment_9139\" aria-describedby=\"caption-attachment-9139\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9139\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_4.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"413\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_4.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_4-371x260.jpg 371w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9139\" class=\"wp-caption-text\">Les postes hell\u00e9niques ont \u00e9mis un timbre \u00e0 l\u2019effigie d\u2019Art\u00e9mis pour marquer les d\u00e9couvertes des arch\u00e9ologues suisses. L\u2019\u00eele d\u2019Eub\u00e9e, o\u00f9 se trouvent Amarynthos et Er\u00e9trie, est plus grande que le canton de Vaud. Illustration: Raoul Ganty\/Unicom<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le sanctuaire perdu&#8230; a \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9<\/strong><br \/>\nCette ann\u00e9e, les arch\u00e9ologues s\u2019activent surtout pr\u00e8s d\u2019Amarynthos, \u00e0 11 km \u00e0 l\u2019est d\u2019\u00c9r\u00e9trie. En 2017, apr\u00e8s dix ans de fouilles, la preuve que ce lieu abritait un important sanctuaire d\u2019Art\u00e9mis (fille de Zeus et s\u0153ur\u00a0d\u2019Apollon) a \u00e9t\u00e9 apport\u00e9e. Des tuiles portant le nom de la d\u00e9esse ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvertes (voir l\u2019image ci-dessous), mettant ainsi fin \u00e0 une longue qu\u00eate.<\/p>\n<p>Les chercheurs ne font pas des trous au hasard sur le littoral grec. L\u2019existence d\u2019un lieu de culte consacr\u00e9 \u00e0 Art\u00e9mis figure dans plusieurs textes et inscriptions antiques. La source principale, en l\u2019occurrence, est Strabon (vers 60 av. J.-C. \u2013 vers 20 ap. J.-C.). Sa <em>G\u00e9ographie<\/em>, une somme, d\u00e9crit le monde connu de son temps. Le livre X, qui fournit plusieurs informations sur le sanctuaire, a \u00e9t\u00e9 \u00e9dit\u00e9 et traduit par l\u2019hell\u00e9niste Fran\u00e7ois Lasserre, ancien professeur \u00e0 l\u2019UNIL (Les Belles Lettres, 1971).<\/p>\n<p>Strabon y indique qu\u2019une distance de sept stades le s\u00e9pare de la muraille d\u2019\u00c9r\u00e9trie, soit moins de 1500 m. Mais aussi pr\u00e8s de la ville antique, il n\u2019y a pas grand-chose \u00e0 se mettre sous la pioche. C\u2019est ici qu\u2019intervient Denis Knoepfler, professeur honoraire au Coll\u00e8ge de France et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel. Ce chercheur a r\u00e9alis\u00e9 ses premi\u00e8res fouilles \u00e0 \u00c9r\u00e9trie en 1966. Trois ans plus tard, son enqu\u00eate de terrain le pousse vers Pal\u00e9oekklisies (\u00abvieilles \u00e9glises\u00bb), une colline situ\u00e9e en bordure de mer \u00e0 2 km du bourg d\u2019Amarynthos. Ce lieu prometteur avait d\u00e9j\u00e0 livr\u00e9 des vestiges de l\u2019\u00e2ge du bronze (IIIe &#8211; IIe mill\u00e9naires av. J.-C.).<\/p>\n<p>Or, le culte de la divinit\u00e9 de la nature sauvage, tr\u00e8s implant\u00e9 sur l\u2019\u00eele d\u2019Eub\u00e9e, doit remonter \u00e0 la p\u00e9riode pr\u00e9hell\u00e9nique. De plus, elle porte depuis des \u00e9ternit\u00e9s le nom d\u2019Art\u00e9mis Amarysia, une appellation que l\u2019on retrouve de nos jours sur les v\u00e9hicules des pompiers locaux. Mais cette localisation, \u00e0 premi\u00e8re vue, contredit les informations fournies par Strabon, qui place le sanctuaire bien plus pr\u00e8s d\u2019\u00c9r\u00e9trie.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9140\" aria-describedby=\"caption-attachment-9140\" style=\"width: 443px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9140\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_9.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_9.jpg 443w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_9-195x260.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9140\" class=\"wp-caption-text\">Denis Knoepfler. Ce professeur honoraire au Coll\u00e8ge de France et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel est le codirecteur des fouilles \u00e0 Amarynthos. \u00a9 DR<\/figcaption><\/figure>\n<p>En 1988, Denis Knoepfler fait conna\u00eetre sa solution, qui innocente le g\u00e9ographe. Les manuscrits que l\u2019on poss\u00e8de du livre X de sa <em>G\u00e9ographie<\/em> sont tous tardifs. Le copiste aurait pu ais\u00e9ment commettre une erreur quant au nombre de stades en \u00e9crivant \u03b6 (z\u00e8ta), soit 7, au lieu de \u03be (xi), soit 60. Le trac\u00e9 des deux lettres est en effet tr\u00e8s proche. Or, six dizaines de stades, cela repr\u00e9sente 10,8 km&#8230; soit exactement la distance qui s\u00e9pare la muraille d\u2019\u00c9r\u00e9trie de la colline de Pal\u00e9oekklisies.<\/p>\n<p><strong>L\u2019arch\u00e9ologue se l\u00e8ve t\u00f4t<\/strong><br \/>\nAvant l\u2019aube, en voiture, nous parcourons les 60 stades mentionn\u00e9s (apr\u00e8s correction) par Strabon pour nous rendre sur le chantier des fouilles. \u00abLes routes ancienne et moderne poss\u00e8dent \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame trac\u00e9\u00bb, explique Karl Reber. Sur place, les chercheurs, les \u00e9tudiants et les ouvriers grecs tr\u00e8s exp\u00e9riment\u00e9s, soit une trentaine de personnes, commencent leur journ\u00e9e de travail. Cet horaire tr\u00e8s matinal est impos\u00e9 par la chaleur.<\/p>\n<p>Le site antique d\u2019Amarynthos forme un carr\u00e9 pel\u00e9, \u00e0 peu pr\u00e8s plat, d\u2019environ 100 m de c\u00f4t\u00e9. Sur la partie ouest se trouve une villa blanche de 2006, utilis\u00e9e comme maison de fouilles. Au sud-est s\u2019\u00e9l\u00e8ve la petite colline de Pal\u00e9oekklisies dont le pied est couvert de b\u00e2ches noires. Des blocs de calcaire clair et des fosses rythment le terrain, tr\u00e8s sec. Aux yeux du profane, l\u2019ensemble fait penser \u00e0 un labyrinthe ras\u00e9 pr\u00e8s du sol.<\/p>\n<p>Cette journ\u00e9e commence par une s\u00e9rie de prises de vue r\u00e9alis\u00e9es avec un drone. Puis les arch\u00e9ologues se r\u00e9partissent sur leurs secteurs de travail. Guid\u00e9 par Karl Reber, nous nous dirigeons vers l\u2019est, o\u00f9 se situaient les vestiges du b\u00e2timent le plus monumental du site, la <em>stoa<\/em> de l\u2019\u00e9poque hell\u00e9nistique. C\u2019est-\u00e0-dire un \u00e9difice couvert, ferm\u00e9 d\u2019un c\u00f4t\u00e9 par un mur et s\u2019ouvrant de l\u2019autre par une colonnade, qui date de la fin du IVe si\u00e8cle avant J.-C. \u00abNous en avons d\u00e9gag\u00e9 pr\u00e8s de 50 m\u00e8tres, et ce n\u2019est pas fini\u00bb, indique le directeur de l\u2019ESAG. \u00c0 intervalles r\u00e9guliers, des fondations carr\u00e9es en conglom\u00e9rat marquent les bases des colonnes int\u00e9rieures.<\/p>\n<p>Parvenu \u00e0 l\u2019angle du b\u00e2timent, le professeur d\u00e9signe un bloc plat perc\u00e9 de deux trous. \u00abUn banc qui longeait l\u2019int\u00e9rieur de la <em>stoa<\/em> se trouvait ici. Les p\u00e8lerins pouvaient s\u2019y installer \u00e0 l\u2019ombre.\u00bb Les pieds de ce si\u00e8ge \u00e9taient fix\u00e9s \u00e0 ces bases gr\u00e2ce au plomb, \u00abla colle de l\u2019Antiquit\u00e9\u00bb. Des traces de ce m\u00e9tal subsistent, ce qui est plut\u00f4t rare. \u00abLe plus souvent, il \u00e9tait r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 pour \u00eatre r\u00e9employ\u00e9.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_9143\" aria-describedby=\"caption-attachment-9143\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9143\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_6.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_6.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_6-346x260.jpg 346w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9143\" class=\"wp-caption-text\">Karl Reber, directeur de l\u2019\u00e9cole suisse d\u2019ar\u00adch\u00e9o\u00adlogie en Gr\u00e8ce, et C\u00e9dric Pernet, doc\u00adtorant \u00e0 l\u2019UNIL, d\u00e9gagent un fragment de r\u00e9cipient en terre cuite. \u00a9 Andreas Skiadaressis<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>H\u00e9lios r\u00e8gne sur le chantier<\/strong><br \/>\nAlors que la matin\u00e9e s\u2019avance, le soleil commence \u00e0 taper fort et des toiles claires, mont\u00e9es sur des piquets, sont install\u00e9es pour prot\u00e9ger les arch\u00e9ologues. Juste \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la <em>stoa<\/em>, et plus en profondeur, se trouvent les murs d\u2019un b\u00e2timent de l\u2019\u00e9poque archa\u00efque, dat\u00e9s de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du VIIe si\u00e8cle av. J.-C. Cet \u00e9difice sans doute religieux \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 respectable avec ses 25 m de long. L\u2019empilement de structures, qui \u00e9voque un mikado de pierres, \u00abconstitue l\u2019histoire normale de la succession des activit\u00e9s au sanctuaire. Des constructions plus anciennes, comme celle-ci, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9truites pour permettre la construction de la stoa\u00bb, raconte Samuel Verdan, chercheur FNS \u00e0 l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>A quelques m\u00e8tres de l\u00e0, ce scientifique et sa coll\u00e8gue Daniela Greger, dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019UNIL, ont mis au jour une tasse et une demi-cruche monochrome de l\u2019\u00e9poque g\u00e9om\u00e9trique (entre le IXe et le VIIIe si\u00e8cle av. J.-C.). Ce r\u00e9cipient contient encore des s\u00e9diments, qui sont conserv\u00e9s: leur analyse pourra donner une id\u00e9e du liquide qui s\u2019y trouvait. La zone fouill\u00e9e par ces deux chercheurs a livr\u00e9 l\u2019une des plus belles d\u00e9couvertes de cette ann\u00e9e: un mur en arc de cercle, qui indique la pr\u00e9sence enfouie d\u2019un b\u00e2timent absidial caract\u00e9ristique de l\u2019\u00e9poque g\u00e9om\u00e9trique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9144\" aria-describedby=\"caption-attachment-9144\" style=\"width: 443px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9144\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_5.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_5.jpg 443w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_5-195x260.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9144\" class=\"wp-caption-text\">Technologie. Les chercheurs utilisent des tablettes pour documenter les d\u00e9couvertes. Ici, Daniela Greger, dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019UNIL. \u00a9 Andreas Skiadaressis<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_9133\" aria-describedby=\"caption-attachment-9133\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9133\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_10.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_10.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_10-260x260.jpg 260w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_10-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_10-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9133\" class=\"wp-caption-text\">Samuel Verdan, chercheur FNS \u00e0 l\u2019UNIL, au travail dans un secteur tr\u00e8s ancien du sanctuaire \u00a9 DR<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>C\u00e9ramique et tablette<\/strong><br \/>\nChlo\u00e9 Chezeaux est responsable du secteur voisin. L\u2019enthousiasme et la motivation de cette \u00e9tudiante de master \u00e0 l\u2019UNIL sont communicatifs. Lors de la visite d\u2019<em>Allez savoir!<\/em>, elle a d\u00e9nich\u00e9 plusieurs fragments de c\u00e9ramique, dont deux portent des d\u00e9cors en arc de cercle. Ces motifs, trac\u00e9s \u00e0 la main ou au compas, sont typiques de l\u2019\u00e9poque protog\u00e9om\u00e9trique (1050 \u00e0 900 av. J.-C.).<\/p>\n<p>Faisant d\u2019un geste un saut de 3000 ans dans le temps, Chlo\u00e9 Chezeaux attrape la tablette \u00e9lectronique dont sont \u00e9quip\u00e9s les responsables de secteur. Comme ses coll\u00e8gues, elle recourt \u00e0 l\u2019application am\u00e9ricaine iDig, con\u00e7ue pour r\u00e9f\u00e9rencer et d\u00e9crire les objets. On adjoint \u00e0 ces derniers le lieu de la d\u00e9couverte, dans les trois dimensions, sur une carte topographique visible \u00e0 l\u2019\u00e9cran. Le site d\u2019Amarynthos est d\u00e9coup\u00e9 en zones de recherches num\u00e9rot\u00e9es de quelques m\u00e8tres carr\u00e9s. On d\u00e9signe par \u00abFK\u00bb (pour <em>Fund Komplex<\/em>, dans le dialecte local) un ensemble de trouvailles consid\u00e9r\u00e9 comme stratigraphiquement homog\u00e8ne. L\u2019enregistrement de la documentation demande de la rigueur et de la pr\u00e9cision. Car \u00abune fois qu\u2019un site est fouill\u00e9, il est d\u00e9truit!\u00bb, comme l\u2019affirment plusieurs interlocuteurs.<\/p>\n<p>Munies d\u2019une \u00e9tiquette qui reprend la nomenclature utilis\u00e9e dans iDig, les trouvailles les plus fragiles sont plac\u00e9es dans des sachets en plastiques et des caissettes. Chaque soir, la plupart des artefacts d\u00e9pla\u00e7ables (le mobilier) sont achemin\u00e9s dans les ateliers du Mus\u00e9e arch\u00e9ologique d\u2019\u00c9r\u00e9trie, o\u00f9 travaillent des \u00e9tudiants et des chercheurs des universit\u00e9s suisses. C\u2019est l\u00e0 que le travail de conservation-restauration et d\u2019analyse est effectu\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abLes tablettes des responsables de secteur sont synchronis\u00e9es chaque soir, ce qui nous fournit une vue d\u2019ensemble des travaux de la journ\u00e9e\u00bb, explique Tobias Krapf, en charge des fouilles \u00e0 Amarynthos et chef d\u2019orchestre du chantier. Les informations ajout\u00e9es par les coll\u00e8gues du mus\u00e9e, tout comme les dessins et les photos prises r\u00e9guli\u00e8rement, rejoignent l\u2019ensemble de ces donn\u00e9es.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9141\" aria-describedby=\"caption-attachment-9141\" style=\"width: 443px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9141\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_7.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_7.jpg 443w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_7-195x260.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9141\" class=\"wp-caption-text\">Chlo\u00e9 Chezeaux, \u00e9tudiante \u00e0 l\u2019UNIL, vient de trouver deux fragments de c\u00e9ramique qui comportent des d\u00e9cors en arcs de cercle. Ils sont probablement d\u2019\u00e9poque protog\u00e9om\u00e9trique\u00a0(1050 \u00e0 900 av. J.-C.) \u00a9 DR<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Statuettes de femmes<\/strong><br \/>\nLa zone situ\u00e9e \u00e0 l\u2019ouest, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la villa, est le domaine de Cati da Silva (\u00e9tudiante en <em>bachelor<\/em>) et de C\u00e9dric Pernet (doctorant et assistant dipl\u00f4m\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut d\u2019arch\u00e9ologie et des sciences de l\u2019Antiquit\u00e9), tous deux de l\u2019UNIL. Le \u00absecteur 22, section sud\u00bb contient les traces de deux \u00e9difices importants. Ici, nous sommes plut\u00f4t dans la p\u00e9riode classique (Ve \u2013 IVe si\u00e8cles), l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la Gr\u00e8ce antique. \u00abChaque fois que nous descendons, nous trouvons un nouveau mur\u00bb, explique le chercheur, dont la th\u00e8se en cours porte sur les cultes pratiqu\u00e9s au gymnase d\u2019\u00c9r\u00e9trie. Ce coin a offert \u00abde tr\u00e8s beaux morceaux de tuiles corinthiennes, qui p\u00e8sent jusqu\u2019\u00e0 10 kilos chacune. Cette ann\u00e9e, nous avons \u00e9galement d\u00e9couvert pr\u00e8s de 50 fragments de statuettes en terre cuite, qui pour la plupart repr\u00e9sentent des femmes assises, ainsi qu\u2019un cochon sauvage r\u00e9alis\u00e9 dans le m\u00eame mat\u00e9riau, un morceau de verre d\u00e9cor\u00e9 peut-\u00eatre originaire de Ph\u00e9nicie (Liban actuel, <em>ndlr<\/em>) ainsi que des pesons utilis\u00e9s pour l\u2019artisanat textile.\u00bb Dans plusieurs secteurs, on peut apercevoir des cercles plus sombres, qui pourraient marquer l\u2019emplacement de fosses. Les arch\u00e9ologues les affectionnent, car elles contiennent potentiellement des objets en bon \u00e9tat, jet\u00e9s l\u00e0 \u00e0 l\u2019issue d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie. Cette ann\u00e9e, un taureau votif en bronze d\u2019une dizaine de centim\u00e8tres, au corps \u00e9l\u00e9gamment r\u00e9alis\u00e9, a justement \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert dans un tel \u00abpuits\u00bb. Un pied de lance r\u00e9alis\u00e9 dans le m\u00eame alliage, tout comme un carquois identifi\u00e9 comme tel par Karl Reber, font \u00e9galement partie des belles trouvailles de 2018.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9137\" aria-describedby=\"caption-attachment-9137\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9137\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_2.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_2.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_2-346x260.jpg 346w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9137\" class=\"wp-caption-text\">Une lunette (en jaune) et une mire (grande r\u00e8gle gradu\u00e9e, au sol) sont utilis\u00e9es pour les mesures d\u2019altitude. Les coordonn\u00e9es des objets trouv\u00e9s doivent \u00eatre recueillies dans les trois dimensions. \u00a9DR<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Pause et p\u00e9dagogie<\/strong><br \/>\nEn milieu de matin\u00e9e, des commer\u00e7ants locaux apportent des caf\u00e9s \u2013 le frapp\u00e9 glac\u00e9 est un must sous le cagnard \u2013 et des produits de boulangerie. Profitant d\u2019une br\u00e8ve pause \u00e0 l\u2019ombre, Thierry Theurillat, codirecteur de la fouille \u00e0 Amarynthos et secr\u00e9taire scientifique de l\u2019ESAG en Suisse, d\u00e9taille le volet \u00abchantier-\u00e9cole\u00bb des lieux, qui accueille des stagiaires chaque \u00e9t\u00e9. \u00abNous offrons des formations techniques et nous proposons des visites arch\u00e9ologiques de sites voisins. Ainsi, notre fili\u00e8re de formation se renforce.\u00bb Lors de la visite de <em>Allez savoir!<\/em>, Tobias Krapf, \u00e9galement secr\u00e9taire scientifique de l\u2019ESAG en Gr\u00e8ce, a pr\u00e9sent\u00e9 la n\u00e9cropole de Toumba (Xe si\u00e8cle av. J.-C.) et les habitats de la colline de X\u00e9ropolis, tous deux situ\u00e9s \u00e0 Lefkandi, \u00e0 quelques kilom\u00e8tres \u00e0 l\u2019ouest d\u2019\u00c9r\u00e9trie.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la chaleur (\u00abJ\u2019ai transpir\u00e9 mon premier litre de sueur \u00e0 8h ce matin\u00bb, dit une stagiaire avec le sourire) et le travail qui tient du terrassement, avec ses pioches et ses brouettes, les \u00e9tudiants rencontr\u00e9s sont contents de leur sort. Cette ann\u00e9e, ils sont plus d\u2019une vingtaine, un record. Tous volontaires, ils ont postul\u00e9 pour la Gr\u00e8ce. Avant de venir, \u00abil faut avoir accumul\u00e9 un mois d\u2019exp\u00e9rience de fouilles\u00bb, explique Karl Reber. Toujours dans un but de formation, les diff\u00e9rents groupes pr\u00e9sentent les travaux r\u00e9alis\u00e9s dans la semaine devant leurs coll\u00e8gues, chaque vendredi \u00e0 10 heures. Enfin, l\u2019\u00c9cole n\u2019est pas lausanno-centr\u00e9e, puisque, cette ann\u00e9e, des \u00e9tudiants des Universit\u00e9s de B\u00e2le, Gen\u00e8ve, Neuch\u00e2tel, Zurich, Ioannina et Tirana s\u2019activent \u00e0 Amarynthos, donnant au site des allures de tour de Babel, en plus horizontal. Les chercheurs proviennent \u00e9galement de nombreuses institutions suisses et \u00e9trang\u00e8res.<\/p>\n<p><strong>Hoplites et phylai<\/strong><br \/>\nDirecteur scientifique de la fouille \u00e0 Amarynthos, Denis Knoepfler parcourt le chantier. Avec lui, nous replongeons dans le pass\u00e9 du sanctuaire, pour \u00e9voquer la grande f\u00eate annuelle qui s\u2019y d\u00e9roulait, les Art\u00e9misia. \u00abStrabon rapporte qu\u2019un cort\u00e8ge de 3000 hoplites (fantassins, <em>ndlr<\/em>), 600 cavaliers et 60 chars d\u00e9filait d\u2019\u00c9r\u00e9trie vers ce lieu de culte. Ces chiffres ne doivent rien au hasard.\u00bb<\/p>\n<p>La population des cit\u00e9s grecques, dans l\u2019Antiquit\u00e9, \u00e9tait structur\u00e9e en <em>phylai<\/em>, ou tribus (un terme \u00e0 ne pas prendre dans son sens ethnographique). Mais combien \u00e9taient-elles ici? Confirmant une hypoth\u00e8se, la r\u00e9ponse a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e l\u2019an dernier dans le sanctuaire, au revers d\u2019un bloc de marbre r\u00e9utilis\u00e9 par les Romains comme marche d\u2019escalier \u00e0 la fin du Ier si\u00e8cle av. J.-C. Cette construction tardive donne acc\u00e8s \u00e0 un puits, \u00e0 usage religieux. Ce dernier contenait pr\u00e8s de 200 monnaies, dont les plus r\u00e9centes datent de l\u2019empereur Diocl\u00e9tien, qui a r\u00e9gn\u00e9 de 284 \u00e0 305 ap. J.-C.<\/p>\n<p>Le revers de ce bloc portait, grav\u00e9 en beaux caract\u00e8res, un trait\u00e9 d\u2019union entre \u00c9r\u00e9trie et la petite ville de Styra, au sud-est de l\u2019Eub\u00e9e. Il s\u2019agit du plus ancien document de ce type \u2013 une convention de <em>sympoliteia<\/em> \u2013 jamais trouv\u00e9 en Gr\u00e8ce. \u00abUne clause stipule que pour mieux int\u00e9grer la population de Styra dans l\u2019\u00c9r\u00e9triade, on r\u00e9partira les nouveaux citoyens en six sections. A moins d\u2019\u00eatre tr\u00e8s m\u00e9fiant, cela signifie qu\u2019il y avait autant de <em>phylai<\/em>\u00bb, reprend Denis Knoepfler. Autre indice, les chiffres donn\u00e9s par Strabon au sujet du cort\u00e8ge des Art\u00e9misia se divisent bien par six. Ainsi, \u00able cort\u00e8ge n\u2019\u00e9tait pas une arm\u00e9e, mais le corps civique en armes, qui se pr\u00e9sentait devant la divinit\u00e9 de la cit\u00e9\u00bb. Le grand nombre de chevaux indiqu\u00e9 r\u00e9pond \u00e0 la r\u00e9putation de la cavalerie \u00e9r\u00e9trienne, signal\u00e9e par Aristote.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re surprenante pour nos esprits du XXIe si\u00e8cle, le sanctuaire d\u2019Art\u00e9mis abritait des documents officiels importants pour la cit\u00e9. Ils \u00e9taient m\u00eame probablement expos\u00e9s devant la stoa, tout comme des statues de divinit\u00e9s, h\u00e9ros et bienfaiteurs (lire<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/narcisse-heros-eretrien\/\"> les explications au sujet de Narcisse<\/a>, par Denis Knoepfler). \u00abDans le monde grec antique, le politique et le religieux sont imbriqu\u00e9s\u00bb, compl\u00e8te Denis Knoepfler, qui avance une hypoth\u00e8se. Les st\u00e8les publiques mises au jour dans le sanctuaire d\u2019Apollon <em>Daphn\u00e9phoros<\/em>, \u00e0 \u00c9r\u00e9trie, concernent les liens entre l\u2019\u00eele et le reste de la Gr\u00e8ce. Ce dieu \u00abpanh\u00e9llenique est ouvert aux contacts avec l\u2019ext\u00e9rieur. A Amarynthos, en revanche, les inscriptions que l\u2019on a trouv\u00e9es ou qui sont mentionn\u00e9es dans les textes concernent les relations avec les autres cit\u00e9s de l\u2019Eub\u00e9e. Nous serions donc ici dans une forme d\u2019entre-soi.\u00bb Chacun des dieux veille ainsi sur des aspects diff\u00e9rents de la vie publique.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9138\" aria-describedby=\"caption-attachment-9138\" style=\"width: 443px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9138\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_3.jpg\" alt=\"\" width=\"443\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_3.jpg 443w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_3-195x260.jpg 195w\" sizes=\"auto, (max-width: 443px) 100vw, 443px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9138\" class=\"wp-caption-text\">Dans un grec parfait, Tobias Krapf, secr\u00e9taire scientifique de l\u2019ESAG en Gr\u00e8ce, pr\u00e9sente les fouilles lors d\u2019une matin\u00e9e portes ouvertes. \u00a9Andreas Skiadaressis<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Diplomatie scientifique<\/strong><br \/>\nMen\u00e9es notamment par Tobias Krapf et Karl Reber, qui parlent admirablement le grec, des centaines de personnes et la cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision Star Kentrikis Elladas participent aux portes ouvertes organis\u00e9es par l\u2019ESAG, en cette fin de juillet. Parmi les visiteurs, on reconna\u00eet Amfitriti Alibate, maire d\u2019\u00c9r\u00e9trie, qui se d\u00e9clare \u00abtr\u00e8s fi\u00e8re\u00bb et estime que les fouilles avancent tr\u00e8s vite. \u00abLes gens viennent principalement de la r\u00e9gion. Ils sont tr\u00e8s curieux, posent beaucoup de questions et nous racontent des l\u00e9gendes locales\u00bb, raconte l\u2019une des guides, la dynamique Kyriaki Katsarelia, \u00e9tudiante en master \u00e0 l\u2019UNIL et originaire d\u2019\u00c9r\u00e9trie.<\/p>\n<p>Les relations publiques et la diplomatie font partie des nombreuses t\u00e2ches de Karl Reber. Un excellent contact avec les autorit\u00e9s locales et avec l\u2019\u00c9phorie des antiquit\u00e9s d\u2019Eub\u00e9e (structure de l\u2019\u00c9tat grec en charge de l\u2019arch\u00e9ologie, comparable \u00e0 nos arch\u00e9ologies cantonales), entre autres, est essentiel. Le 1er ao\u00fbt, l\u2019ambassadeur de Suisse en Gr\u00e8ce Olaf Kjelsen a particip\u00e9 \u00e0 la c\u00e9l\u00e9bration de la F\u00eate nationale \u00e0 \u00c9r\u00e9trie, organis\u00e9e par l\u2019ESAG. En 2017, pour marquer l\u2019identification du sanctuaire, les postes hell\u00e9niques ont \u00e9mis un timbre \u00e0 l\u2019effigie d\u2019Art\u00e9mis (voir ci-dessous). Un succ\u00e8s d\u00fb notamment \u00e0 Amfitriti Alibate. Autre signe de bonne entente, une \u00abPlace de l\u2019\u00c9cole suisse d\u2019arch\u00e9ologie en Gr\u00e8ce\u00bb a \u00e9t\u00e9 inaugur\u00e9e en 2015, non loin de la belle maison du XIXe si\u00e8cle qui constitue le quartier g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019ESAG dans la ville eub\u00e9enne.<\/p>\n<p>Cette derni\u00e8re s\u2019implique \u00e9galement dans l\u2019immobilier, lorsqu\u2019elle ach\u00e8te les terrains autour des fouilles. Ces d\u00e9marches requi\u00e8rent un travail de persuasion aupr\u00e8s des propri\u00e9taires. La petite villa utilis\u00e9e actuellement comme bureau et abri surplombe des vestiges d\u00e9tect\u00e9s lors d\u2019une campagne de prospection g\u00e9o-\u00e9lectrique. Elle va donc \u00eatre d\u00e9molie et les arch\u00e9ologues investiront une maison voisine, acquise tout r\u00e9cemment.<\/p>\n<p>Les projets ne manquent pas. Par exemple, \u00abnous aimerions sortir les blocs r\u00e9employ\u00e9s par les Romains dans la double vol\u00e9e de marches qui m\u00e8nent au puits. Mais l\u2019ensemble est tr\u00e8s instable, et cela demande des travaux importants\u00bb, explique Karl Reber. Le jeu en vaut la chandelle, car il se pourrait que ces marbres portent d\u2019autres inscriptions importantes, cach\u00e9es sous terre depuis deux mill\u00e9naires. Le long sommeil d\u2019Art\u00e9mis prend fin.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9147\" aria-describedby=\"caption-attachment-9147\" style=\"width: 534px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9147\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_8.jpg\" alt=\"\" width=\"534\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_8.jpg 534w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/artemis_70_8-235x260.jpg 235w\" sizes=\"auto, (max-width: 534px) 100vw, 534px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9147\" class=\"wp-caption-text\">Fragment de tuile qui porte le nom d&rsquo;Art\u00e9mis \u00a9ESAG<\/figcaption><\/figure>\n<p>Depuis leur origine en 1964, les fouilles des arch\u00e9ologues suisses \u00e0 \u00c9r\u00e9trie ont \u00e9t\u00e9 soutenues par le Fonds national suisse de la recherche scientifique. En 1983, la Fondation de l\u2019\u00c9cole suisse d\u2019arch\u00e9ologie en Gr\u00e8ce a pris le relais et a mis en place un recours g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 des financements publics et priv\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 90, l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019\u00e9ducation et de la science (OFES), aujourd\u2019hui le Secr\u00e9tariat d\u2019\u00c9tat \u00e0 la formation, \u00e0 la recherche et \u00e0 l\u2019innovation (SEFRI) rattach\u00e9 au D\u00e9partement f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019int\u00e9rieur, ont jou\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du Fonds national un r\u00f4le grandissant dans le financement de l\u2019\u00c9cole suisse en Gr\u00e8ce. Plusieurs fondations priv\u00e9es ont contribu\u00e9 aux succ\u00e8s de l\u2019ESAG, en soutenant ses publications, en allouant des bourses aux chercheurs ou en permettant d\u2019acqu\u00e9rir des terrains: la Fondation Stavros Niarchos, la Fondation de Famille Sandoz, la Fondation Isaac Dreyfus-Bernheim, des firmes et des donateurs priv\u00e9s.<\/p>\n<p>N\u2019oublions pas le r\u00f4le central que joue l\u2019UNIL, qui sert de base \u00e0 l\u2019ESAG en Suisse. Le traitement du directeur, Karl Reber, professeur ordinaire d\u2019arch\u00e9ologie classique, est assur\u00e9 par le budget de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Mentionnons enfin l\u2019appui des universit\u00e9s suisses o\u00f9 est enseign\u00e9e l\u2019arch\u00e9ologie classique, B\u00e2le, Berne, Fribourg, Gen\u00e8ve, Neuch\u00e2tel et Zurich.<\/p>\n<figure id=\"attachment_9200\" aria-describedby=\"caption-attachment-9200\" style=\"width: 100px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/livre_artemis_eretria_70.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"126\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9200\" class=\"wp-caption-text\">Eretria. Les chercheurs de l\u2019ESAG publient leurs travaux dans cette collection scientifique. Infolio. 22 volumes d\u00e9j\u00e0 parus.<\/figcaption><\/figure>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_9189\" aria-describedby=\"caption-attachment-9189\" style=\"width: 100px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-9189\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/09\/livre_citesousterre_eretrie_70.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"122\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-9189\" class=\"wp-caption-text\">Cit\u00e9 sous terre. Cet ouvrage collectif richement illustr\u00e9 pr\u00e9sente les recherches men\u00e9es \u00e0 Er\u00e9trie par l\u2019ESAG. Infolio (2010), 317 p.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019an pass\u00e9, les chercheurs de l\u2019\u00c9cole suisse d\u2019arch\u00e9ologie en Gr\u00e8ce ont identifi\u00e9 un vaste sanctuaire consacr\u00e9 \u00e0 la d\u00e9esse de la chasse, sur l\u2019\u00eele d\u2019Eub\u00e9e. 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