{"id":9043,"date":"2018-05-24T08:06:43","date_gmt":"2018-05-24T06:06:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=9043"},"modified":"2024-01-31T16:16:00","modified_gmt":"2024-01-31T14:16:00","slug":"images-de-la-philosophie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/images-de-la-philosophie\/","title":{"rendered":"Image(s) de la philosophie"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_8860\" aria-describedby=\"caption-attachment-8860\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8860\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/05\/cafe_maigne_69.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/05\/cafe_maigne_69.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/05\/cafe_maigne_69-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8860\" class=\"wp-caption-text\">Carole Maign\u00e9<br \/>La philosophe au Caf\u00e9 de Chavannes.<br \/>\u00a9 Pierre-Antoine Grisoni?Strates<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Rencontre avec Carole Maign\u00e9 autour de quelques figures germaniques qui n\u2019ont pas fini d\u2019alimenter le d\u00e9bat au sujet de la culture.<\/em><\/p>\n<p>Des grands-parents r\u00e9sistants lui ont donn\u00e9 le go\u00fbt&#8230; de la langue et de la culture allemandes. La Fran\u00e7aise Carole Maign\u00e9 a-t-elle fait du z\u00e8le (son p\u00e8re aussi avait appris l\u2019allemand) au point de devenir germaniste? Dans cette famille, la r\u00e9conciliation europ\u00e9enne n\u2019\u00e9tait pas un vain mot. La jeune femme a consacr\u00e9 sa th\u00e8se au philosophe Johann Friedrich Herbart (1776-1841), l\u2019un des inventeurs du seuil de conscience et de la psychologie des profondeurs&#8230;<\/p>\n<p>\u00ab Herbart pense apr\u00e8s, donc aussi \u00e0 partir et contre Kant \u00bb, dit-elle. Mais c\u2019est \u00e0 l\u2019id\u00e9alisme allemand d\u00e9velopp\u00e9 par Fichte, Schelling et Hegel que Herbart va r\u00e9solument s\u2019opposer. Sa rencontre avec le math\u00e9maticien praguois Bernard Bolzano engendre \u00abune conjugaison \u00e9tonnante qui devient une machine de guerre contre l\u2019id\u00e9alisme allemand\u00bb, d\u00e9crit Carole Maign\u00e9. Des mouvements r\u00e9volutionnaires inspir\u00e9s de Kant et de Hegel agitent alors l\u2019empire austro-hongrois et la pens\u00e9e de Herbart fait fortune dans ce contexte. Carole Maign\u00e9 ne veut pas perdre une miette de ces d\u00e9bats et son int\u00e9r\u00eat pour la philosophie allemande des XIXe et XXe si\u00e8cles lui fait embrasser du m\u00eame coup la philosophie autrichienne.<\/p>\n<p>Son dernier livre en date porte sur la tradition herbartienne dans l\u2019histoire de l\u2019art autrichienne. \u00abCe sont des gens qui r\u00e9fl\u00e9chissent \u00e0 la question du style et des formes, \u00e0 la mani\u00e8re dont un motif peut se transmettre et se transformer si bien qu\u2019il ne refl\u00e8te pas son temps, ce qui est banal, mais qu\u2019il comporte une lo-gique propre ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e9poque\u00bb, esquisse-t-elle.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e en 2015 \u00e0 la Facult\u00e9 des lettres, o\u00f9 elle d\u00e9veloppe les p\u00f4les de l\u2019esth\u00e9tique et de la philosophie de la culture, Carole Maign\u00e9 dirige en ce moment la section de philosophie et pr\u00e9pare avec ses coll\u00e8gues un nouveau cours d\u2019histoire de la discipline. Elle vient d\u2019animer un s\u00e9minaire sur l\u2019ontologie de l\u2019image photographique \u00e0 partir des textes d\u2019Andr\u00e9 Bazin, Pierre Bourdieu et Roland Barthes. Mais l\u2019Allemagne n\u2019est jamais loin avec un projet sur le sociologue Siegfried Kracauer, qu\u2019elle montera avec des coll\u00e8gues en sections d\u2019allemand et de cin\u00e9ma \u00e0 l\u2019automne prochain.<\/p>\n<p>On ne peut pas parler de Carole Maign\u00e9 sans \u00e9voquer sa passion pour Cassirer (1874-1945), dont la vision \u00e9mancipatrice s\u2019oppose \u00e0 l\u2019id\u00e9e d\u2019un homme jet\u00e9 dans le monde, d\u00e9velopp\u00e9e par son cadet Heidegger, philosophe qu\u2019elle abandonne \u00e0 d\u2019autres. \u00abUn fameux d\u00e9bat \u00e9voquant le statut de la libert\u00e9 \u00e0 partir de Kant les a r\u00e9unis en 1929 \u00e0 Davos et on dit que Cassirer l\u2019aurait perdu\u00bb, raconte-t-elle. Bien entendu, elle n\u2019est pas d\u2019accord. Elle pr\u00e9cise en passant que Cassirer avait physiquement une t\u00eate de plus que Heidegger&#8230;<\/p>\n<p>Impossible d\u2019\u00e9chapper au trou noir du nazisme avec de tels auteurs. \u00abSans cesse menac\u00e9s de non-appartenance, les penseurs jud\u00e9o-allemands ont d\u00e9velopp\u00e9 un regard ac\u00e9r\u00e9 sur la culture\u00bb, souligne-t-elle. Si elle s\u2019int\u00e9resse \u00e0 la critique d\u2019un rationalisme potentiellement monstrueux, elle veut croire, comme Cassirer et Kant, \u00e0 la raison. \u00abCassirer voit dans le mythe une forme de rationalit\u00e9 non scientifique mais qui n\u00e9anmoins permettait d\u2019organiser le monde. Tel le retour du refoul\u00e9, le mythe peut revenir dans l\u2019activit\u00e9 rationnelle, aujourd\u2019hui comme hier\u00bb, pr\u00e9vient Carole Maign\u00e9. Elle-m\u00eame se sent \u00abprofond\u00e9ment europ\u00e9enne\u00bb et sonde le pass\u00e9 pour comprendre le pr\u00e9sent \u00abavec cet \u00e9cart que permet la double distance du temps et des textes \u00bb. Nadine Richon<\/p>\n<p><strong>Un souvenir gustatif<\/strong><br \/>\nIl y en a tant! La gourmandise&#8230;<\/p>\n<p><strong> Un lieu de go\u00fbt<\/strong><br \/>\nLe poisson cru au Japon.<\/p>\n<p><strong>Un compagnon de table<\/strong><br \/>\nMusil pour retrouver la Cacanie (nom donn\u00e9 \u00e0 l\u2019empire austro-hongrois joyeusement d\u00e9liquescent&#8230;)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rencontre avec Carole Maign\u00e9 autour de quelques figures germaniques qui n\u2019ont pas fini d\u2019alimenter le d\u00e9bat au sujet de la culture. 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