{"id":8543,"date":"2018-01-25T08:22:51","date_gmt":"2018-01-25T06:22:51","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=8543"},"modified":"2020-07-23T09:06:32","modified_gmt":"2020-07-23T07:06:32","slug":"pourquoi-les-banques-americaines-sortent-renforcees-de-la-crise","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/pourquoi-les-banques-americaines-sortent-renforcees-de-la-crise\/","title":{"rendered":"Pourquoi les banques am\u00e9ricaines sortent renforc\u00e9es de la crise"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_8634\" aria-describedby=\"caption-attachment-8634\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8634\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/banques_1_68.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/banques_1_68.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/banques_1_68-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8634\" class=\"wp-caption-text\">Bank of America. Cet \u00e9tablissement a affich\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de pr\u00e8s de<br \/>16 milliards de francs en 2016. Ici, son gratte-ciel dans le quartier d\u2019affaires de Los Angeles.<br \/>\u00a9 Mike Blake\/Reuters<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Les \u00e9tablissements \u00e9tats-uniens sont \u00e0 l\u2019origine de la grave crise financi\u00e8re de 2008. Pourtant, moins de dix ans plus tard, Bank of America ou Goldman Sachs se portent comme des charmes alors que les banques europ\u00e9ennes \u2013 et suisses \u2013 sont \u00e0 la peine. Comment expliquer ce retournement de situation?<\/em><\/p>\n<p>70 milliards de b\u00e9n\u00e9fice net en 2016! C\u2019est le score r\u00e9alis\u00e9 par les <i>big five<\/i>, les cinq plus grandes banques am\u00e9ricaines, soit Citigroup, Bank of America, Goldman Sachs, JP Morgan et Morgan Stanley. La m\u00eame ann\u00e9e, l\u2019UBS voyait sa marge b\u00e9n\u00e9ficiaire fondre de 47%. Et le Credit Suisse a affich\u00e9 une perte importante de 2,44 milliards de francs, qui s\u2019explique notamment par une p\u00e9nalit\u00e9 financi\u00e8re de 5,28 milliards de dollars inflig\u00e9e par les Autorit\u00e9s am\u00e9ricaines, pour solder l\u2019affaire des cr\u00e9ances hypoth\u00e9caires r\u00e9sidentielles. Non loin de nous, les banques de la zone euro ont \u00e9galement connu une ann\u00e9e difficile, notamment les italiennes, mais aussi la Deutsche Bank qui a, pour sa part, perdu quelque 8 milliards au cours des deux derniers exercices.<\/p>\n<p>Cette comparaison, mise en \u00e9vidence par le magazine fran\u00e7ais <i>L\u2019Expansion<\/i>, est \u00e9loquente : incontestablement, l\u2019industrie de la banque se porte bien mieux aux Etats-Unis qu\u2019en Europe ou en Suisse. Pourtant, les enseignes am\u00e9ricaines sont \u00e0 l\u2019origine de la crise qui, en 2008, a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 financi\u00e8re, avant de devenir globale. Ce sont elles en effet qui avaient mis sur le march\u00e9 des actifs \u00abpourris\u00bb, les fameux <i>subprimes<\/i>, en les dissimulant au milieu de produits plus sains, histoire de les rendre moins rep\u00e9rables. Des banques historiques, r\u00e9put\u00e9es, ont fait faillite, comme Lehman Brothers par exemple, qui a d\u00fb d\u00e9poser le bilan en septembre 2008, alors que cet \u00e9tablissement avait \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1850 et qu\u2019il avait surv\u00e9cu \u00e0 la grande d\u00e9pression&#8230;<\/p>\n<p><strong>Comment les Am\u00e9ricains ont g\u00e9r\u00e9 la crise<\/strong><\/p>\n<p>Comment est-il possible que, moins de dix ans apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 et v\u00e9cu un authentique d\u00e9sastre, cette branche se porte tellement mieux sur le Nouveau Continent que sur le Vieux? Pour <a href=\"https:\/\/hec.unil.ch\/people\/dpierret?dyn_lang=fr\">Diane Pierret<\/a>, professeure assistante au <a href=\"https:\/\/unil.ch\/df\/home.html\">D\u00e9partement de finance de la Facult\u00e9 des hautes \u00e9tudes commerciales<\/a> de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, ces destins divergents s\u2019expliquent notamment par les mesures prises au moment m\u00eame de la crise \u2013 plus particuli\u00e8rement par la r\u00e9action des banques centrales. Aux Etats-Unis, c\u2019est la tr\u00e8s fameuse Fed, pour Federal Reserve System, qui joue ce r\u00f4le. \u00abD\u00e8s le d\u00e9but, elle a d\u00e9cid\u00e9 de recapitaliser massivement le syst\u00e8me bancaire, quitte \u00e0 y participer elle-m\u00eame en achetant des actions des banques. Cette recapitalisation massive a contribu\u00e9 \u00e0 renforcer la confiance des investisseurs priv\u00e9s, ce qui a permis aux banques de retrouver des liquidit\u00e9s rapidement et en quantit\u00e9\u00bb. En clair: la Banque centrale a laiss\u00e9 se noyer les \u00e9tablissements en situation d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, mais a forc\u00e9 les autres \u00e0 se recapitaliser massivement, pour qu\u2019elles puissent absorber le choc, payer leurs dettes et continuer \u00e0 investir, pr\u00eater de l\u2019argent, bref mener leurs affaires tout en disposant d\u2019un coussin d\u2019\u00e9conomies, ou \u00abfonds propres\u00bb.<\/p>\n<p>En Europe, la crise a \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9e de mani\u00e8re fort diff\u00e9rente, entre autres pour des raisons politiques: \u00abOn imagine mal la Banque centrale europ\u00e9enne (BCE) utiliser l\u2019argent de contribuables allemands pour acheter des actions de banques italiennes en perdition, r\u00e9sume la sp\u00e9cialiste. Ce serait une strat\u00e9gie tr\u00e8s difficile \u00e0 d\u00e9fendre aupr\u00e8s des populations. Par ailleurs, les cahiers des charges de la Fed et de la BCE sont diff\u00e9rents \u2013 la Fed a plus de pouvoirs, peut imposer plus de r\u00e8gles aux banques\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Certaines banques manquent de cash!<\/strong><\/p>\n<p>Partout dans le monde, la crise a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 deux probl\u00e8mes fondamentaux. D\u2019abord, les \u00e9tablissements ne disposaient pas d\u2019assez d\u2019argent \u00e0 eux par rapport aux montants qu\u2019ils engageaient pour leur business, et ils se retrouvaient en situation p\u00e9rilleuse d\u00e8s qu\u2019un probl\u00e8me survenait \u2013 \u00e0 court de cash, ce qui est pour le moins ennuyeux pour une banque&#8230; Ensuite, les contr\u00f4les mis en place pour \u00e9valuer le ratio entre les fonds propres et les fonds engag\u00e9s manquaient de rigueur dans les meilleurs cas \u2013 \u00e9taient folkloriques dans les pires. Chaque banque devait en effet se soumettre \u00e0 un \u00abstress test\u00bb, soit mod\u00e9liser ce qui se passerait pour elle si le pire sc\u00e9nario \u00e9conomique devenait r\u00e9alit\u00e9. En jouant sur des param\u00e8tres macro\u00e9conomiques, comme une chute du PIB, une hausse massive du ch\u00f4mage, etc., elles devaient estimer si elles avaient assez d\u2019argent pour absorber des pertes sur un temps donn\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Les banques europ\u00e9ennes choisissent\u00a0les contr\u00f4les qu\u2019elles s\u2019infligent<\/strong><\/p>\n<p>\u00abLe premier probl\u00e8me, c\u2019est que les banques pouvaient d\u00e9cider elles-m\u00eames du sc\u00e9nario \u00e0 \u00e9valuer \u2013 elles avaient \u00e9videmment tendance \u00e0 en choisir un pas trop dangereux, pour avoir des r\u00e9sultats honorables \u00e0 pr\u00e9senter et surtout ne pas appara\u00eetre comme trop endett\u00e9es, le verdict qu\u2019elles veulent toutes \u00e9viter\u00bb, explique Diane Pierret, qui est plus particuli\u00e8rement sp\u00e9cialis\u00e9e dans ces tests. \u00abL\u2019autre probl\u00e8me, c\u2019est qu\u2019il n\u2019y avait pas de regard ext\u00e9rieur sur ces sc\u00e9narios, sur les r\u00e8gles suivies pour \u00e9valuer le comportement de la banque \u2013 bref aucune transparence\u00bb. Enfin, pr\u00e9cise l\u2019experte de l\u2019UNIL, \u00abil n\u2019y avait pas de sc\u00e9nario commun, donc pas de <i>benchmark<\/i>: aucun moyen de comparer les banques entre elles\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_8644\" aria-describedby=\"caption-attachment-8644\" style=\"width: 256px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8644\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/DianePierret_68.jpg\" alt=\"\" width=\"256\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/DianePierret_68.jpg 256w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2018\/01\/DianePierret_68-172x260.jpg 172w\" sizes=\"auto, (max-width: 256px) 100vw, 256px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8644\" class=\"wp-caption-text\">Diane Pierret. Professeure assistante au D\u00e9partement de finance de la Facult\u00e9 des hautes \u00e9tudes commerciales de l\u2019UNIL.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Aux Etats-Unis, les banques sont scann\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Avec la crise, la Fed a totalement chang\u00e9 sa politique et ses exigences. Le pr\u00e9sident am\u00e9ricain Barack Obama a fortement renforc\u00e9 ses pouvoirs dans une loi vot\u00e9e par le Congr\u00e8s en 2010, le Dodd-Frank Act. D\u00e9sormais, les plus grandes banques doivent lui remettre leurs chiffres, y compris les plus confidentiels. La Fed a engag\u00e9 une arm\u00e9e d\u2019experts de premier plan \u2013 ce sont eux qui imaginent les sc\u00e9narios catastrophe, eux qui y soumettent les banques \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es qu\u2019elles sont oblig\u00e9es de fournir, eux qui d\u00e9cident des ratios \u00e0 respecter. \u00abLes banques ont \u00e9t\u00e9 pass\u00e9es \u00e0 ce crible d\u00e8s l\u2019\u00e9clatement de la crise \u2013 les cas d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s ont ferm\u00e9 boutique, celles qui ont \u00e9chou\u00e9 mais \u00e9taient sauvables ont \u00e9t\u00e9 massivement recapitalis\u00e9es\u00bb, se souvient Diane Pierret. Qui pr\u00e9cise que la Fed a pu revendre plus tard les actions achet\u00e9es \u2013 en d\u00e9gageant un profit, donc que l\u2019op\u00e9ration s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e finalement b\u00e9n\u00e9ficiaire pour le contribuable am\u00e9ricain.<\/p>\n<p><strong>Les \u00abstress tests\u00bb sont peu transparents<\/strong><\/p>\n<p>Et en Europe? La crise a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les m\u00eames faiblesses, mais les mesures prises ont \u00e9t\u00e9 plus molles: peu de banques ont \u00e9t\u00e9 livr\u00e9es \u00e0 elles-m\u00eames et contraintes de d\u00e9poser le bilan, et les banques centrales n\u2019ont jamais \u00e9t\u00e9 dot\u00e9es des m\u00eames pouvoirs. Aujourd\u2019hui encore, les \u00abstress tests\u00bb n\u2019offrent ni la m\u00eame impartialit\u00e9 ni la m\u00eame transparence qu\u2019aux Etats-Unis: \u00abLa BCE par exemple ne r\u00e9alise pas elle-m\u00eame les \u201cstress tests\u00a0\u00bb, ce sont les banques qui les font \u00e0 l\u2019interne, pr\u00e9cise la sp\u00e9cialiste de l\u2019UNIL. Donc elles utilisent toujours leurs propres mod\u00e8les pour calculer les pertes hypoth\u00e9tiques de la banque dans le stress sc\u00e9nario d\u00e9fini par la BCE, pour donner un exemple qui pose probl\u00e8me. De m\u00eame, il existe diff\u00e9rentes fa\u00e7ons de pond\u00e9rer les risques, et on ne sait pas quelle pond\u00e9ration choisit une banque. On s\u2019en doute, les r\u00e9sultats obtenus \u00e0 partir des m\u00eames chiffres peuvent livrer des r\u00e9sultats tr\u00e8s diff\u00e9rents selon le poids qu\u2019on leur donne. \u00bb<\/p>\n<p><strong>La Suisse est plus opaque encore que l\u2019Europe<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019experte souligne cependant que, depuis la crise de 2008, les r\u00e8gles se sont durcies: elles sont plus pr\u00e9cises sur la fa\u00e7on de mener les tests, sur les fonds propres exig\u00e9s, plus \u00e9lev\u00e9s qu\u2019avant. Les \u00e9tablissements ont d\u00fb engager des sp\u00e9cialistes pour appliquer ces contraintes et r\u00e9aliser les tests. \u00abMais cela reste plus opaque qu\u2019aux Etats-Unis, et moins contraignant\u00bb, conclut-elle. Et en Suisse? \u00abAlors l\u00e0, c\u2019est encore plus opaque, on ne sait presque rien&#8230;\u00bb, soupire Diane Pierret.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi les banques am\u00e9ricaines ont rebondi<\/strong><\/p>\n<p>On a bien compris que les \u00abstress tests\u00bb sont moins transparents et exigeants en Europe, mais en quoi ont-ils influenc\u00e9 les r\u00e9sultats des \u00e9tablissements am\u00e9ricains? \u00abC\u2019est l\u2019un des param\u00e8tres, r\u00e9pond l\u2019\u00e9conomiste. Il est important pour expliquer un avantage concurrentiel dont b\u00e9n\u00e9ficient aujourd\u2019hui les banques outre-Atlantique. La rapidit\u00e9 avec laquelle la Fed a soumis les banques \u00e0 ces \u00abstress tests\u00bb a permis d\u2019assainir le march\u00e9, en laissant les moribondes faire faillite. En Europe, on a \u00e9t\u00e9 moins cat\u00e9gorique, et on a laiss\u00e9 des \u00e9tablissements en mauvaise sant\u00e9 vivoter.\u00bb<\/p>\n<p>En outre, la recapitalisation des \u00e9tablissements jug\u00e9s viables au sortir de ces tests a elle aussi \u00e9t\u00e9 rapide et massive: \u00abLes banques am\u00e9ricaines poss\u00e8dent des fonds propres plus \u00e9lev\u00e9s que les europ\u00e9ennes, poursuit la sp\u00e9cialiste. Ces derni\u00e8res, qui n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 refinanc\u00e9es dans les m\u00eames proportions en 2008-2009, doivent constamment veiller \u00e0 garder un ratio de capital acceptable. Ce manque d\u2019argent les emp\u00eache de faire des affaires, d\u2019une part, et d\u2019autre part leur co\u00fbte tr\u00e8s cher: lever du capital, se refinancer, est toujours tr\u00e8s on\u00e9reux. Sans compter que cela les pousse \u00e0 investir dans des actifs moins s\u00fbrs, pour augmenter la rentabilit\u00e9 de leurs placements.\u00bb Un cercle vicieux donc.<\/p>\n<p><strong>Les banques am\u00e9ricaines licencient davantage<\/strong><\/p>\n<p>Outre la question, centrale, des fonds propres, d\u2019autres facteurs expliquent la moins bonne \u00e9volution des instituts financiers du Vieux Continent. On peut citer le lib\u00e9ralisme \u00e0 l\u2019am\u00e9ricaine: les entreprises ont d\u00e9graiss\u00e9 tr\u00e8s massivement \u2013 Citigroup par exemple a baiss\u00e9 de 30% le nombre de ses employ\u00e9s depuis la crise. Les Europ\u00e9ens ont certes licenci\u00e9, mais pas dans les m\u00eames proportions. Le nombre de filiales ou d\u2019agences ferm\u00e9es n\u2019est pas comparable non plus.<\/p>\n<p>Mais plus fondamentalement, la crise de la dette souveraine, survenue en Europe d\u00e8s 2010 dans le sillage de la crise financi\u00e8re, plombe aujourd\u2019hui encore les r\u00e9sultats des banques europ\u00e9ennes. Pour r\u00e9sumer tr\u00e8s bri\u00e8vement, on rappellera qu\u2019un certain nombre d\u2019Etats europ\u00e9ens (notamment les PIGS, pour Portugal, Italie, Gr\u00e8ce et Espagne) ont vu un accroissement massif de leur dette publique, \u00e0 la suite entre autres des efforts consentis pour soutenir leur secteur bancaire au moment de la crise de 2008. Le march\u00e9 s\u2019est affol\u00e9 et toutes les d\u00e9tentrices d\u2019obligations souveraines de ces Etats en ont p\u00e2ti \u2013 et en souffrent encore. La croissance, qui reprenait lentement au sortir de la catastrophe de 2008, s\u2019est retrouv\u00e9e en outre frein\u00e9e par cette nouvelle crise, ce qui forc\u00e9ment n\u2019est pas advenu aux Etats-Unis, d\u2019o\u00f9 un nouvel avantage pour cette industrie outre-Atlantique.<\/p>\n<p><strong>Les banques europ\u00e9ennes ont un probl\u00e8me<\/strong><\/p>\n<p>Et demain? Diane Pierret n\u2019est gu\u00e8re optimiste: \u00abEntre les exigences en mati\u00e8re de fonds propres, la politique mon\u00e9taire qui ne les avantage gu\u00e8re, les cons\u00e9quences de la crise de la dette souveraine, les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de la compliance, la croissance \u00e9conomique pas terrible, le grand nettoyage qui n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 fait et qui implique qu\u2019il y a encore trop de banques en activit\u00e9 qui auraient d\u00fb fermer, je pense qu\u2019il y a un vrai probl\u00e8me de rentabilit\u00e9 pour les banques europ\u00e9ennes. Elles doivent absolument r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un nouveau <i>business model<\/i> \u2013 l\u2019ancien n\u2019est plus assez rentable dans le contexte actuel.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9tablissements \u00e9tats-uniens sont \u00e0 l\u2019origine de la grave crise financi\u00e8re de 2008. 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