{"id":840,"date":"2007-09-10T20:43:52","date_gmt":"2007-09-10T18:43:52","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=840"},"modified":"2010-10-26T16:46:28","modified_gmt":"2010-10-26T14:46:28","slug":"comment-hodler-a-conquis-paris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/comment-hodler-a-conquis-paris\/","title":{"rendered":"Comment Hodler a conquis Paris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_940\" aria-describedby=\"caption-attachment-940\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/09\/hodler.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-940\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/09\/hodler.jpg\" alt=\"Comment Hodler a conquis Paris\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/09\/hodler.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/09\/hodler-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-940\" class=\"wp-caption-text\">Ferdinand Hodler, \u00abLe lac L\u00e9man vu de St-Prex\u00bb, 1901, coll. priv\u00e9e\/Sotheby\u2019s<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>C\u2019est en novembre prochain que la capitale fran\u00e7aise f\u00eatera Hodler, au Mus\u00e9e d\u2019Orsay. Mais l\u2019admiration de Paris pour le peintre suisse a commenc\u00e9 bien plus t\u00f4t. Histoire d\u2019une reconnaissance internationale qui prend sa source dans le refus qu\u2019opposa un jour Gen\u00e8ve devant \u00abLa Nuit\u00bb, l\u2019un des chefs-d\u2019\u0153uvre du peintre.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: left\">C&rsquo;est une toile de trois m\u00e8tres de long sur plus d\u2019un m\u00e8tre de haut. On y voit huit corps nus d\u2019hommes et de femmes, pour la plupart endormis, partiellement recouverts de tissus sombres. On y voit un homme saisi de terreur devant une forme noire, assise sur lui comme la Mort \u00e0 l\u2019aff\u00fbt. On y voit surtout une tr\u00e8s belle paire de fesses.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Au premier plan, montr\u00e9e de dos, une femme enti\u00e8rement nue enlace un jeune homme. Les yeux ferm\u00e9s, ce dernier respire la chevelure de sa partenaire comme un parfum enivrant. Pas de doute, ces deux-l\u00e0 entament l\u2019un de ces jeux de corps qu\u2019on ne montre pas aux enfants.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Gen\u00e8ve, f\u00e9vrier 1891<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Nous sommes \u00e0 Gen\u00e8ve, au mois de f\u00e9vrier 1891. Devant la dimension hors norme du tableau, devant cette atmosph\u00e8re morbide et surtout, devant ces fesses rondes et enti\u00e8res, le sang des autorit\u00e9s ne fait qu\u2019un tour. Le lendemain s\u2019ouvre l\u2019Exposition municipale qui se tient chaque ann\u00e9e au Palais de l\u2019Ath\u00e9n\u00e9e. Comme le veut la tradition, le gouvernement de la Ville v\u00e9rifie que les toiles sont conformes aux bonnes m\u0153urs.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Un expert de la Commission scolaire f\u00e9d\u00e9rale a d\u00e9j\u00e0 averti: le tableau intitul\u00e9 \u00abLa Nuit\u00bb, pr\u00e9sent\u00e9 par Monsieur Ferdinand Hodler, pr\u00e9sente des nudit\u00e9s potentiellement n\u00e9fastes pour le peuple. Les douze membres du jury de l\u2019exposition, Th\u00e9odore Turrettini en t\u00eate, ont pourtant admis l\u2019\u0153uvre \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9. Qu\u2019\u00e0 cela ne tienne. C\u2019est avec une m\u00eame unanimit\u00e9 que les trois membres du Conseil administratif de Gen\u00e8ve interdisent la toile pour cause de \u00ablubricit\u00e9\u00bb et d\u2019\u00abimmoralit\u00e9\u00bb.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Le laur\u00e9at du pain sec<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">A vrai dire, vu les rapports d\u2019amourhaine que le peintre entretient avec Gen\u00e8ve, ce geste de censure n\u2019a rien d\u2019\u00e9tonnant. Lorsqu\u2019il arrive dans la ville de Calvin en 1872, \u00e0 19 ans, Ferdinand Hodler re\u00e7oit rapidement du soutien. Peintre appr\u00e9ci\u00e9, professeur \u00e0 l\u2019Ecole des beaux-arts et personnage \u00e9minent de la vie mondaine, Barth\u00e9lemy Menn encourage le Bernois d\u00e8s leur premi\u00e8re rencontre. C\u2019est sous son aile que le jeune peintre va d\u00e9couvrir les techniques de la peinture moderne.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">La toute-puissante Soci\u00e9t\u00e9 des Arts de Gen\u00e8ve, qui organise chaque ann\u00e9e deux concours de peinture, accueille aussi Hodler d\u2019un bon \u0153il. Le Bernois figure m\u00eame parmi les personnes les plus prim\u00e9es par la sc\u00e8ne artistique locale: en vingt ans de participation aux divers concours genevois, Hodler a figur\u00e9 dix fois parmi les trois premiers laur\u00e9ats. Il aurait empoch\u00e9 un cinqui\u00e8me de toutes les sommes attribu\u00e9es pendant cette p\u00e9riode.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Malgr\u00e9 de r\u00e9els soutiens, Hodler reste tr\u00e8s pauvre<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Mais les notables officiels ou fortun\u00e9s de la ville ne regardent pas le jeune artiste avec la m\u00eame am\u00e9nit\u00e9. En 1881, le jury de l\u2019Exposition municipale recommande \u00abUne pri\u00e8re dans le canton de Berne\u00bb \u00e0 l\u2019achat pour le patrimoine public. Mais d\u00e9j\u00e0, sourdes \u00e0 l\u2019avis des experts, les autorit\u00e9s de la Ville de Gen\u00e8ve d\u00e9cident de ne pas entrer en mati\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">L\u2019ann\u00e9e suivante, l\u2019Exposition municipale se dote d\u2019un nouveau r\u00e8glement qui semble directement viser Hodler en interdisant les toiles de trop grandes dimensions. Et, bien que plusieurs portraits t\u00e9moignent de ses liens avec des personnalit\u00e9s haut plac\u00e9es, les commandes lucratives sont rares.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Hormis quelques amateurs, les bourgeois de Gen\u00e8ve pr\u00e9f\u00e8rent les gentils paysages familiers au r\u00e9alisme hodl\u00e9rien inspir\u00e9 de la vie populaire. Malgr\u00e9 de r\u00e9els soutiens, Hodler reste longtemps tr\u00e8s pauvre. L\u2019argent des concours finance tout juste l\u2019achat de toiles et des couleurs. Son menu se compose souvent de pain sec tremp\u00e9 dans une fontaine. Et le soir venu, il d\u00e9croche la porte de son armoire pour en faire un sommier, son manteau militaire pour seule couverture.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Le peintre de la laideur<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">On retrouve la m\u00eame ambivalence du c\u00f4t\u00e9 de la sc\u00e8ne litt\u00e9raire et journalistique locale. D\u00e8s ses premi\u00e8res expositions genevoises, la presse parle beaucoup de Hodler. Rapidement, le peintre r\u00e9unit derri\u00e8re lui une tribu de critiques et d\u2019\u00e9crivains enthousiastes. Professeur en histoire de l\u2019art \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, Philippe Kaenel parle m\u00eame d\u2019une \u00abclique Hodler, qui promeut le peintre en h\u00e9ros national\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">On y trouve le journaliste et po\u00e8te Mathias Morhardt, l\u2019\u00e9crivain et fondateur de \u00abLa Revue contemporaine\u00bb Edouard Rod, le peintre et architecte Albert Trachsel, ou encore Louis Duchosal, \u00e9minent po\u00e8te symboliste, directeur de \u00abLa Revue de Gen\u00e8ve\u00bb d\u00e9di\u00e9e aux id\u00e9es artistiques nouvelles.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">\u00abM. Hodler voit laid\u00bb<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Mais plusieurs autres critiques, notamment dans le \u00abJournal de Gen\u00e8ve\u00bb ou la \u00abTribune de Gen\u00e8ve\u00bb, rudoient r\u00e9guli\u00e8rement les \u0153uvres du jeune peintre. On lui reproche son r\u00e9alisme \u00e0 la Courbet. On lui parle parfois comme \u00e0 un amateur qui ferait mieux de retourner \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Un critique juge que \u00abmalheureusement, M. Hodler n\u2019a pas \u2013 si nous pouvons nous exprimer ainsi \u2013 le proc\u00e9d\u00e9 habile\u00bb. Un autre estime que son travail \u00abmanque de dessin\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">\u00abLe Genevois\u00bb lui reproche un jour de \u00abprendre ses fautes d\u2019orthographe pour de l\u2019originalit\u00e9\u00bb. Devant\u00a0 \u00abUne pri\u00e8re dans le canton de Berne\u00bb, \u00abLe Journal de Gen\u00e8ve\u00bb \u00e9crit: \u00abM. Hodler voit laid.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Bien s\u00fbr, comme le souligne Philippe Kaenel, \u00abc\u2019\u00e9taient les r\u00e8gles du jeu\u00bb. Mais ce jeu avait l\u2019art de mettre Hodler dans une rage qu\u2019il exprimait facilement en public \u2013 et parfois en peinture, comme dans un autoportrait intitul\u00e9 \u00abLe Furieux\u00bb, o\u00f9 il semble vouloir consumer le spectateur de son seul regard.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Le d\u00e9chirement du paysage<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Alors pourquoi tant de je-t\u2019aime-moinon-plus entre le peintre et sa ville d\u2019adoption? Philippe Kaenel explique le ph\u00e9nom\u00e8ne par un d\u00e9chirement entre attentes nationales et courants internationaux que tout peintre suisse vit \u00e0 cette \u00e9poque: \u00abPeu de temps apr\u00e8s l\u2019arriv\u00e9e de Hodler \u00e0 Gen\u00e8ve, le paysage artistique suisse change radicalement. En 1888, on cr\u00e9e la Commission f\u00e9d\u00e9rale des Beaux-arts que l\u2019on dote d\u2019une somme de 100\u2019000 francs, ce qui est consid\u00e9rable \u00e0 l\u2019\u00e9poque. La Conf\u00e9d\u00e9ration peut d\u00e9sormais lancer des commandes publiques, organiser des salons, effectuer des acquisitions, attribuer des bourses.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Et pour d\u00e9crocher ces soutiens all\u00e9chants, les artistes r\u00e9orientent leur strat\u00e9gie de mani\u00e8re souvent explicite. Dans le but de participer \u00e0 la construction identitaire de la nation suisse, ils produisent une peinture nationale, essentiellement tourn\u00e9e vers les paysages de montagne et les hauts faits de l\u2019histoire helv\u00e9tique.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Pendant ce temps, \u00e0 Paris et \u00e0 Vienne\u2026<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Or, dans les autres pays d\u2019Europe, les attentes sont tr\u00e8s diff\u00e9rentes. D\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 1880, dans la foul\u00e9e du mouvement litt\u00e9raire initi\u00e9 par Baudelaire, Paris vit sa r\u00e9volution symboliste avec Odilon Redon, Gustave Moreau et Pierre Puvis de Chavannes.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Vienne et Berlin vont bient\u00f4t conna\u00eetre des r\u00e9voltes d\u2019artistes, avec des peintres comme Gustav Klimt, Fritz von Uhde ou le Suisse Arnold B\u00f6cklin, qui vont se d\u00e9marquer des courants dominants en cr\u00e9ant une s\u00e9cession dans leurs capitales. Rebelles au naturalisme en vogue, leurs groupements militent pour un art nouveau, fond\u00e9 sur l\u2019expression d\u2019une id\u00e9e ou d\u2019un \u00e9tat d\u2019\u00e2me plut\u00f4t que sur la reproduction plate de la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Le choix de Ferdinand<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">\u00abD\u00e8s les ann\u00e9es 1880, les artistes suisses sont donc plac\u00e9s devant un dilemme, dit Philippe Kaenel. Soit ils orientent leur travail vers des th\u00e8mes proprement helv\u00e9tiques, soit ils cherchent \u00e0 s\u2019inscrire dans le mouvement international.\u00bb Ou alors, ils jouent sur les deux tableaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Ferdinand Hodler va faire ce choix exigeant. D\u2019une part, il r\u00e9pond \u00e0 la demande locale et nationale avec des paysages et des \u00e9vocations de l\u2019histoire suisse qu\u2019il place dans des institutions, des expositions nationales ou dans le populaire Turnus, exposition itin\u00e9rante organis\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 suisse des Beaux-Arts. Pour Gen\u00e8ve, il peint \u00abLa M\u00e8re Royaume\u00bb et \u00abLe Cort\u00e8ge de l\u2019Escalade\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Pour la Suisse, une foule de personnages et de batailles l\u00e9gendaires de la saga helv\u00e9tique.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Mais dans le m\u00eame temps, d\u00e8s le d\u00e9but de sa carri\u00e8re, Hodler entame un virage stylistique de plus en plus marqu\u00e9.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Hodler travaille sur un double registre<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">\u00abD\u00e8s 1884, il travaille sur un double registre, dit Philippe Kaenel, puis il passe progressivement d\u2019une esth\u00e9tique naturaliste \u00e0 une esth\u00e9tique symboliste. On le voit notamment dans un tableau comme \u00abRegard dans l\u2019infini\u00bb, avec ce personnage de menuisier plong\u00e9 dans ses pens\u00e9es, la barbe \u00e0 la main. Cette pose ne correspondait pas \u00e0 la mani\u00e8re habituelle de traiter une peinture de genre.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Moins r\u00e9aliste encore et peint pendant la m\u00eame p\u00e9riode, le \u00abDialogue intime avec la Nature\u00bb est une composition po\u00e9tique et myst\u00e9rieuse tr\u00e8s inspir\u00e9e des symbolistes fran\u00e7ais.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Une erreur de public<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">Sous cette lumi\u00e8re historique, la censure genevoise de \u00abLa Nuit\u00bb prend une certaine logique. Certes, il y a la nudit\u00e9 frontale de ces fesses qui bondissent au regard, mais en proposant ce tableau \u00e0 l\u2019Exposition municipale genevoise, Hodler cr\u00e9e surtout un malentendu. Sorte de manifeste de sa nouvelle esth\u00e9tique symboliste, le tableau peut difficilement se comprendre dans une Gen\u00e8ve qui ne conna\u00eet encore rien de ce langage.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">\u00abHodler estimait que \u00abLa Nuit\u00bb \u00e9tait sa premi\u00e8re \u0153uvre \u00e0 part enti\u00e8re, dit Philippe Kaenel, mais avec ses figures plac\u00e9es de fa\u00e7on rythmique, ces chairs terreuses bleut\u00e9es et verd\u00e2tres et son caract\u00e8re morbide, elle se situe totalement en dehors des attentes helv\u00e9tiques et des normes d\u2019un salon municipal.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Autrement dit, lorsqu\u2019il propose \u00abLa Nuit\u00bb \u00e0 la ville de Calvin, Hodler s\u2019adresse \u00e0 un autre public. Il montre \u00e0 Gen\u00e8ve une \u0153uvre peinte pour Paris.<\/p>\n<h2 style=\"text-align: left\">Une provocation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e?<\/h2>\n<p style=\"text-align: left\">A moins qu\u2019il ne joue volontairement du malentendu? Le lendemain de son exclusion, Hodler loue la salle de garde du B\u00e2timent \u00e9lectoral \u00e0 Gen\u00e8ve pour y accrocher l\u2019\u0153uvre r\u00e9pudi\u00e9e. Malgr\u00e9 le prix de l\u2019entr\u00e9e (un franc), la foule s\u2019y pr\u00e9cipite et permet \u00e0 l\u2019artiste de r\u00e9colter une belle somme d\u2019argent, de quoi se rendre ensuite \u00e0 Paris avec le tableau. Re\u00e7u membre de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale des artistes fran\u00e7ais, il expose \u00abLa Nuit\u00bb au Salon du Champ-de-Mars et remporte un grand succ\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Gustave Moreau, Puvis de Chavanne, Monet, Degas le f\u00e9licitent, l\u2019admirent. En quelques mois, Hodler passe du statut de peintre local \u00e0 celui d\u2019artiste d\u2019avantgarde, et entame un parcours international qui le m\u00e8nera jusqu\u2019aux s\u00e9cessions de Vienne et Berlin. Tout cela \u00e9tait-il calcul\u00e9? \u00abLa Nuit\u00bb est-elle une provocation d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e? Rien ne permet de l\u2019affirmer. Mais ce n\u2019est pas impossible, tant Hodler, comme tout grand artiste, a men\u00e9 sa carri\u00e8re avec habilet\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Pierre-Louis Chantre<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C\u2019est en novembre prochain que la capitale fran\u00e7aise f\u00eatera Hodler, au Mus\u00e9e d\u2019Orsay. Mais l\u2019admiration de Paris pour le peintre suisse a commenc\u00e9 bien plus t\u00f4t. 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