{"id":8356,"date":"2017-09-20T08:17:19","date_gmt":"2017-09-20T06:17:19","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=8356"},"modified":"2020-07-23T10:00:37","modified_gmt":"2020-07-23T08:00:37","slug":"la-loutre-est-aux-portes-de-la-suisse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-loutre-est-aux-portes-de-la-suisse\/","title":{"rendered":"La loutre est aux portes de la Suisse"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_8251\" aria-describedby=\"caption-attachment-8251\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8251\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/loutre_1_67.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/loutre_1_67.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/loutre_1_67-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8251\" class=\"wp-caption-text\">La loutre d\u2019Europe vit pr\u00e8s des cours d\u2019eau. Cet animal est territorial et solitaire. \u00a9 Andyworks \/ iStockphotos<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Elle avait disparu de nos rivi\u00e8res. Et voil\u00e0 que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, sa frimousse espi\u00e8gle refait surface aux quatre coins du pays. Carmen Cianfrani, chercheuse FNS \u00e0 l\u2019UNIL, a \u00e9labor\u00e9 des mod\u00e8les qui montrent par o\u00f9 elle est susceptible de passer et o\u00f9 elle pourrait s\u2019installer. Plongeon dans un hypoth\u00e9tique futur habit\u00e9 par la f\u00e9e de l\u2019onde.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Maman loutre p\u00eache des poissons pendant que ses loutrons caracolent sur le bord de la rivi\u00e8re&#8230; On en aurait presque les larmes aux yeux d\u2019attendrissement. D\u2019autant plus que cette adorable sc\u00e8ne \u00e9tait devenue parfaitement improbable en Suisse depuis 1989, ann\u00e9e durant laquelle quelques traces du carnivore semi-aquatique ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es au bord du lac de Neuch\u00e2tel. Il y a bien eu une \u00e9vasion d\u2019un zoo \u2013 un couple s\u2019est sauv\u00e9 du Parc D\u00e4hlh\u00f6lzli \u00e0 Berne suite \u00e0 une inondation en 2005 \u2013 qui a permis \u00e0 quelques loutrons de na\u00eetre. Cela n\u2019a toutefois pas suffi \u00e0 repeupler nos rives.<\/p>\n<p>Mais la loutre a plus d\u2019un tour dans sa fourrure imperm\u00e9able. Il semblerait qu\u2019elle se soit d\u00e9nich\u00e9e de nouveaux terrains de jeux en Suisse depuis la fin des ann\u00e9es 2000. D\u2019o\u00f9 vient-elle? O\u00f9 peut-elle s\u2019installer s\u00e9rieusement? De quoi a-t-elle besoin pour s\u2019\u00e9panouir? Les Helv\u00e8tes sont-ils pr\u00eats \u00e0 l\u2019accueillir? Autant de questions que s\u2019est pos\u00e9es Carmen Cianfrani, actuellement chercheuse FNS senior en 2e ann\u00e9e \u00e0 l\u2019Institut des dynamiques de la surface terrestre dans le groupe du professeur Antoine Guisan \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement de l\u2019UNIL. Retour sur une recolonisation en devenir.<\/p>\n<p><strong>Bonjour la Suisse!<\/strong><\/p>\n<p>Dans les Grisons, une loutre effront\u00e9e a montr\u00e9 le bout de son museau \u00e0 la cam\u00e9ra de surveillance d\u2019une \u00e9chelle \u00e0 poissons en 2009. Et ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019un d\u00e9but. En effet, une autre a laiss\u00e9 ses empreintes \u2013 cinq doigts en \u00e9ventail munis de petites griffes \u2013 dans les neiges valaisannes en 2011 et 2012. L\u2019ann\u00e9e d\u2019apr\u00e8s, c\u2019est au Tessin que l\u2019on a retrouv\u00e9 un sp\u00e9cimen \u00e9cras\u00e9 sur la route. Les services de l\u2019environnement genevois ont ensuite pris des clich\u00e9s d\u2019une loutre par hasard, alors qu\u2019ils suivaient l\u2019\u00e9volution du castor en 2014. Au printemps suivant, un pi\u00e8ge-photographique plac\u00e9 entre Thoune et Berne le long de l\u2019Aar a saisi une adulte et deux petits. Sans oublier des excr\u00e9ments retrouv\u00e9s un an plus tard dans la r\u00e9gion de Domleschg\/Heinzenberg (Grisons), ainsi qu\u2019au Tessin durant l\u2019hiver 2016\/2017. Ces derniers ont d\u2019ailleurs \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s \u00e0 l\u2019UNIL dans le Laboratoire de Biologie de la Conservation au sein du D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution, sous la houlette du professeur Luca Fumagalli.<\/p>\n<p>Plus aucun doute, la loutre d\u2019Europe (<em>Lutra lutra<\/em>) tente de se r\u00e9implanter en Helv\u00e9tie. \u00abQuand j\u2019ai commenc\u00e9 mon \u00e9tude, elle n\u2019\u00e9tait plus pr\u00e9sente en Suisse. Je n\u2019ai pas pu me baser sur d\u2019\u00e9ventuelles traces qu\u2019elle aurait laiss\u00e9es. Il a donc fallu comparer avec les pays limitrophes o\u00f9 elle est install\u00e9e\u00bb, explique Carmen Cianfrani. Italienne, la chercheuse a \u00e9crit sa th\u00e8se sur la pr\u00e9sence de la loutre au sud de son pays. Elle s\u2019est demand\u00e9 si deux populations s\u00e9par\u00e9es g\u00e9ographiquement par toute une r\u00e9gion pourraient se reconnecter. Les mod\u00e8les qu\u2019elle a r\u00e9alis\u00e9s ont montr\u00e9 que oui. \u00abEt depuis, les deux populations se sont r\u00e9ellement reconnect\u00e9es\u00bb, se r\u00e9jouit-elle.<\/p>\n<p><strong>Des mod\u00e8les parlants<\/strong><\/p>\n<p>Dans le cadre de sa th\u00e8se, Carmen Cianfrani s\u2019est aussi int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 la distribution des loutres en Europe. Puis, gr\u00e2ce \u00e0 un projet financ\u00e9 par la Fondation pour la nature Mava et l\u2019OFEV (Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement), elle s\u2019est arr\u00eat\u00e9e sur la Suisse. Aujourd\u2019hui, elle termine un article au sujet de toutes les esp\u00e8ces d\u2019eau douce du monde (il y en a 11) pour savoir quel impact auront les changements climatiques sur elles.<\/p>\n<p>Pour cr\u00e9er des mod\u00e8les europ\u00e9ens, la scientifique s\u2019est bas\u00e9e sur deux composantes: les variables de l\u2019environnement et les points de pr\u00e9sence de l\u2019esp\u00e8ce. Sur ce second point, pour son analyse d\u2019une Helv\u00e9tie priv\u00e9e de loutres \u00e9tablies, elle a d\u00fb choisir un autre pays de comparaison. \u00abJ\u2019ai pris les indices de pr\u00e9sence de la loutre en Autriche qui, au niveau climatique, de l\u2019utilisation du sol et de la v\u00e9g\u00e9tation, est le plus similaire \u00e0 la Suisse. Une fois d\u00e9tect\u00e9es les conditions environnementales autrichiennes favorables \u00e0 l\u2019animal, j\u2019ai recherch\u00e9 les m\u00eames ici. La loutre a besoin d\u2019un grand territoire, car elle bouge beaucoup.\u00bb<\/p>\n<p>Au final, son \u00e9tude a permis de consid\u00e9rer trois entr\u00e9es possibles pour l\u2019esp\u00e8ce embl\u00e9matique des rivi\u00e8res en Suisse: la porte de l\u2019ouest (France), celle du nord, en remontant le Rhin (Allemagne) et celle de l\u2019est par le bassin de l\u2019Inn (Autriche). A l\u2019\u00e9poque, en 2013, la chercheuse pensait que la premi\u00e8re recolonisation aurait lieu dans le bassin du Rh\u00f4ne, car la loutre prosp\u00e8re en France, notamment dans le Massif central et sur la c\u00f4te Atlantique, et qu\u2019elle se poursuivrait dans le bassin de l\u2019Aar. Si on est encore loin de l\u2019invasion du mammif\u00e8re amphibie, les pr\u00e9visions de Carmen Cianfrani paraissent plut\u00f4t exactes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_8270\" aria-describedby=\"caption-attachment-8270\" style=\"width: 262px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8270\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/CarmenCianfrani_67.jpg\" alt=\"\" width=\"262\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/CarmenCianfrani_67.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/09\/CarmenCianfrani_67-173x260.jpg 173w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8270\" class=\"wp-caption-text\">Carmen Cianfrani. Chercheuse FNS senior \u00e0 la Facult\u00e9 des g\u00e9osciences et de l\u2019environnement.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L\u2019\u00e9nigme tessinoise<\/strong><\/p>\n<p>Mais comment expliquer le cadavre et les crottes d\u00e9couverts au Tessin? Personne ne l\u2019avait pr\u00e9dit&#8230; \u00abUne arriv\u00e9e depuis l\u2019Italie semble impossible. Il y a un trop long trajet \u00e0 parcourir. Une loutre peut marcher jusqu\u2019\u00e0 500 kilom\u00e8tres, mais seulement au fil de l\u2019eau. Quand elle est en dispersion (\u00e0 savoir lorsque les jeunes quittent leur m\u00e8re pour trouver un territoire propre \u00e0 chacun, <em>ndlr<\/em>), elle peut avancer sur de longues distances pour trouver un territoire favorable \u2013 le Tessin en poss\u00e8de plusieurs, comme mon \u00e9tude l\u2019a d\u00e9montr\u00e9 \u2013 et s\u2019y stabiliser.\u00bb La biologiste se hasarde quand m\u00eame \u00e0 imaginer qu\u2019elle est venue de Slov\u00e9nie, qu\u2019elle est peut-\u00eatre remont\u00e9e par Trieste. D\u2019autres pensent que la fine repr\u00e9sentante des must\u00e9lid\u00e9s s\u2019est fray\u00e9e un passage directement en Suisse en partant des Grisons qu\u2019elle a red\u00e9couverts il y a peu. Certains \u00e9voquent aussi la visite de loutres \u00e9tablies dans le parc naturel de la vall\u00e9e du Tessin, dans le Pi\u00e9mont, mais sans y croire franchement.<\/p>\n<p>La discr\u00e8te loutre, aussi territoriale que solitaire, garde donc encore une part de myst\u00e8re. Cependant, peut-on esp\u00e9rer la voir emm\u00e9nager pour de bon dans nos rivi\u00e8res tout soudain? \u00abEtablir une population stable demeure tr\u00e8s difficile. Si elle recolonise bien les pays limitrophes, ce sera plus long en Suisse. N\u00e9anmoins, les habitations ne sont pas trop denses dans le pays. La loutre peut s\u2019accommoder de petits villages, moins des grandes villes. Mais comme celles-ci restent peu nombreuses, cela lui laisse de la place.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Au bonheur des loutres<\/strong><\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ses recherches, y compris sur le terrain, Carmen Cianfrani a pu faire une liste des besoins de la loutre pour qu\u2019elle pense \u00eatre au paradis, et se reproduise. \u00abIl faut surtout de la nourriture \u00e0 profusion. Elle mange tout ce qu\u2019elle arrive \u00e0 chasser dans une rivi\u00e8re ou un lac, avec peu de courant, et aux alentours: poissons, batraciens, crustac\u00e9s, petits vert\u00e9br\u00e9s, reptiles. L\u2019endroit o\u00f9 elle pr\u00e9pare son nid doit \u00eatre bien cach\u00e9. Cela n\u00e9cessite une v\u00e9g\u00e9tation dense autour du point d\u2019eau.\u00bb<\/p>\n<p>Lors de ses incursions en territoire \u00abloutresque\u00bb, la chercheuse les rep\u00e9rait \u00e0 leurs crottes, que l\u2019on nomme \u00e9preintes, et \u00e0 leurs gel\u00e9es (amas visqueux). \u00abLes \u00e9preintes sont caract\u00e9ristiques, on ne peut pas se tromper. On y voit des petites arr\u00eates. Et elles ont une odeur particuli\u00e8re: le sapin m\u00eal\u00e9 au fumet de poisson. Quant aux gel\u00e9es, elles ont pour fonction de marquer son territoire. La loutre les met sur des rochers, en \u00e9vidence, toujours un peu en hauteur pour qu\u2019on remarque qu\u2019elle est l\u00e0.\u00bb Pourtant, la scientifique italienne n\u2019a jamais vu une seule repr\u00e9sentante de l\u2019esp\u00e8ce dans la nature. \u00abC\u2019est tr\u00e8s difficile de l\u2019apercevoir, parce qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un animal nocturne qui chasse surtout la nuit. Elle est insaisissable.\u00bb<\/p>\n<p>On entend souvent dire que l\u00e0 o\u00f9 s\u2019est install\u00e9e la loutre, l\u2019eau est saine. Vraiment? \u00abPas forc\u00e9ment. L\u2019important pour elle, c\u2019est qu\u2019il y ait de la nourriture en quantit\u00e9. Bien entendu, si la rivi\u00e8re est pollu\u00e9e, les poissons ne se bousculent pas. Donc, indirectement, cela influence l\u2019animal. Mais en Italie, j\u2019ai trouv\u00e9 des traces proches de rivi\u00e8res qui n\u2019avaient rien de paradisiaques. Si l\u2019eau n\u2019est pas redistribu\u00e9e par l\u2019homme, la loutre y va.\u00bb En revanche, le mammif\u00e8re hydrodynamique fuit les zones urbaines, agricoles, industrielles, d\u2019extraction mini\u00e8re et tr\u00e8s peupl\u00e9es. L\u2019altitude ne l\u2019effraie pas. Tant que l\u2019eau coule, elle est capable de s\u2019adapter \u00e0 une vie \u00e0 2000 m\u00e8tres. Et tant qu\u2019elle y trouve son kilo de nourriture par jour, la loutre d\u2019Europe peut penser \u00e0 fonder une famille.<\/p>\n<p><strong>Sa course d\u2019obstacles<\/strong><\/p>\n<p>\u00abEn Suisse, ce qui pose le plus gros probl\u00e8me \u00e0 son d\u00e9veloppement, c\u2019est d\u2019abord le manque de poissons, souligne Carmen Cianfrani. Cela m\u00e9riterait d\u2019ailleurs d\u2019autres \u00e9tudes. Par exemple: faut-il r\u00e9introduire certains poissons pour favoriser son retour?\u00bb Sa disparition du sol helv\u00e9tique est aussi attribu\u00e9e \u00e0 la chasse. La qualit\u00e9 de sa fourrure \u2013 compos\u00e9e de poils de bourre ondul\u00e9s et tr\u00e8s fins, ainsi que de poils de jarre longs et \u00e9pais, qui isolent la bourre de l\u2019humidit\u00e9 \u2013 lui a \u00e9t\u00e9 fatale. Elle est en effet consid\u00e9r\u00e9e comme la plus durable, une fois transform\u00e9e en manteau\u2026<\/p>\n<p>La pollution des eaux aux PCB (polychlorobiph\u00e9nyles: compos\u00e9s toxiques employ\u00e9s autrefois comme isolants thermiques, interdits depuis une trentaine d\u2019ann\u00e9es en Europe) reste encore aujourd\u2019hui un frein \u00e9norme \u00e0 la survie de l\u2019esp\u00e8ce, car ces perturbateurs endocriniens l\u2019emp\u00eachent de se reproduire. Sa gourmandise ne l\u2019a pas aid\u00e9e non plus, ses principaux concurrents \u00e9tant les humains. \u00abIl y a eu de nombreux conflits avec les p\u00eacheurs et surtout les pisciculteurs. Car si une loutre tombe sur une piscine remplie de poissons, elle ne se fatigue pas \u00e0 aller chasser plus loin. Elle se sert!\u00bb<\/p>\n<p><strong>Oui, on la veut!<\/strong><\/p>\n<p>Pour savoir si elle avait toujours des ennemis, alors qu\u2019elle est prot\u00e9g\u00e9e depuis 1952, et quel accueil lui serait r\u00e9serv\u00e9 si elle revenait poser ses pattes palm\u00e9es chez nous demain, la chercheuse a r\u00e9alis\u00e9 un sondage, en collaboration avec Sofia Mateus, aupr\u00e8s de tous les cantons. Une table ronde a m\u00eame \u00e9t\u00e9 organis\u00e9e avec des membres de la Conf\u00e9d\u00e9ration, des autorit\u00e9s cantonales, des p\u00eacheurs et pisciculteurs, ou encore des ONG telles que Pro Lutra et le WWF. \u00ab162 questionnaires ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s en Suisse. R\u00e9sultats: les administrations cantonales (14 ont r\u00e9pondu) se sont toutes montr\u00e9es favorables \u00e0 son retour. Et l\u2019\u00e9crasante majorit\u00e9 des autres sond\u00e9s a fait de m\u00eame.\u00bb<\/p>\n<p>Seuls 6 p\u00eacheurs et pisciculteurs sur 38 interrog\u00e9s (pour l\u2019anecdote: deux dans le canton de Fribourg et quatre dans celui de Vaud) ne veulent pas voir la petite t\u00eate aplatie du must\u00e9lid\u00e9 avancer dans leurs eaux \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un crocodile. Et 1 environnementaliste sur 64 voit \u00e9galement son retour d\u2019un mauvais \u0153il.<\/p>\n<p><strong>Et apr\u00e8s?<\/strong><\/p>\n<p>Selon ses mod\u00e8les, Carmen Cianfrani estime que sur tous les habitats helv\u00e9tiques potentiellement habitables par la loutre d\u2019Europe, \u00ab21% des aires sont jug\u00e9es favorables. Et de plus, elles sont connect\u00e9es. En outre, ses apparitions d\u00e9montrent qu\u2019elle est capable de recoloniser la Suisse naturellement.\u00bb Pourquoi ne pas l\u2019aider un peu, en la r\u00e9introduisant \u00e0 certains endroits? \u00abIl y a eu une tentative infructueuse dans le canton de Berne de rel\u00e2cher huit loutres dans les ann\u00e9es 70. Pour r\u00e9ussir une r\u00e9introduction, il faut vraiment \u00eatre s\u00fbr de l\u2019endroit o\u00f9 l\u2019on place les individus. Selon moi, c\u2019est une mauvaise id\u00e9e, car d\u2019apr\u00e8s les donn\u00e9es auxquelles j\u2019ai eu acc\u00e8s, la carnivore manquerait de poisson. Si on laisse faire la nature, la situation va peut-\u00eatre s\u2019am\u00e9liorer, mais lentement.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Elle avait disparu de nos rivi\u00e8res. Et voil\u00e0 que ces derni\u00e8res ann\u00e9es, sa frimousse espi\u00e8gle refait surface aux quatre coins du pays. 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