{"id":8133,"date":"2017-05-11T08:10:26","date_gmt":"2017-05-11T06:10:26","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=8133"},"modified":"2020-07-23T10:46:41","modified_gmt":"2020-07-23T08:46:41","slug":"une-nouvelle-arme-contre-le-cancer-le-malade-et-ses-defenses-immunitaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/une-nouvelle-arme-contre-le-cancer-le-malade-et-ses-defenses-immunitaires\/","title":{"rendered":"Une nouvelle arme contre le cancer: le malade et ses d\u00e9fenses immunitaires"},"content":{"rendered":"<p><em>Notre syst\u00e8me immunitaire est capable d\u2019\u00e9liminer les cellules tumorales. Mais il est souvent d\u00e9bord\u00e9 par la t\u00e2che, et il faut donc lui donner de nouvelles armes pour l\u2019aider \u00e0 se battre. Tel est l\u2019objectif de l\u2019immunoth\u00e9rapie, qui a d\u00e9j\u00e0 permis de traiter efficacement des tumeurs incurables. Une r\u00e9volution est en marche dans la lutte anticanc\u00e9reuse.\u00a0<\/em><\/p>\n<p>Notre syst\u00e8me immunitaire est \u00e0 la fois l\u2019arm\u00e9e et la police de notre corps qu\u2019il est charg\u00e9 de prot\u00e9ger contre toutes les menaces, qu\u2019elles viennent de l\u2019ext\u00e9rieur, comme les bact\u00e9ries, virus et autres pathog\u00e8nes, ou qu\u2019elles se d\u00e9veloppent en son sein comme le font les cellules canc\u00e9reuses. \u00abLes tumeurs, qui sont caract\u00e9ris\u00e9es par une anarchie g\u00e9n\u00e9tique et par la pr\u00e9sence de mutations, sont souvent aussi anormales pour notre organisme que le sont les bact\u00e9ries\u00bb, explique Solange Peters, cheffe du Service d\u2019oncologie m\u00e9dicale au CHUV et professeure associ\u00e9e \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p><strong>Les tumeurs d\u00e9jouent le syst\u00e8me immunitaire<\/strong><br \/>\nDans ce cas, comment expliquer qu\u2019une tumeur parvienne \u00e0 se d\u00e9velopper sans encombre dans les organes et les tissus? Dans les ann\u00e9es 70, des chercheurs en oncologie et en immunologie ont entrepris de r\u00e9pondre \u00e0 cette question en \u00e9tudiant les m\u00e9canismes qui permettent \u00e0 l\u2019amas de cellules canc\u00e9reuses de d\u00e9jouer le syst\u00e8me immunitaire. \u00abParmi ces pionniers, rappelle Solange Peters, figure en t\u00eate de liste Jean-Charles Cerottini\u00bb, ancien directeur de la branche lausannoise de l\u2019Institut Ludwig et professeur honoraire de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>En fait, constate l\u2019oncologue du CHUV, \u00abnotre syst\u00e8me immunitaire \u00e9limine tous les jours des cellules canc\u00e9reuses. C\u2019est ce que l\u2019on nomme la surveillance immunitaire. Mais parfois, il \u00e9choue.\u00bb Ses principales armes, les lymphocytes T qui appartiennent \u00e0 la famille des globules blancs, ne parviennent pas \u00e0 tuer toutes les cellules anormales qui se mettent alors \u00e0 prolif\u00e9rer. Le d\u00e9fi pour les chercheurs \u00e9tait donc de comprendre les raisons de cet insucc\u00e8s.<\/p>\n<figure id=\"attachment_8032\" aria-describedby=\"caption-attachment-8032\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8032\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangePeters_66.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangePeters_66.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangePeters_66-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8032\" class=\"wp-caption-text\">Solange Peters. Cheffe du Service d\u2019oncologie m\u00e9dicale au CHUV et professeure associ\u00e9e \u00e0 la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>Avant de pouvoir \u00e9liminer les cellules canc\u00e9reuses, les lymphocytes T doivent d\u2019abord les reconna\u00eetre, puis se fixer \u00e0 elles par l\u2019interm\u00e9diaire de prot\u00e9ines que les biologistes nomment des r\u00e9cepteurs. L\u2019un d\u2019eux, pr\u00e9sent \u00e0 la surface du globule blanc, sert de cl\u00e9, l\u2019autre, plac\u00e9 sur cellule tumorale, fait office de serrure. Et c\u2019est l\u00e0 que la tumeur m\u00e9rite son nom de maligne. Lorsqu\u2019un lymphocyte entre en contact avec elle, elle s\u2019en d\u00e9fend \u00aben le \u00abd\u00e9branchant\u00bb ou en le faisant mourir\u00bb, dit Solange Peters.<\/p>\n<p>La compr\u00e9hension de ce m\u00e9canisme a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de l\u2019essor de l\u2019immunoth\u00e9rapie. \u00abOn a d\u00e9couvert quelques autres r\u00e9cepteurs (nomm\u00e9s cor\u00e9cepteurs) qui inactivent, ou parfois activent, l\u2019interaction entre le globule blanc et la cellule tumorale et l\u2019on sait maintenant qu\u2019il en existe toute une s\u00e9rie\u00bb, constate l\u2019oncologue du CHUV.<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, ces cor\u00e9cepteurs grippent, ou parfois huilent, le syst\u00e8me cl\u00e9-serrure. Certains sont sp\u00e9cifiques \u00e0 la tumeur. D\u2019autres ont une action plus globale et \u00abfont taire le syst\u00e8me immunitaire afin de limiter son hyper\u00adactivit\u00e9\u00bb. Ce n\u2019est sans doute pas un hasard si le premier cor\u00e9cepteur identifi\u00e9 se trouve aussi dans le placenta: les lymphocytes ne doivent pas y p\u00e9n\u00e9trer, car, sinon, ils d\u00e9truiraient le f\u0153tus qui est un corps \u00e9tranger dans le ventre de la m\u00e8re. Ce m\u00e9canisme est donc fort utile dans certaines circonstances. Malheureusement, \u00abla tumeur est assez vicieuse pour en profiter\u00bb.<\/p>\n<p><strong>L\u2019insucc\u00e8s des vaccins th\u00e9rapeutiques<\/strong><br \/>\nOn comprend maintenant pourquoi la plupart des tentatives faites jusqu\u2019ici pour mettre au point des vaccins th\u00e9rapeutiques contre le cancer ont \u00e9chou\u00e9. Ces vaccins, qui fonctionnent comme ceux utilis\u00e9s pour pr\u00e9venir les infections, \u00abaident le syst\u00e8me immunitaire \u00e0 reconna\u00eetre les cellules tumorales\u00bb, explique Solange Peters. Or, le principal probl\u00e8me est ailleurs: \u00abLes lymphocytes sont tout \u00e0 fait capables de rep\u00e9rer la tumeur, mais d\u00e8s qu\u2019ils entrent en contact avec elle, ils sont inactiv\u00e9s ou d\u00e9truits\u00bb. La solution \u00e9tait donc toute trouv\u00e9e: \u00abDans ces r\u00e9cepteurs immuns, il faut bloquer soit la serrure, soit la cl\u00e9, afin de faire en sorte que l\u2019une et l\u2019autre ne se rencontrent pas\u00bb.<\/p>\n<p>Cette id\u00e9e a permis l\u2019\u00e9laboration de nouveaux m\u00e9dicaments. Ce sont des anticorps, c\u2019est-\u00e0-dire des prot\u00e9ines qui peuvent se fixer sur les r\u00e9cepteurs et ainsi les neutraliser.<\/p>\n<p>\u00abLe premier d\u2019entre eux, l\u2019ipilimumab, a \u00e9t\u00e9 mis sur le march\u00e9 en 2010.\u00bb On le qualifie d\u2019anti-CTLA-4, car il bloque le r\u00e9cepteur du m\u00eame nom. D\u2019abord utilis\u00e9 dans le traitement du m\u00e9lanome avanc\u00e9, il a permis, pour la premi\u00e8re fois, de montrer que l\u2019immunoth\u00e9rapie pouvait augmenter la survie des malades puisque 20% d\u2019entre eux voient leur cancer stabilis\u00e9 pendant plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019ils soient \u00abtr\u00e8s efficaces\u00bb, selon Solange Peters, les deux anti-CTL-4 disponibles sont peu sp\u00e9cifiques \u00e0 la tumeur et \u00abils augmentent aussi la prolif\u00e9ration de lymphocytes qui s\u2019attaquent \u00e0 des organes et tissus sains\u00bb. Ils peuvent donc provoquer, m\u00eame si ce n\u2019est que dans de rares cas, des effets ind\u00e9sirables, \u00abnotamment des diarrh\u00e9es, des rougeurs de la peau, des d\u00e9s\u00e9quilibres hormonaux ou des maladies pulmonaires\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Une r\u00e9volution pour le cancer du poumon<\/strong><br \/>\nLes chercheurs ont ensuite identifi\u00e9 un autre dispositif cl\u00e9-serrure actif au sein m\u00eame de la tumeur: le r\u00e9cepteur PD-L1, qui se trouve sur la cellule tumorale et le PD-1 qui est sur les lymphocytes. Cela a conduit les entreprises pharmaceutiques \u00e0 d\u00e9velopper divers m\u00e9dicaments dont certains bloquent la cl\u00e9 et d\u2019autres la serrure.<\/p>\n<p>Deux anti-PD-1 (le nivolumab et le pembrolizumab) et trois anti-PD-L1 (le durvalumab, l\u2019atezolizumab et l\u2019avelumab) ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s ou sont en voie d\u2019enregistrement en Suisse pour le traitement \u00abdu m\u00e9lanome, ainsi que des cancers du poumon, du rein, de la vessie et de la maladie de Hodgkin (qui affecte le syst\u00e8me lymphatique)\u00bb, pr\u00e9cise Solange Peters.<\/p>\n<p>Globalement, 35 \u00e0 40% des patients voient leur \u00e9tat s\u2019am\u00e9liorer apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s par ces m\u00e9dicaments dont l\u2019efficacit\u00e9 \u00abvarie cependant selon la maladie\u00bb, pr\u00e9cise la professeure.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats sont par exemple tr\u00e8s int\u00e9ressants pour le cancer du poumon qui est l\u2019une des premi\u00e8res cibles de l\u2019immunoth\u00e9rapie, car c\u2019est celui qui tue le plus. \u00ab60% des patients, dont la plupart avaient auparavant re\u00e7u une chimioth\u00e9rapie, tirent un b\u00e9n\u00e9fice des anti-PD-1 ou des anti-PD-L1. Chez 20% d\u2019entre eux, la tumeur diminue de taille et chez les autres, elle cesse de grossir et se stabilise. En outre, 15 \u00e0 20% d\u2019entre eux sont encore en vie trois ans plus tard, alors qu\u2019avec la chimioth\u00e9rapie, la survie moyenne est de six \u00e0 douze mois.\u00bb<\/p>\n<p>Ces anti-PD-1 et anti-PD-L1 ont m\u00eame donn\u00e9 lieu \u00e0 \u00abquelques miracles, ajoute l\u2019oncologue. \u00abQuelques-uns de nos patients, atteints de maladies s\u00e9v\u00e8res qui avaient r\u00e9sist\u00e9 aux chimioth\u00e9rapies, ont pu retrouver une vie normale deux ans apr\u00e8s leur immunoth\u00e9rapie. Certains d\u2019entre eux ont m\u00eame repris le travail!\u00bb C\u2019est dire \u00e0 quel point ces m\u00e9dicaments \u00abont r\u00e9volutionn\u00e9 le traitement du cancer du poumon\u00bb. D\u2019autant que, cerise sur le g\u00e2teau, ces m\u00e9dicaments \u00absont en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s bien tol\u00e9r\u00e9s\u00bb. Certes, ils peuvent pr\u00e9senter une certaine toxicit\u00e9 pour la peau, le c\u00f4lon et le foie, et les oncologues doivent y \u00eatre attentifs. Mais les effets secondaires sont rares et \u00abils sont beaucoup moins fr\u00e9quents et importants que ceux de la chimioth\u00e9rapie\u00bb. Ces traitements am\u00e9liorent donc la qualit\u00e9 de la vie des personnes trait\u00e9es qui, \u00abapr\u00e8s une ou deux injections, nous disent qu\u2019elles se sentent mieux\u00bb, selon Solange Peters.<\/p>\n<p>A priori, les tumeurs se d\u00e9fendant de la m\u00eame mani\u00e8re contre les soldats de l\u2019immunit\u00e9, elles devraient toutes pouvoir \u00eatre trait\u00e9es par ces nouveaux m\u00e9dicaments. Toutefois, certaines r\u00e9sistent, comme la plupart des cancers du sein et du c\u00f4lon, \u00absans doute parce qu\u2019elles disposent de r\u00e9cepteurs que l\u2019on n\u2019a pas encore identifi\u00e9s\u00bb, sugg\u00e8re la m\u00e9decin du CHUV. Il faut donc continuer les recherches et, pour les cancers qui peuvent d\u00e9j\u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier de l\u2019immunoth\u00e9rapie, \u00abam\u00e9liorer les traitements en combinant par exemple plusieurs m\u00e9dicaments\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9rapie cellulaire<\/strong><br \/>\nEn attendant, une tout autre technique d\u2019immunoth\u00e9rapie est actuellement en cours d\u2019exp\u00e9rimentation: la th\u00e9rapie cellulaire. Elle consiste \u00e0 extraire des lymphocytes du patient puis, au laboratoire, \u00e0 les modifier g\u00e9n\u00e9tiquement afin de \u00abplacer \u00e0 leur surface les cl\u00e9s de reconnaissance de la tumeur vis\u00e9e\u00bb. Ces globules blancs super-arm\u00e9s sont mis en culture et se reproduisent en millions d\u2019exemplaires qui sont r\u00e9inject\u00e9s dans le sang du patient.<\/p>\n<p>Le proc\u00e9d\u00e9 n\u2019est pas \u00e0 la port\u00e9e de tous les centres d\u2019oncologie, car il est lourd \u00e0 mettre en \u0153uvre. \u00abLe maniement des lymphocytes doit se faire dans une salle blanche, tout \u00e0 fait st\u00e9rile et bien contr\u00f4l\u00e9e\u00bb, souligne Solange Peters.<\/p>\n<p>En outre, la th\u00e9rapie cellulaire doit \u00eatre utilis\u00e9e \u00abavec prudence\u00bb, car les globules blancs dop\u00e9s pourraient provoquer des d\u00e9g\u00e2ts collat\u00e9raux en s\u2019attaquant \u00e0 des tissus sains. Toutefois, les chercheurs ont d\u00e9j\u00e0 trouv\u00e9 le moyen de d\u00e9samorcer ces bombes tueuses en les dotant de \u00abg\u00e8nes suicide\u00bb. En cas de besoin, \u00abil suffit d\u2019administrer un m\u00e9dicament banal comme un antibiotique pour d\u00e9sactiver les lymphocytes\u00bb. Une fois d\u00e9sarm\u00e9s, ceux-ci perdent leur pouvoir th\u00e9rapeutique, mais ils ne peuvent plus provoquer de graves complications.<\/p>\n<p>Cette technique mise au point aux Etats-Unis a d\u00e9j\u00e0 permis de sauver la vie \u00e0 des enfants atteints d\u2019une leuc\u00e9mie s\u00e9v\u00e8res chez lesquels tous les autres traitements avaient \u00e9chou\u00e9 et qui semblaient condamn\u00e9s. \u00abMaintenant, ils vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole, constate l\u2019oncologue. Certes, cette m\u00e9thode chamboule le syst\u00e8me immunitaire et l\u2019on ne conna\u00eet pas ses effets \u00e0 long terme. Elle soul\u00e8ve n\u00e9anmoins de nouveaux espoirs.<\/p>\n<p>Les oncologues du CHUV vont lancer ce printemps leurs propres essais cliniques de th\u00e9rapie cellulaire en proc\u00e9dant \u00abde fa\u00e7on plus cibl\u00e9e\u00bb, pr\u00e9cise Solange Peters. Ils vont pr\u00e9lever des lymphocytes dans la tumeur m\u00eame des patients car, s\u2019ils ont pu y p\u00e9n\u00e9trer, c\u2019est le signe qu\u2019ils ont su reconna\u00eetre les cellules canc\u00e9reuses et qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 capables d\u2019esquiver leurs m\u00e9canismes de d\u00e9fense. C\u2019est pourquoi on les nomme TIL, d\u2019apr\u00e8s leur acronyme anglais Tumor Infiltrating Lymphocytes ou lymphocytes infiltrant la tumeur. \u00abNous allons modifier ces TIL de mani\u00e8re \u00e0 les rendre l\u00e9g\u00e8rement plus actifs, ce qui n\u00e9cessite moins d\u2019\u00e9tapes d\u2019ing\u00e9nierie g\u00e9n\u00e9tique que les techniques pr\u00e9c\u00e9dentes. Puis nous les ferons prolif\u00e9rer, avant de les r\u00e9injecter au patient.\u00bb<\/p>\n<p>Ces essais, qui devraient d\u00e9marrer en mai 2017, concerneront quelques patients atteints d\u2019un m\u00e9lanome avanc\u00e9. C\u2019est en effet contre ce cancer que la m\u00e9thode a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 de bons r\u00e9sultats dans les quelques centres d\u2019oncologie au monde qui l\u2019ont exp\u00e9riment\u00e9e et dont les chercheurs lausannois \u00abvont adopter le protocole\u00bb. Ils comptent aussi innover en administrant parall\u00e8lement aux patients un anti-PD-1 ou un anti-PD-L1. \u00abLes TIL modifi\u00e9s pourront ainsi s\u2019infiltrer dans la tumeur et franchir ses \u00e9ventuelles barri\u00e8res de d\u00e9fense.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Nouveau souffle pour la vaccination<\/strong><br \/>\nLe Centre d\u2019oncologie du CHUV va par ailleurs tenter de redonner un nouveau souffle \u00e0 la vaccination anticanc\u00e9reuse. L\u2019id\u00e9e est \u00abde pr\u00e9lever un morceau assez important de la tumeur du patient et d\u2019en extraire d\u2019autres composants du syst\u00e8me immunitaire, les cellules dendritiques. Une fois clon\u00e9es (donc reproduites \u00e0 l\u2019identique), celles-ci serviront \u00e0 produire un vaccin qui sera inject\u00e9.\u00bb Afin d\u2019\u00e9viter tout risque, les patients continueront \u00e0 recevoir leurs traitements conventionnels. L\u2019objectif des essais est \u00abde voir si ces vaccins peuvent susciter une r\u00e9ponse immunitaire sp\u00e9cifique, ph\u00e9nom\u00e8ne que l\u2019on peut mesurer. Si c\u2019est le cas, nous chercherons ensuite \u00e0 combiner ces vaccins avec d\u2019autres types d\u2019immunoth\u00e9rapie et \u00e0 amplifier leur action.\u00bb Les premiers essais concerneront d\u2019abord le cancer du m\u00e9lanome, puis le cancer du poumon, avant de s\u2019\u00e9tendre \u00e0 d\u2019autres maladies.<\/p>\n<p>Avec la th\u00e9rapie cellulaire et la vaccination anticanc\u00e9reuse, \u00abon entrera r\u00e9ellement dans la m\u00e9decine personnalis\u00e9e\u00bb, constate Solange Peters. A chaque patient correspondra un traitement, \u00e9labor\u00e9 \u00e0 partir de ses propres cellules. \u00abActuellement, on en est au stade des essais cliniques. Mais si les r\u00e9sultats sont concluants, il faudra \u00eatre capable \u00e0 l\u2019avenir de transformer ces cellules \u00e0 grande \u00e9chelle.\u00bb Un nouveau d\u00e9fi en perspective pour l\u2019immunoth\u00e9rapie.<\/p>\n<p>Mais d\u00e9j\u00e0, telle qu\u2019elle se pratique actuellement \u00e0 l\u2019aide des m\u00e9dicaments commercialis\u00e9s, l\u2019immunoth\u00e9rapie repr\u00e9sente un important d\u00e9fi pour le syst\u00e8me de sant\u00e9 qui doit faire face \u00e0 son co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 \u2013 le traitement d\u2019un patient repr\u00e9sente entre 100 \u00e0 150 000 francs. Solange Peters plaide donc pour que \u00abdes discussions s\u2019engagent avec l\u2019industrie pharmaceutique, au niveau suisse et international\u00bb, afin de faire baisser le prix des m\u00e9dicaments et surtout, pour que \u00abl\u2019\u00e9quit\u00e9 d\u2019acc\u00e8s aux traitements\u00bb soit respect\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notre syst\u00e8me immunitaire est capable d\u2019\u00e9liminer les cellules tumorales. 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