{"id":8124,"date":"2017-05-11T08:14:52","date_gmt":"2017-05-11T06:14:52","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=8124"},"modified":"2020-07-23T10:32:04","modified_gmt":"2020-07-23T08:32:04","slug":"germaine-benjamin-les-enfants-terribles-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/germaine-benjamin-les-enfants-terribles-des-lumieres\/","title":{"rendered":"Germaine &amp; Benjamin, les enfants terribles des Lumi\u00e8res"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_8002\" aria-describedby=\"caption-attachment-8002\" style=\"width: 474px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8002\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/stael_1_66.jpg\" alt=\"\" width=\"474\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/stael_1_66.jpg 474w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/stael_1_66-209x260.jpg 209w\" sizes=\"auto, (max-width: 474px) 100vw, 474px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8002\" class=\"wp-caption-text\">Benjamin Constant. Portrait par Lina Vallier, d\u2019apr\u00e8s Eug\u00e8ne D\u00e9v\u00e9ria.<br \/>\u00a9 RMN \u2013 Grand Palais, Coll. Ch\u00e2teau de Versailles<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Le couple form\u00e9 par Germaine de Sta\u00ebl et Benjamin Constant fait l\u2019objet d\u2019une exposition et d\u2019un livre. Intellectuels engag\u00e9s, les deux amants nous emm\u00e8nent au travers de l\u2019Europe troubl\u00e9e du tournant du XIXe si\u00e8cle. Aujourd\u2019hui, leurs combats pour la libert\u00e9 restent d\u2019une grande actualit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>D\u00e8s le 20 mai, et pour toute la belle saison, la Fondation Martin Bodmer (\u00e0 Cologny) accueille l\u2019exposition <em>Germaine de Sta\u00ebl et Benjamin Constant, l\u2019esprit de libert\u00e9<\/em>. Sous le m\u00eame titre, un ouvrage-catalogue collectif est publi\u00e9 en parall\u00e8le. Estivaux, ces \u00e9v\u00e8nements promettent par cons\u00e9quent quelques orages.<\/p>\n<p>Depuis leur rencontre en 1794 jusqu\u2019\u00e0 leur prise de distance en 1811, \u00able couple a travers\u00e9 une \u00e9poque charni\u00e8re, le tournant des Lumi\u00e8res, explique L\u00e9onard Burnand, directeur de l\u2019Institut Benjamin Constant (Facult\u00e9 des lettres) et ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre des deux projets. Dans la tourmente r\u00e9volutionnaire et napol\u00e9onienne, c\u2019est une Europe nouvelle qui s\u2019est dessin\u00e9e.\u00bb Ainsi, la ch\u00e2telaine de Coppet et le natif de Lausanne \u00e9crivent et se battent au c\u0153ur du cyclone.<\/p>\n<p>L\u2019ann\u00e9e 2017 constitue un double anniversaire, c\u2019est-\u00e0-dire les 200 ans de la mort de l\u2019auteure de <em>Corinne<\/em>, ainsi que les 250 ans de la naissance de celui d\u2019<em>Adolphe<\/em>. Dans une approche novatrice, ce duo \u00e0 la dynamique explosive joue le fil rouge de l\u2019exposition et du livre.<\/p>\n<p>\u00abN\u00e9e en 1766, Germaine de Sta\u00ebl a grandi dans le salon de sa m\u00e8re Suzanne Necker, \u00e9pouse de Jacques, le ministre des Finances de Louis XVI. Soit presque sur les genoux de Diderot et D\u2019Alembert. Elle est l\u2019enfant prodige du Paris des intellectuels\u00bb, raconte L\u00e9onard Burnand. De son c\u00f4t\u00e9, Benjamin Constant a connu des jeunes ann\u00e9es plus aventureuses et a voyag\u00e9 passablement, en Allemagne ou en Ecosse.<\/p>\n<p>Leur rencontre survient le 18 septembre 1794, \u00e0 Montchoisi (Lausanne). \u00abJ\u2019ai trouv\u00e9 ici ce soir un homme de beaucoup d\u2019esprit qui s\u2019appelle Benjamin Constant. Pas trop bien de figure, mais singuli\u00e8rement spirituel\u00bb, \u00e9crit-elle le jour m\u00eame. De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019\u00e9crivain est \u00e9bloui et, \u00e0 sa mani\u00e8re inimitable, tombe aussit\u00f4t \u00abpassionn\u00e9ment amoureux\u00bb, comme il l\u2019\u00e9crit bien plus tard dans C\u00e9cile.<\/p>\n<p><strong>Sous le signe de la libert\u00e9<\/strong><br \/>\nArriv\u00e9s \u00e0 Paris en 1795, pendant la R\u00e9volution, ils \u00abd\u00e9sirent agir et peser sur le cours des \u00e9v\u00e8nements\u00bb, note L\u00e9onard Burnand. Leur complicit\u00e9 intellectuelle s\u2019inscrit sous le signe de la libert\u00e9. Alors bien moins c\u00e9l\u00e8bre que sa compagne, le Lausannois se lance en politique. Mais en 1803, Germaine de Sta\u00ebl est chass\u00e9e de la capitale fran\u00e7aise par Napol\u00e9on. Accompagn\u00e9e dans son exil par Benjamin Constant, elle convertit son ch\u00e2teau de Coppet en un lieu de r\u00e9sistance \u00e0 l\u2019Empereur, ainsi qu\u2019\u00e0 tous les despotismes. Son salon devient un creuset du lib\u00e9ralisme. Les amants, qui ma\u00eetrisent plusieurs langues, jouent \u00e9galement un r\u00f4le de passeurs culturels et font, par exemple, conna\u00eetre le romantisme allemand au public francophone.<\/p>\n<p>Quels sont leurs combats? L\u2019abolition de la traite des Noirs, la d\u00e9fense de la diversit\u00e9 culturelle, la tol\u00e9rance religieuse ou encore la libert\u00e9 de la presse. De plus, Germaine de Sta\u00ebl a eu l\u2019audace d\u2019exister politiquement, de diffuser ses id\u00e9es dans un contexte o\u00f9 les femmes \u00e9taient rel\u00e9gu\u00e9es dans la sph\u00e8re priv\u00e9e. Ainsi, Napol\u00e9on n\u2019a jamais tol\u00e9r\u00e9 que cette \u00e9trang\u00e8re, protestante de surcro\u00eet, juge des affaires de son temps. De son c\u00f4t\u00e9, Benjamin Constant, notamment dans Adolphe, se demande comment un individu peut rester libre sous le poids du regard d\u2019autrui. Enfin, leur vision de l\u2019Europe, unie mais diverse, garde son acuit\u00e9. Ces engagements trouvent bien s\u00fbr un \u00e9cho de nos jours. \u00abL\u2019un de nos buts consiste \u00e0 montrer l\u2019actualit\u00e9 de leur pens\u00e9e\u00bb, souligne L\u00e9onard Burnand.<\/p>\n<p><strong>Orages intimes<\/strong><br \/>\nLa derni\u00e8re partie de l\u2019exposition et du livre traite des aspects intimes d\u2019un couple souvent en crise. \u00abLeurs esprits se sont trouv\u00e9s, mais pas toujours leurs c\u0153urs\u00bb, image le directeur de l\u2019Institut Benjamin Constant. Elle, possessive, jalouse et tr\u00e8s exigeante, capte toute la lumi\u00e8re. Lui, h\u00e9sitant et tourment\u00e9, a de la peine \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 ses attentes. Si leur correspondance a \u00e9t\u00e9 presqu\u2019enti\u00e8rement d\u00e9truite par leur fille \u2013 suppos\u00e9e \u2013 Albertine, un contrat amoureux pass\u00e9 entre les deux amants, et dat\u00e9 d\u2019avril 1796, est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la Fondation Martin Bodmer. Ce document exceptionnel commence par: \u00abNous promettons de nous consacrer r\u00e9ciproquement notre vie [&#8230;]\u00bb. Aux visiteurs de d\u00e9couvrir la suite! Benjamin Constant, qui a surv\u00e9cu 13 ans \u00e0 son amie, lui reste attach\u00e9 et en garde un souvenir \u00e9mu, ainsi qu\u2019en t\u00e9moigne un autre texte montr\u00e9 \u00e0 Cologny.<\/p>\n<p>Afin d\u2019ancrer cette aventure intellectuelle et amoureuse dans sa r\u00e9alit\u00e9 mat\u00e9rielle, l\u2019exposition donne \u00e0 voir de nombreux manuscrits-phares du Lausannois, comme celui d\u2019Adolphe, ainsi que des journaux intimes. Un fonds important de l\u2019\u00e9crivain et homme politique est en effet conserv\u00e9 \u00e0 la Biblioth\u00e8que cantonale et universitaire, \u00e0 Dorigny. Certains \u00e9crits sont cod\u00e9s, afin de d\u00e9jouer la curiosit\u00e9 des domestiques. Plus surprenant encore, les visiteurs d\u00e9couvrent des \u00abproduits d\u00e9riv\u00e9s\u00bb, comme un \u00e9ventail ou un tabati\u00e8re \u00e0 l\u2019effigie de Benjamin Constant. Les premi\u00e8res \u00e9ditions des grandes \u0153uvres de Germaine de Sta\u00ebl, des traductions, des versions pirates ainsi que des volumes illustr\u00e9s et tr\u00e8s rares sont \u00e9galement visibles.<\/p>\n<p>A la sortie du mus\u00e9e, tout en admirant la vue sur Gen\u00e8ve et le L\u00e9man, les visiteurs peuvent s\u2019amuser d\u2019une co\u00efncidence. Le terrain qui accueille la Fondation Martin Bodmer a appartenu \u00e0&#8230; l\u2019oncle paternel de Germaine de Sta\u00ebl. Autour de la ch\u00e2telaine de Coppet, bien des destins sont li\u00e9s.<\/p>\n<p>Cologny. Fondation Martin Bodmer. Du 20 mai au 1er octobre. Ma-di 14h-18h. <a href=\"https:\/\/fondationbodmer.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">fondationbodmer.ch<\/a>.\u00a0022 707 44 36<\/p>\n<figure id=\"attachment_8049\" aria-describedby=\"caption-attachment-8049\" style=\"width: 100px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8049\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/livre_stael_66.jpg\" alt=\"\" width=\"100\" height=\"128\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8049\" class=\"wp-caption-text\">Germaine de Sta\u00ebl et Benjamin Constant, l\u2019esprit de libert\u00e9. Sous la dir. de L\u00e9onard Burnand, St\u00e9phanie Genand et Catriona Seth. Perrin. Fondation Martin Bodmer (2017), 208 p.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le couple form\u00e9 par Germaine de Sta\u00ebl et Benjamin Constant fait l\u2019objet d\u2019une exposition et d\u2019un livre. 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