{"id":8088,"date":"2017-05-11T08:24:48","date_gmt":"2017-05-11T06:24:48","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=8088"},"modified":"2020-07-23T10:25:24","modified_gmt":"2020-07-23T08:25:24","slug":"et-si-demain-largent-nexistait-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/et-si-demain-largent-nexistait-plus\/","title":{"rendered":"Et si demain l&rsquo;argent n&rsquo;existait plus?"},"content":{"rendered":"<p><em>Le nouveau billet de 20 francs sera tout prochainement mis en circulation par la Banque nationale suisse (BNS), dont l\u2019une des t\u00e2ches est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9mission de monnaie. Mais est-ce opportun de lancer des coupures quand les paiements se font de moins en moins souvent en cash?<\/em><\/p>\n<p>Une femme \u00e2g\u00e9e entre dans l\u2019une des deux grandes banques de la place Saint-Fran\u00e7ois. Elle va au guichet et demande \u00e0 l\u2019employ\u00e9 la somme \u00e0 4 chiffres dont elle a besoin pour ses paiements mensuels. Le pactole en poche, elle traverse la place jusqu\u2019\u00e0 la poste, o\u00f9 elle sort ses bulletins de versement et r\u00e8gle ses factures en esp\u00e8ce. Une sc\u00e8ne bient\u00f4t r\u00e9volue? Pas franchement. Si, aujourd\u2019hui, les Suisses sont nombreux \u00e0 faire leurs paiements via les services en ligne de leur banque, \u00e0 acheter leurs vacances avec une carte de cr\u00e9dit et \u00e0 payer leurs courses avec une Maestro, ils sont un des peuples qui utilise le plus les billets, ou l\u2019argent \u00abnum\u00e9raire\u00bb, comme on l\u2019appelle.<\/p>\n<p><strong>Les Suisses aiment le cash<\/strong><br \/>\nEn Su\u00e8de par exemple, on estime que seules 2 \u00e0 3% des transactions se font encore en liquide \u2013 la somme des billets en circulation se monte \u00e0 2?% environ du PIB national, selon des chiffres cit\u00e9s par <em>L\u2019Hebdo<\/em> dans un article paru en janvier. La moyenne europ\u00e9enne se situe autour de 9,7%, et les Suisses sont encore un peu plus attach\u00e9s au cash, avec 10% du PIB qui se baladent entre nos poches et les magasins \u2013 alors pourtant que 16 millions de cartes sont dans nos portefeuilles. Plus surprenant, l\u2019ann\u00e9e pass\u00e9e a vu une augmentation de 7% de la somme en circulation sous forme de num\u00e9raire. A priori, la mort du billet n\u2019est donc pas pour demain.<\/p>\n<p>Comment expliquer cet amour du num\u00e9raire? \u00abLa principale raison est, je pense, la s\u00e9curit\u00e9 qui pr\u00e9vaut depuis toujours dans les rues en Suisse, tente Jean-Pierre Danthine, professeur honoraire de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, qui fut \u00e9galement vice-pr\u00e9sident de la BNS. Quand je vivais aux Etats-Unis \u00e0 la fin des ann\u00e9es 70, je n\u2019avais jamais plus de 20 dollars en liquide sur moi. Vingt dollars pour avoir quelque chose \u00e0 donner si on me braquait dans la rue, tout en n\u2019ayant pas beaucoup \u00e0 perdre&#8230; En arrivant en Suisse, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 surpris par les sommes que les r\u00e9sidants avaient sur eux. Ce n\u2019est pas rare de voir des gens se promener avec plusieurs milliers de francs en route pour la poste ou un gros achat. Et c\u2019est possible parce que c\u2019est s\u00fbr.\u00bb<\/p>\n<p>Dans de nombreux pays, le risque de se faire voler est r\u00e9el \u2013 mais l\u2019attachement aux billets est aussi tr\u00e8s culturel: la Su\u00e8de n\u2019est pas exactement le pays le plus dangereux d\u2019Europe, et pourtant c\u2019est celui qui est le plus pr\u00e8s de la fin du cash. Apparemment, les Suisses sont donc tr\u00e8s traditionalistes. La tranche des 20 \u00e0 30 ans est par exemple celle qui utilise le moins les cartes&#8230;<\/p>\n<p>\u00abLa dimension culturelle est importante, mais il y a aussi des raisons pratiques qui expliquent que pour certains types de paiements, les billets et la monnaie ne vont pas totalement dispara\u00eetre avant longtemps, estime Philippe Bacchetta, professeur de macro\u00e9conomie \u00e0 la Facult\u00e9 des hautes \u00e9tudes commerciales et au Swiss Finance Institute. Je pense par exemple aux 30 francs que l\u2019on verse \u00e0 la baby-sitter quand on revient du cin\u00e9ma, ou \u00e0 la pi\u00e8ce de 5 francs que l\u2019on donne \u00e0 un enfant pour aller chercher le pain.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_8023\" aria-describedby=\"caption-attachment-8023\" style=\"width: 393px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8023\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/PhilippeBacchetta_66.jpg\" alt=\"\" width=\"393\" height=\"265\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/PhilippeBacchetta_66.jpg 393w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/PhilippeBacchetta_66-386x260.jpg 386w\" sizes=\"auto, (max-width: 393px) 100vw, 393px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8023\" class=\"wp-caption-text\">Philippe Bacchetta. Professeur de macro\u00e9conomie \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC et au Swiss Finance Institute. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Les grosses coupures circulent de plus en plus<\/strong><br \/>\nMais les Suisses n\u2019aiment pas seulement les petites sommes: ils sont \u00e9galement extr\u00eamement friands de grosses coupures. Le billet de 1000 francs triomphe depuis la crise financi\u00e8re de 2008. Les statistiques de la BNS font \u00e9tat d\u2019une augmentation du nombre de ces billets en circulation de&#8230; 79% en 10 ans. Jean-Pierre Danthine, qui s\u2019appuie sur un graphique, \u00e9labor\u00e9 lui aussi par la BNS, explique que c\u2019est durant la Seconde Guerre mondiale que les gens d\u00e9tenaient le plus de billets \u2013 environ 25% du PIB. \u00abEnsuite, la paix s\u2019installe, l\u2019\u00e9conomie repart, et ce ratio s\u2019\u00e9rode, analyse-t-il.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es 1990 \u00e0 la crise, on a une stabilisation autour des 7,5%. Puis, avec notamment la faillite de Lehman Brothers et d\u2019autres banques, la confiance des citoyens \u00e0 l\u2019\u00e9gard des instituts financiers chute, et certains trouvent plus prudents de garder leurs \u00e9conomies en cash.\u00bb C\u2019est ce qui explique donc cette augmentation massive.<\/p>\n<p>Outre cette d\u00e9fiance, Philippe Bacchetta rel\u00e8ve aussi la discr\u00e9tion qu\u2019offre le num\u00e9raire et la difficult\u00e9 \u00e0 tracer les transactions effectu\u00e9es en esp\u00e8ces \u2013 alors que les paiements \u00e9lectroniques ou par cartes permettent de recueillir de nombreuses informations telles que le montant vers\u00e9 ou encaiss\u00e9, le lieu du retrait ou du paiement par carte, la date, l\u2019heure&#8230; \u00abLa fin du secret bancaire relance aussi la demande pour les gros billets, ajoute-t-il, parce que c\u2019est un moyen d\u2019\u00e9pargner de fa\u00e7on totalement anonyme \u2013 il y a un int\u00e9r\u00eat fiscal derri\u00e8re cet attrait.\u00bb<\/p>\n<p>Et aussi, bien s\u00fbr,une opportunit\u00e9 pour toutes les industries li\u00e9es \u00e0 la criminalit\u00e9, qui pr\u00e9f\u00e8rent ne laisser aucune preuve de leurs paiements afin d\u2019\u00e9chapper plus facilement \u00e0 la justice \u2013 d\u2019o\u00f9 la fameuse valise pleine de cash des s\u00e9ries polici\u00e8res, celle qui sert \u00e0 payer la drogue, la ran\u00e7on, la traite des \u00eatres humains, la corruption. C\u2019est notamment \u00e0 cause de l\u2019utilisation du num\u00e9raire \u00e0 des fins criminelles que certains \u00e9conomistes, notamment Kenneth Rogoff, que l\u2019on a beaucoup entendu et cit\u00e9 sur la question, militent pour sa suppression.<\/p>\n<p><strong>Les cybercriminels pr\u00e9f\u00e8rent les bitcoins<\/strong><br \/>\nSolange Ghernaouti, professeure en cybers\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC et experte internationale, relativise les avantages du tout num\u00e9rique pour lutter contre ces pratiques: \u00abLes paiements en ligne ne r\u00e9solvent pas tous les probl\u00e8mes de la lutte contre la criminalit\u00e9 \u2013 certes, ils sont plus faciles \u00e0 tracer et \u00e0 taxer (c\u2019est ce qui motive leur g\u00e9n\u00e9ralisation), mais il existe toujours des opportunit\u00e9s criminelles et des facilit\u00e9s techniques pour \u00e9chapper \u00e0 la justice. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, Internet offre une couche d\u2019isolation protectrice aux criminels. Je pense notamment aux casinos et \u00e0 certains services en ligne, qui sont de v\u00e9ritables instruments du blanchiment d\u2019argent, ou aux monnaies virtuelles comme les bitcoins.<\/p>\n<p>Cette monnaie virtuelle emp\u00eache en effet de remonter \u00e0 l\u2019identit\u00e9 r\u00e9elle des acteurs impliqu\u00e9s dans une transaction: on ne sait pas qui paie, ni qui est pay\u00e9. Les cybercriminels, qui prennent en otages les donn\u00e9es ou ordinateurs des entreprises, demandent souvent \u00e0 \u00eatre pay\u00e9s de cette fa\u00e7on pour la ran\u00e7on qu\u2019ils exigent. L\u2019achat de produits illicites, toutes sortes de trafics (drogue, armes&#8230;) peuvent \u00eatre facilit\u00e9s par l\u2019anonymat li\u00e9 \u00e0 cette monnaie. Mais, m\u00eame sans penser \u00e0 de la cybercriminalit\u00e9 tr\u00e8s sophistiqu\u00e9e, un des probl\u00e8mes majeurs engendr\u00e9s par la d\u00e9mat\u00e9rialisation de l\u2019argent et des transactions financi\u00e8res est que, lorsque l\u2019on se fait \u201ccybervoler\u201d ses donn\u00e9es personnelles ou financi\u00e8res, on ne s\u2019en rend pas forc\u00e9ment compte rapidement. Quand un porte-monnaie est vol\u00e9 ou un coffre-fort forc\u00e9, l\u2019incident est facilement d\u00e9tect\u00e9, le montant d\u00e9rob\u00e9 limit\u00e9 au contenu. Avec le num\u00e9rique, les impacts peuvent \u00eatre directs et indirects, imm\u00e9diats ou diff\u00e9r\u00e9s, et potentiellement sans limites.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les avantages \u00e0 mettre au cr\u00e9dit du cash, Philippe Bacchetta ajoute aussi qu\u2019avec un portefeuille bien garni en billets, \u00abon ne d\u00e9pend pas d\u2019un syst\u00e8me informatique. Nous avons tous v\u00e9cu l\u2019exp\u00e9rience d\u2019une panne momentan\u00e9e aux caisses d\u2019un magasin, qui, d\u2019un coup, n\u2019acceptent plus les cartes. C\u2019est vite la paralysie et le chaos. L\u2019inconv\u00e9nient, car il y en a aussi, c\u2019est que l\u2019argent num\u00e9raire, il faut s\u2019en occuper, c\u2019est toute une logistique: il faut non seulement le transporter, mais aussi s\u00e9curiser son transport, et puis faire en sorte qu\u2019il y ait toujours assez de billets au bon endroit \u2013 ce qui a un prix\u00bb.<\/p>\n<figure id=\"attachment_8012\" aria-describedby=\"caption-attachment-8012\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-8012\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangeGhernaouti_66.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangeGhernaouti_66.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/04\/SolangeGhernaouti_66-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-8012\" class=\"wp-caption-text\">Solange Ghernaouti. Professeure en cybers\u00e9curit\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des HEC.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Comment relancer l\u2019\u00e9conomie avec des cartes<\/strong><br \/>\nL\u2019autre argument avanc\u00e9 contre le cash est qu\u2019il limite l\u2019action des banques centrales. \u00abC\u2019est un point soutenu entre autres par Kenneth Rogoff pour abolir le num\u00e9raire: sans billets en circulation, les banques centrales peuvent introduire des taux n\u00e9gatifs bien plus importants?\u00bb, explique Philippe Bacchetta. Sans entrer dans des d\u00e9tails trop techniques, on dira que l\u2019\u00e9conomiste am\u00e9ricain pr\u00e9conise des taux n\u00e9gatifs pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 6?% pour relancer les \u00e9conomies en r\u00e9cession. \u00abTh\u00e9oriquement, c\u2019est tout \u00e0 fait coh\u00e9rent, mais, dans les faits, c\u2019est impossible \u00e0 imaginer en Suisse, commente Jean-Pierre Danthine. Les gens sont, comme nous l\u2019avons vu, tr\u00e8s attach\u00e9s \u00e0 leur libert\u00e9 de poss\u00e9der des billets. Si la d\u00e9cision d\u2019abolir le num\u00e9raire est prise, il y aura de toute fa\u00e7on une votation populaire, et les gens se prononceront contre cette mesure.\u00bb<\/p>\n<p>Tous les sp\u00e9cialistes s\u2019accordent \u00e0 penser que les deux syst\u00e8mes de paiement ont leurs atouts, mais que, n\u00e9anmoins, nous irons vers toujours moins de billets \u00e9chang\u00e9s de la main \u00e0 la main, et vers toujours plus de moyens de paiements \u00e9lectroniques \u2013 sur tous les supports. \u00abIl n\u2019y a pas que l\u2019argent qui devient de plus en plus virtuel: on va vers une d\u00e9mat\u00e9rialisation de tout, des banques, du travail, de nos relations, analyse Solange Ghernaouti. Toutes nos r\u00e9f\u00e9rences et nos modes d\u2019action sont remis en cause par l\u2019usage du num\u00e9rique et par l\u2019incontournable m\u00e9diation des activit\u00e9s par les fournisseurs de services et d\u2019infrastructures d\u2019Internet comme Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft, Netflix ou Uber. Il faut affirmer notre vision de soci\u00e9t\u00e9, se donner les moyens d\u2019\u00eatre en mesure d\u2019influencer, de r\u00e9guler ou tout simplement de choisir en toute connaissance de cause. Pour l\u2019instant, nous subissons, et cela n\u2019est jamais une bonne chose.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Article suivant:<\/strong> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/de-la-cocaine-da\u2026es-portefeuilles\/\">De la coca\u00efne dans tous les portefeuilles<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le nouveau billet de 20 francs sera tout prochainement mis en circulation par la Banque nationale suisse (BNS), dont l\u2019une des t\u00e2ches est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019\u00e9mission de monnaie. Mais est-ce opportun &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":8014,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[36,42162],"tags":[41],"class_list":{"0":"post-8088","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-economie","8":"category-no-66","9":"tag-sonia-arnal"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8088","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8088"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8088\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/8014"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8088"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8088"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8088"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}