{"id":7835,"date":"2017-01-26T08:10:58","date_gmt":"2017-01-26T06:10:58","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7835"},"modified":"2020-07-24T08:44:46","modified_gmt":"2020-07-24T06:44:46","slug":"en-ville-les-animaux-mutent-plus-vite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/en-ville-les-animaux-mutent-plus-vite\/","title":{"rendered":"En ville, les animaux mutent plus vite"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_7644\" aria-describedby=\"caption-attachment-7644\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7644\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/animaux_1_65.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"379\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/animaux_1_65.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/animaux_1_65-405x260.jpg 405w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7644\" class=\"wp-caption-text\">Renard<br \/>Dans les cit\u00e9s, une s\u00e9lection des individus les moins farouches s\u2019est faite.<br \/>\u00a9 Menno Schaefer\/Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>On pensait que l\u2019adaptation des animaux et v\u00e9g\u00e9taux se faisait sur des milliers d\u2019ann\u00e9es. Pourtant, on d\u00e9couvre que la souris, le moineau ou le renard des villes peuvent \u00e9voluer plus rapidement que leur alter ego des champs. Explications.<\/strong><\/p>\n<p>La souris des champs n\u2019est pas la souris des villes. Bien que faisant partie de la m\u00eame esp\u00e8ce, chacune poss\u00e8de ses propres caract\u00e9ristiques, dict\u00e9es par son environnement. Il en est ainsi dans la nature, tant pour les animaux que les v\u00e9g\u00e9taux : ils s\u2019adaptent ou ils ne survivent pas. Ce n\u2019est pas une nouveaut\u00e9, Darwin l\u2019avait d\u00e9j\u00e0 th\u00e9oris\u00e9 au XIXe si\u00e8cle. Par contre, ce que les scientifiques sont en train de d\u00e9couvrir, c\u2019est que ces processus d\u2019\u00e9volution peuvent se faire bien plus rapidement que l\u2019on croyait&#8230; Notamment dans les villes.<\/p>\n<p>\u00abOn sait aujourd\u2019hui que cela peut \u00eatre tr\u00e8s rapide\u00bb, confirme Patrick Fitze, chercheur en biologie \u00e9volutive et comportementale \u00e0 l\u2019UNIL. \u00abUn oiseau migrateur peut par exemple arr\u00eater de migrer en seulement quatre g\u00e9n\u00e9rations.\u00bb C\u2019est dire si on est loin des milliers d\u2019ann\u00e9es que les scientifiques ont longtemps estim\u00e9 n\u00e9cessaires pour qu\u2019une esp\u00e8ce \u00e9volue! Mais que s\u2019est-il donc pass\u00e9 pour que certaines esp\u00e8ces se modifient aujourd\u2019hui si prestement ?<\/p>\n<p>Tant du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9volutions physiques que comportementales, la r\u00e9ponse est \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019hostilit\u00e9 des villes, qui pousse les esp\u00e8ces \u00e0 \u00e9voluer d\u2019autant plus rapidement pour survivre dans cet environnement si diff\u00e9rent de leur milieu naturel. \u00abEn deux si\u00e8cles, l\u2019environnement a compl\u00e8tement chang\u00e9\u00bb, expose Laurent Keller, directeur du D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019UNIL. \u00abDes villes se sont b\u00e2ties un peu partout, produisant un habitat tr\u00e8s diff\u00e9rent de ce qu\u2019il y avait avant.\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame analyse du c\u00f4t\u00e9 du biologiste Daniel Cherix : \u00abEn ville, ces esp\u00e8ces se retrouvent dans un \u00e9cosyst\u00e8me en partie artificiel, dont les deux \u00e9l\u00e9ments les plus perturbateurs vont \u00eatre le bruit et la lumi\u00e8re. Car il est \u00e9vident aujourd\u2019hui qu\u2019aucune ville ne s\u2019\u00e9teint le soir. Cela va donc cr\u00e9er du stress chez l\u2019oiseau, par exemple, qui ne va alors dormir que d\u2019un seul \u0153il, ce qui ne sera pas sans impact sur sa physiologie et son comportement&#8230;\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le merle des villes a un bec plus long<\/strong><br \/>\nChaque esp\u00e8ce aura alors sa propre fa\u00e7on de r\u00e9agir \u00e0 ces nouvelles pressions. Ainsi, le merle des villes est bien diff\u00e9rent de son homologue d\u2019il y a 200 ans. Il a un bec plus long, une voix plus haut perch\u00e9e et il migre beaucoup moins. \u00abLe bruit des villes vient brouiller la communication des passereaux\u00bb, \u00e9taye Daniel Cherix. \u00abLes moineaux par exemple sont tr\u00e8s sociables, ils agissent en bande. Donc, pour s\u2019entendre, et pour savoir s\u2019il y a un cri d\u2019alarme de la part d\u2019un cong\u00e9n\u00e8re, ou un cri de reconnaissance, ils doivent augmenter le volume de leurs cris. Or, le faisant, le passereau tord un peu son cri, qui devient plus per\u00e7ant.\u00bb<\/p>\n<p>Autre diff\u00e9rence avec leurs comp\u00e8res ruraux, les moineaux des villes sont moins gros que les moineaux des champs. \u00abEn \u00e9tudiant le ph\u00e9nom\u00e8ne, des chercheurs de La Rochelle ont pu l\u2019expliquer par la nourriture trop grasse qu\u2019ingurgitent les moineaux en milieu urbain. Une junk food qui, au final, affecte leur reproduction et leur esp\u00e9rance de vie\u00bb, stipule encore Daniel Cherix.<\/p>\n<p>Les diff\u00e9rences que l\u2019on observe peuvent provenir soit d\u2019une r\u00e9ponse directe de l\u2019organisme \u00e0 un changement de son environnement soit de modifications g\u00e9n\u00e9tiques qui vont se mettre en place au fil des g\u00e9n\u00e9rations. Mais comment distinguer ce qui rel\u00e8ve d\u2019une mutation g\u00e9n\u00e9tique ou d\u2019une simple question de plasticit\u00e9 ? \u00abOn peut tester \u00e7a\u00bb, r\u00e9pond Patrick Fitze en reprenant le cas des l\u00e9zards. \u00abS\u2019il s\u2019agit d\u2019une question de g\u00e8nes, les individus plac\u00e9s en montagne agiront de la m\u00eame fa\u00e7on une fois qu\u2019on les aura d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 basse altitude. Or, on a vu que ce n\u2019\u00e9tait pas le cas. Tout est plasticit\u00e9, m\u00eame les changements morphologiques qu\u2019on observe viennent de cette plasticit\u00e9.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_7673\" aria-describedby=\"caption-attachment-7673\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7673\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/DanielCherix_65.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/DanielCherix_65.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/DanielCherix_65-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7673\" class=\"wp-caption-text\">Daniel Cherix<br \/>Professeur honoraire au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL (archives)<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Le renard des villes est plus curieux<\/strong><br \/>\n\u00abDans les villes, nombre d\u2019esp\u00e8ces trouvent de la nourriture qu\u2019ils ne mangeaient pas avant\u00bb, soutient encore fortement Laurent Keller. Ce qui pousse d\u2019ailleurs certains \u00e0 y venir&#8230; A l\u2019instar du renard, un autre exemple d\u2019\u00e9volution notoire en nos contr\u00e9es. \u00abCes animaux connus pour \u00eatre peureux sont devenus moins sauvages et plus curieux\u00bb, illustre le chercheur. \u00abCeux qui sont arriv\u00e9s en ville \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 les moins peureux \u2013 les autres ne s\u2019en approcheraient pas autant\u00bb, explique-t-il. \u00abIls vont trouver plus de nourriture et se reproduire plus que les individus qui n\u2019ont pas profit\u00e9 de ces nouvelles ressources. Une s\u00e9lection va donc naturellement se faire autour des individus les moins timides. Quelques g\u00e9n\u00e9rations vont alors suffire pour favoriser la reproduction des individus les moins farouches et ainsi contribuer \u00e0 l\u2019\u00e9volution d\u2019une diminution notable de la peur de l\u2019humain chez les renards.\u00bb<\/p>\n<p>Patrick Fitze \u00e9voque, quant \u00e0 lui, le cas des l\u00e9zards des villes: \u00abDes \u00e9tudes ont d\u00e9montr\u00e9 que leurs pattes sont plus longues et qu\u2019ils courent plus vite que leurs cong\u00e9n\u00e8res en milieu naturel.\u00bb Le lien avec la notion de survie appara\u00eet ici de mani\u00e8re assez \u00e9vidente&#8230;<\/p>\n<p>Ces \u00e9volutions et autres s\u00e9lections naturelles ont en effet tendance \u00e0 s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer lorsqu\u2019il y a un changement d\u2019environnement brutal, \u00e9tablit Laurent Keller. \u00abCes individus vivent dans la nature depuis tr\u00e8s longtemps, donc ils ne changent pas tellement. Ils ont toujours \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9s et cette s\u00e9lection reste stable. Or, si on met une esp\u00e8ce dans un environnement diff\u00e9rent, elle va \u00e9voluer rapidement pour s\u2019adapter \u00e0 ce cadre nouveau. Une esp\u00e8ce de plante dans un milieu salin va \u00e9voluer rapidement au fil des g\u00e9n\u00e9rations pour s\u2019adapter \u00e0 ce milieu sal\u00e9\u00bb, indique-t-il encore.<\/p>\n<p><strong>Les souris am\u00e9ricaines r\u00e9sistent davantage aux m\u00e9taux lourds<\/strong><br \/>\nPartout dans le monde, de telles modifications li\u00e9es \u00e0 l\u2019environnement urbain sont ainsi v\u00e9rifi\u00e9es par les scientifiques. Ainsi le biologiste Menno Schilthuizen \u00e9crivait l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier dans le New York Times une tribune sur cette acc\u00e9l\u00e9ration du processus \u00e9volutif dans les villes. Il prenait alors pour exemple les souris \u00e0 pattes blanches, qui peuplent Central Park. Celles-ci se r\u00e9v\u00e8lent plus r\u00e9sistantes aux m\u00e9taux lourds que leurs cong\u00e9n\u00e8res campagnardes. \u00abProbablement parce que les sols de New York sont pleins de chrome et de plomb\u00bb, avance-t-il. Et de citer un de ses confr\u00e8res, Jason Munshi-South, qui explique le syst\u00e8me immunitaire plus performant des \u00abcitadines\u00bb du fait que les maladies ont davantage tendance \u00e0 se d\u00e9velopper dans les endroits \u00e0 forte densit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>A l\u2019oppos\u00e9 de la plan\u00e8te, en Australie, d\u2019autres scientifiques ont d\u00e9couvert que les araign\u00e9es \u00e9taient de plus en plus grosses&#8230; dans les villes. Une des raisons qu\u2019ils mettent en avant est alors que l\u2019\u00e9clairage artificiel favorise la pr\u00e9sence d\u2019insectes et permet ainsi \u00e0 ces arachnides de manger davantage que leurs cousines des plaines.<\/p>\n<p>Patrick Fitze, qui \u00e9tait au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et qui est actuellement en poste au Mus\u00e9e des sciences naturelles de Madrid, a travaill\u00e9 quant \u00e0 lui sur des l\u00e9zards, en dehors des villes cependant. Mais ses \u00e9tudes d\u00e9montrent le m\u00eame ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019\u00e9volution potentielle rapide. \u00abOn a regard\u00e9 des individus en altitude tr\u00e8s basse, qui vivent \u00e0 100 m, et d\u2019autres qui vivent \u00e0 2300 m d\u2019altitude\u00bb, pose-t-il. \u00abEn bas, on voit qu\u2019apr\u00e8s une ann\u00e9e, ils arrivent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 se reproduire : ils grandissent tr\u00e8s vite, produisent des \u0153ufs et ceux-ci sont \u00e9normes. Dans les montagnes, les individus sont tr\u00e8s petits, ils ne sont matures qu\u2019apr\u00e8s deux ou trois ans de vie et pondent moins d\u2019\u0153ufs.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_7689\" aria-describedby=\"caption-attachment-7689\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7689\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/LaurentKeller_65.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/LaurentKeller_65.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/LaurentKeller_65-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7689\" class=\"wp-caption-text\">Laurent Keller. Directeur du D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Une \u00e8re de mutants ?<\/strong><br \/>\nQue penser de ces \u00e9volutions express ? \u00abOn a deux sortes d\u2019\u00e9volutions\u00bb, expose Laurent Keller. \u00abDans la majorit\u00e9 des cas, il s\u2019agit d\u2019une adaptation li\u00e9e \u00e0 une forte s\u00e9lection que peut op\u00e9rer l\u2019environnement. On prend les individus qui sont le plus extr\u00eames sur un crit\u00e8re pr\u00e9cis, et s\u2019ils s\u2019accouplent, on obtiendra tr\u00e8s rapidement une \u00e9volution.\u00bb Et de pr\u00e9ciser : \u00abIl s\u2019agit alors l\u00e0 d\u2019\u00e9volution \u00e0 court terme o\u00f9 la s\u00e9lection naturelle favorise des variants g\u00e9n\u00e9tiques d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents dans la population. Pour ce qui est des \u00e9volutions qui font intervenir des nouvelles mutations de l\u2019ADN, celles-ci prennent beaucoup plus de temps.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ce que l\u2019on a pu pr\u00e9cis\u00e9ment observer avec les animaux domestiqu\u00e9s par l\u2019\u00eatre humain : \u00abChez les chiens, les chats ou encore les vaches, l\u2019\u00e9volution s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e. L\u2019\u00e9volution du chien au loup s\u2019est faite tr\u00e8s rapidement et aujourd\u2019hui on a toutes sortes de chiens, avec des tailles, des couleurs, des caract\u00e9ristiques diff\u00e9rentes\u00bb, d\u00e9crit Patrick Fitze. \u00abLa raison en est que l\u2019homme peut op\u00e9rer une s\u00e9lection en \u00e9vitant qu\u2019un chien d\u2019une telle race se croise avec un autre chien de mani\u00e8re al\u00e9atoire.\u00bb Si au niveau g\u00e9n\u00e9tique ces animaux se sont largement diff\u00e9renci\u00e9s, ils n\u2019en restent pas moins de la m\u00eame esp\u00e8ce, puisqu\u2019ils peuvent se reproduire entre eux.<\/p>\n<p><strong>Le papillon qui s\u2019adapte \u00e0 la pollution<\/strong><br \/>\nPlus rares, les adaptations r\u00e9sultant de mutations g\u00e9n\u00e9tiques existent bel et bien aussi, notamment lorsqu\u2019un bouleversement majeur de l\u2019environnement a lieu. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui s\u2019est pass\u00e9 avec le c\u00e9l\u00e8bre cas d\u2019\u00e9cole de la phal\u00e8ne de bouleau, ce papillon \u00e0 l\u2019origine blanc. Avec l\u2019arriv\u00e9e de l\u2019\u00e8re industrielle, quelques individus \u00abmutants\u00bb noirs se sont soudain retrouv\u00e9s plus adapt\u00e9s que leurs cong\u00e9n\u00e8res : ils peuvent mieux se dissimuler sur les troncs d\u2019arbre noircis par la pollution. Ceux-ci vont donc se reproduire, transmettant \u00e0 leur descendance leur sp\u00e9cificit\u00e9, alors que les phal\u00e8nes blanches vont lentement dispara\u00eetre.<\/p>\n<p>\u00abDans la majorit\u00e9 des cas cependant, les g\u00e8nes de l\u2019animal ne changent pas\u00bb, affirme toutefois Laurent Keller. \u00abCertaines esp\u00e8ces peuvent simplement survivre dans des milieux diff\u00e9rents en modifiant leur comportement ou certains traits physiques.\u00bb En outre, cette plasticit\u00e9 n\u2019est pas infinie. \u00abUn lynx ne viendra par exemple jamais dans une ville\u00bb, ass\u00e8ne alors Laurent Keller. Et d\u2019\u00e9tayer : \u00abChaque esp\u00e8ce a un spectre de plasticit\u00e9, une variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique au-del\u00e0 de laquelle cela devient compliqu\u00e9 d\u2019\u00e9voluer.\u00bb C\u2019est l\u00e0 qu\u2019intervient alors le risque d\u2019extinction ? \u00abS\u2019il faut que l\u2019esp\u00e8ce sorte de cette zone pour survivre, elle est en effet menac\u00e9e de dispara\u00eetre.\u00bb<\/p>\n<p>Si certaines esp\u00e8ces s\u2019effacent, peut-on s\u2019attendre \u00e0 en voir d\u00e9barquer de nouvelles dans nos rues ? Le renard, la fouine ou la souris des villes peuvent-ils en arriver \u00e0 se diff\u00e9rencier compl\u00e8tement de leurs cong\u00e9n\u00e8res en cr\u00e9ant, si l\u2019on ose dire, une nouvelle esp\u00e8ce ? \u00abPour cela, il faudrait vraiment qu\u2019il n\u2019y ait plus de flux g\u00e9n\u00e9tique\u00bb, r\u00e9pond Laurent Keller. \u00abOr, il y a toujours un peu de brassage. Il y aura toujours des individus qui viendront de la campagne \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des villes et vice versa.\u00bb<\/p>\n<p>Et Patrick Fitze d\u2019attester : \u00abSi, au contraire, on imagine qu\u2019on construise un mur autour d\u2019une ville pendant un certain temps et qu\u2019il n\u2019y ait plus d\u2019\u00e9changes entre individus du dehors et du dedans, alors dans ce cas, avec le temps, ces individus vont \u00eatre diff\u00e9rents.\u00bb Ce cas de figure reste cependant tr\u00e8s peu probable&#8230;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On pensait que l\u2019adaptation des animaux et v\u00e9g\u00e9taux se faisait sur des milliers d\u2019ann\u00e9es. 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