{"id":7777,"date":"2017-01-26T08:24:07","date_gmt":"2017-01-26T06:24:07","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7777"},"modified":"2020-07-24T08:22:05","modified_gmt":"2020-07-24T06:22:05","slug":"on-cree-1500-nouveaux-neurones-tous-les-jours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/on-cree-1500-nouveaux-neurones-tous-les-jours\/","title":{"rendered":"On cr\u00e9e 1500 nouveaux neurones tous les jours"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_7715\" aria-describedby=\"caption-attachment-7715\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7715\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_1_65.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"443\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_1_65.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_1_65-346x260.jpg 346w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7715\" class=\"wp-caption-text\">Situ\u00e9 au centre de notre cerveau, l\u2019hippocampe abrite une pouponni\u00e8re \u00e0 neurones.<br \/>\u00a9 ktsimage \/ iStockphotos<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>M\u00eame dans le cerveau des adultes, de nouveaux neurones se forment continuellement. Au cours de notre vie, nous renouvelons ainsi 80% des cellules d\u2019une zone de l\u2019hippocampe, une structure cruciale pour l\u2019apprentissage et la m\u00e9moire. Une \u00e9quipe de l\u2019UNIL a perc\u00e9 quelques-uns des secrets de ce processus de neurogen\u00e8se. Avec \u00e0 la cl\u00e9 de possibles applications th\u00e9rapeutiques, notamment pour la maladie d\u2019Alzheimer.<\/strong><\/p>\n<p>Il y a une vingtaine d\u2019ann\u00e9es encore, l\u2019affaire paraissait entendue. Contrairement \u00e0 de nombreuses autres cellules de notre organisme, celles qui se trouvent dans notre cerveau ne pouvaient pas repousser. Lors du d\u00e9veloppement de l\u2019embryon, puis dans l\u2019enfance, nos neurones se forment et se connectent les uns aux autres pour donner un r\u00e9seau tr\u00e8s complexe. Toutefois, d\u00e8s que nous atteignons l\u2019\u00e2ge adulte, un certain nombre d\u2019entre eux d\u00e9g\u00e9n\u00e8rent et meurent. Une perte s\u00e8che pour nos fonctions motrices et cognitives. Telle \u00e9tait du moins la th\u00e9orie admise dans le milieu des neuroscientifiques. On sait aujourd\u2019hui qu\u2019il n\u2019en est rien et que, \u00e0 tout \u00e2ge, ou presque, les neurones peuvent se renouveler dans certaines zones du cerveau qui sont de v\u00e9ritables pouponni\u00e8res \u00e0 neurones.<\/p>\n<p><strong>Des cellules souches dans les cerveaux adultes<\/strong><br \/>\nTout a commenc\u00e9 \u00e0 basculer au milieu des ann\u00e9es 60, lorsque des chercheurs am\u00e9ricains ont observ\u00e9 que de nouveaux neurones naissaient dans le cerveau de rats adultes. Mais ces r\u00e9sultats ont alors suscit\u00e9 de nombreux doutes parmi les chercheurs, car \u00abils allaient \u00e0 l\u2019encontre du dogme \u00e9tabli\u00bb, selon Nicolas Toni, professeur assistant au D\u00e9partement des neurosciences fondamentales de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL. Au milieu des ann\u00e9es 90, des neuroscientifiques ont \u00e0 nouveau \u00e9tudi\u00e9 cette th\u00e9matique. Ils ont alors constat\u00e9 que \u00abcertaines zones du cerveau contiennent des cellules souches capables de g\u00e9n\u00e9rer continuellement un nombre relativement grand de neurones et d\u2019autres cellules c\u00e9r\u00e9brales.\u00bb Cette fois, le doute n\u2019\u00e9tait plus permis. D\u2019autant que peu apr\u00e8s, ce processus de neurogen\u00e8se a aussi \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 dans des cerveaux humains.<\/p>\n<p><strong>Le fantasme d\u2019une fontaine de jouvence<\/strong><br \/>\nD\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on nomme cellules souches des cellules \u00abindiff\u00e9renci\u00e9es\u00bb. Elles n\u2019ont pas encore de sp\u00e9cialit\u00e9 et peuvent donner naissance \u00e0 diff\u00e9rents types de cellules. Au stade embryonnaire, elles sont \u00e0 la base du d\u00e9veloppement des organes et tissus du futur enfant. Elles sont pr\u00e9sentes aussi chez l\u2019adulte \u2013 dans la peau par exemple, dont elles assurent la cicatrisation.<\/p>\n<p>Celles qui se trouvent dans le cerveau peuvent non seulement g\u00e9n\u00e9rer des cellules nerveuses, \u00abmais aussi s\u2019auto-r\u00e9pliquer\u00bb, se diviser pour donner naissance \u00e0 deux cellules souches filles qui, \u00e0 leur tour, g\u00e9n\u00e9reront d\u2019autres cellules nerveuses \u2013 de quoi susciter \u00able fantasme d\u2019une fontaine de jouvence\u00bb, constate en riant Nicolas Toni.<\/p>\n<p>On trouve des cellules souches dans deux r\u00e9gions particuli\u00e8res du cerveau. D\u2019abord dans la zone subventriculaire, situ\u00e9e au centre du cerveau. Elles peuplent aussi le gyrus dent\u00e9 de l\u2019hippocampe. \u00abC\u2019est une tr\u00e8s petite r\u00e9gion. Chez l\u2019\u00eatre humain, l\u2019hippocampe a la taille d\u2019un petit doigt et le gyrus dent\u00e9 en constitue environ un quart\u00bb, pr\u00e9cise Nicolas Toni. Cet espace n\u2019en est pas moins important, car \u00abil constitue la porte d\u2019entr\u00e9e des informations dans l\u2019hippocampe\u00bb.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 ce dernier, il joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019apprentissage et la m\u00e9moire. \u00abIl est indispensable \u00e0 l\u2019\u00eatre humain. Une personne qui en est priv\u00e9e ne peut pas apprendre de nouvelles informations et vit continuellement dans le pass\u00e9.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_7718\" aria-describedby=\"caption-attachment-7718\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7718\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/NicolasToni_65.jpg\" alt=\"\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/NicolasToni_65.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/NicolasToni_65-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7718\" class=\"wp-caption-text\">Nicolas Toni<br \/>Professeur assistant au D\u00e9partement des neuro\u00adsciences fonda\u00admentales de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Une double r\u00e9volution, conceptuelle et fonctionnelle<\/strong><br \/>\nLa d\u00e9couverte de l\u2019existence de cellules souches dans l\u2019hippocampe a constitu\u00e9, selon le neuroscientifique, une \u00abdouble r\u00e9volution. Elle implique qu\u2019un cerveau adulte peut encore g\u00e9n\u00e9rer des neurones. En outre, du point de vue du fonctionnement du cerveau, elle est aussi tr\u00e8s intrigante.\u00bb<\/p>\n<p>Des \u00e9tudes r\u00e9centes ont en effet montr\u00e9 que l\u2019\u00eatre humain g\u00e9n\u00e8re environ 1500 nouveaux neurones par jour dans le gyrus dent\u00e9 de l\u2019hippocampe. C\u2019est peu, compar\u00e9 aux quelque 100 milliards du cerveau. Toutefois, au cours de la vie, cela repr\u00e9sente un renouvellement d\u2019environ 80% de la population neuronale du gyrus dent\u00e9. D\u00e8s lors, s\u2019interroge le chercheur de l\u2019UNIL, \u00abcomment expliquer qu\u2019une structure aussi importante pour la m\u00e9moire se renouvelle autant ?\u00bb<\/p>\n<p><strong>De la cellule souche au neurone<\/strong><br \/>\nQuoi qu\u2019il en soit, une cellule souche doit franchir plusieurs \u00e9tapes avant de former un nouveau neurone susceptible de remplir ses fonctions. D\u2019abord, elle se divise et sa prog\u00e9niture doit migrer \u00e0 l\u2019endroit du cerveau o\u00f9 elle est cens\u00e9e s\u2019\u00e9tablir. Puis ses cellules filles se diff\u00e9rencient et, telles des chenilles qui deviennent papillons, se transforment en \u00abvrais\u00bb neurones. Lesquels doivent encore pouvoir survivre, car \u00abbeaucoup d\u2019entre eux meurent, constate le neuroscientifique. Sur 100 cellules qui se sont form\u00e9es \u00e0 un moment donn\u00e9, il n\u2019y en a qu\u2019une vingtaine qui perdure un mois plus tard.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Etablir des contacts<\/strong><br \/>\nLe processus n\u2019est pas termin\u00e9 pour autant. Il reste au tout jeune neurone \u00e0 m\u00fbrir pour atteindre sa structure finale. A cette fin, son corps cellulaire qui contient son noyau doit se doter de structures arborescentes, les dendrites, et de filaments, les axones (lire encadr\u00e9 ci-dessous). Il doit aussi former des synapses gr\u00e2ce auxquelles il peut se connecter \u00e0 d\u2019autres partenaires, donc \u00abse brancher sur le circuit\u00bb.<\/p>\n<p>Ces \u00e9tapes sont ind\u00e9pendantes les unes des autres, ce qui complique singuli\u00e8rement la t\u00e2che lorsque l\u2019on cherche \u00e0 influencer le processus. \u00abCertaines mol\u00e9cules am\u00e9liorent la prolif\u00e9ration des cellules souches, mais d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, elles favorisent aussi la mort neuronale.\u00bb Globalement, elles n\u2019aident donc pas \u00e0 la cr\u00e9ation de nouvelles cellules nerveuses.<\/p>\n<p><strong>Des connexions ou la mort<\/strong><br \/>\nEn \u00e9tudiant des souris, l\u2019\u00e9quipe de l\u2019UNIL tente de comprendre les m\u00e9canismes qui r\u00e9gulent les diff\u00e9rentes phases de la neurogen\u00e8se. Dans une \u00e9tude r\u00e9cente, les chercheurs se sont tout particuli\u00e8rement pench\u00e9s sur la derni\u00e8re \u00e9tape, l\u2019int\u00e9gration d\u2019un nouveau neurone dans le r\u00e9seau existant, qui est cruciale \u00e0 plus d\u2019un titre. Si le nouveau venu ne se connecte pas au reste du circuit, il est comme un fil \u00e9lectrique qui ne serait pas branch\u00e9, il ne sert \u00e0 rien. En outre, dans ce cas, comme l\u2019a d\u00e9couvert Nicolas Toni lorsqu\u2019il travaillait au Salk Institute, en Californie, il est tout simplement \u00e9limin\u00e9.<\/p>\n<p>Par ailleurs, curieusement, les premi\u00e8res synapses form\u00e9es par des neurones immatures sont incapables de recevoir les informations de leurs partenaires et donc de les transmettre plus loin. Elles sont dites silencieuses.<\/p>\n<p><strong>Comp\u00e9tition entre jeunes et vieux neurones<\/strong><br \/>\nPour expliquer ce ph\u00e9nom\u00e8ne, Nicolas Toni a \u00e9mis l\u2019hypoth\u00e8se, confirm\u00e9e depuis par d\u2019autres \u00e9quipes, que \u00ables nouveaux neurones sont s\u00e9lectionn\u00e9s sur la base d\u2019une comp\u00e9tition, une sorte de darwinisme au niveau cellulaire\u00bb. A l\u2019aide de la microscopie \u00e9lectronique, le chercheur et ses coll\u00e8gues ont en effet constat\u00e9 que le jeune neurone ne s\u2019int\u00e8gre pas n\u2019importe o\u00f9, ni n\u2019importe comment \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du r\u00e9seau. \u00abSa dendrite forme des synapses avec des axones qui sont d\u00e9j\u00e0 en train de communiquer avec des neurones plus \u00e2g\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Pendant un temps, le jeune et le vieux neurones coexistent, mais lorsque la synapse du premier a suffisamment m\u00fbri, elle \u00e9limine celle de son a\u00een\u00e9. Il y a donc une sorte de lutte entre les neurones et le meilleur gagne et survit, conform\u00e9ment \u00e0 la th\u00e9orie de l\u2019\u00e9volution du c\u00e9l\u00e8bre naturaliste britannique.<\/p>\n<p><strong>Cr\u00e9ation de nouvelles m\u00e9moires<\/strong><br \/>\nCe ph\u00e9nom\u00e8ne \u00e9claire d\u2019un jour nouveau le fonctionnement de l\u2019apprentissage et de la m\u00e9moire. \u00abLe stockage des informations et leur m\u00e9morisation passent par le renforcement des connexions entre des neurones et l\u2019\u00e9limination d\u2019un certain nombre d\u2019autres\u00bb, rappelle le neuroscientifique. Le d\u00e9veloppement de nouveaux neurones, et donc de nouvelles synapses, consolide ce processus. Certes, il perturbe l\u2019organisation du circuit existant, mais c\u2019est justement cette instabilit\u00e9 du r\u00e9seau \u00abqui offre la possibilit\u00e9 de former de nouvelles connections dans le gyrus dent\u00e9 et donc de nouvelles m\u00e9moires\u00bb. D\u2019ailleurs, de nombreuses \u00e9tudes montrent que l\u2019inhibition de la neurogen\u00e8se adulte perturbe les processus mn\u00e9siques.<\/p>\n<p><strong>Les astrocytes, cellules nourrici\u00e8res des neurones<\/strong><br \/>\nComme l\u2019avait observ\u00e9 Nicolas Toni, un jeune neurone ne survit pas s\u2019il ne parvient pas \u00e0 cr\u00e9er de nouvelles synapses. Le chercheur s\u2019est demand\u00e9 s\u2019il existait des m\u00e9canismes susceptibles d\u2019aider \u00e0 la mise en place de cette zone de contact vitale. Et si oui, s\u2019ils \u00e9taient les m\u00eames chez l\u2019adulte et l\u2019embryon.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9pondre \u00e0 cette question, les chercheurs de l\u2019UNIL, en collaboration avec leurs coll\u00e8gues des Universit\u00e9 de B\u00e2le et de Strasbourg, se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 un autre type de cellules c\u00e9r\u00e9brales, les astrocytes, \u00abqui participent au fonctionnement des neurones et dont le r\u00f4le est encore peu connu\u00bb.<\/p>\n<p><strong>Des cellules qui g\u00e8rent leur territoire&#8230;<\/strong><br \/>\nLes neuroscientifiques lausannois ont utilis\u00e9 un outil g\u00e9n\u00e9tique particuli\u00e8rement astucieux, car il ne tue pas les astrocytes, mais il bloque leur action. De ce fait, ces cellules nerveuses ne peuvent plus lib\u00e9rer les diverses mol\u00e9cules qu\u2019elles rel\u00e2chent habituellement dans l\u2019espace environnant. Ainsi, \u00abelles ne peuvent plus communiquer avec le monde ext\u00e9rieur ; elles deviennent muettes\u00bb. Les chercheurs ont alors constat\u00e9 qu\u2019un neurone dont les dendrites traversaient des zones o\u00f9 se trouvaient des astrocytes muets \u00abformait deux fois moins de synapses que lorsqu\u2019il poussait dans un territoire astrocytaire normal\u00bb. En outre, \u00absi l\u2019on rend les astrocytes muets, on constate une forte augmentation de la mort des neurones immatures\u00bb.<\/p>\n<p><strong>&#8230; et influencent la comp\u00e9tition<\/strong><br \/>\nCela prouve, et c\u2019est une premi\u00e8re selon le neuroscientifique, que le nombre de synapses qu\u2019un nouveau neurone peut cr\u00e9er \u00abd\u00e9pend de l\u2019environnement dans lequel il se trouve\u00bb, et notamment des astrocytes. Ceux-ci peuvent influencer la comp\u00e9tition entre les jeunes et anciens neurones \u00aben augmentant, par les mol\u00e9cules qu\u2019ils rel\u00e2chent, la comp\u00e9titivit\u00e9 des premiers\u00bb.<\/p>\n<p>Le groupe de l\u2019UNIL a d\u2019ailleurs identifi\u00e9 l\u2019une de ces mol\u00e9cules. Il s\u2019agit de la D-s\u00e9rine qui op\u00e8re sur les neurones et dont les effets sur la d\u00e9pression et la m\u00e9moire sont actuellement test\u00e9s chez l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p><strong>Des possibles applications th\u00e9rapeutiques<\/strong><br \/>\nCes recherches suscitent bien des espoirs. Elles indiquent que l\u2019on pourrait envisager de stimuler, \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques, la formation de nouveaux neurones dans l\u2019hippocampe. Cette structure c\u00e9r\u00e9brale, qui est responsable de l\u2019apprentissage et de la m\u00e9moire, intervient aussi dans l\u2019anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression. En acc\u00e9l\u00e9rant le renouvellement de ses neurones, on pourrait att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes de ces troubles ou ralentir les pertes de la m\u00e9moire li\u00e9es \u00e0 la maladie d\u2019Alzheimer.<\/p>\n<p>L\u2019exp\u00e9rience, \u00e0 laquelle l\u2019\u00e9quipe de l\u2019UNIL a particip\u00e9, a d\u2019ailleurs d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 faite chez des souris reproduisant cette maladie d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative et elle est concluante. Apr\u00e8s avoir \u00abdop\u00e9\u00bb la fabrication de nouveaux neurones dans le cerveau des rongeurs, des chercheurs fran\u00e7ais ont observ\u00e9 \u00abune augmentation de leurs performances d\u2019apprentissage et de leur m\u00e9moire spatiale\u00bb, souligne Nicolas Toni. Il y voit \u00abune preuve que le concept est valable\u00bb. Certes, entre les souris et les humains, le foss\u00e9 \u00e0 franchir est grand. Mais rien n\u2019interdit plus de r\u00eaver.<\/p>\n<figure id=\"attachment_7716\" aria-describedby=\"caption-attachment-7716\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7716\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_2_65.jpg\" alt=\"\" width=\"590\" height=\"349\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_2_65.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2017\/01\/neurones_2_65-440x260.jpg 440w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7716\" class=\"wp-caption-text\">Neurogen\u00e8se.<br \/>Cette photo, prise au microscope \u00e0 fluorescence, montre une coupe de l\u2019hippocampe d\u2019une souris adulte. En bas \u00e0 droite, on voit le gyrus dent\u00e9 (en forme de t\u00eate de fl\u00e8che). Les corps cellulaires sont marqu\u00e9s en rouge et les neurones qui viennent de se former en vert. Ceux-ci g\u00e9n\u00e8rent deux fois moins de synapses lorsque les astrocytes (invisibles sur l\u2019image) sont inactiv\u00e9s. C\u2019est une preuve que ces derniers influencent la neurogen\u00e8se.<br \/>\u00a9 D\u00e9partement des neurosciences fondamentales<\/figcaption><\/figure>\n<h3>Les cellules qui peuplent notre cerveau<\/h3>\n<p>Malgr\u00e9 son audience, Facebook fait p\u00e2le figure \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du r\u00e9seau, vaste et complexe, que les neurones forment dans notre cerveau. Ce circuit compte en effet environ 100 milliards de neurones connect\u00e9s les uns aux autres et qui se transmettent les informations sous la forme d\u2019un signal chimique, les neurotransmetteurs. Ces cellules assurent \u00abla communication entre les diff\u00e9rentes zones du cerveau, explique Nicolas Toni, professeur-assistant au D\u00e9partement des neurosciences fondamentales de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine de l\u2019UNIL. Ceux qui se trouvent par exemple dans le cortex moteur synchronisent leur action de mani\u00e8re \u00e0 coordonner les mouvements de nos diff\u00e9rents muscles.\u00bb<\/p>\n<p>Les neurones ne ressemblent en rien aux autres cellules de l\u2019organisme. Leur corps neuronal, qui contient leur noyau, se prolonge par des structures arborescentes, les dendrites. Comme les roses, celles-ci sont dot\u00e9es d\u2019\u00e9pines qui forment des synapses, lesquelles re\u00e7oivent les informations des autres neurones. Le corps cellulaire s\u2019\u00e9tend aussi en un filament, l\u2019axone, qui peut \u00eatre tr\u00e8s long. Il constitue la fibre nerveuse et conduit le signal \u00e9lectrique.<\/p>\n<p>Chaque neurone forme \u00aben moyenne 10\u2019000 synapses\u00bb. Pour donner l\u2019ampleur de la complication du circuit, Nicolas Toni Toni \u00e9voque une \u00abplan\u00e8te peupl\u00e9e de 100 milliards d\u2019individus qui auraient chacun 10\u2019000 bras et pourraient serrer entre 1 et 5 mains appartenant \u00e0 3000 personnes. Vous imaginez la complexit\u00e9 du r\u00e9seau !\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les astrocytes : bien plus qu\u2019une colle<\/strong><br \/>\nLe cerveau abrite un autre type de cellules en forme \u00e9toil\u00e9e qui sont \u00abaussi nombreuses, si ce n\u2019est plus, que les neurones\u00bb, selon Nicolas Toni. Elles ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9es gliales, terme qui vient de \u00abglue\u00bb \u2013 colle \u2013 car au d\u00e9part on pensait qu\u2019elles ne servaient qu\u2019\u00e0 coller les neurones entre eux. On sait aujourd\u2019hui qu\u2019elles font bien plus que cela. \u00abElles aident les neurones, elles les nourrissent et compl\u00e8tent leurs fonctions\u00bb, pr\u00e9cise le chercheur. En outre, comme l\u2019\u00e9quipe de l\u2019UNIL vient de le d\u00e9couvrir, elles jouent un r\u00f4le important dans la formation de nouveaux neurones.<\/p>\n<p>Les astrocytes sont les plus nombreuses et les mieux \u00e9tudi\u00e9es des cellules gliales. Il en existe d\u2019autres. Notamment celles qui constituent la microglie et \u00abqui ont, apparemment, une fonction immunitaire\u00bb, note Nicolas Toni. Ou encore les oligodendrocytes : \u00abElles servent \u00e0 constituer la gaine de my\u00e9line qui entoure les axones de neurones et permet une conduction beaucoup plus rapide du signal \u00e9lectrique\u00bb. Sans compter les cellules souches, qui donnent naissance \u00e0 de nouveaux neurones.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame dans le cerveau des adultes, de nouveaux neurones se forment continuellement. 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