{"id":7544,"date":"2016-09-29T08:24:43","date_gmt":"2016-09-29T06:24:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7544"},"modified":"2020-07-23T11:08:33","modified_gmt":"2020-07-23T09:08:33","slug":"la-chimie-entre-utilite-et-risque-au-quotidien","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-chimie-entre-utilite-et-risque-au-quotidien\/","title":{"rendered":"La chimie: entre utilit\u00e9 et risque au quotidien"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_7501\" aria-describedby=\"caption-attachment-7501\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7501\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/nathalie_chevre_64.jpg\" alt=\"Nathalie Ch\u00e8vre. Ecotoxicologue, chercheuse \u00e0 l\u2019UNIL\" width=\"200\" height=\"181\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7501\" class=\"wp-caption-text\">Nathalie Ch\u00e8vre. Ecotoxicologue, chercheuse \u00e0 l\u2019UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>La chimie a pr\u00e9sent\u00e9 un c\u00f4t\u00e9 magique: gr\u00e2ce \u00e0 elle, nous ne mourions plus de faim, nos aliments se conservaient plus longtemps, nous gu\u00e9rissions de maladies graves, voire restions jeunes plus longtemps. Depuis dix ans, cette m\u00eame chimie a mauvaise presse: on parle de baisse de la fertilit\u00e9 chez l\u2019homme, de f\u00e9minisation des poissons, d\u2019augmentation des cancers&#8230;<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes men\u00e9es par les chercheurs et par les associations de consommateurs montrent que les mol\u00e9cules de synth\u00e8se (pesticides, m\u00e9dicaments, cosm\u00e9tiques, etc.) se retrouvent dans tous les compartiments de l\u2019environnement, l\u2019eau, l\u2019air ou le sol. Pr\u00e9cisons que l\u2019utilisation des mol\u00e9cules chimiques augmente continuellement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: 112 millions de compos\u00e9s organiques et inorganiques sont enregistr\u00e9s dans la grande base de donn\u00e9es du Chemical Abstracts Service. Tous ne sont pas commercialis\u00e9s, mais ce chiffre montre combien les substances chimiques occupent une place importante dans notre monde.<\/p>\n<p>Actuellement, il y en a environ 120000 sur le march\u00e9 en Europe, dont 2000 m\u00e9dicaments et 6000 cosm\u00e9tiques. Elles peuvent toutes un jour ou l\u2019autre se retrouver dans le milieu naturel. Et se transformer ensuite sous l\u2019action du soleil ou des micro-organismes, donnant naissance \u00e0 de nouvelles mol\u00e9cules. Dans notre environnement existent aussi des substances interdites depuis longtemps, mais tr\u00e8s stables ou encore des compos\u00e9s non autoris\u00e9s mais import\u00e9s, comme certains d\u00e9tergents contenus dans les v\u00eatements.<\/p>\n<p>Les m\u00e9thodes de d\u00e9tection analytiques ayant fait des progr\u00e8s consid\u00e9rables ces dix derni\u00e8res ann\u00e9es (nous sommes capables de chercher simultan\u00e9ment des dizaines de compos\u00e9s \u00e0 des concentrations tr\u00e8s tr\u00e8s faibles, sous forme de traces), il n\u2019est pas \u00e9tonnant de d\u00e9celer des substances chimiques partout. La question est donc de savoir si elles repr\u00e9sentent un risque pour l\u2019homme et l\u2019environnement.<\/p>\n<p>R\u00e9guli\u00e8rement, des mol\u00e9cules sont mises sur la sellette, comme le bisph\u00e9nol A ou actuellement le glyphosate. Mais \u00e9valuer un risque est complexe, sujet \u00e0 controverse, avec des d\u00e9bats interminables entre les experts. A mon sens, dans nos r\u00e9gions, le risque majeur pour l\u2019homme et l\u2019environnement n\u2019est pas li\u00e9 \u00e0 une mati\u00e8re particuli\u00e8re, mais vient du fait que les organismes vivants sont expos\u00e9s continuellement \u00e0 de faibles concentrations de multiples compos\u00e9s dont on ne conna\u00eet pas les interactions. Interdire une substance particuli\u00e8re n\u2019aura donc qu\u2019un effet restreint, sachant qu\u2019elle sera souvent remplac\u00e9e par une autre peut-\u00eatre plus probl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Que faire alors, sinon r\u00e9aliser que l\u2019on ne peut pas \u00e9chapper aux substances chimiques? Se laver, respirer, s\u2019habiller revient \u00e0 s\u2019exposer. Mais nous pouvons r\u00e9duire notre exposition et celle de l\u2019environnement. Quelques trucs? R\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 nos cosm\u00e9tiques, qui contiennent de nombreux composants peu recommandables et finissent le plus souvent dans les eaux. Nous pouvons mieux les choisir et en utiliser moins. Diminuer les quantit\u00e9s de produits utilis\u00e9s, notamment pour les d\u00e9tergents. Eviter l\u2019utilisation de mati\u00e8res inutiles comme celles contenues dans les d\u00e9sodorisants d\u2019air int\u00e9rieur, polluantes et pour certaines allergisantes. Bien s\u00fbr aussi, r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019alimentation: manger local, sans pesticides, de saison, et si possible des produits non transform\u00e9s.<\/p>\n<p>Des mesures collectives peuvent \u00e9galement \u00eatre prises. La Suisse a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9quiper ses stations d\u2019\u00e9puration principales pour r\u00e9duire les \u00e9missions de substances chimiques dans les eaux. C\u2019est un pas en avant. Ce printemps, diff\u00e9rentes organisations ont propos\u00e9 des mesures concr\u00e8tes pour r\u00e9duire de 50% l\u2019utilisation des pesticides en Suisse. Ce serait un autre pas.<\/p>\n<p>De petites actions, locales, mais gageons qu\u2019elles permettront de limiter l\u2019impact des \u00e9l\u00e9ments chimiques sur notre environnement et notre sant\u00e9, ainsi que sur celle des g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La chimie a pr\u00e9sent\u00e9 un c\u00f4t\u00e9 magique: gr\u00e2ce \u00e0 elle, nous ne mourions plus de faim, nos aliments se conservaient plus longtemps, nous gu\u00e9rissions de maladies graves, voire restions jeunes &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":7502,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[39,718,42158],"tags":[42159],"class_list":{"0":"post-7544","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-geosciences","8":"category-nature","9":"category-no-64","10":"tag-nathalie-chevre"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7544","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7544"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7544\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/7502"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7544"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7544"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7544"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}