{"id":7540,"date":"2016-09-29T08:25:47","date_gmt":"2016-09-29T06:25:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7540"},"modified":"2020-07-23T11:08:08","modified_gmt":"2020-07-23T09:08:08","slug":"pays-ouvert-ou-pays-ferme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/pays-ouvert-ou-pays-ferme\/","title":{"rendered":"Pays ouvert ou pays ferm\u00e9"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_7460\" aria-describedby=\"caption-attachment-7460\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7460\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/clinton_64.jpg\" alt=\"\u00a9 Thinkstock\" width=\"590\" height=\"417\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/clinton_64.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/clinton_64-368x260.jpg 368w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7460\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Thinkstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, qui se joue entre Hillary Clinton et Donald Trump, illustre le nouveau d\u00e9bat qui divise les d\u00e9mocraties occidentales. Il oppose ceux qui vivent volontiers dans un monde globalis\u00e9 et ceux qui voudraient remettre des fronti\u00e8res.<\/strong><\/p>\n<p>On pensait conna\u00eetre tout le r\u00e9pertoire du politicien qui promet de fermer les fronti\u00e8res. C\u2019\u00e9tait compter sans Donald Trump, qui a propos\u00e9 de construire un mur de 1600 kilom\u00e8tres pour stopper l\u2019immigration clandestine en provenance du Mexique. Le m\u00eame candidat a sugg\u00e9r\u00e9, durant la campagne pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, \u00abl\u2019arr\u00eat total et complet de l\u2019entr\u00e9e des musulmans\u00bb sur le territoire apr\u00e8s un attentat terroriste. Enfin, lors d\u2019un voyage en Ecosse, au lendemain du r\u00e9f\u00e9rendum sur le Brexit, Donald Trump a trouv\u00e9 \u00abfantastique\u00bb que les Britanniques reprennent \u00able contr\u00f4le de leur pays\u00bb. Difficile de faire plus muscl\u00e9 quand on s\u2019est donn\u00e9 pour programme de \u00abrendre l\u2019Am\u00e9rique aux Am\u00e9ricains\u00bb.<\/p>\n<p>Face \u00e0 lui, Hillary Clinton est son oppos\u00e9 quasi caricatural. Elle est tout aussi repr\u00e9sentative de ces politiciens de carri\u00e8re, exp\u00e9riment\u00e9s, rationnels, ouverts au monde et capables de placer le Kosovo, l\u2019Irak et la Syrie sur un planisph\u00e8re sans se tromper. C\u2019est l\u2019une de ces figures de l\u2019establishment politique qui \u00e9volue dans un monde globalis\u00e9, qui en voit les avantages \u00e9conomiques et politiques, bref qui a tout pour rassurer son camp comme pour agacer les nombreux perdants de la mondialisation qui se cherchent un sauveur.<\/p>\n<p>En attendant le 8 novembre, lorsque les \u00e9lecteurs am\u00e9ricains arbitreront ce duel des extr\u00eames, on ne peut s\u2019emp\u00eacher de trouver un air de \u00abd\u00e9j\u00e0-vu\u00bb \u00e0 cette campagne \u00e9lectorale. Difficile, vu d\u2019Europe, de suivre les \u00e9changes Clinton-Trump sans penser \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle autrichienne qui s\u2019est jou\u00e9e, au final, sans les partis classiques, entre un \u00e9cologiste et le candidat du Parti de la libert\u00e9 (FP\u00d6), une formation nationaliste qui veut reprendre le contr\u00f4le de l\u2019immigration et des fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Difficile de ne pas penser au r\u00e9f\u00e9rendum \u00e0 propos du Brexit, o\u00f9 l\u2019on a vu les Britanniques se d\u00e9chirer jusque dans leurs familles politiques historiques, qu\u2019elles soient de gauche (le Labour) ou de droite (les Conservateurs) sur ces m\u00eames questions.<\/p>\n<p>Difficile de ne pas penser \u00e0 la prochaine \u00e9lection pr\u00e9sidentielle fran\u00e7aise de 2017, o\u00f9 la candidate anti-europ\u00e9enne, Marine Le Pen, pourrait se retrouver au second tour face \u00e0 un repr\u00e9sentant des partis traditionnellement europhiles. Difficile de ne pas penser \u00e0 la Suisse, o\u00f9 l\u2019UDC a transform\u00e9 les questions migratoires en arguments \u00e9lectoraux&#8230;<\/p>\n<p>Difficile de ne pas penser que cet affrontement entre les adeptes d\u2019un pays ouvert, et ceux qui veulent remettre des fronti\u00e8res, est en passe de se g\u00e9n\u00e9raliser dans les grandes d\u00e9mocraties occidentales. Et qu\u2019il atteint m\u00eame les Etats-Unis, pays symbole de l\u2019immigration. Certains observateurs, comme le politologue fran\u00e7ais Pascal Perrineau, estiment d\u2019ailleurs que le clivage \u00abpays ouvert\/pays ferm\u00e9\u00bb est en passe de remplacer le traditionnel clivage \u00abgauche\/droite\u00bb, qui a longtemps constitu\u00e9 la grande ligne de fracture en politique.<\/p>\n<p>\u00abIl y a des similitudes, c\u2019est vrai, observe Boris Vejdovsky, qui enseigne <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/newamericanstudies\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">la litt\u00e9rature et la culture am\u00e9ricaines<\/a> \u00e0 l\u2019UNIL, et qui a parcouru les Etats-Unis l\u2019\u00e9t\u00e9 dernier pour suivre l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle. Mais, si les comparaisons sont tentantes et qu\u2019elles fonctionnent dans un certain sens, il ne faut pas oublier qu\u2019il y a des diff\u00e9rences importantes entre l\u2019Europe et l\u2019Am\u00e9rique. Aux Etats-Unis, il n\u2019y a pas vraiment de parti de gauche qui arrive \u00e0 s\u2019imposer comme une force importante au plan national. Nous avons deux partis, le R\u00e9publicain et le D\u00e9mocrate, qui couvrent tout le spectre politique, du Tea Party de la droite ultraconservatrice, jusqu\u2019aux utopistes du Vermont.\u00bb C\u2019est donc normal qu\u2019on d\u00e9c\u00e8le des fractures id\u00e9ologiques profondes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ces deux grands camps qui regroupent des courants politiques forc\u00e9ment tr\u00e8s divers.<\/p>\n<p><strong>Soci\u00e9t\u00e9 am\u00e9ricaine cliv\u00e9e<\/strong><\/p>\n<p>Ce qui est nouveau, en revanche, c\u2019est la force des passions qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9cha\u00een\u00e9es chez les R\u00e9publicains comme chez les D\u00e9mocrates au sujet de ces questions de fermeture des fronti\u00e8res. \u00abCette campagne est en train de remodeler le paysage politique: elle pose des questions sur la mani\u00e8re de faire de la politique dans ce pays, et elle nous a fait d\u00e9couvrir une soci\u00e9t\u00e9 bien plus cliv\u00e9e qu\u2019on ne pouvait l\u2019imaginer sur des questions soci\u00e9tales profondes comme l\u2019immigration, l\u2019\u00e9conomie, la s\u00e9curit\u00e9, la place des femmes et de la religion, mais encore le r\u00f4le de l\u2019Am\u00e9rique dans le monde\u00bb, estime le chercheur de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Les responsables de cet \u00e9lectrochoc? Deux candidats atypiques dont personne n\u2019avait pr\u00e9vu l\u2019influence. \u00abJ\u2019imaginais, comme tous les observateurs, que Bernie Sanders chez les D\u00e9mocrates et Donald Trump chez les R\u00e9publicains allaient \u00eatre utilis\u00e9s pour lancer des arguments que les candidats officiels ne peuvent pas utiliser. On s\u2019attendait \u00e0 ce que Donald Trump dise des choses \u00e9pouvantables sur les Mexicains, les Noirs, les musulmans et les femmes, et \u00e0 ce que Bernie Sanders explique que l\u2019\u00e9conomie est pourrie, que les patrons sont pourris, qu\u2019il faut abolir tout cela et rendre l\u2019universit\u00e9 gratuite. Ce que personne n\u2019avait imagin\u00e9, et je dis bien personne, parce que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 relire les commentaires publi\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque, c\u2019est que les \u00e9lecteurs \u00e9couteraient ces candidats. Parce que tout le monde a sous-estim\u00e9 la peur qui monte dans la population.\u00bb<\/p>\n<p>La peur? Le sujet \u00abest difficile \u00e0 aborder, parce qu\u2019il faut dire deux choses \u00e0 la fois. On ne peut pas juste expliquer que des discours d\u00e9magogiques, populistes et souvent naus\u00e9abonds ont r\u00e9ussi \u00e0 toucher les \u00e9lecteurs, ce qui est vrai. Il faut dire en m\u00eame temps que ces \u00e9lecteurs inquiets, qui se recrutent tr\u00e8s largement chez les Blancs de la classe moyenne, n\u2019ont pas l\u2019impression que les choses vont mal: les choses vont vraiment mal. Ils perdent leurs emplois, leurs maisons, leur s\u00e9curit\u00e9. Pour la premi\u00e8re fois, on voit une g\u00e9n\u00e9ration vivre moins bien que la pr\u00e9c\u00e9dente, et elle peut craindre que ce soit encore plus difficile pour ses enfants. Du coup, ces gens se retrouvent terriblement d\u00e9sabus\u00e9s et ils ont l\u2019impression que plus personne ne les \u00e9coute.\u00bb<\/p>\n<p>Pendant longtemps, ces \u00e9lecteurs populaires ont constitu\u00e9 l\u2019\u00e9lectorat de base des R\u00e9publicains. \u00abCe parti se targuait de repr\u00e9senter le gars de la rue, le Joe Block, mais ses \u00e9lus ont abandonn\u00e9 cette classe moyenne pour soutenir les milieux financiers, qui ont amass\u00e9 les gains de la globalisation. Et c\u2019est cet \u00e9lectorat perdu que Donald Trump essaie de reconqu\u00e9rir. C\u2019est m\u00eame devenu l\u2019enjeu de la campagne, parce que ces voix peuvent lui permettre de gagner des Etats qui feront basculer l\u2019\u00e9lection.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Victimes de la mondialisation<\/strong><\/p>\n<p>Donald Trump n\u2019est d\u2019ailleurs pas le seul \u00e0 s\u2019adresser \u00e0 cet \u00e9lectorat perdu. Dans un style nettement plus polic\u00e9, le candidat d\u00e9mocrate Bernie Sanders a lui aussi parl\u00e9 aux victimes de la mondialisation. \u00abSanders et Trump ne disent pas la m\u00eame chose, mais tous les deux avancent des arguments qui touchent des gens qui ont perdu leur emploi. Sanders rejoint notamment Trump quand il propose une Am\u00e9rique plus isolationniste que ne le voudrait l\u2019establishment. Mais il n\u2019a pas parl\u00e9 du \u00abviol du pays\u00bb par les accords commerciaux, comme l\u2019a fait Trump.\u00bb<\/p>\n<p>Ce succ\u00e8s des outsiders isolationnistes \u00e9tait tout simplement inimaginable au d\u00e9but de la campagne, quand cette \u00e9lection pr\u00e9sidentielle 2016 s\u2019annon\u00e7ait comme un nouvel affrontement entre les dynasties Bush et Clinton, avec le match programm\u00e9 entre Jeb Bush (le fr\u00e8re de George W. et ex-gouverneur de Floride) et Hillary Clinton (la femme de Bill, ex-pr\u00e9sident populaire). Mais ce sc\u00e9nario a \u00e9t\u00e9 totalement r\u00e9\u00e9crit par l\u2019irruption tonitruante de Donald Trump, qui a cr\u00e9\u00e9 des tensions inimaginables au sein de son parti. \u00abOn a m\u00eame vu Paul Ryan, le repr\u00e9sentant de la majorit\u00e9 r\u00e9publicaine au s\u00e9nat, condamner les remarques racistes de Trump, tout en disant qu\u2019il allait voter pour lui\u00bb, raconte Boris Vejdovsky.<\/p>\n<p>Dans un premier temps, cet embarras r\u00e9publicain a pu \u00abr\u00e9jouir tous ceux qui votent \u00e0 gauche, avant qu\u2019ils ne r\u00e9alisent que ce d\u00e9chirement au c\u0153ur du parti peut changer le pays. Tous les milieux \u00e9conomiques, \u00e9vang\u00e9liques et m\u00eame m\u00e9diatiques, comme Fox News, qui roulent habituellement pour les R\u00e9publicains sont incroyablement divis\u00e9s \u00e0 l\u2019interne, et ils ne savent pas comment jouer le coup d\u2019apr\u00e8s. On se rend bien compte que cette campagne va changer les lignes, et on se demande comment se fera la recomposition du Parti r\u00e9publicain et du pays dans les mois qui suivront l\u2019\u00e9lection\u00bb, note le chercheur de l\u2019UNIL.<\/p>\n<figure id=\"attachment_7449\" aria-describedby=\"caption-attachment-7449\" style=\"width: 265px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-7449\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/BorisVejdovsky_64.jpg\" alt=\"Boris Vejdovsky. Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en Section d\u2019anglais. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"265\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/BorisVejdovsky_64.jpg 265w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/09\/BorisVejdovsky_64-175x260.jpg 175w\" sizes=\"auto, (max-width: 265px) 100vw, 265px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7449\" class=\"wp-caption-text\">Boris Vejdovsky. Ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en Section d\u2019anglais.<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Interventions syst\u00e9matiques ou repli tactique?<\/strong><\/p>\n<p>Ce d\u00e9bat sur la place des Etats-Unis dans le monde aura encore des cons\u00e9quences importantes un peu partout sur la plan\u00e8te, vu le r\u00f4le de \u00abgendarme\u00bb que joue r\u00e9guli\u00e8rement ce pays dans de nombreux conflits \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Et l\u00e0 encore, le d\u00e9bat est f\u00e9roce entre les adeptes du pays ouvert, ou interventionnistes, et ceux qui \u00abveulent ramener les boys \u00e0 la maison\u00bb.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re \u00abde politique \u00e9trang\u00e8re, les Etats-Unis ont toujours h\u00e9sit\u00e9 entre deux grandes options\u00bb, expliquait l\u2019expert en g\u00e9ostrat\u00e9gie Hubert V\u00e9drine, au dernier Forum des 100 de <em>L\u2019Hebdo<\/em>, en mai dernier \u00e0 l\u2019UNIL. Le premier sc\u00e9nario consiste \u00e0 \u00abs\u2019assurer de leur propre s\u00e9curit\u00e9 en contr\u00f4lant le monde entier, avec des bases militaires partout et un budget de la D\u00e9fense qui, \u00e0 lui seul, p\u00e8se autant que la moiti\u00e9 de tous les budgets de la D\u00e9fense des pays du monde entier\u00bb. Le sc\u00e9nario alternatif consiste \u00e0 penser que l\u2019on \u00absera mieux prot\u00e9g\u00e9 en s\u2019isolant davantage, mais pas totalement, puisque l\u2019isolationnisme am\u00e9ricain ne peut jamais \u00eatre complet\u00bb.<\/p>\n<p>Le g\u00e9ostrat\u00e8ge fran\u00e7ais, qui fut ministre socialiste de Lionel Jospin et de Jacques Chirac, avait invent\u00e9 le terme d\u2019\u00abhyperpuissance\u00bb pour qualifier la politique am\u00e9ricaine dans les ann\u00e9es 90. Il n\u2019a pas manqu\u00e9 de relever que les Etats-Unis du XXIe si\u00e8cle sont d\u00e9sormais \u00abchalleng\u00e9s\u00bb par des concurrents, m\u00eames s\u2019ils \u00abrestent la puissance Num\u00e9ro 1\u00bb. Du coup, des divergences tr\u00e8s fortes se font entendre \u00e0 propos de la politique \u00e9trang\u00e8re que doivent mener les Etats-Unis.<\/p>\n<p>\u00abTr\u00e8s curieusement, si vous oubliez un instant sa vulgarit\u00e9 insens\u00e9e et ses provocations syst\u00e9matiques, vous d\u00e9couvrez dans ce que dit Donald Trump des \u00e9l\u00e9ments communs avec ce que dit Barack Obama\u00bb, a encore observ\u00e9 Hubert V\u00e9drine lors de son passage \u00e0 l\u2019UNIL. Par exemple quand il estime que les Etats-Unis n\u2019ont pas \u00e0 prendre en charge la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019ensemble de leurs alli\u00e9s qui devraient faire beaucoup plus\u00bb.<\/p>\n<p>Du coup, cette campagne t\u00e9moigne d\u2019\u00aboscillations\u00bb entre la tentation de l\u2019intervention syst\u00e9matique, traditionnellement plus forte chez les D\u00e9mocrates, et le repli tactique. \u00abVers quoi les Etats-Unis vont-ils aller? La ligne Obama ne pourra probablement pas \u00eatre totalement abandonn\u00e9e, m\u00eame si Clinton a des g\u00e8nes interventionnistes\u00bb, pronostique le g\u00e9ostrat\u00e8ge. Et si Donald Trump gagne? \u00abL\u00e0, personne ne le sait, m\u00eame pas lui-m\u00eame\u00bb, r\u00e9pond Boris Vejdovsky.<\/p>\n<p><strong>Les Am\u00e9ricains aiment la nouveaut\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Pour cruciales qu\u2019elles soient, ces questions g\u00e9ostrat\u00e9giques ne d\u00e9cideront pas de l\u2019issue de cette \u00e9lection am\u00e9ricaine, qui se jouera probablement sur des arguments moins rationnels, \u00abtr\u00e8s profond\u00e9ment inscrits dans la culture am\u00e9ricaine, estime le chercheur. Mes amis europ\u00e9ens me disent qu\u2019ils ne comprennent pas le ph\u00e9nom\u00e8ne Trump. Ce qu\u2019ils ne voient pas, c\u2019est que ce candidat a l\u2019avantage de l\u2019inexp\u00e9rience! Hillary Clinton a des caract\u00e9ristiques qui, pour un Europ\u00e9en, devraient imm\u00e9diatement faire pencher la balance de son c\u00f4t\u00e9. Elle a pass\u00e9 douze ann\u00e9es dans le fauteuil du copilote, huit \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de son pr\u00e9sident de mari, et quatre autres avec Barack Obama. Elle a eu acc\u00e8s \u00e0 toutes les arcanes, elle a une exp\u00e9rience du pouvoir qu\u2019aucun candidat am\u00e9ricain \u00e0 la pr\u00e9sidence n\u2019a jamais eue avant elle\u00bb.<\/p>\n<p>Et pourtant, ce qui devrait jouer en sa faveur peut jouer en sa d\u00e9faveur, parce que les Am\u00e9ricains \u00abaiment le nouveau. \u00c7a pourrait \u00eatre un clich\u00e9 \u00e9pouvantable, mais c\u2019est vrai, explique Boris Vejdovsky. Aux Etats-Unis, le concept de nouveaut\u00e9 est aussi une question morale. Nouveau, c\u2019est moralement bien, comme ancien, c\u2019est moralement mal\u00bb.<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute un c\u00f4t\u00e9 \u00abmessianique de la politique am\u00e9ricaine, ce besoin de trouver un homme providentiel qui est \u00e9galement inscrit profond\u00e9ment dans la culture locale, et qui fait que les \u00e9lecteurs d\u00e9sabus\u00e9s vont h\u00e9siter longtemps entre la personne qui promet de transformer le pays d\u2019un coup de t\u00e9l\u00e9phone, en d\u00e9cidant de construire un mur, et la candidate qui donne des garanties pour le bien commun\u00bb, estime le chercheur.<\/p>\n<p>Cela rend ce scrutin aussi passionnant qu\u2019inqui\u00e9tant. C\u2019est \u00e9galement ce qui fait que, \u00abquel que soit le r\u00e9sultat de cette \u00e9lection, elle aura des cons\u00e9quences tr\u00e8s importantes pour la politique am\u00e9ricaine, mais aussi pour le reste du monde.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle am\u00e9ricaine, qui se joue entre Hillary Clinton et Donald Trump, illustre le nouveau d\u00e9bat qui divise les d\u00e9mocraties occidentales. 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