{"id":7094,"date":"2016-01-21T08:06:37","date_gmt":"2016-01-21T06:06:37","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7094"},"modified":"2020-07-27T14:55:47","modified_gmt":"2020-07-27T12:55:47","slug":"la-prevention-du-suicide-cest-efficace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-prevention-du-suicide-cest-efficace\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9vention du suicide, c\u2019est efficace"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_6902\" aria-describedby=\"caption-attachment-6902\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/01\/DorogiMichaud_62.jpg\" rel=\"attachment wp-att-6902\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6902\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/01\/DorogiMichaud_62.jpg\" alt=\"Yves Dorogi et Dr Laurent Michaud Infirmier sp\u00e9cialiste clinique au Service de psychiatrie de liaison du CHUV. Son coll\u00e8gue m\u00e9decin est le responsable de l'Unit\u00e9 urgences et crise du m\u00eame service. Tous deux font partie du Groupe Romand Pr\u00e9vention Suicide (GRPS). Nicole Chuard \u00a9 UNIL \" width=\"590\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/01\/DorogiMichaud_62.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2016\/01\/DorogiMichaud_62-385x260.jpg 385w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-6902\" class=\"wp-caption-text\">Yves Dorogi et Dr Laurent Michaud<br \/>Infirmier sp\u00e9cialiste clinique au Service de psychiatrie de liaison du CHUV. Son coll\u00e8gue m\u00e9decin est le responsable de l&rsquo;Unit\u00e9 urgences et crise du m\u00eame service. Tous deux font partie du Groupe Romand Pr\u00e9vention Suicide (GRPS).<br \/>Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>La formation courte \u00abFaire face au risque suicidaire\u00bb suscite un grand int\u00e9r\u00eat. Intense, le cursus permet de mieux comprendre comment \u00e9valuer le potentiel suicidaire des personnes en souffrance et comment les prendre en charge. Les participants changent \u00e9galement leur posture face \u00e0 cette probl\u00e9matique complexe.<\/em><\/p>\n<p>En 2013, 1070 personnes se sont suicid\u00e9es en Suisse*. Notre pays se situe dans la moyenne europ\u00e9enne, avec 11,2 d\u00e9c\u00e8s pour 100\u2019000 habitants. Ce dernier chiffre repr\u00e9sente moins de la moiti\u00e9 de ce qu\u2019il \u00e9tait en 1980, un signe que les actions de pr\u00e9vention, notamment, produisent des effets. La question d\u00e9licate du suicide demeure toutefois \u00abtaboue et culpabilisante\u00bb, rel\u00e8ve Yves Dorogi. Cet infirmier sp\u00e9cialiste clinique au Service de psychiatrie de liaison du CHUV coordonne \u00abFaire face au risque suicidaire\u00bb, une formation courte de deux jours.<\/p>\n<p>Dispens\u00e9 plusieurs fois par ann\u00e9e, ce cursus est le fruit d\u2019une d\u00e9marche qui implique depuis des ann\u00e9es le Service de la sant\u00e9 publique vaudois et les institutions psychiatriques cantonales. \u00abL\u2019une des bases de la r\u00e9flexion r\u00e9side dans un constat : la difficult\u00e9 qu\u2019il existe \u00e0 prendre en charge les personnes ayant des id\u00e9es suicidaires\u00bb, explique Yves Dorogi. Comment am\u00e9liorer l\u2019identification et l\u2019\u00e9valuation du risque qu\u2019elles encourent ? Comment intervenir ?<\/p>\n<p><strong>1500 personnes form\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Cr\u00e9\u00e9e en 2005, la formation est issue d\u2019une m\u00e9thode d\u00e9velopp\u00e9e au Qu\u00e9bec par la professeure Monique S\u00e9guin, puis diffus\u00e9e en France par le professeur Jean-Louis Terra. Sous nos latitudes, son d\u00e9ploiement est assur\u00e9 par le Groupe Romand Pr\u00e9vention Suicide, qui compose le comit\u00e9 scientifique de \u00abFaire face au risque suicidaire\u00bb. En 2015, ce cursus s\u2019est \u00e9tendu dans le canton de Neuch\u00e2tel. A ce jour, pr\u00e8s de 1500 personnes l\u2019ont suivi. Parmi ces derni\u00e8res se trouvent principalement des professionnels de la Sant\u00e9 et du Social, mais \u00e9galement des \u00e9tudiants, des b\u00e9n\u00e9voles qui \u0153uvrent en institution, des enseignants ou des policiers. Chaque vol\u00e9e est limit\u00e9e \u00e0 18 participants. Aucun dipl\u00f4me particulier n\u2019est requis.<\/p>\n<p>Cette h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 assum\u00e9e est \u00abv\u00e9cue de l\u2019int\u00e9rieur comme une richesse, aussi bien par les intervenants que par les participants\u00bb, note Laurent Michaud, m\u00e9decin, responsable de l&rsquo;Unit\u00e9 urgences et crise du CHUV, et pr\u00e9sident du GRPS. En apparence tr\u00e8s individuel, le suicide touche de nombreux aspects : la personne elle-m\u00eame, avec ses troubles mentaux et ses ant\u00e9c\u00e9dents \u00e9ventuels, mais aussi ses relations avec autrui, la communaut\u00e9 qui l\u2019entoure et enfin la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble. Face \u00e0 cet ensemble de facteurs, la mobilisation de comp\u00e9tences et de profils tr\u00e8s divers est indispensable.<\/p>\n<p><strong>Changer d\u2019attitude<\/strong><\/p>\n<p>Pendant les deux jours du cursus, le travail s\u2019exerce sur les attitudes des participants par rapport au suicide. \u00abD\u00e8s le d\u00e9but, nous d\u00e9construisons les repr\u00e9sentations des participants afin de les amener eux-m\u00eames, gr\u00e2ce aux \u00e9l\u00e9ments de compr\u00e9hension apport\u00e9s par le groupe et par les formateurs, \u00e0 reconstruire leurs postures de mani\u00e8re r\u00e9flexive\u00bb, pr\u00e9cise Yves Dorogi, coordinateur de la formation.<\/p>\n<p>En pratique, des trios sont form\u00e9s d\u00e8s le premier matin du cours. Tour \u00e0 tour, chacun endosse le r\u00f4le de la personne en souffrance, du soignant et de l\u2019observateur. Cette d\u00e9marche est suivie de debriefings et de restitutions en pl\u00e9num. Comme le sujet trait\u00e9 est hautement sensible et difficile \u00e0 aborder en public, l\u2019environnement est \u00abbienveillant et contenant. Nous souhaitons que les participants acc\u00e8dent \u00e0 leurs \u00e9motions en toute s\u00e9curit\u00e9\u00bb, assure Yves Dorogi. Le but consiste \u00e0 rendre la position de chacun moins inconfortable face aux personnes suicidaires, une fois de retour dans le contexte professionnel.<\/p>\n<p>Les id\u00e9es re\u00e7ues sont lamin\u00e9es. Quelles sont-elles ? \u00abOn entend souvent dire que l\u2019\u00e9vocation du suicide incite au passage \u00e0 l\u2019acte. C\u2019est le contraire qui est vrai\u00bb, expose Laurent Michaud. Il faut \u00e9galement cesser d\u2019imaginer que les gens qui parlent du suicide ne vont pas passer \u00e0 l\u2019acte, alors que les personnes d\u00e9cid\u00e9es n\u2019en parlent pas. C\u2019est tout aussi faux. De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, et pour simplifier, \u00abla pr\u00e9vention est efficace\u00bb. Cela passe aussi par le fait de rendre difficile l\u2019acc\u00e8s aux moyens, par exemple en rehaussant des balustrades de ponts, en rendant les armes et certains m\u00e9dicaments moins accessibles.<\/p>\n<p><strong>Effet Papageno<\/strong><\/p>\n<p>Au passage, les formateurs signalent le r\u00f4le jou\u00e9 par les m\u00e9dias. Ainsi, si l\u2019on mentionne la m\u00e9thode utilis\u00e9e par une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 qui s\u2019est donn\u00e9 la mort, et que cette action est trait\u00e9e au premier degr\u00e9, un risque d\u2019imitation existe (Effet Werther). Par contre, \u00abmettre en avant la souffrance, prendre l\u2019\u00e9v\u00e8nement avec la bonne distance et mentionner les num\u00e9ros de t\u00e9l\u00e9phone qui permettent d\u2019obtenir de l\u2019aide poss\u00e8dent un effet protecteur, baptis\u00e9 Effet Papageno\u00bb, explique Laurent Michaud.<\/p>\n<p>Au terme de deux jours intenses, les participants ne ressortent pas avec une \u00abbo\u00eete \u00e0 outils\u00bb ou un bagage th\u00e9orique fort. Par contre, ils savent utiliser un \u00abmod\u00e8le d\u2019\u00e9valuation du potentiel suicidaire\u00bb, qu\u2019ils peuvent appliquer dans leur milieu professionnel. Les responsables du cursus insistent sur l\u2019id\u00e9e qu\u2019il est b\u00e9n\u00e9fique de former plusieurs personnes dans un m\u00eame service ou d\u00e9partement. En effet, il vient toujours un moment o\u00f9 il faut savoir s\u2019adresser \u00e0 d\u2019autres coll\u00e8gues. \u00abM\u00eame des professionnels exp\u00e9riment\u00e9s peuvent rester bloqu\u00e9s par leurs \u00e9motions, et ne pas pouvoir mobiliser leurs comp\u00e9tences. Le partage permet de mieux conna\u00eetre ses propres limites et de mieux comprendre \u00e0 quel moment il faut passer la main, en s\u2019appuyant sur l\u2019ensemble du r\u00e9seau des professionnels\u00bb, poursuit Yves Dorogi.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de vingt sessions de \u00abFaire face au risque suicidaire\u00bb sont organis\u00e9es en 2016, \u00e0 Lausanne et \u00e0 Neuch\u00e2tel. Plusieurs autres cantons ont manifest\u00e9 leur int\u00e9r\u00eat. Un signe que les tabous li\u00e9s au suicide, pr\u00e9sents m\u00eame dans les milieux de la sant\u00e9 et du social, s\u2019effritent peu \u00e0 peu. DS<\/p>\n<p>* OFS, 2015.<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.formation-continue-unil-epfl.ch\/faire-face-au-risque-suicidaire\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.formation-continue-unil-epfl.ch\/faire-face-au-risque-suicidaire<\/a><\/p>\n<p><strong>Nouvelle formation<\/strong><\/p>\n<h3>Adolescence et consommation de substances<\/h3>\n<p>La consommation de psychotropes et d\u2019alcool chez les jeunes fait souvent partie de l\u2019exp\u00e9rimentation \u00e0 l\u2019adolescence. Elle est la plupart du temps associ\u00e9e au plaisir, \u00e0 la libert\u00e9, \u00e0 la prise d\u2019autonomie et \u00e0 la sociabilit\u00e9. Cependant, elle peut aussi masquer un r\u00e9el mal-\u00eatre, qui peut mener \u00e0 des difficult\u00e9s familiales, scolaires et professionnelles, ainsi qu\u2019\u00e0 des cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 psychique et physique.<\/p>\n<p>La r\u00e9cente modification de la loi sur les stup\u00e9fiants incite les professionnels \u00e0 annoncer \u00e0 un service de soin toute personne ayant un probl\u00e8me de consommation. En tant que professionnel travaillant avec des jeunes, ce changement soul\u00e8ve de nouvelles questions : comment int\u00e9grer ce changement dans mes interventions ? Quels sont mon r\u00f4le et mes limites dans le rep\u00e9rage et l\u2019accompagnement des adolescents consommateurs ?<\/p>\n<p>Cette nouvelle formation, d\u2019une dur\u00e9e de 2 jours, est organis\u00e9e par la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine et par DEPART, un programme du CHUV financ\u00e9 par le Service de la sant\u00e9 publique du canton de Vaud. Limit\u00e9e \u00e0 18 participants par session, elle est reconduite plusieurs fois par an.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.formation-continue-unil-epfl.ch\/adolescence-consommation-substances\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">www.formation-continue-unil-epfl.ch\/adolescence-consommation-substances<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La formation courte \u00abFaire face au risque suicidaire\u00bb suscite un grand int\u00e9r\u00eat. 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