{"id":708,"date":"2007-02-05T19:36:02","date_gmt":"2007-02-05T17:36:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=708"},"modified":"2010-10-26T15:39:07","modified_gmt":"2010-10-26T13:39:07","slug":"il-ny-a-pas-eu-un-mais-plusieurs-deluges","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/il-ny-a-pas-eu-un-mais-plusieurs-deluges\/","title":{"rendered":"\u00abIl n\u2019y a pas eu un mais plusieurs d\u00e9luges\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/02\/deluge.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-734\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/02\/deluge.jpg\" alt=\"\u00abIl n\u2019y a pas eu un mais plusieurs d\u00e9luges\u00bb\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/02\/deluge.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2007\/02\/deluge-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>La Bible l\u2019\u00e9voque dans la Gen\u00e8se, mais les mythes du  monde entier relatent la catastrophe. Que s\u2019est-il pass\u00e9? Les  scientifiques ont des id\u00e9es assez pr\u00e9cises aujourd\u2019hui. Entretien avec  un expert de la mont\u00e9e des oc\u00e9ans, le professeur Peter Baumgartner de  l\u2019Institut de g\u00e9ologie, alors que le Mus\u00e9e des beaux-arts vient d\u2019ouvrir  son exposition de peintures: \u00abVision du d\u00e9luge\u00bb.<\/em><\/p>\n<p style=\"padding-left: 30px\">Gen\u00e8se, chap. 7 et 8<br \/>\n\u00abLe d\u00e9luge eut lieu sur la terre pendant quarante  jours. Les eaux grossirent et soulev\u00e8rent l\u2019arche qui s\u2019\u00e9leva au-dessus  de la terre. Les eaux furent en crue, form\u00e8rent une masse \u00e9norme sur la  terre, et l\u2019arche d\u00e9riva \u00e0 la surface des eaux. La crue des eaux devint  de plus en plus forte sur la terre et, sous toute l\u2019\u00e9tendue des cieux,  toutes les montagnes les plus \u00e9lev\u00e9es furent recouvertes par une hauteur  de quinze coud\u00e9es. (&#8230;) Au bout de 150 jours, les eaux  diminu\u00e8rent et, au septi\u00e8me mois, le dixsepti\u00e8me jour du mois, l\u2019arche  reposa sur le mont Ararat.\u00bb<\/p>\n<p>Ouragan, raz-de-mar\u00e9e, cyclone, typhon, tornade, inondation, crue,  d\u00e9luge, tsunami&#8230; Les mots sont innombrables pour dire la catastrophe  d\u2019eaux en furie qui d\u00e9truisent et recouvrent la Terre. Cette vari\u00e9t\u00e9 de termes et leurs d\u00e9riv\u00e9s, tel \u00abant\u00e9diluvien\u00bb, atteste  qu\u2019il y a un avant et un apr\u00e8s d\u00e9luge et rappelle combien ces  catastrophes ont marqu\u00e9 leur temps.<\/p>\n<p>La peur de l\u2019an\u00e9antissement, interpr\u00e9t\u00e9 comme la col\u00e8re de  Dieu ou des dieux, raconte aussi la survie des cr\u00e9atures, le salut et  l\u2019espoir, \u00e0 l\u2019image de No\u00e9 et de son arche, et les civilisations d\u2019Asie  Mineure croient toutes savoir qu\u2019elle s\u2019est \u00e9chou\u00e9e pr\u00e8s de chez elles.<\/p>\n<h2>Des r\u00e9cits ant\u00e9rieurs \u00e0 la Bible<\/h2>\n<p>La M\u00e9sopotamie m\u00e9ridionale, entre le Tigre et l\u2019Euphrate, a  tout un r\u00e9pertoire de r\u00e9cits du d\u00e9luge (sum\u00e9riens, akkadiens,  babyloniens) bien ant\u00e9rieurs \u00e0 ceux de la bible h\u00e9bra\u00efque. L\u2019Inde,  l\u2019Iran et m\u00eame les civilisations pr\u00e9colombiennes ont leurs histoires  diluviennes.<\/p>\n<p>Et en Gr\u00e8ce, Platon raconte le mythe de l\u2019Atlantide (dans le \u00abTim\u00e9e\u00bb et  le \u00abCritias\u00bb), ce continent submerg\u00e9 qui chavire encore des Indiana  Jones avides de myst\u00e8res. \u00abLa plupart des peuples, pas seulement dans la chr\u00e9tient\u00e9, ont d\u00e9velopp\u00e9  des mythes de d\u00e9luge\u00bb, rappelle Peter Baumgartner, professeur \u00e0  l\u2019Institut de g\u00e9ologie de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne (UNIL). \u00abEt tout  porte \u00e0 croire qu\u2019il n\u2019y a pas eu un mais plusieurs d\u00e9luges.\u00bb<\/p>\n<h2>Une pluie de com\u00e8tes<\/h2>\n<p>\u00abIl y a plusieurs hypoth\u00e8ses\u00bb, explique Peter Baumgartner. Celle  d\u2019Alexander Tollman, de l\u2019Universit\u00e9 de Vienne, a fait couler beaucoup  d\u2019encre apr\u00e8s sa parution en 1992. \u00abCe sp\u00e9cialiste de la g\u00e9ologie alpine  s\u2019est int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 l\u2019analyse des mythologies et notamment aux images  utilis\u00e9es pour d\u00e9crire l\u2019eau qui passe au-dessus des montages, ces  vagues gigantesques.\u00bb<\/p>\n<p>Vu la proximit\u00e9 des images employ\u00e9es, Tollman a imagin\u00e9 la seule  hypoth\u00e8se capable, selon lui, d\u2019expliquer un ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019une telle  ampleur, global, se produisant au m\u00eame instant: \u00abSelon Tollman, une  pluie de com\u00e8tes aurait atteint l\u2019atmosph\u00e8re, se fragmentant en morceaux  qui en heurtant les oc\u00e9ans ont provoqu\u00e9 des tsunamis un peu partout.  Selon ses calculs, des vagues kilom\u00e9triques ont alors p\u00e9n\u00e9tr\u00e9 partout \u00e0  l\u2019int\u00e9rieur des continents, expliquant ainsi la formation de lacs sal\u00e9s  aux Etats-Unis, par exemple.\u00bb<\/p>\n<p>Tollman date la catastrophe \u00e0 7500  ans avant J.-C., il y a donc 9500 ans. Les textes ne lui ont pas permis  de trouver l\u2019ann\u00e9e exacte, mais il a cru pouvoir d\u00e9terminer l\u2019heure de  l\u2019impact en recoupant les sources.<\/p>\n<h2>Pas trace du ph\u00e9nom\u00e8ne<\/h2>\n<p>Le r\u00e9sultat de sa recherche, Tollman l\u2019a publi\u00e9 dans Terra Nova, une  revue de r\u00e9f\u00e9rence des g\u00e9ologues europ\u00e9ens. Mais les critiques n\u2019ont pas  tard\u00e9. \u00abCar la th\u00e8se a de grosses failles, poursuit Peter Baumgartner.  Une vague haute de plusieurs kilom\u00e8tres aurait ouvert d\u2019\u00e9normes br\u00e8ches,  d\u00e9plac\u00e9 des masses de pierres. Mais on ne trouve nulle part, dans les milliers de carottages effectu\u00e9s \u00e0  ce jour, la trace de ces s\u00e9diments catastrophiques n\u00e9cessairement  associ\u00e9s \u00e0 ce genre de ph\u00e9nom\u00e8ne. De m\u00eame, l\u2019eau sal\u00e9e aurait an\u00e9anti la v\u00e9g\u00e9tation sur de tr\u00e8s vastes  surfaces. Et la v\u00e9g\u00e9tation aurait mis des d\u00e9cennies \u00e0 repousser. Cela  non plus, nous ne le voyons nulle part dans l\u2019analyse s\u00e9dimentaire des  pollens effectu\u00e9s pour la p\u00e9riode de l\u2019holoc\u00e8ne, la p\u00e9riode qui commence  \u00e0 la fin de la derni\u00e8re glaciation (\u201315 000 \u00e0 nos jours).\u00bb<\/p>\n<p>Les connaissances actuelles assurent qu\u2019entre \u201315 000 et \u2013 4000, la mer  est mont\u00e9e de 130 m\u00e8tres. \u00abVers \u20137000, on se trouvait donc dans la phase  finale de la mont\u00e9e des eaux. Un peu partout, nous pouvons suivre cette  remont\u00e9e des eaux dans les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res et l\u2019on dispose de donn\u00e9es  tr\u00e8s d\u00e9taill\u00e9es sur la v\u00e9g\u00e9tation que l\u2019eau a recouverte.\u00bb<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es les plus r\u00e9centes sont bas\u00e9es sur des s\u00e9diments form\u00e9s en  m\u00eame temps que l\u2019eau est remont\u00e9e. \u00abCes s\u00e9diments sont dat\u00e9s avec une  grande pr\u00e9cision gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9thode OC14, la dendrochronologie ou des  s\u00e9ries d\u2019uranium taurium (datation aux \u00e9l\u00e9ments radiog\u00e9niques). Malgr\u00e9 tout, on ne trouve aucun horizon synchrone de catastrophe, de  traces physiques qui t\u00e9moignent des cons\u00e9quences d\u2019un tel \u00e9v\u00e9nement.\u00bb  S\u00e9duisante, la th\u00e8se d\u2019une pluie de com\u00e8tes s\u2019\u00e9teint dans l\u2019oc\u00e9an de la  connaissance.<\/p>\n<h2>Katrina, d\u00e9luge contemporain<\/h2>\n<p>Mais d\u2019autres hypoth\u00e8ses expliquent l\u2019origine du d\u00e9luge. L\u2019ouragan  Katrina, qui s\u2019est abattu sur La Nouvelle-Orl\u00e9ans fin ao\u00fbt 2005, en  illustre le principe, poursuit le professeur Baumgartner, \u00abcar Katrina a  \u00e9t\u00e9 un d\u00e9luge\u00bb. Pr\u00e8s de deux mille morts, une ville submerg\u00e9e, des  centaines de milliers de d\u00e9plac\u00e9s. Que s\u2019est-il pass\u00e9? \u00abD\u2019une part, il y  a le contexte g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une remont\u00e9e des oc\u00e9ans due au r\u00e9chauffement.  D\u2019autre part, un \u00e9norme ouragan de classe maximale et un contexte de  mar\u00e9e de temp\u00eate. La basse pression a provoqu\u00e9 la mise en \u00e9quilibre du  niveau marin \u00e0 une pression \u00e9quivalente. L\u2019eau d\u00e9j\u00e0 haute est donc  remont\u00e9e encore plus.<br \/>\nLes digues n\u2019ayant pas \u00e9t\u00e9 construites en pr\u00e9vision d\u2019un tel ph\u00e9nom\u00e8ne,  cela a conduit \u00e0 la rupture. Les catastrophes, c\u2019est cela: une  conjonction de facteurs qui cassent un seuil. Et si les Etats-Unis, le  pays le plus avanc\u00e9 technologiquement, n\u2019a pu emp\u00eacher cette  catastrophe, imaginez ce qui se serait pass\u00e9 au Bangladesh.\u00bb<\/p>\n<p>Le sc\u00e9nario antique du d\u00e9luge s\u2019apparente \u00e0 ce processus et a pu se  produire un peu partout dans le monde \u00absur une p\u00e9riode d\u2019un \u00e0 trois  si\u00e8cles.\u00bb<\/p>\n<h2>La piste de la mer Noire<\/h2>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, la remont\u00e9e des eaux est globale. \u00abImaginez: si l\u2019on enl\u00e8ve  100 ou 130 m\u00e8tres de niveau marin, cela d\u00e9gage des zones immenses de  territoire. Et les c\u00f4tes se situent d\u00e8s lors \u00e0 des endroits bien  diff\u00e9rents. Autrefois, les riverains ont exp\u00e9riment\u00e9 cette mont\u00e9e. L\u2019eau  ne s\u2019est pas \u00e9lev\u00e9e \u00e0 une vitesse catastrophique, bien s\u00fbr, mais  lentement. Cependant, cette remont\u00e9e a provoqu\u00e9 au fur et \u00e0 mesure des  ruptures de seuil. Ce fut sans doute le cas pour le d\u00e9luge biblique que  l\u2019on situe dans la mer Noire.\u00bb<\/p>\n<p>La mer Noire \u00e9tait alors un lac, une cuvette d\u2019eau douce (on y trouve  encore des coquillages lacustres) qui se serait remplie tr\u00e8s rapidement  avec la mont\u00e9e de la M\u00e9diterran\u00e9e qui, via le Bosphore, aurait ouvert  une br\u00e8che o\u00f9 la mer s\u2019est engouffr\u00e9e. Les g\u00e9ologues William Ryan et  Walter Pitman avancent que ces eaux auraient eu la force de 200 chutes  du Niagara et que l\u2019eau est mont\u00e9e de 130 m\u00e8tres en un an.<\/p>\n<h2>Des preuves du ph\u00e9nom\u00e8ne<\/h2>\n<p>Peter Baumgartner est plus prudent. \u00abCertaines \u00e9tudes parlent d\u2019un  remplissage de 40 m\u00e8tres du niveau d\u2019eau sur 33 ans. C\u2019est moins  spectaculaire, mais cela reste tr\u00e8s violent.\u00bb Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que  l\u2019analyse sismique des fonds de la mer Noire atteste d\u2019\u00e9normes  mouvements sous-marins, de dunes de taille kilom\u00e9trique.<\/p>\n<p>Ceci confirmerait qu\u2019il y eut \u00e0 un moment donn\u00e9 un afflux d\u2019eau  violent pass\u00e9 par le Bosphore. \u00abLa question qui se pose est: quel a \u00e9t\u00e9  le d\u00e9clencheur?\u00bb Et, comme pour Katrina, l\u2019interpr\u00e9tation la plus probable est une  combinaison de facteurs. L\u00e0 aussi, une lente mont\u00e9e des mers, donc aussi  de la M\u00e9diterran\u00e9e, qui s\u2019est d\u2019abord d\u00e9vers\u00e9e dans le Bosphore. Puis  sous pression et l\u2019\u00e9rosion, la barri\u00e8re naturelle qui borde la mer Noire  (situ\u00e9e plus bas) a c\u00e9d\u00e9, ouvrant une br\u00e8che \u00e9norme et provoquant le  d\u00e9luge.<\/p>\n<h2>Les conditions \u00e9taient r\u00e9unies<\/h2>\n<p>Hypoth\u00e8se probable, mais Peter Baumgartner pr\u00e9f\u00e8re l\u2019explication sismique. \u00abLa faille nord-anatolienne passe tout pr\u00e8s du Bosphore, o\u00f9 les plaques  en mouvement ont d\u00e9j\u00e0 provoqu\u00e9 de terribles tremblements de terre comme  celui d\u2019Izmit en 1999. Les photos satellite montrent bien la structure.  Je pense donc que le d\u00e9clencheur du d\u00e9luge dans la mer Noire est  d\u2019origine tectonique, et que la rupture du seuil a \u00e9t\u00e9 provoqu\u00e9e par un  tremblement de terre.\u00bb<\/p>\n<p>Selon le professeur, toutes les conditions \u00e9taient r\u00e9unies: une eau tr\u00e8s  haute et une barri\u00e8re naturelle fragile. Car bien avant l\u2019arriv\u00e9e de  l\u2019homme, la cuvette de la mer Noire avait d\u00e9j\u00e0 connu plusieurs d\u00e9luges  dans l\u2019histoire de la Terre. \u00abLors du dernier interglaciaire, par  exemple, il y a 125 000 ans, le niveau \u00e9tait aussi haut qu\u2019aujourd\u2019hui,  voire plus haut.\u00bb Le bassin de la mer Noire a donc \u00e9t\u00e9 un lac puis une  mer avant de redevenir lac \u00e0 plusieurs reprises selon les p\u00e9riodes de  glaciation et de d\u00e9gel.<\/p>\n<p>\u00abLe dernier en date est peut-\u00eatre celui du d\u00e9luge biblique. Mais  globalement, rien n\u2019exclut que des ph\u00e9nom\u00e8nes identiques ne se soient  produits ailleurs sur la plan\u00e8te. Il y a pas mal de r\u00e9gions actuellement  o\u00f9 le fond de l\u2019eau varie entre z\u00e9ro et \u2013100 m\u00e8tres et qui \u00e9taient  jadis \u00e9merg\u00e9es.\u00bb Car vers \u2013 7000, le niveau de la mer n\u2019est que de  quelques dizaines de m\u00e8tres au-dessous du niveau z\u00e9ro actuel.<\/p>\n<h2>Des effets partout dans le monde<\/h2>\n<p>Peter Baumgartner n\u2019exclut pas qu\u2019une source locale, comme  une com\u00e8te ou un tremblement de terre, ait pu produire des tsunamis  dans le pass\u00e9. \u00abMais une vague qui oscille sur l\u2019oc\u00e9an se brise toujours  sur un continent. La terre reste un barrage important et le  raz-de-mar\u00e9e n\u2019est jamais global.\u00bb Ce qui est global, en revanche, ce  sont les variations eustatiques (qui affectent globalement le niveau de  la mer). Durant l\u2019holoc\u00e8ne, la mont\u00e9e des eaux a connu parfois des  acc\u00e9l\u00e9rations spectaculaires.<\/p>\n<p>\u00abSi les eaux n\u2019inondent pas tout en m\u00eame temps partout, elles ont des  effets similaires partout dans le monde au bout de quelques milliers  d\u2019ann\u00e9es. Prenez la Floride par exemple et ses \u00abKeys\u00bb au sud. Ce sont en fait d\u2019anciens lagons. Lorsque l\u2019eau \u00e9tait plus basse, les  Keys constituaient des cordons littoraux, de v\u00e9ritables barri\u00e8res  naturelles, et toute la r\u00e9gion situ\u00e9e entre les Florida Keys et les  Everglades \u00e9tait \u00e0 sec. La barri\u00e8re a rompu et la catastrophe fut  imm\u00e9diate. Cela est pour moi le fondement scientifique qui explique le  mythe du d\u00e9luge.\u00bb<\/p>\n<h2>De la mer Noire \u00e0 la mer Rouge<\/h2>\n<p>La Bible \u00e9voque un autre d\u00e9luge, celui qui s\u2019abat sur  l\u2019arm\u00e9e \u00e9gyptienne \u00e0 la poursuite du peuple d\u2019Isra\u00ebl lors de la fuite  d\u2019Egypte. La mer Rouge s\u2019\u00e9carte miraculeusement pour laisser passer  Mo\u00efse et les Isra\u00e9lites, puis se referme sur les chars de Pharaon. Les  preuves historiques de cette \u00e9pop\u00e9e n\u2019existent pas. Cependant, les  scientifiques se sont int\u00e9ress\u00e9s \u00e0 cette autre forme de submersion.<\/p>\n<p>\u00abScientifiquement, le r\u00e9cit est plausible, estime Peter Baumgartner. Il  faut savoir que le golfe de Suez est tr\u00e8s peu profond. C\u2019est un ancien  rift, une cassure entre l\u2019Afrique et la p\u00e9ninsule Arabe, inactive et  remplie de s\u00e9diments. A l\u2019autre bout de la mer, le golfe d\u2019Elat est  actif, lui.\u00bb<\/p>\n<p>D\u00e8s lors, on peut imaginer une \u00abmar\u00e9e exceptionnelle\u00bb: une mar\u00e9e de  temp\u00eate ou un tremblement de terre ont mis l\u2019eau de la mer en  oscillation, provoquant une sorte de tsunami. \u00abL\u2019eau se d\u00e9place comme  dans une baignoire agit\u00e9e et se retire \u00e0 certains endroits sur des  kilom\u00e8tres avant de revenir une demi-heure ou quelques heures apr\u00e8s. Le  retrait provisoire de la mer aurait peut-\u00eatre laiss\u00e9 le temps \u00e0 des  hommes de la traverser \u00e0 sec. Le va-et-vient de l\u2019eau dont nous parlons  va se produire \u00e0 plusieurs reprises et sur 20 \u00e0 30 kilom\u00e8tres. Les  B\u00e9douins ont pu observer ce ph\u00e9nom\u00e8ne et calculer le temps n\u00e9cessaire  pour traverser.\u00bb<\/p>\n<p>Etait-ce l\u00e0 l\u2019aide de Dieu? Cela, c\u2019est une autre histoire.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Michel Beuret<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La Bible l\u2019\u00e9voque dans la Gen\u00e8se, mais les mythes du monde entier relatent la catastrophe. Que s\u2019est-il pass\u00e9? Les scientifiques ont des id\u00e9es assez pr\u00e9cises aujourd\u2019hui. 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