{"id":7063,"date":"2016-01-21T08:13:24","date_gmt":"2016-01-21T06:13:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7063"},"modified":"2020-07-27T11:29:38","modified_gmt":"2020-07-27T09:29:38","slug":"lartiste-tel-un-braconnier-sur-le-campus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/lartiste-tel-un-braconnier-sur-le-campus\/","title":{"rendered":"L\u2019artiste, tel un braconnier sur le campus"},"content":{"rendered":"<p>Quand Tarik Hayward a investi le campus de l\u2019UNIL, il a int\u00e9gr\u00e9 l\u2019impr\u00e9vu dans sa d\u00e9marche artistique. Laur\u00e9at du Prix Casimir Reymond lors de la premi\u00e8re Triennale organis\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne, il a utilis\u00e9 l\u2019intervalle entre l\u2019exposition collective initi\u00e9e en 2013 et son intervention solitaire, inaugur\u00e9e en juin 2015, pour travailler non pas en atelier mais sur le campus lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>A la mani\u00e8re des paysans am\u00e9ricains des ann\u00e9es 20, il a moul\u00e9 des briques \u00e0 partir d\u2019une mixture artisanale d\u2019eau, de papier usag\u00e9 et de liant. Envisageant son \u0153uvre comme un processus \u00e0 la fois clandestin et \u00abvoyant\u00bb, susceptible d\u2019inqui\u00e9ter les passants, l\u2019artiste conceptuel a d\u00fb s\u2019adapter aux conditions climatiques et aux interactions impromptues avec les habitants du campus.<\/p>\n<p>Quand la Direction de l\u2019UNIL a lanc\u00e9 la Triennale, elle a accept\u00e9 le principe potentiellement perturbateur d&rsquo;un regard artistique port\u00e9 sur un environnement habituellement tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9. Nous avons voulu que le r\u00e9sultat de cette vision singuli\u00e8re puisse se d\u00e9ployer en r\u00e9sonance mais parfois aussi en dissonance, avec la communaut\u00e9. D\u00e8s la premi\u00e8re intervention collective, qui a rassembl\u00e9 vingt artistes dans un dialogue in\u00e9dit avec des lieux pr\u00e9alablement choisis par notre commissaire d\u2019exposition, l\u2019id\u00e9e d\u2019un questionnement de nos habitudes s\u2019est impos\u00e9e pour offrir aux collaborateurs, aux \u00e9tudiants et aux visiteurs un ensemble de regards inattendus sur le campus, un cheminement propre \u00e0 troubler un instant leurs pens\u00e9es, leurs occupations, leurs rep\u00e8res.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s ce moment spectaculaire et diversifi\u00e9, un temps de \u00abjach\u00e8re\u00bb a permis au laur\u00e9at de travailler pour proposer la troisi\u00e8me s\u00e9quence de cette Triennale sous la forme d\u2019une exposition monographique ax\u00e9e sur un processus de fabrication qui a marqu\u00e9, de semaine en semaine, le campus et ses habitants. Cette d\u00e9marche contredit l\u2019id\u00e9e d\u2019une sculpture solidement implant\u00e9e, close sur elle-m\u00eame et livr\u00e9e au moment de son ach\u00e8vement. Exposer le processus, plut\u00f4t que l\u2019objet fini, rel\u00e8ve d\u2019une d\u00e9marche revendiqu\u00e9e par Tarik Hayward dans un esprit \u00e0 la fois minimaliste et interventionniste, \u00e9voquant des crises pass\u00e9es, des choix de survie qu\u2019il assume \u00e0 son tour dans notre monde contemporain.<\/p>\n<p>Interpellant un public ancr\u00e9 sur le site de Dorigny, l\u2019artiste s\u2019est en outre impliqu\u00e9 dans une s\u00e9rie de conf\u00e9rences et de workshops avec les \u00e9tudiants en Histoire de l\u2019art de l\u2019UNIL et de l\u2019ECAL. Loin d\u2019\u00eatre un but en soi, l\u2019inauguration de son \u0153uvre sur l\u2019esplanade du Ch\u00e2teau de Dorigny, en juin 2015, marquait la fin d\u2019une intrigante aventure artistique, le d\u00e9nouement d\u2019une histoire \u00e0 la fois singuli\u00e8re et collective \u00e9tal\u00e9e pendant deux riches ann\u00e9es sur le campus de l\u2019universit\u00e9.<\/p>\n<p>Faut-il le rappeler ? La recherche scientifique s\u2019effectue elle aussi en d\u00e9calage avec la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9j\u00e0 connue ; cette prise de distance g\u00e9n\u00e8re de nouvelles perspectives et se heurte parfois \u00e0 l\u2019incompr\u00e9hension. Ce risque est \u00e9galement assum\u00e9 par les artistes, d\u2019une mani\u00e8re encore plus franche et directe, dans la mesure o\u00f9 leurs \u0153uvres expos\u00e9es peuvent plaire ou non, s\u00e9duire de prime abord ou s\u2019imposer de mani\u00e8re plus myst\u00e9rieuse, subir un rejet partiel, voire massif, temporaire ou durable. Notre libert\u00e9 d\u2019appr\u00e9cier ou non une \u0153uvre artistique est pr\u00e9cieuse comme l\u2019est celle du scientifique ou de l\u2019artiste qui cherchent \u00e0 bouger les lignes, quitte \u00e0 perturber nos croyances et nos certitudes. Dans le quotidien plomb\u00e9 par des \u00e9vidences, marqu\u00e9 par des d\u00e9cisions \u00e0 court terme et des contraintes qui semblent immuables, les chercheurs et les artistes peuvent montrer le chemin d\u2019un autre monde possible.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand Tarik Hayward a investi le campus de l\u2019UNIL, il a int\u00e9gr\u00e9 l\u2019impr\u00e9vu dans sa d\u00e9marche artistique. 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