{"id":7018,"date":"2016-01-21T08:20:35","date_gmt":"2016-01-21T06:20:35","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=7018"},"modified":"2020-07-27T15:09:45","modified_gmt":"2020-07-27T13:09:45","slug":"comparatisme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/comparatisme\/","title":{"rendered":"Comparatisme"},"content":{"rendered":"<p><em>Comme l\u2019affirment la plupart des chercheurs, la rigueur scientifique passe par l\u2019\u00e9laboration d\u2019une m\u00e9thodologie solide, mais aussi humble. Un fait qui n\u2019\u00e9chappe pas aux Sciences humaines, dont les chercheurs qui se r\u00e9clament du courant comparatiste n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 mettre \u00e0 mal certaines fa\u00e7ons d\u2019agir dans le monde acad\u00e9mique.<\/em><\/p>\n<p>Dans les Sciences humaines et sociales notamment, mais dans les sciences en g\u00e9n\u00e9ral, de nombreuses disciplines se r\u00e9clament de la pens\u00e9e comparatiste. Pour preuve, il n\u2019est pas rare de rencontrer bien des domaines ayant choisi d\u2019adjoindre l\u2019adjectif \u00e0 leur nomenclature, comme l\u2019Histoire compar\u00e9e, le Droit compar\u00e9 ou la Litt\u00e9rature compar\u00e9e. Reste que les termes choisis, quels qu\u2019ils soient, ne r\u00e9v\u00e8lent pas au grand public les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 et \u00e0 la difficult\u00e9 de d\u00e9finir la m\u00e9thode.<\/p>\n<p>\u00abCe que nous faisons se d\u00e9finit par l\u2019acte de comparer\u00bb, explique Ute Heidmann, professeure de Litt\u00e9rature compar\u00e9e \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et directrice du Centre de recherche en Langues et Litt\u00e9ratures europ\u00e9ennes compar\u00e9es (CLE). Un exemple ? Le conte, un terme tr\u00e8s souvent utilis\u00e9 pour englober aussi bien des contes de f\u00e9es que des mythes ou des fables. Des formes g\u00e9n\u00e9riques qui se diff\u00e9rencient pourtant d\u2019une \u00e9poque, d\u2019une langue et d\u2019une culture \u00e0 l\u2019autre. La d\u00e9marche comparatiste cherche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 mettre en lumi\u00e8re les diff\u00e9rences des genres, souligner l\u2019impact des langues sur les objets litt\u00e9raires et montrer comment ils \u00e9voluent dans le temps et dans l\u2019espace, parfois en r\u00e9ponse ou en contradiction avec d\u2019autres \u00e9crits.<\/p>\n<p>Le tout, pour avoir une vision de ce qu\u2019est le comparatisme, est de s\u2019int\u00e9resser aux nuances. A commencer par la d\u00e9nomination m\u00eame de la discipline, puisque la chercheuse pr\u00e9f\u00e8re parler de litt\u00e9ratures compar\u00e9es au pluriel, bien plus qu\u2019au singulier.<\/p>\n<p><strong>Question de m\u00e9thode<\/strong><\/p>\n<p>La m\u00e9thode comparatiste se distingue par sa vis\u00e9e, qui tend \u00e0 rapprocher les objets sans les classer selon l\u2019importance donn\u00e9e \u00e0 une langue, ainsi qu\u2019\u00e0 d\u00e9gager des rapports de ressemblance ou dissemblance. En somme, il s\u2019agit de regarder \u00e0 la loupe de quoi sont construits des \u00e9l\u00e9ments, deux textes par exemple, sans chercher \u00e0 n\u2019en tirer que des caract\u00e9ristiques communes. \u00abElles sont le plus souvent des constructions dont peu de personnes remettent en question la teneur id\u00e9ologique. Je pense que l\u2019adh\u00e9sion non critique \u00e0 de tels universaux d\u00e9montre une forme de paresse scientifique \u00bb, d\u00e9plore Ute Heidmann.<\/p>\n<p>Du c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9thode donc, le fondement de la r\u00e9flexion comparatiste consiste \u00e0 \u00eatre critique et explicite envers l\u2019exigence scientifique et la construction des objets de recherche. \u00ab Expliciter ses pr\u00e9suppos\u00e9s, dire ce que l\u2019on veut faire, pour quelles raisons et dans quel courant ou paradigme un chercheur s\u2019inscrit est tr\u00e8s important. C\u2019est la condition de base pour permettre le d\u00e9bat et tendre \u00e0 la rigueur scientifique. C\u2019est un exercice salutaire pour les Sciences humaines. D\u2019une certaine mani\u00e8re, c\u2019est aussi reconna\u00eetre ses limites\u00bb, affirme Ute Heidmann.<\/p>\n<p><strong>Eviter les \u00e9tiquettes<\/strong><\/p>\n<p>\u00abComparer, c\u2019est \u00eatre dans la nuance.\u00bb C\u2019est ainsi que le professeur de Litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de Fribourg Thomas Hunkeler concluait sa pr\u00e9sentation lors du colloque international sur le comparatisme organis\u00e9 en novembre dernier \u00e0 Lausanne. Etre dans la nuance, c\u2019est \u00e9viter de ranger les objets dans des cat\u00e9gories d\u2019analyse trop larges pour les chercheurs qui se r\u00e9clament de la pens\u00e9e comparatiste. Mais c\u2019est aussi aborder des objets pour lesquels les scientifiques disposent de plusieurs comp\u00e9tences. Comparer un texte germanophone avec un francophone, oui, mais seulement si les scientifiques ma\u00eetrisent les deux langues, afin de mener \u00e0 bien une analyse rigoureuse. \u00abLes personnes qui enseignent aujourd\u2019hui la litt\u00e9rature mondiale sous l\u2019\u00e9tiquette de la litt\u00e9rature compar\u00e9e peuvent surprendre. Car qui a les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour traiter un corpus aussi immense et complexe\u00bb conclut Ute Heidmann.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Comme l\u2019affirment la plupart des chercheurs, la rigueur scientifique passe par l\u2019\u00e9laboration d\u2019une m\u00e9thodologie solide, mais aussi humble. 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