{"id":6773,"date":"2015-09-24T08:22:40","date_gmt":"2015-09-24T06:22:40","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=6773"},"modified":"2020-07-27T09:37:25","modified_gmt":"2020-07-27T07:37:25","slug":"nutrigenomique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/nutrigenomique\/","title":{"rendered":"Nutrig\u00e9nomique"},"content":{"rendered":"<p><em>\u00abDis-moi quel est ton h\u00e9ritage g\u00e9n\u00e9tique, je te dirai ce que tu dois manger.\u00bb Une promesse qui pourrait, d\u2019ici \u00e0 quelques ann\u00e9es, devenir r\u00e9alit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la nutrig\u00e9nomique. Cette science, relativement nouvelle, s\u2019int\u00e9resse aux interactions entre le g\u00e9nome et l\u2019alimentation.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019importance de la nourriture pour la sant\u00e9, ainsi que pour la pr\u00e9vention de maladies cardio-m\u00e9taboliques comme le diab\u00e8te, l\u2019hypertension ou l\u2019infarctus du myocarde, est connue depuis longtemps. Mais la possibilit\u00e9, depuis les ann\u00e9es 2000, de s\u00e9quencer le g\u00e9nome humain complet, la baisse drastique des co\u00fbts de l\u2019op\u00e9ration \u2013 pass\u00e9s de pr\u00e8s de 1 million de dollars \u00e0 1000 dollars en l\u2019espace de 15 ans \u2013 et le d\u00e9veloppement de technologies comme la bioinformatique permettent aujourd\u2019hui d\u2019\u00e9tudier les liens entre le g\u00e9nome (ensemble de l\u2019information g\u00e9n\u00e9tique) et l\u2019alimentation de mani\u00e8re bien plus approfondie.<\/p>\n<p>Nos g\u00e8nes peuvent en effet fortement influencer la fa\u00e7on dont nous m\u00e9tabolisons les nutriments. \u00abIl existe une multitude d\u2019aliments face auxquels nous ne sommes pas tous \u00e9gaux\u00bb, affirme Murielle Bochud, m\u00e9decin-cheffe \u00e0 l\u2019Institut universitaire de m\u00e9decine sociale et pr\u00e9ventive. La scientifique travaille actuellement sur la sensibilit\u00e9 \u00e0 la caf\u00e9ine et au sel. En fonction des variations g\u00e9n\u00e9tiques port\u00e9es, le m\u00e9tabolisme de ces deux substances, et donc les cons\u00e9quences sur la sant\u00e9, peuvent fortement varier d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre. Ses recherches montrent \u00e9galement que la caf\u00e9ine semble avoir un effet protecteur contre l\u2019hypertension art\u00e9rielle, ce qui est plut\u00f4t \u00abcontre-intuitif\u00bb, conc\u00e8de la sp\u00e9cialiste en \u00e9pid\u00e9miologie g\u00e9n\u00e9tique. \u00abNous tentons actuellement de d\u00e9terminer si cet effet positif peut varier en fonction du g\u00e9nome de chacun.\u00bb<\/p>\n<p>Fondateur du Centre int\u00e9gratif de g\u00e9nomique de l\u2019UNIL et auteur d\u2019un ouvrage sur la nutrig\u00e9nomique*, Walter Wahli \u00e9tudie la mani\u00e8re dont le foie, au niveau g\u00e9n\u00e9tique, r\u00e9pond \u00e0 des changements brusques de nourriture. In utero, le b\u00e9b\u00e9 est en effet expos\u00e9 \u00e0 une alimentation riche en sucres puis, \u00e0 la naissance, il commence \u00e0 s\u2019alimenter avec du lait, bien plus gras. \u00abL\u2019adaptation du syst\u00e8me m\u00e9tabolique doit se faire presque instantan\u00e9ment\u00bb, affirme le professeur honoraire \u00e0 l\u2019UNIL. Puis vient le sevrage, au cours duquel les sucres redeviennent pr\u00e9pond\u00e9rants. \u00abNous avons d\u00e9couvert qu\u2019\u00e0 la fin de la gestation, le foie se pr\u00e9pare d\u00e9j\u00e0 \u00e0 recevoir une nourriture grasse. Certains g\u00e8nes s\u2019activent et permettent de produire des enzymes capables de dig\u00e9rer les lipides.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019alimentation peut \u00e9galement modifier, durablement ou non, une partie du patrimoine g\u00e9n\u00e9tique. L\u2019environnement nutritionnel auquel une m\u00e8re est expos\u00e9e pendant la grossesse peut par exemple influencer l\u2019expression des g\u00e8nes du b\u00e9b\u00e9. Les femmes enceintes ayant surv\u00e9cu \u00e0 la famine aux Pays-Bas au cours de l\u2019hiver 1944-1945, ont donn\u00e9 naissance \u00e0 des enfants pourvus de modifications dites \u00ab\u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques\u00bb, les pr\u00e9disposant \u00e0 de nombreuses maladies m\u00e9taboliques, notamment le diab\u00e8te et l\u2019ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Un march\u00e9 prometteur<\/strong><br \/>\n\u00abCe que nous aimerions comprendre, c\u2019est pourquoi, \u00e0 repas \u00e9gal, deux individus ne r\u00e9pondent pas exactement de la m\u00eame mani\u00e8re aux denr\u00e9es ing\u00e9r\u00e9es\u00bb, affirme Walter Wahli. L\u2019objectif serait de pouvoir ensuite proposer une nutrition personnalis\u00e9e en fonction du g\u00e9nome de chacun, \u00abune th\u00e9matique \u00e0 laquelle l\u2019industrie agro\u00adalimentaire s\u2019int\u00e9resse de tr\u00e8s pr\u00e8s\u00bb, poursuit le sp\u00e9cialiste en endocrinologie mol\u00e9culaire. En \u00e9tudiant la nutrig\u00e9nomique, les deux chercheurs souhaitent avant tout pr\u00e9venir les maladies. \u00abLa pand\u00e9mie d\u2019ob\u00e9sit\u00e9 r\u00e9sulte d\u2019une inad\u00e9quation entre les r\u00e9gimes alimentaires modernes et notre patrimoine g\u00e9n\u00e9tique, qui n\u2019a que tr\u00e8s peu \u00e9volu\u00e9 depuis l\u2019apparition du genre Homo il y a environ de 2,8 millions d\u2019ann\u00e9es. On estime que d\u2019ici peu, pr\u00e8s de 8% de la population adulte mondiale souffrira de diab\u00e8te. Il faut donc imp\u00e9rativement axer nos efforts sur la pr\u00e9vention. Cette derni\u00e8re ne pourra se faire qu\u2019en d\u00e9terminant plus pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019alimentation la plus b\u00e9n\u00e9fique pour une population donn\u00e9e\u00bb, conclut le scientifique.<\/p>\n<p>*La nutrig\u00e9nomique dans votre assiette.\u00a0Par Walter Wahli et Nathalie Constantin.\u00a0De Boeck (2011), 228 p.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abDis-moi quel est ton h\u00e9ritage g\u00e9n\u00e9tique, je te dirai ce que tu dois manger.\u00bb Une promesse qui pourrait, d\u2019ici \u00e0 quelques ann\u00e9es, devenir r\u00e9alit\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 la nutrig\u00e9nomique. 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