{"id":6770,"date":"2015-09-24T08:25:56","date_gmt":"2015-09-24T06:25:56","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=6770"},"modified":"2015-09-15T16:32:06","modified_gmt":"2015-09-15T14:32:06","slug":"quand-larcheologue-tombe-sur-des-os","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/quand-larcheologue-tombe-sur-des-os\/","title":{"rendered":"Quand l&rsquo;arch\u00e9ologue tombe sur des os"},"content":{"rendered":"<p><em>Rencontre avec Caroline Anderes, en compl\u00e9ment de l\u2019article paru dans Allez savoir ! 61 (septembre 2015).<\/em><\/p>\n<p><strong>Quel est la gen\u00e8se votre ouvrage, qui vient de para\u00eetre aux Cahiers d\u2019arch\u00e9ologie romande ?<\/strong><\/p>\n<p>Mon m\u00e9moire de licence en arch\u00e9ologie, termin\u00e9 en 2002, portait sur la tabletterie gallo-romaine du Mus\u00e9e romain de Lausanne-Vidy. Ce dernier m\u2019a mandat\u00e9 pour approfondir ce travail, au-del\u00e0 des objets d\u00e9j\u00e0 reconnus en tant qu\u2019artefacts. Dans ce but, j\u2019ai explor\u00e9 la faune du site de Lousonna. C\u2019est \u00e0 dire les restes d\u2019origine animale.<\/p>\n<p><strong>Comment avez-vous proc\u00e9d\u00e9 ?<\/strong><\/p>\n<p>Lors des fouilles, les arch\u00e9ologues d\u00e9capent des couches. Tout ce qui est trouv\u00e9 dans un niveau se voit attribuer un num\u00e9ro d\u2019inventaire, avant d\u2019\u00eatre plac\u00e9 dans des sachets. Ces derniers, mis en cartons, remplissent des m\u00e8tres et des m\u00e8tres dans des entrep\u00f4ts. J\u2019ai ouvert un \u00e0 un ce qui provenait du vicus de Lousonna. Il a fallu trier patiemment parmi la c\u00e9ramique et l\u2019os\u2026<\/p>\n<p><strong>Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n<p>Parfois, les arch\u00e9ologues doivent effectuer des fouilles de sauvetage. C\u2019est arriv\u00e9 \u00e0 Vidy avant la construction de l\u2019autoroute, en 1964. Dans ce genre de cas, faute de temps et de moyens, les fouilles ne sont pas \u00e9labor\u00e9es. C\u2019est \u00e0 dire que le minutieux travail de nettoyage, de tri et d\u2019inventaire post-fouilles n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 fait. Ces situations d\u2019urgence emp\u00eachent de conna\u00eetre de quelle couche, donc de quelle \u00e9poque, proviennent les objets. La valeur scientifique a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite. D\u2019autre fois, par m\u00e9connaissance, des artefacts de tabletterie n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 reconnus en tant que tels. En effet, cet artisanat suscitait tr\u00e8s peu d\u2019int\u00e9r\u00eat dans le pass\u00e9. Toutefois, trois m\u00e9moires de licence de l\u2019UNIL, dont le mien, ont port\u00e9 sur ce sujet. Un p\u00f4le de comp\u00e9tences se d\u00e9veloppe petit \u00e0 petit. De plus, j\u2019ai donn\u00e9 des cours d\u2019introduction \u00e0 la tabletterie aux \u00e9tudiants en arch\u00e9ologie, afin de les sensibiliser \u00e0 cette question.<\/p>\n<p><strong>Il existe tr\u00e8s peu de publications sur la tabletterie. Pourquoi ?<\/strong><\/p>\n<p>C\u2019est une lacune comme il en existe quelques-unes en arch\u00e9ologie. Il faut dire que l\u2019arch\u00e9ologie moderne, n\u00e9e dans les ann\u00e9es 60, avait besoin de marqueurs temporels. Les pi\u00e8ces de monnaie le sont, tout comme la c\u00e9ramique. Gr\u00e2ce \u00e0 cette derni\u00e8re, vous pouvez parfois dater une couche \u00e0 cinq ans pr\u00e8s. La tabletterie ne permet pas cela.<\/p>\n<p><strong>D\u2019o\u00f9 vient votre int\u00e9r\u00eat pour cet artisanat ?<\/strong><\/p>\n<p>Ces objets sont des tremplins vers la vie quotidienne. J\u2019aime l\u2019id\u00e9e de renouer avec cette mati\u00e8re premi\u00e8re \u00e0 priori ingrate. La tabletterie existe depuis des mill\u00e9naires. Ainsi, ma grand-m\u00e8re poss\u00e9dait des crochets en os dans son n\u00e9cessaire de couture. Maintenant, le plastique a remplac\u00e9 les mati\u00e8res animales et les connaissances se perdent.<\/p>\n<p><strong>Dans votre ouvrage, vous donnez de nombreux d\u00e9tails sur les techniques des tabletiers. Avez-vous pratiqu\u00e9 l\u2019arch\u00e9ologie exp\u00e9rimentale ?<\/strong><\/p>\n<p>Pas personnellement. Mais dans le cadre d\u2019une recherche arch\u00e9o-anthropologique men\u00e9e \u00e0 l\u2019UNIL en 2004, j\u2019ai pu me rendre au N\u00e9pal. J\u2019y ai rencontr\u00e9 des artisans en tabletterie qui travaillent &#8211; un peu &#8211; comme \u00e0 l\u2019\u00e9poque gallo-romaine. M\u00eame si les tours ne sont plus actionn\u00e9s \u00e0 la main, mais gr\u00e2ce \u00e0 un moteur. Dans la vieille ville de Katmandou, j\u2019ai pu voir que les ateliers sont tr\u00e8s petits. Dans l\u2019un d\u2019eux, il n\u2019y avait aucune odeur, malgr\u00e9 les probl\u00e8mes que peut poser la mati\u00e8re premi\u00e8re, qui provient des abattoirs. Dans d\u2019autres endroits, c\u2019\u00e9tait beaucoup plus p\u00e9nible. La tabletterie peut donc \u00eatre une source de nuisances pour le voisinage. C\u2019\u00e9tait probablement le cas \u00e0 Lousonna d\u00e9j\u00e0.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6693\" aria-describedby=\"caption-attachment-6693\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignleft\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/09\/tabletterie_61.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6693\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/09\/tabletterie_61.jpg\" alt=\"La tabletterie gallo-romaine \u00e0 Lousonna. Par Caroline Anderes. 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