{"id":675,"date":"2006-10-03T13:37:32","date_gmt":"2006-10-03T11:37:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=675"},"modified":"2010-11-12T11:40:46","modified_gmt":"2010-11-12T09:40:46","slug":"la-genetique-et-la-vigne-un-assemblage-prometteur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/la-genetique-et-la-vigne-un-assemblage-prometteur\/","title":{"rendered":"La g\u00e9n\u00e9tique et la vigne, un assemblage prometteur"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/08\/vigne.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-676\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/08\/vigne.jpg\" alt=\"La g\u00e9n\u00e9tique et la vigne, un assemblage prometteur \" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/08\/vigne.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2010\/08\/vigne-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>La g\u00e9n\u00e9tique permet de plonger aux origines de nos vignobles. Elle  nous aide encore \u00e0 luttre contre les maladies, \u00e0 diminuer les pesticides  et \u00e0 choisir les meilleurs plants, explique Jos\u00e9 Vouillamoz.<\/em><\/p>\n<p>La connaissance du patrimoine viticole et de son origine: voil\u00e0 ce qui  int\u00e9resse Jos\u00e9 Vouillamoz, un passionn\u00e9, par ailleurs amateur tr\u00e8s  \u00e9clair\u00e9 du produit de la vigne. Il a voyag\u00e9 en Arm\u00e9nie, en G\u00e9orgie, en  Turquie, \u00e0 la recherche de vieux c\u00e9pages et de vignes sauvages.<\/p>\n<p>Ce Docteur \u00e8s Sciences de l\u2019Universit\u00e9 de Lausanne et actuel chercheur \u00e0  l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel a pass\u00e9 r\u00e9cemment un an \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 de  Californie de Davis. Pourquoi la Californie? \u00abParce que c\u2019est l\u2019un des grands centres mondiaux de comp\u00e9tences dans  l\u2019analyse de profils g\u00e9n\u00e9tiques de la vigne\u00bb, explique le chercheur.  C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il a men\u00e9 \u00e0 bien l\u2019\u00e9tude qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les origines  vald\u00f4taines du Cornalin du Valais.<\/p>\n<p>Avec sa coll\u00e8gue Claire Arnold de l\u2019Universit\u00e9 de Neuch\u00e2tel, il vient  par ailleurs d\u2019achever, gr\u00e2ce au soutien financier du Secr\u00e9tariat d\u2019Etat  \u00e0 la recherche (SER), l\u2019\u00e9tablissement des profils g\u00e9n\u00e9tiques de tous  les individus du genre Vitis en Suisse: la Swiss Vitis Microsatellite  Database (SVMD) est d\u00e9sormais disponible sur internet.<\/p>\n<h2>Comprendre les maladies, diminuer les pesticides<\/h2>\n<p>Ses d\u00e9couvertes ne se limitent pas aux vins valaisans.  Elles ont aussi des applications techniques. \u00abElles permettent de  comprendre comment s\u2019h\u00e9ritent les r\u00e9sistances aux maladies, avec la  perspective de diminuer l\u2019utilisation de pesticides, explique-t-il.  Conna\u00eetre la parent\u00e9 d\u2019un c\u00e9page permet \u00e9galement d\u2019en cr\u00e9er de nouveaux  en \u00e9vitant de croiser un parent avec son enfant, ce qui, quelle que  soit l\u2019esp\u00e8ce, ne donne rien de bon.\u00bb<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces nouvelles connaissances, on pourra aussi mieux pr\u00e9server des  c\u00e9pages jusque-l\u00e0 inconnus, vieux ou locaux \u2013 les cinq ou six c\u00e9pages  donnant la majorit\u00e9 des vins en vente dans les supermarch\u00e9s mondiaux  \u00e9tant loin d\u2019\u00eatre repr\u00e9sentatifs de la vari\u00e9t\u00e9 existant dans le monde.<\/p>\n<h2>La carte d\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un c\u00e9page<\/h2>\n<p>Depuis une dizaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019\u00e9tablissement de la carte  d\u2019identit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique d\u2019un c\u00e9page permet de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision sa  parent\u00e9, pour autant que les parents existent encore. C\u2019est un \u00e9norme travail, co\u00fbteux en temps et en argent.  Une ann\u00e9e aura ainsi \u00e9t\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 Jos\u00e9 Vouillamoz pour \u00e9tablir d\u2019une  part que le Cornalin du Valais (connu jusqu\u2019en 1972 sous le nom de  Rouge du Pays) est issu du croisement du Mayolet et du Petit Rouge, deux  c\u00e9pages vald\u00f4tains, et pour \u00e9tablir que, d\u2019autre part, le Cornalin  d\u2019Aoste et l\u2019Humagne rouge sont en r\u00e9alit\u00e9 un seul et m\u00eame c\u00e9page, fils  du Cornalin du Valais \u2013 l\u2019autre parent \u00e9tant inconnu.<\/p>\n<p>La technique est celle qui est utilis\u00e9e pour les tests de paternit\u00e9 chez  les humains. \u00abEn simplifiant, il s\u2019agit d\u2019isoler puis d\u2019examiner (apr\u00e8s  amplification par PCR ou Polymerase Chain Reaction) des zones de  r\u00e9p\u00e9tition (aussi appel\u00e9es microsatellites) de l\u2019ADN d\u2019un \u00abindividu\u00bb  donn\u00e9. Ces zones de l\u2019ADN ne portent pas de message g\u00e9n\u00e9tique, mais  elles sont variables d\u2019un individu \u00e0 l\u2019autre. En mesurant la longueur  des zones en question (nombre de mol\u00e9cules), on obtient des chiffres,  caract\u00e9ristiques de l\u2019individu. C\u2019est le profil g\u00e9n\u00e9tique qui est  constitu\u00e9 de plusieurs microsatellites, pr\u00e9sentant chacun un ou deux  caract\u00e8res h\u00e9rit\u00e9s du p\u00e8re et de la m\u00e8re.\u00bb<\/p>\n<h2>La production de clones<\/h2>\n<p>Dater les croisements est cependant impossible et seule la  recherche historique peut donner une id\u00e9e de l\u2019\u00e2ge d\u2019un c\u00e9page, dont  tous les individus sont des clones. La vigne, comme beaucoup d\u2019autres  plantes, se reproduit en effet sexuellement mais aussi de mani\u00e8re  v\u00e9g\u00e9tative, sans croisement, donc sans sexualit\u00e9. Artificiellement, on  pratique d\u2019ailleurs de m\u00eame, par le marcottage ou bouturage qui  produisent aussi des clones, 100 % identiques \u00e0 la plante d\u2019origine.  Toute reproduction sexu\u00e9e produirait en effet des caract\u00e8res nouveaux.<\/p>\n<p>\u00abPar exemple, en croisant du Merlot avec un autre c\u00e9page, ou m\u00eame avec  un autre pied de Merlot, on n\u2019obtient plus du Merlot mais le fils du  Merlot, et celui-ci n\u2019aurait pas les m\u00eames qualit\u00e9s que son p\u00e8re,  explique le biologiste. En Valais, pour r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer un vignoble, on pratique encore  les versannes, op\u00e9ration qui consiste \u00e0 coucher la plante enti\u00e8re et \u00e0  en enterrer les sarments. Une fois sous terre, ceux-ci cr\u00e9ent de  nouvelles racines et rejaillissent plus loin, donnant naissance \u00e0  plusieurs clones.\u00bb<\/p>\n<h2>La g\u00e9n\u00e9tique du Pinot<\/h2>\n<p>La technique du clonage, qui permet de conserver les  qualit\u00e9s d\u2019un plant, est connue depuis plus de 3000 ans avant J.-C. \u00abAu  d\u00e9part de chaque c\u00e9page se trouve une seule et unique graine (p\u00e9pin) qui  donne une plante. Cette plante est propag\u00e9e, parfois pendant des  si\u00e8cles, par multiplication v\u00e9g\u00e9tative, donnant des nouveaux pieds  presque 100% identiques \u00e0 la plante initiale. A ceci pr\u00e8s qu\u2019au cours  de ces centaines de milliers de clonages successifs, des mutations  ponctuelles peuvent appara\u00eetre, \u00e0 un endroit qui a, ou non, une fonction  visible pour l\u2019homme. Dans 98 % des cas environ, ces mutations arrivent  dans des endroits de l\u2019ADN qui ne codent pour rien du tout, ce qui est  le cas pour une bonne partie de l\u2019ADN. Ou alors, ces emplacements de la cha\u00eene codent pour des  syst\u00e8mes biochimiques dont l\u2019effet n\u2019est pas d\u00e9tect\u00e9 visuellement. Seuls  1 ou 2% arrivent dans des endroits visibles.\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est ce qui se produit par exemple avec le Pinot, gris, blanc ou  noir, tr\u00e8s difficiles \u00e0 diff\u00e9rencier avant la formation des grappes. \u00abAu  cours des r\u00e9actions biochimiques qui forment les pigments, si une  enzyme est mal form\u00e9e, la couleur se perd. D\u2019un point de vue g\u00e9n\u00e9tique,  il s\u2019agit donc d\u2019un seul c\u00e9page, qui a subi des mutations de couleur,  tout le reste de l\u2019ADN \u00e9tant identique.\u00bb<\/p>\n<h2>\u00abChoisir le bon clone pour un terroir donn\u00e9\u00bb<\/h2>\n<p>A la longue, ces clonages \u00e0 r\u00e9p\u00e9tition ont pour effet de  tr\u00e8s grandes variations de qualit\u00e9. C\u2019est la raison pour laquelle  l\u2019ad\u00e9quation terroir \/ c\u00e9page n\u2019est pas suffisante. Pour Jos\u00e9  Vouillamoz, il faut s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019ad\u00e9quation clone \/ terroir.<\/p>\n<p>\u00abChacun sait que la petite Arvine se porte tr\u00e8s bien sur les coteaux  valaisans de moyenne altitude. Mais il existe maintenant une  cinquantaine de s\u00e9lections de clones diff\u00e9rents de ce c\u00e9page, fait-il  remarquer. Le Pinot, lui, en a au moins 200, qui pr\u00e9sentent  d\u2019importantes diff\u00e9rences qualitatives. Certains sont tr\u00e8s productifs,  donnent des vins fluides, aqueux et sans int\u00e9r\u00eat, d\u2019autres sont peu  productifs, ont des petites grappes tr\u00e8s compactes et donnent un fruit  extraordinaire. D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de choisir le bon clone pour un  terroir donn\u00e9. Ce qui suppose un travail \u00e9norme, qui peut prendre des  ann\u00e9es d\u2019essais dans les vignobles et de microvinifications.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gilles<\/p>\n<p style=\"text-align: left\"><strong>En savoir plus:<br \/>\n\u00abOrignine g\u00e9n\u00e9tique des c\u00e9pages valaisans: les surpises de l&rsquo;ADN\u00bb<\/strong>, sur <a href=\"https:\/\/www.histoireduvin.ch\/col_03_l_veuillamoz\">www.histoireduvin.ch\/col_03_l_veuillamoz<\/a><\/p>\n<p>La Swiss Vitis Microsatellite Database (SVMMD) est disponible sur Internet: <a href=\"https:\/\/www.unine.ch\/nccr\/svmd\">www.unine.ch\/nccr\/svmd<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La g\u00e9n\u00e9tique permet de plonger aux origines de nos vignobles. 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