{"id":6212,"date":"2015-01-21T08:23:24","date_gmt":"2015-01-21T06:23:24","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=6212"},"modified":"2015-01-13T12:35:12","modified_gmt":"2015-01-13T10:35:12","slug":"le-retour-discret-du-redoutable-grand-duc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-retour-discret-du-redoutable-grand-duc\/","title":{"rendered":"Le retour discret du redoutable Grand-duc"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_6145\" aria-describedby=\"caption-attachment-6145\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6145\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_1.jpg\" alt=\"Les 80 \u00e0 100 couples d\u00e9nombr\u00e9s en Suisse ne suffisent pas \u00e0 assurer la sauvegarde de l\u2019esp\u00e8ce. \u00a9 Kletr \/ Shutterstock\" width=\"590\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_1.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_1-260x260.jpg 260w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_1-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_1-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6145\" class=\"wp-caption-text\">Les 80 \u00e0 100 couples d\u00e9nombr\u00e9s en Suisse ne suffisent pas \u00e0 assurer la sauvegarde de l\u2019esp\u00e8ce. \u00a9 Kletr \/ Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Chass\u00e9, houspill\u00e9, tortur\u00e9, le ma\u00eetre de la for\u00eat avait fini par dispara\u00eetre du canton de Vaud. Il revient majestueusement, accueilli comme un pape par les amateurs et les scientifiques. En Suisse, toutefois, ses effectifs ne sont de loin pas assez nombreux pour le placer \u00e0 l\u2019abri de la disparition.<\/em><\/p>\n<p>Une envergure fr\u00f4lant le m\u00e8tre 90, des serres effil\u00e9es gigantesques, un vol parfaitement silencieux, de grands yeux orange qui scannent la nuit en m\u00eame temps que ses hululements r\u00e9p\u00e9titifs: le Hibou grand-duc, renomm\u00e9 Grand-duc d\u2019Europe, fascine. Au moins autant qu\u2019il effraie. Comme le loup et l\u2019ours, il est devenu mythique tout en s\u2019effa\u00e7ant peu \u00e0 peu de nos paysages.<\/p>\n<p>C\u2019est qu\u2019\u00e0 force d\u2019\u00eatre maltrait\u00e9, le plus grand rapace nocturne du monde a fini par s\u2019\u00e9clipser. \u00abLe Grand-duc n\u2019a probablement jamais compl\u00e8tement disparu de Suisse, mais on ne le voyait pas, on ne savait pas o\u00f9 le trouver\u00bb, explique Pierre-Alain Ravussin, sp\u00e9cialiste des chouettes et des hiboux et biologiste, qui a obtenu une licence en Sciences naturelles \u00e0 l\u2019UNIL.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6104\" aria-describedby=\"caption-attachment-6104\" style=\"width: 386px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6104\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/RavussinRoulet_59.jpg\" alt=\"Pierre-Alain Ravussin et Albertine Roulet. Sp\u00e9cialiste des chouettes et des hiboux, biologiste. Biologiste, assistante de recherche \u00e0 hepia. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"386\" height=\"384\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/RavussinRoulet_59.jpg 386w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/RavussinRoulet_59-261x260.jpg 261w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/RavussinRoulet_59-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/RavussinRoulet_59-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 386px) 100vw, 386px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6104\" class=\"wp-caption-text\">Pierre-Alain Ravussin et Albertine Roulet. Sp\u00e9cialiste des chouettes et des hiboux, biologiste. Biologiste, assistante de recherche \u00e0 hepia. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>Aujourd\u2019hui, le <em>Bubo bubo<\/em> se montre \u00e0 nouveau, timidement. Trois couples ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le canton de Vaud. Dont un \u00e0 Saint-Triphon. Et cette fois-ci, plut\u00f4t que de le chasser ou de le crucifier sur une porte, on lui a d\u00e9roul\u00e9 le tapis rouge. Ou presque. En effet, les membres du spectacle Fabrikk de Karl\u2019sK\u00fchne Gassenschau (KKG), pr\u00e9vu le 19 mai 2015 \u00e0 la carri\u00e8re des Andonces, se sont d\u00e9p\u00each\u00e9s de monter leur d\u00e9cor \u00e0 l\u2019automne dernier afin de permettre au couple de roucouler durant l\u2019hiver. De fin novembre \u00e0 avril, interdiction de travailler \u00e0 proximit\u00e9 des amoureux pour pr\u00e9server les chances de reproduction.<\/p>\n<p>\u00abC\u2019est la somme des mesures prises pour leur protection qui, petit \u00e0 petit, portent leurs fruits, se r\u00e9jouit Daniel Cherix, biologiste et professeur honoraire \u00e0 l\u2019UNIL. Mais aussi et surtout, le fait qu\u2019on ait pris conscience de la rar\u00e9faction de l\u2019esp\u00e8ce. Les personnes sensibilis\u00e9es n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 transmettre leurs observations. Les chiffres que l\u2019on peut avancer sur les rapaces nocturnes, qui sont rares, existent en grande partie gr\u00e2ce aux amateurs qui passent du temps \u00e0 les recenser. Il faut leur rendre hommage.\u00bb<\/p>\n<p>Cependant, le professeur note que 80 \u00e0 100 couples d\u00e9nombr\u00e9s en Suisse ne suffisent pas \u00e0 la sauvegarde du Grand-duc. Il en faudrait beaucoup plus pour l\u2019estimer \u00e0 l\u2019abri d\u2019une disparition. \u00abTant qu\u2019on parle d\u2019une centaine de couples, son avenir reste incertain. Idem pour le loup. S\u2019il y a bien recolonisation, il n\u2019y a pas encore de s\u00e9curit\u00e9\u00a0pour que l\u2019esp\u00e8ce survive \u00e0 moyen terme. Toutefois, le Grand-duc a plus de chance de survivre en Suisse que le loup, tr\u00e8s clairement.\u00bb Car cet oiseau impressionnant a plus d\u2019un tour sous son aile.<\/p>\n<p>En Suisse, il est apparu dans la premi\u00e8re loi sur la protection des animaux, en 1925. En m\u00eame temps que l\u2019Aigle royal et le loup. Au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle, son principal probl\u00e8me, c\u2019\u00e9tait la chasse. Tuer l\u2019oiseau \u00e9tait \u00abconsid\u00e9r\u00e9 comme un acte de salubrit\u00e9\u00bb, explique Pierre-Alain Ravussin. De plus, l\u2019\u00e9norme rapace \u00e9tait un troph\u00e9e de choix. \u00abQuand j\u2019\u00e9tais conservateur au Mus\u00e9e de zoologie de Lausanne, j\u2019ai visit\u00e9 toutes les collections scientifiques que poss\u00e9daient les coll\u00e8ges et gymnases du canton de Vaud, se souvient Daniel Cherix. Et j\u2019ai d\u00e9couvert entre 150 et 200 Grands-ducs empaill\u00e9s, un chiffre \u00e9norme. Les chasseurs les tiraient et les offraient \u00e0 l\u2019enseignant comme mat\u00e9riel de d\u00e9monstration.\u00bb<\/p>\n<p>Symbole de la sagesse chez les Grecs, du malheur chez les Romains, le rapace nocturne aux allures aristocratiques intriguait d\u00e9j\u00e0 l\u2019Homme il y a 30 000 ans. \u00abDans la grotte de Chauvet en Ard\u00e8che (France), on a retrouv\u00e9 une repr\u00e9sentation de Grand-duc, aux c\u00f4t\u00e9s de bisons, mammouths et autres mammif\u00e8res. Comme il n\u2019est pas mangeable, il devait figurer autre chose&#8230;\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une force de la nature<\/strong><\/p>\n<p>Le premier catalogue des oiseaux de Suisse listait huit sites vaudois occup\u00e9s par l\u2019animal en 1860. \u00abD\u00e8s lors, il n\u2019y a pas eu une donn\u00e9e de Grand-duc qui n\u2019ait \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9e, r\u00e9pertori\u00e9e, pr\u00e9cis\u00e9e. On a un suivi exceptionnel pour cet oiseau\u00bb, s\u2019anime Pierre-Alain Ravussin. Un suivi qui montre que les effectifs du rapace n\u2019ont fait que de diminuer. Parce qu\u2019apr\u00e8s l\u2019avoir chass\u00e9, l\u2019humain a compliqu\u00e9 son existence en fragmentant son territoire, en l\u2019empoisonnant \u00e0 cause de ses pesticides dans les cultures ou encore en \u00e9levant des c\u00e2bles de t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique o\u00f9 il s\u2019\u00e9lectrocute. N\u00e9anmoins, ce qui a peut-\u00eatre sauv\u00e9 Ma\u00eetre hibou (oui, dans Bambi, il s\u2019agit d\u2019un Grand-duc), c\u2019est sa formidable capacit\u00e9 d\u2019adaptation&#8230; \u00e0 l\u2019Homme.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6167\" aria-describedby=\"caption-attachment-6167\" style=\"width: 386px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6167\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/AubortCherix_59.jpg\" alt=\"Daniel Aubort et Daniel Cherix. Photographe. Biologiste et professeur honoraire. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"386\" height=\"383\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/AubortCherix_59.jpg 386w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/AubortCherix_59-262x260.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/AubortCherix_59-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 386px) 100vw, 386px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6167\" class=\"wp-caption-text\">Daniel Aubort et Daniel Cherix. Photographe. Biologiste et professeur honoraire. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00abCette esp\u00e8ce supporte bien la captivit\u00e9 et se reproduit tr\u00e8s vite, affirme Pierre-Alain Ravussin. Cela a permis de rel\u00e2cher des individus dans des quantit\u00e9s d\u2019endroits, en Suisse, en France et en Allemagne. Parfois de mani\u00e8re aberrante. En Allemagne du Sud par exemple, on a l\u00e2ch\u00e9 des Grands-ducs dans tous les coins. Ils ont d\u2019embl\u00e9e montr\u00e9 des comportements assez particuliers.\u00bb<\/p>\n<p>Alors qu\u2019on l\u2019avait toujours vu se reproduire vers les grandes falaises, dans des milieux sauvages, il s\u2019est install\u00e9 dans des petites gravi\u00e8res, au pied de murs. Opportuniste, le carnivore habitu\u00e9 aux li\u00e8vres et aux rapaces diurnes allait m\u00eame attraper des rats dans les d\u00e9charges. \u00abIl est capable de nicher en ville, pr\u00e9cise le biologiste. Quatre couples se reproduisent dans l\u2019agglom\u00e9ration d\u2019Helsinki, o\u00f9 ils mangent des pigeons. Un terrain ouvert permettant des d\u00e9placements faciles et des rep\u00e9rages de proies, avec des arbres pour se cacher, c\u2019est l\u2019id\u00e9al.\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi l\u2019an pass\u00e9, dans la cit\u00e9 d\u2019Yverdon, un Grand-duc solitaire a fait son march\u00e9 tous les soirs dans un dortoir communautaire de milliers de corneilles, freux et autres choucas. \u00abJe pense qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019un jeune. Il attrapait un oiseau par nuit. Apr\u00e8s deux mois, la communaut\u00e9 est partie ailleurs\u00bb, relate Pierre-Alain Ravussin.<\/p>\n<p><strong>Gros pondeur<\/strong><\/p>\n<p>Le retour d\u2019un tel glouton, qui p\u00e8se environ trois kilos \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et peut avaler des h\u00e9rissons voire des renardeaux, va-t-il donc provoquer des ravages au sein de la faune? Au contraire, selon Daniel Cherix, cela restructure toute la cha\u00eene alimentaire. \u00abLes superpr\u00e9dateurs \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire les animaux qui, une fois adultes n\u2019ont pas de pr\u00e9dateurs, comme le loup, l\u2019ours, le grand requin blanc et le Grand-duc \u2013 sont des r\u00e9gulateurs d\u2019autres pr\u00e9dateurs, ce qui favorise la biodiversit\u00e9. C\u2019est lorsqu\u2019ils disparaissent que cela devient dangereux, car les m\u00e9sopr\u00e9dateurs (les pr\u00e9dateurs secondaires comme le renard et l\u2019hermine) augmentent et poussent au d\u00e9s\u00e9quilibre aux \u00e9tages inf\u00e9rieurs.\u00bb Par ailleurs, puisqu\u2019il ne s\u2019attaque ni aux animaux domestiques, ni aux animaux de rente, sa r\u00e9apparition n\u2019inqui\u00e8te pas les paysans.<\/p>\n<p>Plus fort encore, le r\u00e9chauffement climatique ne fait ni chaud ni froid au Grand-duc, qui supporte la chaleur estivale aussi bien que la neige hivernale. En Finlande ou sous un climat m\u00e9diterran\u00e9en, il s\u2019adapte. \u00abIl n\u2019est pas limit\u00e9 par la latitude ou la longitude, observe Pierre-Alain Ravussin. On le trouve au-del\u00e0 du cercle polaire arctique et jusqu\u2019en Afrique du Nord. C\u2019est une esp\u00e8ce \u00e0 r\u00e9partition tr\u00e8s large.\u00bb<\/p>\n<p>Autre d\u00e9tail d\u2019importance qui participe \u00e0 sa survie: sa reproduction efficace. La femelle Grand-duc pond chaque ann\u00e9e deux \u00e0 quatre \u0153ufs, \u00abcontrairement au gypa\u00e8te et \u00e0 l\u2019aigle qui n\u2019ont qu\u2019un petit \u00e0 la fois\u00bb, souligne Pierre-Alain Ravussin. En g\u00e9n\u00e9ral, Monsieur et Madame restent fid\u00e8les. Et tr\u00e8s territoriaux. Si le milieu est ad\u00e9quat et qu\u2019ils se reproduisent sans \u00eatre d\u00e9rang\u00e9s, ils se montreront casaniers et s\u00e9dentaires.<\/p>\n<p>\u00abLes plus vieux couples sont ceux qui r\u00e9ussissent le mieux \u00e0 se reproduire, indique le biologiste. Ce sont deux terreurs pour leurs voisins. Ils forment une association tr\u00e8s efficace contre les pr\u00e9dateurs. Le m\u00e2le, toujours plus petit que la femelle, attaque sans aucune difficult\u00e9 un Grand corbeau qui tenterait de voler sa prog\u00e9niture, et assure son ravitaillement. La femelle s\u2019occupe aussi de d\u00e9fendre le nid, mais \u00e9galement de l\u2019incubation et de la surveillance des jeunes.\u00bb<br \/>\nMadame Grand-duc choisit son m\u00e2le d\u00e8s le mois de janvier, quand les pr\u00e9tendants se mettent \u00e0 hululer pour l\u2019attirer. Des sortes de \u00abUhu\u00bb (comme son nom en allemand) profonds et p\u00e9n\u00e9trants. \u00abLorsque le couple s\u2019est form\u00e9, s\u2019il \u00e9choue \u00e0 sa t\u00e2che de reproducteur, puis de ravitailleur et d\u00e9fenseur, la femelle risque de le quitter.\u00bb Pendant l\u2019accouplement, qui a lieu entre les mois de f\u00e9vrier et mars, Monsieur hulule des \u00abuhu\u00bb et Madame crie des \u00abooooo\u00bb. Un comportement que l\u2019on retrouve chez les Chouettes hulottes, ajoute le sp\u00e9cialiste, mais pas chez les autres esp\u00e8ces de rapaces nocturnes.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6143\" aria-describedby=\"caption-attachment-6143\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-6143\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_3.jpg\" alt=\"La Suisse est divis\u00e9e en un peu plus de 450 carr\u00e9s de 10 km sur 10 km dans lesquels on tente de prouver la pr\u00e9sence de l\u2019esp\u00e8ce en p\u00e9riode de reproduction, soit f\u00e9vrier \u00e0 juin pour le Grand-duc. En rouge, les zones o\u00f9 il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 lors de l\u2019enqu\u00eate 2013-2016 pour l\u2019Atlas des oiseaux nicheurs de Suisse (en cours), alors qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9sent lors de l\u2019enqu\u00eate 1993-1996. En orange, les nouvelles pr\u00e9sences trouv\u00e9es. En vert, les r\u00e9gions o\u00f9 l\u2019oiseau a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 lors des deux enqu\u00eates. Un carr\u00e9 peut signifier la pr\u00e9sence de plusieurs couples. \u00a9 Station ornithologique suisse de Sempach. Relief \u00a9 Institut pour la cartographie, ETH Zurich\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_3.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2015\/01\/hiboux_59_3-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6143\" class=\"wp-caption-text\">La Suisse est divis\u00e9e en un peu plus de 450 carr\u00e9s de 10 km sur 10 km dans lesquels on tente de prouver la pr\u00e9sence de l\u2019esp\u00e8ce en p\u00e9riode de reproduction, soit f\u00e9vrier \u00e0 juin pour le Grand-duc. En rouge, les zones o\u00f9 il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9 lors de l\u2019enqu\u00eate 2013-2016 pour l\u2019Atlas des oiseaux nicheurs de Suisse (en cours), alors qu\u2019il \u00e9tait pr\u00e9sent lors de l\u2019enqu\u00eate 1993-1996. En orange, les nouvelles pr\u00e9sences trouv\u00e9es. En vert, les r\u00e9gions o\u00f9 l\u2019oiseau a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 lors des deux enqu\u00eates. Un carr\u00e9 peut signifier la pr\u00e9sence de plusieurs couples. \u00a9 Station ornithologique suisse de Sempach. Relief \u00a9 Institut pour la cartographie, ETH Zurich<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Si puissant et si fragile<\/strong><\/p>\n<p>Ce colosse intelligent, au plumage mim\u00e9tique qui le fait se fondre dans presque tous les paysages, a pourtant ses faiblesses. Entre autres, il doit consommer de nombreux animaux pour garder de l\u2019\u00e9nergie. \u00abIl faut qu\u2019il puisse trouver assez de proies disponibles, rel\u00e8ve Daniel Cherix. Mais aussi qu\u2019il ne soit pas d\u00e9rang\u00e9. Une fois qu\u2019une esp\u00e8ce colonise un milieu, ce sont ces deux facteurs qui vont \u00eatre d\u00e9cisifs \u00e0 sa survie.\u00bb<\/p>\n<p>Si la nourriture semble aujourd\u2019hui abondante, elle peut encore contenir des pesticides n\u00e9fastes. Les d\u00e9g\u00e2ts des PCB (polychlorobiph\u00e9nyles), des m\u00e9taux lourds anciennement utilis\u00e9s dans les cultures, se font encore ressentir. \u00abL\u2019ann\u00e9e prochaine, la Conf\u00e9d\u00e9ration abordera la question de la r\u00e9duction des pesticides fortement utilis\u00e9s en agriculture. On va rentrer dans une nouvelle p\u00e9riode, qui pourrait donner des chances suppl\u00e9mentaires aux esp\u00e8ces sensibles, comme le Grand-duc.\u00bb Les amateurs d\u2019ornithologie curieux peuvent aussi devenir de v\u00e9ritables plaies pour le rapace nocturne. Un afflux de photographes durant la couvaison d\u00e9range la m\u00e8re qui reste sur le qui-vive en permanence et s\u2019\u00e9puise. Elle est m\u00eame capable d\u2019abandonner ses \u0153ufs si elle consid\u00e8re que le lieu trop fr\u00e9quent\u00e9 inclut un trop grand danger.<\/p>\n<p>\u00abIl faut proscrire deux \u00e9l\u00e9ments lorsque l\u2019on observe un rapace nocturne: les phares, qui effraient, et la repasse, \u00e0 savoir diffuser un enregistrement de son chant pour le faire venir\u00bb, insiste Pierre-Alain Ravussin. En effet, le m\u00e2le va croire qu\u2019un concurrent le nargue sur son territoire et s\u2019\u00e9nerver dans les airs \u00e0 sa recherche pour rien, plut\u00f4t que d\u2019aller d\u00e9fendre la femelle en phase d\u2019incubation, qui peut \u00eatre attaqu\u00e9e par un v\u00e9ritable intrus.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est surtout un sport de plus en plus tendance qui affole les Grands-ducs: la grimpe, qui se pratique d\u00e8s avril, moment o\u00f9 les jeunes vivent encore dans le nid. \u00abIls occupent les falaises des rochers qui sont maintenant assaillies par les grimpeurs, critique Pierre-Alain Ravussin. On \u00e9quipe de nombreuses voies, on les r\u00e9pertorie, on incite les gens \u00e0 y aller. Si le grimpeur passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un nid, la femelle s\u2019en va. Et l\u00e0, les Grands corbeaux viennent manger les \u0153ufs.\u00bb Il a fallu des ann\u00e9es pour que l\u2019OFEV publie des recommandations pour ne pas g\u00eaner le Grand t\u00e9tras, malmen\u00e9 par les skieurs hors piste et les randonneurs. Daniel Cherix remarque que pour l\u2019instant, bien que l\u2019on s\u2019int\u00e9resse plus \u00e0 lui, \u00abce n\u2019est pas encore ancr\u00e9 totalement dans les m\u0153urs de ne pas d\u00e9ranger le Grand-duc \u00bb.<\/p>\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/tout-sur-la-vie-des-rapaces-nocturnes-en-suisse\/\">Tout sur la vie des rapaces nocturnes en Suisse<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chass\u00e9, houspill\u00e9, tortur\u00e9, le ma\u00eetre de la for\u00eat avait fini par dispara\u00eetre du canton de Vaud. Il revient majestueusement, accueilli comme un pape par les amateurs et les scientifiques. En &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":6142,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[718,42145],"tags":[39529],"class_list":{"0":"post-6212","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-nature","8":"category-no-59","9":"tag-virginie-jobe"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6212","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=6212"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/6212\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/6142"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=6212"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=6212"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=6212"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}