{"id":5986,"date":"2014-09-25T08:09:02","date_gmt":"2014-09-25T06:09:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5986"},"modified":"2014-09-19T10:25:28","modified_gmt":"2014-09-19T08:25:28","slug":"qui-sont-les-grands-dirigeants-du-sport","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/qui-sont-les-grands-dirigeants-du-sport\/","title":{"rendered":"Qui sont les grands dirigeants du sport?"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_5804\" aria-describedby=\"caption-attachment-5804\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5804\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/sport_58_1.jpg\" alt=\"Sepp Blatter. Le Valaisan est \u00e0 la t\u00eate de la prestigieuse et  influente F\u00e9d\u00e9ration  internationale de football association (FIFA). Ici, pendant la demi-finale Br\u00e9sil-Allemagne, le 8 juillet 2014. \u00a9 Chen Jianli\/Xinhua\/Keystone\" width=\"590\" height=\"454\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/sport_58_1.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/sport_58_1-338x260.jpg 338w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5804\" class=\"wp-caption-text\">Sepp Blatter. Le Valaisan est \u00e0 la t\u00eate de la prestigieuse et<br \/>influente F\u00e9d\u00e9ration internationale de football association (FIFA). Ici, pendant la demi-finale Br\u00e9sil-Allemagne, le 8 juillet 2014. \u00a9 Chen Jianli\/Xinhua\/Keystone<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ils sont puissants et m\u00e9connus. Dans l\u2019ombre des athl\u00e8tes qui occupent les podiums et les m\u00e9dias, les grands patrons du sport b\u00e9n\u00e9ficient n\u00e9anmoins d\u2019un pouvoir consid\u00e9rable, comme l\u2019explique un professeur de l\u2019UNIL, qui publie l\u2019une des tr\u00e8s rares \u00e9tudes sur ces leaders particuliers.<\/p>\n<p>\u00abAncien athl\u00e8te de pr\u00e9f\u00e9rence. Ni jeune, ni Suisse, ni femme. Amoureux du sport, passionn\u00e9 de politique, d\u2019\u00e9conomie et de management. D\u00e9mocratique sur la forme. B\u00e9n\u00e9vole, mais avec des privil\u00e8ges garantis. R\u00e9sidant dans l\u2019arc l\u00e9manique.\u00bb Tel est le pedigree \u00abclassique\u00bb du grand patron d\u2019une organisation sportive internationale.C\u2019est, en tout cas, le profil que dessine Emmanuel Bayle, professeur en gestion du sport \u00e0 l<a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/issul\" target=\"_blank\">\u2019Institut des sciences du sport<\/a> de l\u2019UNIL (ISSUL), qui est le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre d\u2019un des premiers ouvrages \u00e0 s\u2019int\u00e9resser aux grands dirigeants qui fa\u00e7onnent le sport.<\/p>\n<p>Autant de personnalit\u00e9s souvent m\u00e9connues, peu \u00e9tudi\u00e9es, voire pas du tout, car difficiles d&rsquo;acc\u00e8s et qui, malgr\u00e9 leur pouvoir et leur influence consid\u00e9rables, \u00e9voluent dans l\u2019ombre des grands athl\u00e8tes. Et souvent dans nos contr\u00e9es, puisque la plupart des f\u00e9d\u00e9rations des sports olympiques poss\u00e8dent leur si\u00e8ge en Suisse (20 sur 35) et plus particuli\u00e8rement \u00e0 Lausanne, o\u00f9 tr\u00f4nent le Comit\u00e9 international olympique (CIO) et le Tribunal arbitral du sport (TAS).<\/p>\n<p>Si la Suisse est le centre n\u00e9vralgique, le c\u0153ur des institutions sportives, olympiques et mondiales, elle fournit beaucoup moins de patrons. Aujourd\u2019hui, il n\u2019y a que trois pr\u00e9sidents suisses en poste: le Valaisan Joseph S. Blatter \u00e0 la t\u00eate de la F\u00e9d\u00e9ration internationale de football association (FIFA), la plus influente et plus prestigieuse; le Fribourgeois Ren\u00e9 Fasel, \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration internationale de hockey sur glace (IIHF) et le Grison Gian-Franco Kasper, \u00e0 la F\u00e9d\u00e9ration internationale de ski (FIS).<\/p>\n<h2>1. Qui sont les \u00abgrands\u00bb dirigeants du sport?<\/h2>\n<p>\u00abGrand\u00bb dirigeant, l\u2019originalit\u00e9 r\u00e9side dans le titre. Habituellement, quand on parle de sport, on \u00e9voque l&rsquo;athl\u00e8te ou la performance. Et on oublie souvent de mentionner ceux qui d\u00e9cident, dirigent ou gouvernent. \u00abLe terme de dirigeant, pr\u00e9cise le professeur Emmanuel Bayle, doit se comprendre comme une personne \u00e9lue et b\u00e9n\u00e9vole, dans la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des cas, au sein d&rsquo;un conseil d\u2019administration d&rsquo;une institution sportive au statut associatif, comme les f\u00e9d\u00e9rations nationales et internationales, ainsi que les comit\u00e9s olympiques et le CIO. Il s&rsquo;agit \u00e9galement du propri\u00e9taire ou du dirigeant \u00e0 la t\u00eate d&rsquo;un club professionnel ou d&rsquo;un grand \u00e9v\u00e9nement sportif.\u00bb<\/p>\n<p>Selon le professeur de l\u2019UNIL, un \u00abgrand\u00bb dirigeant doit se comprendre dans les deux sens du terme: d&rsquo;une part, les personnes \u00e0 la t\u00eate des plus grandes organisations ou institutions du sport. D&rsquo;autre part, les personnes qui sont \u00e0 la t\u00eate de ces structures priv\u00e9es et qui, par leurs parcours, leurs d\u00e9cisions, le d\u00e9veloppement de leur organisation, marquent de leur empreinte le monde du sport, voire au-del\u00e0.<\/p>\n<p><strong>Les grands d\u00e9buts<\/strong><br \/>\nIl n&rsquo;existe pas un grand dirigeant type, mais des dirigeants aux parcours divers, vari\u00e9s et qui ont d\u00fb se positionner face aux dichotomies: sport\/argent et sport\/politique. \u00abDans un premier temps, entre la fin du XIXe si\u00e8cle et 1950,il y a eu l\u2019institutionnalisation du mouvement sportif international. Pierre de Coubertin pose ses valises \u00e0 Lausanne pour fonder le CIO. Jules Rimet, pr\u00e9sident de la FIFA durant trente-trois ans, cr\u00e9e la Coupe du monde de football. Et, en Suisse, Francis Messerli (le fondateur du Comit\u00e9 olympique suisse en 1912, <em>ndlr<\/em>) fait la promotion de l\u2019olympisme, de l\u2019activit\u00e9 physique et sportive, et d\u00e9fend l\u2019apolitisme et l\u2019amateurisme.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Les pionniers du sport-business<\/strong><br \/>\nEntre 1960 et 1980, les pionniers du sport-business changent les codes de commercialisation du sport. On assiste alors au \u00abd\u00e9veloppement du sponsoring, du merchandising, du travail de la marque et \u00e0 l&rsquo;organisation de nouvelles comp\u00e9titions. A cette \u00e9poque, des dirigeants comme Thierry Sabine cr\u00e9ent le Paris-Dakar, et Bernie Ecclestone imagine un nouveau marketing pour la Formule 1. Durant cette p\u00e9riode, apparaissent les premiers experts en marketing du sport. Le meilleur exemple parmi les grands dirigeants, c&rsquo;est Philippe Chatrier. Il est pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise de tennis, de la F\u00e9d\u00e9ration internationale de tennis ainsi que propri\u00e9taire et gestionnaire de Roland-Garros. Il a su cr\u00e9er les conditions pour que le tennis se d\u00e9veloppe en r\u00e9injectant l\u2019argent r\u00e9colt\u00e9 dans la f\u00e9d\u00e9ration. C\u2019est ce qu\u2019on appelle aujourd\u2019hui le mod\u00e8le Chatrier.\u00bb<\/p>\n<p>Il faut ajouter \u00e0 cette liste les deux derniers pr\u00e9sidents de la FIFA (Jo\u00e3o Havelange et Joseph S. Blatter) qui ont radicalement modifi\u00e9 le visage du football, \u00abpar des transformations politiques, manag\u00e9riales, \u00e9conomiques et identitaires\u00bb. Le football se d\u00e9veloppe sur l\u2019ensemble de la plan\u00e8te gr\u00e2ce \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision et \u00e0 de nombreux sponsors. Le chiffre d\u2019affaires de la f\u00e9d\u00e9ration fait un bond \u00e9norme, passant de 5,6 millions de dollars US en 1974 \u00e0 3800 millions aujourd&rsquo;hui, selon le rapport de gestion de la FIFA 2012. Et le nombre de collaborateurs travaillant dans son administration passe de 70 en 1998 \u00e0 plus de 400 \u00e0 la fin 2013!<\/p>\n<p><strong>L\u2019av\u00e8nement du sport-spectacle<\/strong><br \/>\nFinalement, \u00ables ann\u00e9es 2000 marquent l\u2019av\u00e8nement du sport-spectacle dans un contexte de globalisation et de mondialisation. Les BRICS (Br\u00e9sil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) accueillent ou vont accueillir les plus grands \u00e9v\u00e9nements, sans oublier le Qatar avec sa strat\u00e9gie de \u201csport-power\u201d men\u00e9e par la famille r\u00e9gnante Al-Thani. C&rsquo;est un changement radical pour l&rsquo;avenir du sport.\u00bb<\/p>\n<p>Sport, argent et politique, l\u2019essentiel est de r\u00e9ussir. Alors, forc\u00e9ment, beaucoup de ces dirigeants ont \u00e9t\u00e9, ou sont critiqu\u00e9s, comme les anciens pr\u00e9sidents Rub\u00e9n Acosta (volley-ball), Primo Nebiolo (athl\u00e9tisme), Jo\u00e3o Havelange et Joseph Blatter (football). \u00abM\u00eame s\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 contest\u00e9s, \u00e0 tort ou \u00e0 raison, ils ont \u00e9t\u00e9 de grands dirigeants du sport. Un grand dirigeant construit, d\u00e9veloppe et agrandit sa f\u00e9d\u00e9ration, soit avec des \u00e9v\u00e9nements, soit avec des projets. Le Mexicain Acosta a d\u00e9velopp\u00e9 le volley-ball, on ne peut pas le nier. M\u00eame s&rsquo;il r\u00e9gnait peut-\u00eatre en ma\u00eetre sur son sport, avec un pouvoir autocratique, il a fait du volley-ball et du \u201cbeach\u201d un beau produit commercial.\u00bb<\/p>\n<h2>2. Il y a peu de Suisses au pouvoir<\/h2>\n<p>Si la Suisse est li\u00e9e \u00e0 l\u2019histoire du sport moderne, elle n\u2019a fourni \u2013 paradoxalement \u2013 que peu de dirigeants capables de marquer leur f\u00e9d\u00e9ration comme le fait J.S. Blatter actuellement. Il y a bien eu Hans Baumann, L\u00e9on Bouffard, Denis Oswald, Eug\u00e8ne Empeyta, Charles Thoeni, Arthur Gander, Max Sillig, Fritz Kratz, Max Burgi, Kurt Hasler ou encore James Koch, qui ont tous en commun d&rsquo;\u00eatre Suisses et d&rsquo;avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sidents de f\u00e9d\u00e9rations internationales, mais jamais avec l&rsquo;aura d&rsquo;un Juan Antonio Samaranch (CIO), d\u2019un Bernie Ecclestone (F1) ou d\u2019un Philippe Chatrier (tennis). \u00abEn Suisse, il y a eu de grands dirigeants nationaux et de comit\u00e9s olympiques, comme Messerli, par exemple, l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle\u00bb, r\u00e9sume le professeur Bayle.<\/p>\n<p>Maigre compensation, il y a beaucoup d\u2019Helv\u00e8tes membres du CIO, mais avec moins de pouvoir. \u00abOswald a eu de l\u2019influence, mais le dirigeant majeur, aux c\u00f4t\u00e9s de Samaranch, c\u2019\u00e9tait Richard Pound. Ce Canadien moins connu a \u00e9t\u00e9 le grand argentier du CIO et le premier pr\u00e9sident de l\u2019Agence mondiale antidopage. Il a trait\u00e9 tous les gros dossiers \u00e9conomiques (droits de t\u00e9l\u00e9vision et marketing) en v\u00e9ritable lieutenant de Samaranch.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Le Suisse? Un homme de l\u2019ombre<\/strong><br \/>\nDans les arcanes du sport, le Suisse est plut\u00f4t un homme de l\u2019ombre, discret, efficace et de dossiers. \u00abFran\u00e7ois Carrard, en tant que directeur g\u00e9n\u00e9ral, a eu une importance majeure au CIO. Il a eu beaucoup d&rsquo;influence comme de nombreux autres Suisses secr\u00e9taires g\u00e9n\u00e9raux ou directeurs de f\u00e9d\u00e9rations internationales ou au CIO. Ce sont de grands managers, mais pas de grands dirigeants \u00e0 mon sens.\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame constat pour les clubs professionnels. Difficile de citer un pr\u00e9sident embl\u00e9matique qui aurait vraiment d\u00e9velopp\u00e9 son club et qui aurait laiss\u00e9 une trace majeure sur le plan europ\u00e9en ou international, comme ont pu le faire Santiago Bernab\u00e9u (Real Madrid), ou, \u00e0 un degr\u00e9 moindre, un Jean-Michel Aulas \u00e0 Lyon. Au FC B\u00e2le, Gisela \u00abGigi\u00bb Oeri a surtout offici\u00e9 comme m\u00e9c\u00e8ne.<\/p>\n<p>Pourtant, indiscutablement, la Suisse joue un r\u00f4le central dans le management du sport depuis des ann\u00e9es, et notamment Lausanne en tant que capitale mondiale de l\u2019administration du sport. \u00abLes institutions ont tendance \u00e0 engager des directeurs ou des cadres qui vivent en Suisse ou qui ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s ici.\u00bb Les formations de management sont nombreuses, telles que le Centre international d\u2019\u00e9tude du sport (CIES), l\u2019Acad\u00e9mie internationale des sciences et techniques du sport (AISTS), l\u2019Institut de hautes \u00e9tudes en administration publique (IDHEAP), et plus r\u00e9cemment le master en gestion du sport propos\u00e9 au sein de la Facult\u00e9 des sciences sociales et politiques de l\u2019UNIL. Elles permettent de former des \u00e9tudiants au plus pr\u00e8s des grandes institutions sportives.<\/p>\n<figure id=\"attachment_5803\" aria-describedby=\"caption-attachment-5803\" style=\"width: 386px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5803\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/EmmanuelBayle.jpg\" alt=\"Emmanuel Bayle. Professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut des sciences du sport. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"386\" height=\"385\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/EmmanuelBayle.jpg 386w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/EmmanuelBayle-261x260.jpg 261w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/EmmanuelBayle-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/EmmanuelBayle-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 386px) 100vw, 386px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5803\" class=\"wp-caption-text\">Emmanuel Bayle. Professeur associ\u00e9 \u00e0 l\u2019Institut des sciences du sport. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<h2>\n3. Un ancien athl\u00e8te fait-il un grand dirigeant?<\/h2>\n<p>\u00abQuand on veut diriger une f\u00e9d\u00e9ration, il est pr\u00e9f\u00e9rable de poss\u00e9der un parcours sportif: avoir particip\u00e9 aux Jeux ou encore mieux, avoir \u00e9t\u00e9 m\u00e9daill\u00e9.\u00bb C\u2019est le cas de l\u2019ancien pr\u00e9sident du CIO Jacques Rogge (skipper lors des JO de 1968, 1972 et 1976) et de l\u2019actuel patron Thomas Bach (qui a remport\u00e9 la m\u00e9daille d\u2019or au fleuret par \u00e9quipe aux JO de 1976). \u00abLa l\u00e9gitimit\u00e9 est encore plus forte lorsque l&rsquo;on a \u00e9t\u00e9 un sportif embl\u00e9matique comme Michel Platini, l&rsquo;actuel pr\u00e9sident de l&rsquo;UEFA. Il a occup\u00e9 de nombreux postes: joueur (trois fois Ballon d\u2019or), s\u00e9lectionneur de l&rsquo;\u00e9quipe de France, organisateur de la Coupe du monde en 1998 et vice-pr\u00e9sident de la f\u00e9d\u00e9ration fran\u00e7aise\u00bb, poursuit Emmanuel Bayle.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres ont souvent un pass\u00e9 d&rsquo;arbitre, comme Ren\u00e9 Fasel ou Yvan Mainini, qui pr\u00e9side la F\u00e9d\u00e9ration internationale de basket depuis 2010.<\/p>\n<p>Les ant\u00e9c\u00e9dents sportifs dans les institutions sont sans doute plus importants que la capacit\u00e9 manag\u00e9riale. \u00abC\u2019est une certitude! Avec cette l\u00e9gitimit\u00e9, si on est un peu un animal politique, on peut arriver \u00e0 ses fins&#8230; Encore faut-il passer le plus souvent par le niveau national avant de pouvoir parvenir \u00e0 l&rsquo;international. C&rsquo;est, en quelque sorte, un parcours initiatique \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du syst\u00e8me. De plus, au-del\u00e0 du titre et de la fonction officielle, les dirigeants peuvent se positionner tr\u00e8s diff\u00e9remment. Il y a des pr\u00e9sidents de f\u00e9d\u00e9rations internationales qui sont juste des pr\u00e9sidents de \u201crepr\u00e9sentation\u201d, des hommes de communication; d\u2019autres sont des pr\u00e9sidents plus strat\u00e8ges et d\u2019autres encore sont de v\u00e9ritables PDG qui ont besoin de diriger l\u2019administration, de ma\u00eetriser, de contr\u00f4ler&#8230;\u00bb<\/p>\n<h2>4. Quels sports cr\u00e9ent le plus de dirigeants?<\/h2>\n<p>Les domaines plus traditionnels, moins professionnels, moins m\u00e9diatiques, o\u00f9 l\u2019argent se fait plus rare \u2013 comme l\u2019escrime ou l\u2019aviron \u2013 ont tendance \u00e0 produire davantage de dirigeants et de managers. \u00abLes anciens sportifs de ce type de sport non professionnel montrent peut-\u00eatre plus d\u2019engagement dans leur sport, avant et apr\u00e8s leur carri\u00e8re sportive. L\u2019origine des formations des dirigeants des f\u00e9d\u00e9rations est tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne: ils viennent du droit, du management, de la m\u00e9decine, ou du monde politique. Ce ne sont pas des capitaines d\u2019industrie. Au contraire des clubs professionnels o\u00f9 c\u2019est tr\u00e8s clair. Ce sont toujours des chefs d\u2019entreprise, car prendre le pouvoir dans un club professionnel de football ou de hockey, que ce soit en Suisse ou ailleurs, c\u2019est prendre la t\u00eate d\u2019une quasi-chambre de commerce locale, et \u00eatre en lien direct avec les politiques, avec la population. C&rsquo;est poss\u00e9der un outil de communication et de relations publiques assez unique.\u00bb<\/p>\n<h2>5. Et les grandes dirigeantes du sport?<\/h2>\n<p>M\u00eame si les pratiques f\u00e9minines se g\u00e9n\u00e9ralisent, dans de nombreux pays et de nombreuses \u00e9preuves, le sport institutionnel reste conservateur et tr\u00e8s masculin. Pour Emmanuel Bayle, le bilan est alarmant: \u00abIl y a trop peu de femmes qui, sur le plan international, occupent des postes de pr\u00e9sidentes de f\u00e9d\u00e9rations. C\u2019est un univers peut-\u00eatre un peu machiste, bien plus ferm\u00e9 que la politique ou le monde \u00e9conomique. Lorsque les femmes ont des postes, ils ne sont ni majeurs, ni d\u00e9terminants. On note cependant quelques \u00e9volutions&#8230; A la FIFA, il y a d\u00e9sormais trois femmes dans le conseil d\u2019administration.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019explication est simple: \u00abLe stock de dirigeants est \u00e0 98% masculin, et l\u2019on \u00e9lit des personnes qui sont dans ce stock\u00bb. Difficile de trouver des femmes. Pionni\u00e8re en la mati\u00e8re, la F\u00e9d\u00e9ration internationale de curling a choisi l&rsquo;Ecossaise Kate Caithness comme pr\u00e9sidente depuis 2010. Mais cette nomination n\u2019en annonce pas des dizaines d\u2019autres. Car m\u00eame si la pratique f\u00e9minine a gagn\u00e9 ses lettres de noblesse, avec le tennis par exemple, o\u00f9 il y a d\u00e9sormais parit\u00e9 dans les revenus gagn\u00e9s par les athl\u00e8tes, et m\u00eame si le football f\u00e9minin va poursuivre son d\u00e9veloppement mondial, \u00abil y aura toujours tr\u00e8s peu de femmes au pouvoir dans les f\u00e9d\u00e9rations. Car contrairement \u00e0 la politique ou l\u2019\u00e9conomie o\u00f9 les choses \u00e9voluent progressivement, le sport est tr\u00e8s en retard.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_5802\" aria-describedby=\"caption-attachment-5802\" style=\"width: 100px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5802\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/sport_58_biblio.jpg\" alt=\"Les grands dirigeants du sport. 23 portraits et strat\u00e9gies de management. Sous la direction d\u2019Emmanuel Bayle. De Boeck (2014), 448 p.  \" width=\"100\" height=\"150\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5802\" class=\"wp-caption-text\">Les grands dirigeants du sport. 23 portraits et strat\u00e9gies<br \/>de management. Sous la direction d\u2019Emmanuel Bayle. De Boeck (2014), 448 p.<\/figcaption><\/figure>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ils sont puissants et m\u00e9connus. 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