{"id":5974,"date":"2014-09-25T08:11:52","date_gmt":"2014-09-25T06:11:52","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5974"},"modified":"2014-09-17T15:22:09","modified_gmt":"2014-09-17T13:22:09","slug":"open-access-entretien-avec-frederic-schutz-bioinformaticien-a-linstitut-suisse-de-bioinformatique-et-responsable-de-la-communication-chez-wikimedia-ch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/open-access-entretien-avec-frederic-schutz-bioinformaticien-a-linstitut-suisse-de-bioinformatique-et-responsable-de-la-communication-chez-wikimedia-ch\/","title":{"rendered":"Open Access : entretien avec Fr\u00e9d\u00e9ric Sch\u00fctz, bioinformaticien \u00e0 l\u2019Institut suisse de bioinformatique et responsable de la communication chez Wikim\u00e9dia CH"},"content":{"rendered":"<p><em>En compl\u00e9ment de l\u2019article paru dans Allez savoir\u00a0! 58, septembre 2014<\/em><\/p>\n<p><strong>Quelques exemples de b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019open access<\/strong><\/p>\n<p>L\u2019<em>open access <\/em>(OA) b\u00e9n\u00e9ficie aux personnes qui travaillent dans un domaine scientifique, mais qui ne sont pas install\u00e9es sur le site d\u2019une universit\u00e9 et qui n\u2019ont donc pas acc\u00e8s aux dizaines de milliers de revues qui existent sur abonnement. Ces derniers co\u00fbtent des fortunes. Imaginez une <em>start-up<\/em> active dans le biom\u00e9dical\u00a0: elle souhaite conna\u00eetre les avanc\u00e9es de la recherche, mais ne peut pas se permettre d\u2019acheter syst\u00e9matiquement des articles quelques dizaines de francs la pi\u00e8ce sur la base d\u2019un titre et d\u2019un r\u00e9sum\u00e9 (<em>abstract<\/em>), pour d\u00e9couvrir ensuite que leur contenu n\u2019est pas int\u00e9ressant pour elle\u00a0! D\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, le syst\u00e8me de <em>paywall<\/em> mis en place par l\u2019\u00e9dition traditionnelle, o\u00f9 l\u2019on vous demande de payer pour lire, est un peu rageant, car on ne se trouve qu\u2019\u00e0 un clic de l\u2019information.<\/p>\n<p>Un autre groupe de professionnels serait int\u00e9ress\u00e9 par un d\u00e9veloppement de l\u2019OA: les enseignants qui souhaitent se documenter plus loin que via les contenus scientifiques vulgaris\u00e9s diffus\u00e9s dans les m\u00e9dias. Ils ont le bagage n\u00e9cessaire pour les lire, mais leurs \u00e9tablissements ne sont pas abonn\u00e9s aux revues.<\/p>\n<p>Mais l\u2019OA peut toucher tout le monde. Comme Wikip\u00e9dia est sous une licence libre, nous n&rsquo;utilisons que des images et des contenus qui sont libres \u00e9galement. Nous sommes donc friands des publications OA, qui seront exploit\u00e9es pour illustrer les articles de l\u2019encyclop\u00e9die en ligne. On y trouve en effet des sch\u00e9mas et des photos \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat p\u00e9dagogique clair.<\/p>\n<p>Enfin, il ne faut pas perdre de vue que les contribuables paient pour la recherche, et qu\u2019ils devraient donc avoir acc\u00e8s\u00a0\u00e0 ses r\u00e9sultats sans passer \u00e0 la caisse une deuxi\u00e8me fois.<\/p>\n<p><strong>Pourquoi le mod\u00e8le traditionnel perdure-t-il\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Le facteur d\u2019impact (ou IF) en est largement responsable. Il s\u2019agit d\u2019une mesure chiffr\u00e9e de la r\u00e9putation d\u2019une revue \u2013 qui rejaillit sur les auteurs. Les titres qui alignent de tr\u00e8s hauts scores, comme <em>Science<\/em> ou <em>Nature<\/em>, sont bas\u00e9es sur le mod\u00e8le traditionnel, soit les abonnements. M\u00eame si certaines revues OA, comme par exemple de PLOS Medicine, sont tr\u00e8s bien vues.<\/p>\n<p>Les universit\u00e9s valorisent les publications dans des revues \u00e0 fort IF. Ainsi, le d\u00e9canat de la Facult\u00e9 de biologie et de m\u00e9decine envoie un r\u00e9sum\u00e9 r\u00e9gulier de ses performances dans ce domaine \u00e0 chaque scientifique. J\u2019ai r\u00e9cemment figur\u00e9 parmi les auteurs d\u2019un \u00ab\u00a0papier\u00a0\u00bb sorti dans <em>Science<\/em>, ce qui m\u2019a valu un bond de ma cote bibliom\u00e9trique <em>(sourire)<\/em>. Dans ces conditions, ce serait dommage de ne pas viser un journal de haut vol, malgr\u00e9 les avantages innombrables de l\u2019OA.<\/p>\n<p>A titre personnel, je fais partie d\u2019un groupe qui refuse de <em>reviewer<\/em> des articles destin\u00e9s \u00e0 des publications sur abonnement. L\u2019\u00e9valuation est un travail que nous faisons b\u00e9n\u00e9volement: \u00e0 quoi bon si le texte paru ne peut pas \u00eatre lu gratuitement\u00a0?<\/p>\n<p>Enfin, l\u2019OA est une bonne chose pour la science en g\u00e9n\u00e9ral, mais n\u2019offre pas tellement d\u2019avantages aux individus. Ainsi, les co\u00fbts des abonnements sont pay\u00e9s par les biblioth\u00e8ques et les universit\u00e9s, alors que les factures pour la parution en OA parviennent aux groupes de chercheurs\u2026<\/p>\n<p><strong>Et la qualit\u00e9\u00a0?<\/strong><\/p>\n<p>Il ne faut pas croire que les revues en OA, moins prestigieuses en termes d\u2019IF, proposent de la science au rabais. Cela est d\u00fb au fait que les titres install\u00e9s sur le podium, soit <em>Nature<\/em> et <em>Science<\/em>, planent tellement haut que la moyenne est fauss\u00e9e. Il existe de mauvaises revues OA comme de mauvaises revues traditionnelles.<\/p>\n<p><strong>A propos des donn\u00e9es<\/strong><\/p>\n<p>Les articles publi\u00e9s dans les revues sont des r\u00e9sum\u00e9s qui ne contiennent pas la recherche elle-m\u00eame, mais plut\u00f4t ses conclusions. Dans les cas extr\u00eames, un papier tr\u00e8s bref prend m\u00eame des allures de communiqu\u00e9 de presse. Or, l\u2019un des principes de la science consiste \u00e0 r\u00e9pliquer ce qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 afin de b\u00e2tir de nouvelles connaissances au-dessus. Mais en pratique, nous n\u2019y arrivons pas toujours, car les donn\u00e9es produites et trait\u00e9es manquent.<\/p>\n<p>Pourquoi\u00a0? Les chercheurs, qui sont des humains, font parfois des erreurs. M\u00e9langer deux graphiques, c\u2019est vite arriv\u00e9, surtout dans des domaines o\u00f9 l\u2019on brasse des quantit\u00e9s gigantesques d\u2019information, en biologie par exemple, o\u00f9 les t\u00e9rabytes sont la norme. Les scientifiques qui effectuent les <em>peer reviews<\/em> n\u2019ont pas toujours acc\u00e8s aux donn\u00e9es des auteurs et ils ne peuvent donc pas rep\u00e9rer tous les probl\u00e8mes possibles.<\/p>\n<p>Dans mon domaine, la discipline qui consiste \u00e0 comprendre comment une \u00e9quipe est parvenue \u00e0 un r\u00e9sultat s\u2019appelle la bioinformatique forensique. Et pour la pratiquer, il faut que les donn\u00e9es produites soient mises \u00e0 disposition sur des serveurs accessibles librement, en plus de l\u2019article lui-m\u00eame. Atteindre ce r\u00e9sultat, et obtenir les sources informatiques qui ont permis de traiter et d\u2019analyer les donn\u00e9es, repr\u00e9sente aujourd\u2019hui une croisade\u00a0n\u00e9cessaire\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/open-access\/\" target=\"_blank\">Article principal.<br \/>\n<\/a>Entretiens complets avec<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/open-access-entretien-avec-jean-claude-albertin-directeur-adjoint-de-la-bibliotheque-cantonale-et-universitaire-de-lausanne-bcu\/\" target=\"_blank\"> Jean-Claude Albertin<\/a> et <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/open-access-entretien-avec-marc-robinson-rechavi-professeur-au-departement-decologie-et-evolution-de-lunil-et-editeur-scientifique-de-la-revue-plos-one\/\" target=\"_blank\">Marc Robinson-Rechavi<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En compl\u00e9ment de l\u2019article paru dans Allez savoir\u00a0! 58, septembre 2014 Quelques exemples de b\u00e9n\u00e9ficiaires de l\u2019open access L\u2019open access (OA) b\u00e9n\u00e9ficie aux personnes qui travaillent dans un domaine scientifique, &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":4481,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[39524,42142],"tags":[39521],"class_list":{"0":"post-5974","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-chronique","8":"category-no-58","9":"tag-david-spring"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5974","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5974"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5974\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4481"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5974"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5974"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5974"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}