{"id":5943,"date":"2014-09-25T08:19:35","date_gmt":"2014-09-25T06:19:35","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5943"},"modified":"2020-07-29T11:01:14","modified_gmt":"2020-07-29T09:01:14","slug":"y-aura-t-il-bientot-des-piranhas-dans-nos-rivieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/y-aura-t-il-bientot-des-piranhas-dans-nos-rivieres\/","title":{"rendered":"Y aura-t-il bient\u00f4t des piranhas dans nos rivi\u00e8res?"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_5826\" aria-describedby=\"caption-attachment-5826\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5826\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/piranha_58_1.jpg\" alt=\"Piranha. Rel\u00e2ch\u00e9 par des aquariophiles peu scrupuleux, le Pygocentrus nattereri peut survivre dans les rivi\u00e8res europ\u00e9ennes. \u00a9 Mark Newman \/ Superstock\" width=\"590\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/piranha_58_1.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/09\/piranha_58_1-391x260.jpg 391w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-5826\" class=\"wp-caption-text\">Piranha. Rel\u00e2ch\u00e9 par des aquariophiles peu scrupuleux, le Pygocentrus nattereri peut survivre dans les rivi\u00e8res europ\u00e9ennes. \u00a9 Mark Newman \/ Superstock<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Des poissons d\u2019Amazonie retourn\u00e9s \u00e0 la vie sauvage nagent dans des rivi\u00e8res de France et d\u2019Allemagne voisines, jusque dans la Seine \u00e0 Paris. Avec les changements climatiques, faut-il s\u2019attendre \u00e0 barboter au milieu d\u2019esp\u00e8ces carnivores et d\u2019\u00e9normes tortues alligators, tout en observant des perruches dans le ciel helv\u00e9tique? Des biologistes de l\u2019UNIL r\u00e9pondent.<\/em><\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait en mai dernier, dans les Vosges. Un p\u00eacheur fran\u00e7ais a sorti un piranha de la rivi\u00e8re et s\u2019est fait mordiller en manipulant le poisson vorace. Durant l\u2019\u00e9t\u00e9 2013, un pacu, cousin v\u00e9g\u00e9tarien du poisson carnassier, a \u00e9t\u00e9 p\u00each\u00e9 dans la Seine \u00e0 Paris. La m\u00eame ann\u00e9e, on a sorti des filets un piranha rouge dans les Flandres belges. Panique \u00e0 bord! M\u00eame si, pour l\u2019instant, aucun amazonien \u00e9caill\u00e9 aux dents redoutables n\u2019a nag\u00e9 dans un lac en Suisse&#8230;<\/p>\n<p>Mais jusqu\u2019\u00e0 quand? \u00abIl est imaginable de retrouver ce genre de poissons un jour ou l\u2019autre dans les cours d\u2019eau helv\u00e9tiques, affirme Jean-Fran\u00e7ois Rubin, privat-docent au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution de l\u2019UNIL (DEE), professeur HES \u00e0 hepia et pr\u00e9sident de la Fondation <a href=\"https:\/\/www.maisondelariviere.ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">La Maison de la Rivi\u00e8re <\/a>\u00e0 Tolochenaz (VD). Je sais que des aquariophiles ont abandonn\u00e9 des piranhas en Camargue. Et il y a un certain nombre de zones dans le sud de l\u2019Europe o\u00f9 ils peuvent se d\u00e9velopper aujourd\u2019hui, parce que les hivers y sont plus cl\u00e9ments. A terme, il est probablement possible que les piranhas puissent s\u2019acclimater ici.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Acheter un piranha? Facile!<\/strong><br \/>\nLa pr\u00e9sence du poisson d\u2019eau douce sud-am\u00e9ricain en Europe s\u2019explique par la b\u00eatise de propri\u00e9taires ind\u00e9licats, totalement irresponsables, qui rel\u00e2chent des individus devenus soudain trop encombrants. Selon l\u2019ichtyologue de l\u2019UNIL, qui a \u00e9crit sa th\u00e8se sur l\u2019omble chevalier, c\u2019est d\u00fb au fait que n\u2019importe qui peut acqu\u00e9rir des piranhas dans le commerce, car ils sont consid\u00e9r\u00e9s comme de b\u00eates poissons d\u2019aquarium. Ils ne font donc pas l\u2019objet de r\u00e9glementations particuli\u00e8res sur la faune sauvage.<\/p>\n<p>\u00abOn peut encore les acheter au nom de la libert\u00e9 de commerce en Suisse. Pour certaines esp\u00e8ces de reptiles venimeux en revanche, il faut avoir une autorisation de d\u00e9tention d\u00e9livr\u00e9e par le v\u00e9t\u00e9rinaire cantonal, ce qui limite les probl\u00e8mes. Mais ce cas de figure n\u2019existe pas pour les poissons. Officiellement, il est interdit de les rel\u00e2cher dans un milieu naturel. N\u00e9anmoins, une fois qu\u2019ils sont vendus, les gens en font ce qu\u2019ils veulent. Ceux qui les rel\u00e2chent peuvent recevoir une grosse amende parce qu\u2019ils perturbent la faune locale, potentiellement de fa\u00e7on importante. Le souci, c\u2019est qu\u2019on attrape rarement les responsables de ces l\u00e2chers.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un poisson ennuyeux<\/strong><br \/>\nLa d\u00e9tention en captivit\u00e9 du <em>Pygocentrus nattereri<\/em> (piranha rouge) n\u00e9cessite l\u2019achat d\u2019un grand aquarium (500 litres) avec, au minimum, cinq individus qui atteindront 30 centim\u00e8tres \u00e0 l\u2019\u00e2ge adulte et se nourriront de poissons, de moules ou de vers de terre. Comme ils mangent beaucoup, ils salissent beaucoup, ce qui implique un nettoyage fr\u00e9quent de leur bac. De plus, ils sont peu actifs \u2013 en journ\u00e9e ils stationnent des heures en attendant qu\u2019une proie se montre \u2013 et tr\u00e8s craintifs \u2013 ils s\u2019affoleraient quand quelqu\u2019un passe devant l\u2019aquarium ou lorsqu\u2019une porte claque. En bref, les piranhas n\u2019ont rien \u00e0 voir avec le mythe qu\u2019on a forg\u00e9.<\/p>\n<p>Chers et ennuyeux, ils conviennent \u00e0 des aquariophiles exp\u00e9riment\u00e9s. Mais peuvent se retrouver dans le bassin de quidams d\u00e9contenanc\u00e9s qui tenteront de s\u2019en d\u00e9barrasser dans un lac ou une rivi\u00e8re. \u00abPendant longtemps, ces animaux ne posaient pas de probl\u00e8me sous nos latitudes, car l\u2019eau \u00e9tait trop froide pour eux, et ils mouraient quand on les rel\u00e2chait. Alors que maintenant, il n\u2019est pas impossible qu\u2019ils puissent survivre durant un hiver relativement doux d\u00fb aux changements climatiques.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Dangereux pour les amphibiens<\/strong><br \/>\nToutefois, le biologiste de l\u2019UNIL ne s\u2019inqui\u00e8te pas pour l\u2019Homme. \u00abD\u2019ici \u00e0 ce que la moiti\u00e9 de la population suisse se fasse d\u00e9vorer par les piranhas, il y a encore du temps, rigole Jean-Fran\u00e7ois Rubin. Une de mes anciennes \u00e9tudiantes travaille aujourd\u2019hui sur un barrage en Am\u00e9rique du Sud o\u00f9 on en trouve des dizaines d\u2019esp\u00e8ces, dont des herbivores, des agressifs et des dociles. Elle s\u2019est fait mordre plusieurs fois, ce qui semble \u00eatre extr\u00eamement d\u00e9sagr\u00e9able. Mais elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9chiquet\u00e9e pour autant.\u00bb<\/p>\n<p>Et qu\u2019en est-il pour la faune indig\u00e8ne? L\u2019arriv\u00e9e de monstres aux dents ac\u00e9r\u00e9es a de quoi effrayer&#8230; \u00abA l\u2019\u00e9chelle d\u2019un lac comme le L\u00e9man, il faudrait des milliers d\u2019individus pour faire dispara\u00eetre une esp\u00e8ce. Et rel\u00e2cher plus d\u2019un couple de piranhas pour que cela se produise \u00e9ventuellement. En Suisse, on n\u2019a pas d\u2019exemples d\u2019esp\u00e8ces de poissons qui auraient \u00e9t\u00e9 compl\u00e8tement \u00e9radiqu\u00e9es par l\u2019introduction d\u2019autres esp\u00e8ces de poissons. Mais cela ne veut pas dire que cela n\u2019arrivera jamais. J\u2019imagine que des piranhas carnivores dans un \u00e9tang pourraient provoquer de redoutables d\u00e9g\u00e2ts. Les amphibiens, dont toutes les esp\u00e8ces sont actuellement menac\u00e9es chez nous, risqueraient d\u2019en faire les frais. Ils souffrent d\u00e9j\u00e0 de la qualit\u00e9 m\u00e9diocre de l\u2019eau et de la rar\u00e9faction de leur habitat. Alors, si vous ajoutez des superpr\u00e9dateurs dans leur milieu, cela ne va pas les aider.\u00bb<\/p>\n<p>Du coup, le moindre piranha retrouv\u00e9 dans la nature doit imp\u00e9rativement \u00eatre an\u00e9anti sur-le-champ. Car, comme le souligne Jean-Fran\u00e7ois Rubin, m\u00eame si l\u2019on r\u00e9alise de nombreuses \u00e9tudes de biologie, on ne sait jamais quelles seront les cons\u00e9quences d\u2019une introduction sur le long terme d\u2019une esp\u00e8ce envahissante. Si l\u2019on attend et qu\u2019une population s\u2019installe, il sera trop tard pour agir.<\/p>\n<p>Tous les moyens sont bons pour d\u00e9truire l\u2019envahisseur. En Chine par exemple, apr\u00e8s que deux autochtones ont \u00e9t\u00e9 mordus par des piranhas en 2012, cinq bateaux et plus de quarante p\u00eacheurs se sont lanc\u00e9s sur les traces des carnassiers dans une rivi\u00e8re, en utilisant des morceaux de porc pour les app\u00e2ter. Il y avait \u00e0 la cl\u00e9 la promesse de 1000 yuans (un peu plus de 140 francs suisses actuellement, une somme importante pour le pays) pour la capture de chaque individu venu d\u2019Am\u00e9rique du Sud. On ne badine pas avec les intrus.<\/p>\n<p>\u00abLes esp\u00e8ces locales ont des pr\u00e9dateurs, des maladies qui r\u00e9gulent naturellement leurs effectifs. Tandis qu\u2019un nouveau venu, soit dispara\u00eet parce qu\u2019il ne s\u2019adapte pas, soit commence \u00e0 pulluler parce qu\u2019il n\u2019a personne pour le manger, ni de maladies pour limiter sa population.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des menaces venues des Etats-Unis et de la Chine<\/strong><br \/>\nEn Suisse, si rien n\u2019a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 quant \u00e0 l\u2019avenir d\u2019\u00e9ventuels piranhas dans les cours d\u2019eau, diff\u00e9rentes mesures de protection des esp\u00e8ces ont \u00e9t\u00e9 introduites dans la l\u00e9gislation f\u00e9d\u00e9rale au fil des ans. Elles visent notamment la prolif\u00e9ration du poisson-chat, une esp\u00e8ce nord-am\u00e9ricaine introduite dans les ann\u00e9es 20 \u00e0 Gen\u00e8ve, et qui pullule aujourd\u2019hui, au d\u00e9triment de la prog\u00e9niture d\u2019autres poissons autochtones, surtout des truites. \u00abOn n\u2019a toujours pas r\u00e9ussi \u00e0 les \u00e9radiquer. C\u2019est pourquoi il s\u2019agit de la seule esp\u00e8ce qu\u2019on interdit de remettre \u00e0 l\u2019eau, quelle que soit sa taille, le moment ou l\u2019endroit o\u00f9 on l\u2019a p\u00each\u00e9e.\u00bb<\/p>\n<p>Ce printemps, un p\u00eacheur a captur\u00e9 un animal inattendu dans le L\u00e9man: un Amour blanc. Un bien joli nom pour un terrible envahisseur qui peut mesurer 1 m 20 et profiter de l\u2019existence durant trente ans. Ce poisson v\u00e9g\u00e9tarien reste d\u2019ailleurs sur une liste noire en Suisse et il est interdit \u00e0 l\u2019importation. Originaire du Yang-Ts\u00e9-Kiang, la carpe chinoise herbivore affectionne les \u00e9tangs o\u00f9 elle broute tout jusqu\u2019\u00e0 ne plus laisser la moindre algue aux grenouilles et aux crapauds indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>\u00abElle a \u00e9t\u00e9 import\u00e9e en Europe par des personnes qui souhaitaient limiter la prolif\u00e9ration des v\u00e9g\u00e9taux dans les petits plans d\u2019eau, notamment sur les terrains de golf, explique le biologiste de l\u2019UNIL. On veut que les greens soient verts et les \u00e9tangs bleus. Donc on d\u00e9verse de grandes quantit\u00e9s d\u2019engrais sur l\u2019herbe qui d\u00e9gage du phosphore. Ce phosphore p\u00e9n\u00e8tre dans les plans d\u2019eau et favorise la pousse d\u2019algues. On y place donc un Amour blanc pour qu\u2019il fasse le m\u00e9nage et permette \u00e0 l\u2019eau de rester claire.\u00bb La Suisse refuse son importation, mais pas la France voisine, d\u2019o\u00f9 vient vraisemblablement l\u2019individu d\u00e9nich\u00e9 dans le lac et r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le Mus\u00e9e du L\u00e9man \u00e0 des fins didactiques.<\/p>\n<p><strong>Sus aux serpents et reptiles exotiques<\/strong><br \/>\nLes poissons ne sont pas les seuls concern\u00e9s: il arrive encore que des reptiles exotiques soient rel\u00e2ch\u00e9s dans la nature. En mars dernier, un chien est tomb\u00e9 sur une femelle boa constrictor, morte, dans une for\u00eat b\u00e2loise. Un autre sp\u00e9cimen a fait du foin chez un agriculteur de Belmont (VD) pendant qu\u2019il fauchait son champ il y a deux ans. Sa machine a tu\u00e9 sur le coup l\u2019animal qui mesurait 1 m 50.<\/p>\n<p>En ao\u00fbt de cette ann\u00e9e encore, des promeneurs ont failli glisser sur un python royal de 1 m 20 aux abords d&rsquo;une chappelle \u00e0 Farvagny (FR). Au Papiliorama \u00e0 Chi\u00e8tres (FR), des inconscients ont abandonn\u00e9 trois geckos l\u00e9opards en avril. Ce qui pourrait devenir une catastrophe, si une femelle a pondu, car ces mignons l\u00e9zards raffolent des papillons et ont un app\u00e9tit f\u00e9roce. \u00abMalheureusement, des particuliers l\u00e2chent ce genre d\u2019animaux exotiques \u00e0 tout moment, s\u2019\u00e9nerve Jean-Fran\u00e7ois Rubin. Cela peut \u00eatre tr\u00e8s dommageable, mais \u00e0 ma connaissance, il n\u2019y a pas eu de populations allochtones de l\u00e9zards qui se soient install\u00e9es chez nous. En ce qui concerne les serpents, la plupart n\u00e9cessitent des permis sp\u00e9cifiques.\u00bb<\/p>\n<p>Le cas des tortues invasives est int\u00e9ressant. Ainsi, il y a vingt ans, tout le monde achetait les ravissantes tortues de Floride pour quelques francs dans les vivariums. Selon Jean-Fran\u00e7ois Rubin, la plupart mouraient rapidement faute de soins ad\u00e9quats. Seules quelques-unes grandissaient, mais devenaient \u00e9normes, voire agressives. \u00abL\u2019Union europ\u00e9enne a fini par interdire la vente de ces tortues \u00e0 la fin des ann\u00e9es 90. La Suisse s\u2019est align\u00e9e sur cette d\u00e9cision. Aujourd\u2019hui, il en va de m\u00eame pour toutes les tortues non indig\u00e8nes.\u00bb<\/p>\n<p>Pourtant, trois tortues hargneuses ont \u00e9t\u00e9 rep\u00each\u00e9es dans un \u00e9tang de Renens (VD) en 2011. Si leur obtention n\u00e9cessite un permis sp\u00e9cial parce que, pour le d\u00e9tail, elles sont capables de trancher un doigt, il demeure difficile de retrouver les coupables du l\u00e2cher clandestin. Ainsi, le pauvre p\u00eacheur de Caucali\u00e8res, petit village fran\u00e7ais d\u2019\u00e0 peine plus de 300 habitants, qui s\u2019est battu en mai dernier avec un sp\u00e9cimen de 4 kg 500 perdu dans ses filets, ne pourra jamais exprimer son m\u00e9contentement \u00e0 l\u2019inconscient qui a d\u00e9laiss\u00e9 cet animal dans la rivi\u00e8re Thor\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Mangeuses d\u2019hommes<\/strong><br \/>\nOpportunistes, ces vilaines carnivores sans dents avalent n\u2019importe quoi, y compris les b\u00e9b\u00e9s de leur propre esp\u00e8ce. Voire pire. \u00abLa Communaut\u00e9 internationale a propos\u00e9 de les r\u00e9introduire dans le Gange en Inde. En effet, lorsqu\u2019un Hindou meurt, soit on br\u00fble son corps sur un b\u00fbcher, ce qui occasionne des frais, soit on l\u2019offre au Gange, raconte le chercheur de l\u2019UNIL. La pauvret\u00e9 oblige souvent les familles \u00e0 choisir la seconde solution. On estime que les tortues hargneuses, qui mangent aussi les cadavres, feraient d\u2019efficaces \u00e9boueurs. C\u2019est assez glauque.\u00bb<\/p>\n<p>Ces ch\u00e9lid\u00e9s serpentines (<em>Chelydra serpentin<\/em>a), les plus agressives des tortues, viennent des Etats-Unis et poss\u00e8dent une m\u00e2choire tr\u00e8s puissante. Tout comme leur cousine dite alligator (<em>Macrochelys temminckii<\/em>), terrorisante avec sa carapace aux \u00e9cailles en pointe. Rel\u00e2ch\u00e9e dans la nature, l\u2019une d\u2019entre elles a sectionn\u00e9 le talon d\u2019Achille d\u2019un bambin de 8 ans l\u2019an dernier en Allemagne. Elle avait \u00e9lu domicile dans un lac bavarois. Le maire de la ville d\u2019Irsee, o\u00f9 s\u2019est d\u00e9roul\u00e9 l\u2019accident, a promis 1000 euros de r\u00e9compense \u00e0 quiconque attraperait Lotti, une femelle de 14 kilos et 40 centim\u00e8tres de long selon les estimations. Sa pr\u00e9sence aurait n\u00e9cessit\u00e9 la d\u00e9localisation de 500 autres esp\u00e8ces dans un \u00e9tang voisin. Toutefois, on se demande toujours par quoi a \u00e9t\u00e9 mordu l\u2019enfant. Car, on n\u2019a pas r\u00e9ussi \u00e0 la capturer. Tel Nessie, l\u2019animal reste donc un mythe\u2026<\/p>\n<p><strong>Faut-il vivre dans la parano\u00efa?<\/strong><br \/>\nLes l\u00e2chers \u00e9pars de quelques sp\u00e9cimens n\u2019alarment pas Jean-Fran\u00e7ois Rubin, \u00abbien qu\u2019il faille les \u00e9viter \u00e0 tout prix\u00bb. Cela m\u00eame si l\u2019on ne d\u00e9tient pas de preuves qu\u2019ils se sont acclimat\u00e9s et qu\u2019ils vont se transformer en esp\u00e8ce invasive, c\u2019est-\u00e0-dire en esp\u00e8ce non indig\u00e8ne (allochtone) capable de survivre dans nos cours d\u2019eau et de s\u2019y reproduire de mani\u00e8re exponentielle. \u00abEn revanche, avec les changements climatiques, qu\u2019on le veuille ou non, de nouvelles esp\u00e8ces vont arriver et s\u2019installer\u00bb, d\u00e9clare le biologiste.<\/p>\n<p>\u00abLes insectes venus du Sud provoquent des probl\u00e8mes dans l\u2019agriculture, car ils r\u00e9ussissent \u00e0 se maintenir ici. De la m\u00eame fa\u00e7on, on trouve des moustiques Chikungunya \u00e0 Gen\u00e8ve, des animaux porteurs de maladies dangereuses pour l\u2019Homme. C\u2019est eux qui sont les plus pr\u00e9occupants.\u00bb La Conf\u00e9d\u00e9ration a d\u00e9gag\u00e9 des fonds pour un programme de recherches sur les esp\u00e8ces invasives. \u00abIl faudra g\u00e9rer au cas par cas les invasions naturelles. A partir du moment o\u00f9 le climat change, les esp\u00e8ces vont changer aussi.\u00bb<\/p>\n<p>Article suivant: <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/des-perruches-dans-nos-villes\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Des perruches dans nos villes<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des poissons d\u2019Amazonie retourn\u00e9s \u00e0 la vie sauvage nagent dans des rivi\u00e8res de France et d\u2019Allemagne voisines, jusque dans la Seine \u00e0 Paris. 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