{"id":577,"date":"2005-10-03T11:20:34","date_gmt":"2005-10-03T09:20:34","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=577"},"modified":"2010-10-26T12:40:00","modified_gmt":"2010-10-26T10:40:00","slug":"un-an-apres-le-tsunami-la-menace-persiste","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/un-an-apres-le-tsunami-la-menace-persiste\/","title":{"rendered":"Un an apr\u00e8s le tsunami, la menace persiste"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2005\/10\/tsunami1.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-581\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2005\/10\/tsunami1.jpg\" alt=\"Un an apr\u00e8s le tsunami, la menace persiste\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2005\/10\/tsunami1.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2005\/10\/tsunami1-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>Il y a bient\u00f4t un an, le 26 d\u00e9cembre 2004, un tsunami d\u00e9vastait l\u2019Asie.  L\u2019Europe est-elle \u00e0 l\u2019abri d\u2019un raz-de-mar\u00e9e? Et la Suisse, qui a connu  deux d\u00e9sastres similaires en 563 et en 1806? Retour sur ces catastrophes  avec Jean Hernandez et Michel Jaboyedoff, professeurs \u00e0 la Facult\u00e9 des  G\u00e9osciences et de l\u2019Environnement de l\u2019UNIL.<\/em><\/p>\n<p>C\u00e9tait il y a un an. Un terrible tsunami frappait les pays c\u00f4tiers de  l\u2019oc\u00e9an Indien et l\u2019inconscient collectif. Qui a oubli\u00e9 les corps  rejet\u00e9s comme des pantins d\u00e9sarticul\u00e9s sur les plages de Phuket ou du  Sri Lanka? Que s\u2019est-il r\u00e9ellement produit en d\u00e9cembre 2004? Quels  ph\u00e9nom\u00e8nes g\u00e9ologiques ont provoqu\u00e9 ces raz-de-mar\u00e9e qui ont fait plus  de 300\u2019000 victimes? Pourquoi n\u2019a-t-on pas pu pr\u00e9venir la catastrophe?<\/p>\n<p>Pour prendre la mesure de ce qui s\u2019est pass\u00e9, peut-\u00eatre faut-il rappeler  que certaines \u00eeles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9es int\u00e9gralement de plus de vingt  m\u00e8tres, comme si une main g\u00e9ante avait pouss\u00e9 la roche, la terre, les  arbres, les habitations. Ce qui est compl\u00e8tement exceptionnel.  D\u2019habitude, des d\u00e9placements verticaux ont bel et bien lieu. Mais ils se  mesurent en millim\u00e8tres ou en m\u00e8tres, mais on ne conna\u00eet pas de  mouvements lat\u00e9raux de cette taille. Dans ce cas dramatique, des \u00eeles  ont carr\u00e9ment chang\u00e9 de latitude!<\/p>\n<h2>Le troisi\u00e8me plus puissant tremblement de terre<\/h2>\n<p>Le premier choc s\u2019est traduit par un gros s\u00e9isme  sous-marin au large des c\u00f4tes d\u2019une magnitude de 9,15 sur l\u2019\u00e9chelle de  Richter. \u00abC\u2019\u00e9tait le troisi\u00e8me plus puissant tremblement de terre depuis  1900, apr\u00e8s celui du Chili en 1960 et ses 9,5, rappelle Jean Hernandez,  professeur de min\u00e9ralogie et doyen de la nouvelle Facult\u00e9 des  G\u00e9osciences et de l\u2019Environnement \u00e0 l\u2019UNIL. Apr\u00e8s le choc initial, la  partie de la cro\u00fbte terrestre qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9plac\u00e9e se r\u00e9ajuste par une  s\u00e9rie de petits mouvements qui g\u00e9n\u00e8rent des tremblements de terre. On  parle alors de r\u00e9pliques qui, dans ce cas, et c\u2019est exceptionnel, ont  \u00e9t\u00e9 nombreuses et puissantes: la derni\u00e8re le 28 mars 2005 a affich\u00e9 une  intensit\u00e9 de 8,7 qui la place au 6e rang des tremblements de terre.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019ampleur inhabituelle de la fracture sous-marine longue de plus de 1000  km et la surface tr\u00e8s large mise en mouvement expliquent le nombre et la  puissance des r\u00e9pliques.<\/p>\n<p>Cons\u00e9quence d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne bien connu sous le nom de d\u00e9rive des  continents, le tsunami a eu lieu dans une zone \u00e0 risque comme une bonne  partie de l\u2019Est de l\u2019oc\u00e9an Indien et du pourtour du Pacifique. A  l\u2019endroit du choc, la plaque tectonique indo-australienne passe sous la  plaque eu-ra-sienne et cette \u00absubduction\u00bb cr\u00e9e au-dessus de ce n\u0153ud de  tensions g\u00e9ologiques un arc insulaire, l\u2019Arc de la Sonde. En plongeant  sous la plaque eurasienne, la plaque indo-australienne se d\u00e9forme,  entra\u00eene l\u2019arc insulaire vers le sud-ouest et ouvre une mer de l\u2019autre  c\u00f4t\u00e9, la mer de la Sonde.<\/p>\n<p>Ces mouvements d\u2019une vitesse moyenne de six centim\u00e8tres par an contre un  centim\u00e8tre par an dans l\u2019Atlantique et quinze centim\u00e8tres par an dans  le Pacifique sud, g\u00e9n\u00e8rent un r\u00e9gime de contraintes qui s\u2019accumulent  dans les profondeurs de la cro\u00fbte terrestre. Comme pour tout mat\u00e9riau,  apr\u00e8s plusieurs ann\u00e9es de contraintes, il y a soudain rupture et  tremblement de terre. Le fond de l\u2019oc\u00e9an s\u2019effondre brusquement de  quelques m\u00e8tres, met en mouvement toute la masse d\u2019eau au-dessus,  \u00e9valu\u00e9e ici \u00e0 400 km3 et cr\u00e9e un ph\u00e9nom\u00e8ne ondulatoire, comme un caillou  jet\u00e9 dans une mare.<\/p>\n<h2>Un syst\u00e8me d\u2019alerte inexistant<\/h2>\n<p>L\u2019an dernier, cette vague a travers\u00e9 le Pacifique en huit heures,  provoqu\u00e9 des morts jusqu\u2019en Afrique du Sud et d\u00e9clench\u00e9 des variations  d\u2019une quarantaine de centim\u00e8tres sur les c\u00f4tes sud-am\u00e9ricaines. En  Tha\u00eflande et aux Maldives, les eaux ont envahi la c\u00f4te sur 500 m\u00e8tres.  Ce qui n\u2019est pas une distance \u00e9norme \u00e0 franchir en cas d\u2019alarme.<\/p>\n<p>\u00abNous pouvons pr\u00e9dire quelles zones seront touch\u00e9es par des tsunamis  provoqu\u00e9s par des s\u00e9ismes, mais pour l\u2019instant, nous ne parvenons pas \u00e0  mod\u00e9liser ce processus avec pr\u00e9cision, confie Jean Hernandez.  Contrairement aux \u00e9ruptions volcaniques qui peuvent \u00eatre relativement  bien pr\u00e9dites, ce qui permet d\u2019\u00e9vacuer les populations et d\u2019\u00e9viter les  catastrophes humanitaires, pour les tremblements de terre, nous ne  disposons pas des outils pour d\u00e9terminer quand cela craquera.\u00bb<\/p>\n<p>Les g\u00e9ologues savent ainsi qu\u2019au nord de la Californie, o\u00f9  il y a aussi subduction, l\u2019accumulation de contraintes va fatalement  provoquer un tremblement de terre un jour. Mais il leur est impossible  de pr\u00e9voir quand. En revanche, le Centre d\u2019observation des tsunamis \u00e0  Hawa\u00ef est capable de mod\u00e9liser un tsunami dans les instants qui suivent  un tremblement de terre sous-marin et d\u2019indiquer quand et avec quelle  amplitude le raz-de-mar\u00e9e arrivera sur les c\u00f4tes am\u00e9ricaines.<\/p>\n<p>La  population dispose alors en g\u00e9n\u00e9ral de suffisamment de temps (une  demi-heure) pour se mettre \u00e0 l\u2019abri. Un tel syst\u00e8me n\u2019aurait-il pas  permis de sauver les 310\u2019000 morts de l\u2019hiver dernier en Asie? \u00abDans le  Pacifique, il n\u2019y a pas eu d\u2019alerte au tsunami parce que cette zone ne  conna\u00eet pas de tels m\u00e9canismes, confie Jean Hernandez. Cela aurait  peut-\u00eatre permis de sauver des vies \u00e0 Phuket qui se trouvait \u00e0 une heure  du lieu de rupture, ainsi qu\u2019au Sri Lanka, mais peut-\u00eatre pas \u00e0  Sumatra, qui \u00e9tait beaucoup plus pr\u00e8s et a subi aussi un terrible  tremblement de terre.\u00bb<\/p>\n<p>Le grand nombre des victimes de ce tsunami s\u2019explique  aussi par la concentration des industries de la p\u00eache \u2013 250\u2019000 employ\u00e9s  \u2013 et du tourisme dans les r\u00e9gions c\u00f4ti\u00e8res.<\/p>\n<h2>Peut-on briser la lame du tsunami?<\/h2>\n<p>Au Japon, les autorit\u00e9s ont mis en place des digues pour  briser cette lame. Aux Maldives, elles envisagent \u00e9galement de  construire des murs en b\u00e9ton au risque de d\u00e9figurer le site. D\u2019\u00e9normes  airbags permettraient peut-\u00eatre de freiner la violence de la vague sans  d\u00e9truire le paysage, mais cette technique n\u2019est pas encore d\u00e9velopp\u00e9e.  En plus, elle n\u2019\u00e9viterait pas l\u2019inondation.<\/p>\n<p>\u00abCertains experts ont sugg\u00e9r\u00e9 d\u2019injecter de l\u2019eau dans les roches  profondes, en particulier sur la faille de San Andrea en Californie,  dans le but de lubrifier le syst\u00e8me et d\u2019annuler les contraintes et les  risques de tremblement de terre, explique Michel Jaboyedoff. Il faudrait  intervenir sur plusieurs centaines de kilom\u00e8tres parce qu\u2019une fracture,  ce n\u2019est pas un trait sur la carte, mais une s\u00e9rie de fractures.\u00bb<\/p>\n<p>De plus, les g\u00e9ologues souffrent d\u2019une m\u00e9connaissance des  caract\u00e9ristiques du sous-sol, les forages \u00e9tant hors de prix et limit\u00e9s  en profondeur. Il existe cependant une m\u00e9thode prometteuse,  l\u2019interf\u00e9rom\u00e9trie diff\u00e9rentielle radar qui, gr\u00e2ce aux satellites, permet  d\u2019\u00e9tablir une carte de variation des contraintes \u00e0 la surface de la  terre et de d\u00e9terminer les seuils de mouvements \u00e0 partir desquels le  tremblement de terre pourrait se d\u00e9clencher. Cette m\u00e9thode ne permet pas  de rep\u00e9rer les mouvements au fond des oc\u00e9ans ni les glissements de  terrains sous-marins \u00e0 l\u2019origine d\u2019un tsunami, par exemple en Papouasie  Nouvelle-Guin\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es.<\/p>\n<h2>L&rsquo;Europe n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;un tsunami<\/h2>\n<p>Les c\u00f4tes europ\u00e9ennes ont subi de nombreux tsunamis dont celui li\u00e9 au  tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Elles ne sont donc pas \u00e0  l\u2019abri d\u2019une telle catastrophe. Elles pourraient \u00e9galement essuyer un  raz-de-mar\u00e9e de moindre amplitude en cas d\u2019\u00e9boulement dans le fond  marin.<\/p>\n<p>En 1973, la France a connu un tsunami de ce genre sur la  C\u00f4te d\u2019Azur, en raison d\u2019un glissement de terrain sous-marin sur  l\u2019emplacement de l\u2019a\u00e9roport de Nice qui s\u2019avance sur la mer. Cela a  provoqu\u00e9 un petit raz-de-mar\u00e9e sur la Promenade des Anglais qui s\u2019est  sold\u00e9 par trois morts.<\/p>\n<p>Il y a deux ans, le Stromboli, au large de l\u2019Italie, a \u00e9galement subi  un petit raz-de-mar\u00e9e apr\u00e8s un glissement de terrain sous-marin. \u00abDe  nombreux sismologues pensent que le prochain tremblement de terre  pourrait avoir lieu au large d\u2019Istanbul, confie Jean Hernandez. L\u00e0  aussi, deux continents s\u2019affrontent, la plaque arabe et le continent  europ\u00e9en. En g\u00e9n\u00e9ral, le fond de la M\u00e9diterran\u00e9e est n\u00e9anmoins plus  stable que le fond marin du pourtour du Pacifique. Une rupture n\u2019est pas  exclue, mais ses effets seront restreints. En Europe, mettre en place  un syst\u00e8me de surveillance tr\u00e8s co\u00fbteux ne semble donc pas judicieux.\u00bb<\/p>\n<h2>Un tsunami \u00e0 Schwyz en 1806<\/h2>\n<p>La Suisse n\u2019a pas d\u2019acc\u00e8s \u00e0 la mer. Et pourtant, un  tsunami s\u2019y est produit le 2 septembre 1806, lorsque, comme le rapporte  Denis Rohrer, dans \u00abLes catastrophes naturelles dans les r\u00e9cits de  voyages\u00bb, les flancs du Rossberg, au-dessus du lac des Quatre-Cantons  dans le canton de Schwyz, s\u2019\u00e9boulent et engloutissent le village de  Goldau et trois autres localit\u00e9s, faisant quelque 500 morts.<\/p>\n<p>Victor Hugo, lors de son voyage en Suisse de 1839, d\u00e9crit  dans ses notes de voyage cet \u00e9v\u00e9nement vieux alors de plus de trois  d\u00e9cennies. \u00abLe 2 septembre, \u00e0 cinq heures du soir, un morceau du sommet  du Rossberg, de mille pieds de front, de cent pieds de haut, et d\u2019une  lieue de profondeur, s\u2019est d\u00e9tach\u00e9 tout \u00e0 coup, a parcouru en trois  minutes une pente de trois lieues, et a brusquement englouti une for\u00eat,  une vall\u00e9e, trois villages avec leurs habitants et la moiti\u00e9 d\u2019un lac.\u00bb<\/p>\n<h2>Un autre sur le L\u00e9man en 563 apr\u00e8s J.-C.<\/h2>\n<p>Moins connu et plus ancien, un autre tsunami a eu lieu en  563 en Suisse romande. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, un glissement de terrain  terrifie le Valais et ravage les rives du L\u00e9man. Selon les rares sources  disponibles, un pan du mont Tauredunum, probablement l\u2019actuel Grammont,  dans le Chablais valaisan, s\u2019effondre simultan\u00e9ment sur un castrum et  dans le lac L\u00e9man. L\u2019\u00e9boulement obstrue les eaux du Rh\u00f4ne \u00e0 la hauteur  de Saint-Maurice. L\u2019immense masse d\u2019eau retenue est lib\u00e9r\u00e9e quelques  mois plus tard par la rupture du barrage qui provoque un raz-de-mar\u00e9e  d\u00e9vastateur.<\/p>\n<p>Ce drame, dont on ne conserve aucune illustration, est relat\u00e9 par  Marius d\u2019Avenches, \u00e9v\u00eaque de Lausanne, auteur d\u2019une chronique qui couvre  les ann\u00e9es 455 \u00e0 581, dans laquelle il note des \u00e9v\u00e9nements int\u00e9ressants  survenus dans la r\u00e9gion. \u00abCette ann\u00e9e-ci, la grande montagne du  Tauredunum dans le dioc\u00e8se du Valais s\u2019\u00e9croula si brusquement qu\u2019elle  \u00e9crasa un bourg qui \u00e9tait proche, des villages et en m\u00eame temps tous  leurs habitants. Sa chute mit aussi en mouvement tout le lac, long de 60  milles et large de 20 milles, qui, sortant de ses deux rives, d\u00e9truisit  des villages tr\u00e8s anciens avec hommes et b\u00e9tail. Le lac d\u00e9molit m\u00eame  beaucoup d\u2019\u00e9glises avec ceux qui les desservaient. Enfin, il emporta  dans sa violence le pont de Gen\u00e8ve, les moulins et les hommes et,  entrant dans la cit\u00e9 de Gen\u00e8ve, il tua beaucoup d\u2019hommes.\u00bb<\/p>\n<h2>Le danger existe en Suisse aussi<\/h2>\n<p>La vague pulv\u00e9rise \u00e9galement plusieurs localit\u00e9s sur les  berges du lac, dont le village de Gl\u00e9rolles, dans le Lavaux, reconstruit  plus haut sous le nom de Saint-Saphorin et un village romain \u00e0  l\u2019emplacement actuel de la commune de Bret dans le Chablais.<\/p>\n<p>\u00abCette catastrophe majeure fut aussi mentionn\u00e9e dans la chronique de  Gr\u00e9goire de Tours, \u00abL\u2019Histoire des Francs\u00bb, \u00e9crite au m\u00eame si\u00e8cle et qui  parle d\u2019un barrage form\u00e9 par l\u2019\u00e9boulement sur le Rh\u00f4ne qui, en c\u00e9dant,  aurait provoqu\u00e9 un raz-de-mar\u00e9e sur le L\u00e9man, affirme encore Denis  Rohrer. En fait, un tremblement de terre serait \u00e0 l\u2019origine du  glissement de terrain et de la vague destructrice.\u00bb<\/p>\n<p>Le professeur Philippe Schoeneich, de l\u2019Universit\u00e9 de  Grenoble, a \u00e9mis en 2000 l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un m\u00e9canisme en deux temps.  D\u2019abord, l\u2019\u00e9boulement de 30 millions de m3 au nord de Vouvry, tomb\u00e9 dans  la plaine alluviale, est suivi par de violents mouvements de terrain  dans le delta du Rh\u00f4ne. Cet \u00e9v\u00e9nement est visible dans la roche et a \u00e9t\u00e9  dat\u00e9 par les travaux du professeur Fran\u00e7ois Marillier \u00e0 l\u2019Institut de  g\u00e9ophysique de l\u2019UNIL, qui a constat\u00e9 des d\u00e9p\u00f4ts chaotiques dont on peut  supposer qu\u2019ils datent de cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00abNous disposons donc d\u2019\u00e9l\u00e9ments pour confirmer qu\u2019il y a eu un \u00e9v\u00e9nement  catastrophique et que tous ces \u00e9v\u00e9nements sont li\u00e9s\u00bb, confie Philippe  Jaboyedoff, professeur \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9omatique et d\u2019analyse du risque  de l\u2019UNIL. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne pourrait-il se reproduire aujourd\u2019hui?  \u00abActuellement, nous n\u2019avons pas constat\u00e9 d\u2019instabilit\u00e9 au bord du L\u00e9man,  explique Michel Jaboyedoff, mais potentiellement, il est possible qu\u2019il  y ait un jour un \u00e9boulement.\u00bb<\/p>\n<p>Dans une strat\u00e9gie de pr\u00e9vention, le professeur a le projet d\u2019estimer  l\u2019effet d\u2019une masse rocheuse se pr\u00e9cipitant dans le lac. \u00abCela  permettrait de savoir combien de temps il reste pour \u00e9vacuer Ouchy,  Vevey ou Gen\u00e8ve, l\u00e2che-t-il. D\u00e8s cet hiver, une mod\u00e9lisation pourrait  \u00eatre disponible gr\u00e2ce \u00e0 une \u00e9tude en cours des falaises surplombant le  L\u00e9man. Les r\u00e9sultats relatifs aux \u00e9boulements potentiels seront transmis  en Norv\u00e8ge, pays qui conna\u00eet bien ce type de menace qui frappe  r\u00e9guli\u00e8rement ses fjords et met en danger leurs habitants.\u00bb<\/p>\n<p>Le Norwegian Geotechnical Institute mod\u00e9lisera alors les hypoth\u00e9tiques  tsunamis. Les Vaudois et les Genevois sauront ainsi s\u2019ils risquent ou  non d\u2019essuyer une catastrophe semblable \u00e0 celle de l\u2019an 563.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Giuseppe Melillo<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a bient\u00f4t un an, le 26 d\u00e9cembre 2004, un tsunami d\u00e9vastait l\u2019Asie. L\u2019Europe est-elle \u00e0 l\u2019abri d\u2019un raz-de-mar\u00e9e? 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