{"id":5300,"date":"2014-01-23T08:25:26","date_gmt":"2014-01-23T06:25:26","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5300"},"modified":"2014-01-17T11:50:43","modified_gmt":"2014-01-17T09:50:43","slug":"frankeinstein-naurait-pas-vu-le-jour-sans-la-suisse-et-ses-etes-pourris","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/frankeinstein-naurait-pas-vu-le-jour-sans-la-suisse-et-ses-etes-pourris\/","title":{"rendered":"Frankenstein n&rsquo;aurait pas vu le jour sans la Suisse et ses \u00e9t\u00e9s pourris"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_5187\" aria-describedby=\"caption-attachment-5187\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-5187\" alt=\"Illustration?Luc Frieden \u2013 Meyk.ch\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd.jpg\" width=\"590\" height=\"404\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd-380x260.jpg 380w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2014\/01\/frankenstein_gd-160x110.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-5187\" class=\"wp-caption-text\">Illustration?Luc Frieden \u2013 Meyk.ch<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Alors qu\u2019un nouveau film consacr\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre personnage de Mary Shelley s\u2019appr\u00eate \u00e0 sortir dans les salles romandes, le professeur Neil Forsyth et la pr\u00e9sidente actuelle de la section d\u2019anglais Kirsten Stirling rappellent ce que Frankenstein doit \u00e0 la Suisse et \u00e0 ses paysages alpins.<\/em><\/p>\n<p>Frankenstein. Victor Frankenstein. Sa renomm\u00e9e n\u2019est plus \u00e0 faire, tant le personnage imagin\u00e9 en 1816 par la jeune Anglaise Mary Shelley s\u2019est solidement ancr\u00e9 dans l\u2019imaginaire populaire. Au cours de ces deux derniers si\u00e8cles, en effet, ce r\u00e9cit d\u2019un humain qui donne vie \u00e0 une cr\u00e9ature form\u00e9e de toutes pi\u00e8ces n\u2019a cess\u00e9 de hanter nombre d\u2019artistes, qu\u2019ils soient auteurs, sc\u00e9naristes, voire m\u00eame chansonniers, \u00e0 l\u2019instar m\u00eame d\u2019un certain Gainsbourg\u2026<\/p>\n<p>Personne ne s\u2019\u00e9tonnera donc de voir \u00e0 nouveau surgir sur les \u00e9crans une \u00e9ni\u00e8me cr\u00e9ation autour de ce couple aussi mythique que diabolique constitu\u00e9 de Victor Frankenstein et de son \u00abhideuse cr\u00e9ature\u00bb. La sortie de ce nouveau film Moi, Frankenstein (de Stuart Beattie, bas\u00e9 sur une id\u00e9e originale du b\u00e9d\u00e9iste am\u00e9ricain pour adultes Kevin Grevioux) appara\u00eet cependant comme l\u2019occasion id\u00e9ale pour revenir aux origines de cette fable moderne et mettre en lumi\u00e8re toute l\u2019importance jou\u00e9e par la Suisse dans cet enfantement imaginaire.<\/p>\n<p><strong>En 1816, les \u00e9t\u00e9s suisses \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pourris<\/strong><br \/>\nDisons-le tout simplement: Frankenstein ne serait pas Frankenstein si nos \u00e9t\u00e9s n\u2019\u00e9taient pas si pourris\u2026 Pour le comprendre, il faut revenir \u00e0 cette ann\u00e9e 1816, comme nous l\u2019expliquent le professeur \u00e0 l\u2019UNIL Neil Forsyth et Kirsten Stirling, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en litt\u00e9rature anglaise. Et plus pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 ces mois de juillet et ao\u00fbt o\u00f9 Mary Shelley, qui ne porte pas encore ce nom, commence \u00e0 \u00e9laborer son premier roman.<\/p>\n<p>La jeune femme s\u00e9journe alors dans la campagne genevoise, au bord du lac L\u00e9man, en compagnie de son futur \u00e9poux, Percy Shelley et de leur nouvel ami Lord Byron. Cet \u00e9t\u00e9-l\u00e0, la m\u00e9t\u00e9o est des plus maussades, et les trois amis se voient contraints de passer la plus grande partie de leur temps \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Pour raccourcir les heures, dans cette cossue Villa Diodati lou\u00e9e par Byron, les voyageurs d\u00e9cident de se lire des histoires effrayantes, d\u2019esprits vagabonds et de fant\u00f4mes. L\u2019atmosph\u00e8re apocalyptique y \u00e9tait des plus propices. Et puis un jour, raconte Mary Shelley dans la pr\u00e9face de la seconde \u00e9dition de 1831, Byron sugg\u00e8re un concours: chacun devra \u00e9crire sa propre histoire de fant\u00f4mes!<\/p>\n<p>Alors que Lord Byron et Percy Shelley se mettent rapidement au travail, Mary peine \u00e0 trouver une id\u00e9e convaincante. Elle sait pourtant ce qu\u2019elle veut: \u00abUne histoire qui devrait parler des peurs myst\u00e9rieuses de la nature humaine et \u00e9veiller en nous des frissons d\u2019horreur tels que le lecteur craindrait de regarder autour de lui, une histoire \u00e0 glacer le sang et \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer les battements du c\u0153ur\u00bb, \u00e9crira-t-elle par la suite. Et de raconter encore \u00e0 ses lecteurs, et non sans humour, comment tous les matins, face aux deux po\u00e8tes confirm\u00e9s qui la questionnaient sur son avanc\u00e9e, elle \u00e9tait contrainte d\u2019avouer piteusement qu\u2019elle n\u2019avait toujours rien en t\u00eate\u2026<\/p>\n<p><strong>Peut-\u00eatre parviendra-t-on \u00e0 ranimer un cadavre<\/strong><br \/>\nEn raison, toujours, de ce temps de chien, qui interdit aux amis toute exp\u00e9dition touristique, les journ\u00e9es se d\u00e9roulent au fil des nombreuses discussions entre Lord Byron et Percy Shelley, suivies \u00abavec ferveur\u00bb par la timide Mary. Au cours de l\u2019une d\u2019entre elles, les deux hommes abordent la question du galvanisme, tr\u00e8s en vogue \u00e0 l\u2019\u00e9poque, et s\u2019interrogent longuement quant au principe de vie et de la possibilit\u00e9 qu\u2019il puisse un jour \u00eatre compris et reproduit par la seule volont\u00e9 humaine. Ils en viennent \u00e0 \u00e9voquer \u00e9galement le bruit qui courait alors, selon lequel Erasmus Darwin (le grand-p\u00e8re de Charles Darwin, <em>ndlr<\/em>) avait conserv\u00e9 un morceau de vermicelle dans un bocal en verre et qu\u2019un beau jour, par quelque moyen extraordinaire, ce vermicelle s\u2019\u00e9tait mis en mouvement\u2026<\/p>\n<p>Si la jeune femme s\u2019en amuse, sceptique, elle ne remet pas en cause l\u2019hypoth\u00e8se que \u00abpeut-\u00eatre parviendrait-on un jour \u00e0 ranimer un cadavre. (\u2026) Peut-\u00eatre serait-il possible de fabriquer les diff\u00e9rentes parties d\u2019un \u00eatre, de les assembler et de leur insuffler de la chaleur vitale\u00bb\u2026<\/p>\n<p>Au petit matin, \u00e0 l\u2019heure de retrouver son lit apr\u00e8s cette passionnante discussion, la jeune femme ne parvient pas \u00e0 trouver le sommeil. Des images se bousculent \u00e0 toute allure dans sa t\u00eate. Et soudain, une sc\u00e8ne lui appara\u00eet, aussi nette qu\u2019un rai de lumi\u00e8re: \u00abJe vis, les yeux ferm\u00e9s, raconte-t-elle, le p\u00e2le apprenti en sciences interdites s\u2019agenouiller au c\u00f4t\u00e9 de la cr\u00e9ature qu\u2019il avait assembl\u00e9e. Je vis, \u00e9tendue de tout son long, cette cr\u00e9ature humaine hideuse n\u00e9e d\u2019un fantasme, donner signe de vie sous l\u2019action de quelque machinerie puissante, puis s\u2019animer d\u2019un semblant de vie en un mouvement maladroit.\u00bb L\u2019histoire de Frankenstein \u00e9tait n\u00e9e dans l\u2019imaginaire de la toute jeune Mary Wollstonecraft Godwin.<\/p>\n<p><strong>Des paysages alpins aux confins du monde civilis\u00e9<\/strong><br \/>\nLe lien avec la Suisse aurait pu s\u2019arr\u00eater l\u00e0, n\u2019\u00eatre qu\u2019une des circonstances de cette cr\u00e9ation de l\u2019esprit. Faire partie de la gen\u00e8se du r\u00e9cit sans pour autant y prendre part. Et pourtant, Frankenstein ou le Prom\u00e9th\u00e9e moderne, publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en 1817, est tout habit\u00e9 par la Suisse et ses paysages alpins, aux confins du monde civilis\u00e9.<\/p>\n<p>\u00abSans la Suisse, Frankenstein n\u2019aurait pas vu le jour, d\u00e9clare, sans d\u00e9tour, Neil Forsyth. D\u2019ailleurs, la sc\u00e8ne principale du roman, qui repr\u00e9sente la rencontre, le face-\u00e0-face entre Victor Frankenstein et sa cr\u00e9ature, se d\u00e9roule au c\u0153ur de la Mer de Glace, qui surplombe Chamonix. C\u2019est comme si la cr\u00e9ature \u00e9tait le produit m\u00eame des Alpes, lieu par excellence du sublime.\u00bb Par sublime, il faut entendre la conjonction indivisible entre la beaut\u00e9 et la terreur, entre l\u2019effroi et l\u2019attraction irr\u00e9sistible.<\/p>\n<p>\u00abOn sait que Mary Shelley \u00e9tait tr\u00e8s impressionn\u00e9e par les Alpes, elle en parle beaucoup dans sa correspondance et son futur mari a consacr\u00e9 un po\u00e8me au mont Blanc\u00bb, poursuit le professeur de l\u2019UNIL. \u00abLe sublime, pour ces trois personnages qui ne sont pas du tout croyants, \u00e0 l\u2019instar des parents de Mary Shelley, repr\u00e9sente bien plus que de simples paysages, il se substitue quasiment \u00e0 Dieu. Ce Dieu que Victor Frankenstein a cherch\u00e9 \u00e0 imiter en engendrant sa propre cr\u00e9ature.\u00bb<\/p>\n<p>Pour Kirsten Stirling, il n\u2019est pas non plus sans int\u00e9r\u00eat de noter le r\u00f4le jou\u00e9 par ces d\u00e9cors dans le roman m\u00eame: \u00abLe monstre est effrayant quand il se trouve dans la soci\u00e9t\u00e9. En revanche, il a sa place lorsqu\u2019il \u00e9volue dans ces paysages \u00e0 l\u2019\u00e9tat brut, lointains et solitaires. Dans cette sc\u00e8ne \u00e0 la Mer de Glace, lorsqu\u2019il raconte son histoire \u00e0 Frankenstein, il appara\u00eet aussi \u00e9loquent qu\u2019\u00e9duqu\u00e9. On le per\u00e7oit alors dans son humanit\u00e9. C\u2019est comme s\u2019il avait fallu ces territoires sauvages, cette distance avec le monde, pour pouvoir enfin approcher le monstre\u2026\u00bb<\/p>\n<p><strong>Un succ\u00e8s plus th\u00e9\u00e2tral que litt\u00e9raire<\/strong><br \/>\nLa Suisse, si importante dans la cr\u00e9ation du r\u00e9cit de Frankenstein, n\u2019a cependant pas perdur\u00e9 dans l\u2019imaginaire collectif. \u00abDans les diff\u00e9rents films, qui ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le dans la diffusion du mythe, la Suisse a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e, commente Neil Forsyth. Elle a \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9e de la tradition de Frankenstein.\u00bb Elle n\u2019est pas la seule. Longtemps, Mary Shelley elle-m\u00eame a \u00e9t\u00e9 comme \u00e9vinc\u00e9e devant la puissance d\u2019\u00e9vocation de ses personnages.<\/p>\n<p>\u00abLe livre a tout de suite connu un \u00e9norme succ\u00e8s populaire, en raison principalement de son adaptation th\u00e9\u00e2trale, jou\u00e9e \u00e0 Londres, d\u00e8s sa publication, rel\u00e8ve Neil Forsyth. L\u2019histoire est rest\u00e9e dans les consciences plus que le roman lui-m\u00eame.\u00bb Et Kirsten Stirling d\u2019\u00e9tayer: \u00abSi le succ\u00e8s fut imm\u00e9diat, le roman \u00e9tait assez mal vu. Il n\u2019\u00e9tait pas consid\u00e9r\u00e9 comme digne d\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un point de vue litt\u00e9raire. Par contre, il portait en lui quelque chose d\u2019universel, une inqui\u00e9tude autour de la vie partag\u00e9e par tous, et qui permit malgr\u00e9 tout que l\u2019histoire subsiste en dehors du cadre du seul livre.\u00bb<\/p>\n<p>Neil Forsyth se souvient: \u00abLorsque j\u2019\u00e9tais \u00e9tudiant \u00e0 Berkeley, en 1968, je me rappelle comme mon professeur de litt\u00e9rature se raillait de Mary Shelley. Il lisait des extraits avec emphase et attendait ensuite que la classe \u00e9clate de rire. On trouvait cela tellement mal \u00e9crit que l\u2019on pensait que c\u2019\u00e9tait une blague!\u00bb Il faudra attendre la fin des ann\u00e9es 70 et le mouvement f\u00e9ministe, explique-t-il, pour que Mary Shelley soit enfin reconnue en tant qu\u2019auteure. \u00abElle est d\u2019ailleurs, sans aucun doute, l\u2019\u00e9crivaine qui a le plus b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du f\u00e9minisme.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Des critiques acerbes<\/strong><br \/>\nIl faut dire que l\u2019aspect personnel que l\u2019on peut trouver dans le roman n\u2019a pas jou\u00e9 en faveur de l\u2019auteure. La m\u00e8re de Mary Shelley (Mary Wollstonecraft, la premi\u00e8re f\u00e9ministe anglaise) \u00e9tait morte des suites de l\u2019accouchement, dix-huit jours seulement apr\u00e8s sa naissance. En outre, une ann\u00e9e avant d\u2019\u00e9crire Frankenstein, la jeune Anglaise avait donn\u00e9 naissance \u00e0 un b\u00e9b\u00e9 mort. Elle avait d\u2019ailleurs parl\u00e9 d\u2019un de ses r\u00eaves o\u00f9 elle se voyait avec l\u2019enfant d\u00e9c\u00e9d\u00e9, qu\u2019elle avait frott\u00e9, frott\u00e9, jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019il se ranime\u2026<\/p>\n<p>Il n\u2019en fallait pas plus pour que les critiques, \u00e0 la f\u00e2cheuse tendance simplificatrice, ne voient d\u00e8s lors dans ce roman que \u00abl\u2019expression de ses inqui\u00e9tudes personnelles, observe Neil Forsyth. Ils en parlaient avec m\u00e9pris, comme s\u2019il n\u2019y avait aucun travail d\u2019\u00e9criture et que ce livre \u00e9tait arriv\u00e9 juste comme \u00e7a dans son esprit. Il n\u2019\u00e9tait per\u00e7u que comme l\u2019\u00e9quivalent d\u2019une psychanalyse pour cette jeune fille \u00e0 l\u2019inconscient trouble. Comme si son art ne pouvait pas transcender ses exp\u00e9riences biologiques.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Frankenstein, c\u2019est aussi l\u2019histoire d\u2019une m\u00e8re<\/strong><br \/>\nAujourd\u2019hui, le professeur honoraire de l\u2019UNIL porte un regard des plus \u00e9tonn\u00e9s sur ce roman: \u00abL\u2019aspect personnel de ce r\u00e9cit est assez formidable\u2026\u00bb Et pour Kirsten Stirling, ce lien \u00e9troit entre Frankenstein et des \u00e9l\u00e9ments de la vie de Mary Shelley, loin d\u2019en d\u00e9cr\u00e9dibiliser l\u2019\u00e9crivaine, ne fait qu\u2019augmenter la force de ce r\u00e9cit: \u00abLe fait que l\u2019auteure soit une m\u00e8re (son fils William est n\u00e9 en 1816, ndlr) donne un tout autre sens \u00e0 cette histoire d\u2019engendrement. D\u2019autant plus que pour elle, d\u00e8s le d\u00e9but de son existence, la naissance est synonyme autant d\u2019horreur que de fascination.\u00bb Et la pr\u00e9sidente de la <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/angl\">Section d\u2019anglais<\/a> \u00e0 l\u2019UNIL de raconter comment la mort de sa g\u00e9nitrice continuait de hanter Mary Shelley d\u2019une \u00e9trange mani\u00e8re: \u00abAu d\u00e9but de son histoire avec Percy Shelley, on sait que les amoureux se donnaient rendez-vous, au cimeti\u00e8re, sur le tombeau de sa m\u00e8re o\u00f9 ils passaient la soir\u00e9e \u00e0 discuter\u2026\u00bb<\/p>\n<p>Au moment d\u2019\u00e9crire sa pr\u00e9face pour la seconde \u00e9dition de 1831, Mary Shelley ose tisser la comparaison entre le savant fou, la m\u00e8re et l\u2019artiste: \u00abLe moment est de nouveau venu d\u2019envoyer de par le monde ma hideuse prog\u00e9niture en lui souhaitant prosp\u00e9rit\u00e9.\u00bb Et si le roman a longtemps \u00e9vinc\u00e9 son auteure, il en a \u00e9t\u00e9 de m\u00eame pour la cr\u00e9ature de Frankenstein qui a pris son nom \u00e0 son cr\u00e9ateur\u2026 \u00abAujourd\u2019hui, lorsque l\u2019on parle de Frankenstein, tout le monde pense au monstre\u00bb, rel\u00e8ve Neil Forsyth. \u00abD\u2019ailleurs, en Angleterre, il y a un terme pour parler de la nourriture g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9e: \u00abFrankenstein Food\u00bb!\u00bb Il n\u2019y a plus aucun doute: la cr\u00e9ature a pris son envol, loin de nos sommets alpins et il semble peu probable qu\u2019elle y revienne\u2026<\/p>\n<p>Lire la suite: Dans la nuit et la temp\u00eate, \u00abFrankenstein\u00bb hante Gen\u00e8ve<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors qu\u2019un nouveau film consacr\u00e9 au c\u00e9l\u00e8bre personnage de Mary Shelley s\u2019appr\u00eate \u00e0 sortir dans les salles romandes, le professeur Neil Forsyth et la pr\u00e9sidente actuelle de la section d\u2019anglais &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":825,"featured_media":5188,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[13144,31,4176,42135],"tags":[16433],"class_list":{"0":"post-5300","1":"post","2":"type-post","3":"status-publish","4":"format-standard","5":"has-post-thumbnail","7":"category-art-et-litterature","8":"category-histoire","9":"category-livres","10":"category-no-56","11":"tag-anne-sylvie-sprenger"},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5300","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/users\/825"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5300"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5300\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5188"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5300"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5300"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5300"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}