{"id":5044,"date":"2013-09-27T08:11:15","date_gmt":"2013-09-27T06:11:15","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5044"},"modified":"2019-01-07T13:03:38","modified_gmt":"2019-01-07T11:03:38","slug":"psychotherapie-dun-pauvre-type","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/psychotherapie-dun-pauvre-type\/","title":{"rendered":"Psychoth\u00e9rapie d\u2019un \u00ab pauvre type \u00bb"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4833\" aria-describedby=\"caption-attachment-4833\" style=\"width: 262px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/layaz_gd.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4833\" alt=\"Michel Layaz. Apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une licence en Lettres \u00e0 l\u2019UNIL en 1989, Michel Layaz se consacre \u00e0 l\u2019enseignement et \u00e0 l\u2019\u00e9criture. Il signe une douzaine d\u2019ouvrages dont Les larmes de ma m\u00e8re (Zo\u00e9, 2003) pour lequel il re\u00e7oit le prix Michel Dentan et celui des auditeurs de la Radio suisse romande, ou le r\u00e9cent Deux s\u0153urs (Zo\u00e9, 2011). Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/layaz_gd.jpg\" width=\"262\" height=\"386\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/layaz_gd.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/layaz_gd-176x260.jpg 176w\" sizes=\"auto, (max-width: 262px) 100vw, 262px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4833\" class=\"wp-caption-text\">Michel Layaz.\u00a0 Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Michel Layaz a termin\u00e9 des \u00e9tudes de Lettres \u00e0 l\u2019UNIL en 1989. Aujourd\u2019hui \u00e9crivain reconnu en Suisse et en France, il signe avec Le Tapis de course son treizi\u00e8me roman, prouvant sa ma\u00eetrise de la narration et de l\u2019incarnation d\u2019univers d\u00e9cal\u00e9s.<\/em><\/p>\n<p>\u00abPauvre type\u00bb. Tout commence par cette interjection lanc\u00e9e sur un ton neutre par un jeune homme dans la file d\u2019un supermarch\u00e9 \u00e0 la figure du narrateur du dernier roman de Michel Layaz. <em>Le Tapis de course<\/em>, ouvrage troublant et touchant, psychanalyse un personnage d\u00e9testable mais \u00e9branl\u00e9 par cette insulte qui ne cesse de le tourmenter. Au fil d\u2019un journal intime enregistr\u00e9 sur son t\u00e9l\u00e9phone portable, le biblioth\u00e9caire raconte ses tourments, ses cauchemars et le plaisir qu\u2019il a d\u2019exercer son pouvoir sur le monde qui l\u2019entoure. Son utilisation obsessionnelle du tapis de course, instrument de torture salvateur, d\u00e9voile aussi une image de notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine o\u00f9 la performance r\u00e8gne en ma\u00eetresse absolue. Un r\u00e9cit bien men\u00e9, crispant de par l\u2019incarnation tr\u00e8s ma\u00eetris\u00e9e d\u2019un personnage principal aga\u00e7ant, mais qui rend aussi l\u2019abn\u00e9gation et la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 des autres protagonistes encore plus pr\u00e9gnantes. Collectant des phrases assassines dans la grande litt\u00e9rature pour son \u00ab<em>petit panth\u00e9on priv\u00e9<\/em>\u00bb, le narrateur ne reste pas non plus sans faire sourire.<\/p>\n<p>Trop difficile pour l\u2019auteur de cr\u00e9er une personnalit\u00e9 qui n\u2019ait pas une once d\u2019humanit\u00e9? \u00ab Oui, je l\u2019ai nuanc\u00e9, il \u00e9tait encore pire avant, s\u2019amuse le romancier. Son rapport int\u00e9ress\u00e9 \u00e0 la litt\u00e9rature est aux antipodes de ma propre conception. Accepter de rendre la parole de ce \u201cpauvre type\u201d litt\u00e9rairement int\u00e9ressante repr\u00e9sentait un vrai paradoxe, comme si certaines phrases \u00e9taient trop belles pour lui. Mais cet homme incarne aussi une r\u00e9alit\u00e9 qui nous menace tous un peu \u2013 sa l\u00e2chet\u00e9 banale, son c\u00f4t\u00e9 antipathique, sa suffisance, ses petites mesquineries.\u00bb A l\u2019oppos\u00e9 de son dernier roman (<em>Deux s\u0153urs<\/em>, Zo\u00e9, 2011) empli de personnages solaires et totalement libres, <em>Le Tapis de course<\/em> met en sc\u00e8ne la banalit\u00e9 du mal. Les deux livres n\u2019en forment toutefois pas moins un diptyque selon l\u2019\u00e9crivain, chacun \u00e0 deux extr\u00e9mit\u00e9s de ce que l\u2019humanit\u00e9 est capable d\u2019inventer. \u00abTout est question de trouver la tonalit\u00e9 juste qui convienne \u00e0 ce que l\u2019on veut faire. J\u2019y passe beaucoup de temps. Le ton change d\u2019un livre \u00e0 l\u2019autre et ouvre \u00e0 chaque fois un nouvel univers.\u00bb<\/p>\n<p>Sortir de sa bulle. Ne pas s\u2019enfermer comme son personnage dans une routine ou une mani\u00e8re unique de voir les choses, Michel Layaz y prend garde. Les voyages, la d\u00e9couverte de l\u2019ailleurs et des autres, sont un des moyens de garder un regard neuf sur le monde. Le premier roman du Fribourgeois d\u2019origine,<em> Quartier Terre<\/em>, publi\u00e9 en 1993, est le r\u00e9sultat d\u2019un p\u00e9riple de six mois autour du bassin m\u00e9diterran\u00e9en. D\u2019autres exp\u00e9ditions suivent, dont un s\u00e9jour \u00e0 l\u2019Institut suisse de Rome, et conduisent souvent \u00e0 la naissance d\u2019un nouvel ouvrage. La litt\u00e9rature permet, elle aussi, d\u2019\u00e9largir la vision et l\u2019esprit. Cendrars, Pessoa ou Eric Chevillard pour les contemporains, des \u00e9crivains vers lesquels Michel Layaz aime retourner r\u00e9guli\u00e8rement. \u00abCe sont des gens qui me donnent envie d\u2019\u00e9crire, une affaire o\u00f9 on se retrouve parfois bien seul.\u00bb<\/p>\n<p>Blaise Cendrars, l\u2019envie d\u2019\u00e9crire ou l\u2019univers de \u00abla grande biblioth\u00e8que\u00bb, lieu central du <em>Tapis de course,<\/em> des passions qui datent du s\u00e9jour \u00e0 l\u2019UNIL de Michel Layaz, o\u00f9 il a effectu\u00e9 des \u00e9tudes de Lettres et r\u00e9dig\u00e9 un m\u00e9moire sur l\u2019auteur de <em>L\u2019Or<\/em>. \u00abPour moi, l\u2019universit\u00e9 \u00e9tait un lieu de passage qui me permettrait d\u2019aller ailleurs apr\u00e8s. Le monde universitaire offre d\u2019apprendre la rigueur et une d\u00e9marche scientifique. Il donne aussi la chance de pouvoir s\u2019int\u00e9resser \u00e0 ce que l\u2019on veut et ce qui nous passionne, mais je n\u2019ai jamais eu l\u2019intention d\u2019y prolonger mon temps.\u00bb S\u2019il a quitt\u00e9 l\u2019acad\u00e9mie, l\u2019enseignement, lui, ne l\u2019a pas quitt\u00e9. Quand il n\u2019\u00e9crit pas, Michel Layaz transmet aujourd\u2019hui sa passion de l\u2019\u00e9criture aux jeunes. Il enseigne aussi bien \u00e0 l\u2019Institut litt\u00e9raire de Berne \u00e0 ceux qui vouent au langage un amour sans borne, que dans une \u00e9cole professionnelle commerciale o\u00f9 le rapport \u00e0 la langue est parfois plus conflictuel. Une mani\u00e8re de \u00abrepayer sa dette sociale\u00bb, selon lui. De quoi compenser clairement l\u2019\u00e9go\u00efsme f\u00e9roce de son anti-h\u00e9ros.<\/p>\n<p>Pour les lecteurs d\u2019<em>Allez savoir?!<\/em>, Michel Layaz lit un extrait du <em>Tapis de course<\/em>.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-5044-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS055-tapisdecourse.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS055-tapisdecourse.mp3\">https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS055-tapisdecourse.mp3<\/a><\/audio>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Michel Layaz a termin\u00e9 des \u00e9tudes de Lettres \u00e0 l\u2019UNIL en 1989. 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