{"id":5005,"date":"2013-09-27T08:17:02","date_gmt":"2013-09-27T06:17:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=5005"},"modified":"2013-09-25T10:33:49","modified_gmt":"2013-09-25T08:33:49","slug":"dans-la-vraie-vie-nemo-est-belliqueux-et-hermaphrodite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/dans-la-vraie-vie-nemo-est-belliqueux-et-hermaphrodite\/","title":{"rendered":"Dans la vraie vie, Nemo est belliqueux et hermaphrodite"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4798\" aria-describedby=\"caption-attachment-4798\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_gd.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4798\" alt=\"Ces poissons-clowns (Amphiprion polymnus) vivent autour d\u2019une an\u00e9mone (Stichodactyla haddoni). Les deux partenaires sortent gagnants de cette cohabitation. \u00a9 SerrNovik \/ iStockphoto.com\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_gd.jpg\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_gd.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_gd-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4798\" class=\"wp-caption-text\">Ces poissons-clowns (Amphiprion polymnus) vivent autour d\u2019une an\u00e9mone (Stichodactyla haddoni). Les deux partenaires sortent gagnants de cette cohabitation. \u00a9 SerrNovik \/ iStockphoto.com<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Des chercheurs en bio-informatique de l\u2019UNIL ont d\u00e9couvert les \u00e9tonnantes capacit\u00e9s d\u2019une famille de poissons, les demoiselles, qui am\u00e9liorent la compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces. Pendant que les herbivores jardinent, les poissons-clowns profitent des appartements spacieux des an\u00e9mones de mer dans les r\u00e9cifs coralliens.<\/em><\/p>\n<p>Qui n\u2019a pas craqu\u00e9 sur l\u2019attendrissante histoire de Nemo, poisson-clown orphelin de m\u00e8re, cr\u00e9\u00e9 par les studios Pixar? Sur son p\u00e8re Marin, exemplaire, qui part \u00e0 la recherche de son fils handicap\u00e9 d\u2019une nageoire qui a \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9 par un plongeur? Trop mignon pour \u00eatre vrai. \u00abDans le film <em>Le monde de Nemo<\/em>, tout est scientifiquement incorrect\u00bb, d\u00e9clare Glenn Litsios, doctorant au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (DEE) \u00e0 l\u2019UNIL. Avec l\u2019\u00e9quipe du professeur assistant Nicolas Salamin, il participe \u00e0 une \u00e9tude sur l\u2019\u00e9volution de la famille des demoiselles, ou pomacentrid\u00e9s, des poissons tr\u00e8s color\u00e9s que l\u2019on trouve dans tous les r\u00e9cifs coralliens de la plan\u00e8te depuis 50 millions d\u2019ann\u00e9es. D\u2019apr\u00e8s les r\u00e9sultats des derni\u00e8res recherches, il s\u2019av\u00e9rerait que la vie des poissons-clowns, qui appartiennent \u00e0 cette famille, est beaucoup moins aventureuse que dans le dessin anim\u00e9 qui a \u00e9mu la terre enti\u00e8re.<\/p>\n<p><strong>A telle sp\u00e9cialisation telle niche \u00e9cologique<\/strong><br \/>\nChez les demoiselles, on compte 350 esp\u00e8ces qui ont toutes des habitudes tr\u00e8s distinctes. \u00abNous avons remarqu\u00e9 en mod\u00e9lisant l\u2019\u00e9volution des niches \u00e9cologiques de chacune, c\u2019est-\u00e0-dire les conditions environnementales qui permettent aux esp\u00e8ces de survivre, qu\u2019il existait des diff\u00e9rences marqu\u00e9es selon le r\u00e9gime alimentaire choisi\u00bb, indique Nicolas Salamin.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, il y a \u00e0 peu pr\u00e8s 50% de planctivores (carnivore qui mange du plancton), 30% d\u2019omnivores (d\u00e9tritivores compris) et 20% d\u2019herbivores. \u00abLes planctivores et omnivores sont g\u00e9n\u00e9ralistes. Ils trouvent donc de la nourriture n\u2019importe o\u00f9 dans l\u2019oc\u00e9an et peuvent agrandir leur territoire. Tandis que les herbivores auront tendance \u00e0 avoir un comportement de fermier casanier <em>(lire ci-dessous)<\/em>, et \u00e9voluent moins vite.\u00bb<\/p>\n<p>Les bio-informaticiens ont \u00e9tudi\u00e9 la g\u00e9n\u00e9alogie des demoiselles sur 50 millions d\u2019ann\u00e9es. Sur une base g\u00e9n\u00e9tique: des \u00e9chantillons de nageoires re\u00e7us du monde entier ont rendu possible l\u2019extraction d\u2019ADN et ainsi, de s\u00e9quencer diff\u00e9rents g\u00e8nes. \u00abC\u2019est ce que nous approfondissons en ce moment, apr\u00e8s avoir d\u00e9couvert qu\u2019un petit groupe de 30 esp\u00e8ces de planctivores, les poissons-clowns, \u00e9voluait plus vite que la majorit\u00e9 des autres demoiselles\u00bb, signale Nicolas Salamin.<\/p>\n<p><strong>L\u2019atout des poissons-clowns<\/strong><br \/>\nEt pourquoi ces jolis poissons ray\u00e9s aux couleurs qui tournent autour du rouge \u00e9voluent-ils plus rapidement? Gr\u00e2ce aux an\u00e9mones de mer dans lesquelles ils ont un jour, il y a 5 \u00e0 10 millions d\u2019ann\u00e9es, d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9lire domicile. \u00abNous avons pu d\u00e9montrer qu\u2019il s\u2019agissait d\u2019une radiation adaptative, autrement dit d\u2019une explosion d\u2019esp\u00e8ces due au mutualisme entre le poisson-clown et l\u2019an\u00e9mone, r\u00e9v\u00e8le Nicolas Salamin. Une double radiation en fait, car l\u2019\u00e9v\u00e8nement s\u2019est pass\u00e9 \u00e0 la fois en Indon\u00e9sie (dans l\u2019oc\u00e9an Pacifique) et pr\u00e8s de Madagascar (dans l\u2019oc\u00e9an Indien) jusqu\u2019\u00e0 la mer Rouge. Cela a provoqu\u00e9 un grand changement \u00e9volutif, tr\u00e8s rare dans le milieu marin. Chaque esp\u00e8ce s\u2019est adapt\u00e9e \u00e0 des environnements diff\u00e9rents, a chang\u00e9 de morphologie, et de fa\u00e7on tr\u00e8s rapide, en fonction de sa sp\u00e9cialisation aux an\u00e9mones. Nous analysons actuellement leur g\u00e9nome pour comprendre quels g\u00e8nes peuvent \u00eatre \u00e0 l\u2019origine de cette radiation.\u00bb Glenn Litsios pr\u00e9cise que l\u2019id\u00e9e de s\u2019installer dans une an\u00e9mone, un emplacement o\u00f9 personne d\u2019autre ne vivait, a pr\u00e9cipit\u00e9 l\u2019\u00e9volution. \u00abChaque esp\u00e8ce de poisson-clown colonise une esp\u00e8ce d\u2019an\u00e9mone particuli\u00e8re. Il y a donc moins de liens entre les populations, moins d\u2019\u00e9changes de g\u00e8nes et cela donne naissance \u00e0 d\u2019autres nouvelles esp\u00e8ces.\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<figure id=\"attachment_4824\" aria-describedby=\"caption-attachment-4824\" style=\"width: 368px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4824\" alt=\"Nicolas Salamin et Glenn Litsios. Professeur assistant et doctorant au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (DEE) \u00e0 l\u2019UNIL. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios.jpg\" width=\"368\" height=\"366\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios.jpg 368w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios-261x260.jpg 261w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_salamin_litsios-150x150.jpg 150w\" sizes=\"auto, (max-width: 368px) 100vw, 368px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4824\" class=\"wp-caption-text\">Nicolas Salamin et Glenn Litsios. Professeur assistant et doctorant au D\u00e9partement d\u2019\u00e9cologie et \u00e9volution (DEE) \u00e0 l\u2019UNIL. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>Une entente mutuelle salutaire<\/strong><br \/>\nPour une raison encore inconnue, l\u2019an\u00e9mone de mer (ortie de mer ou actiniaire), pleine de cellules urticantes, ne voit pas dans le poisson-clown un ennemi. Selon Glenn Litsios, il se passe quelque chose au niveau de leurs peaux. Lorsqu\u2019un de ses tentacules touche un poisson-clown, c\u2019est comme si elle se touchait elle-m\u00eame. \u00abEn gros, ils ont emm\u00e9nag\u00e9 dans des maisons vides s\u00fbres dont ils ont r\u00e9ussi \u00e0 trouver la cl\u00e9, rigole le biologiste. Poissons-clowns et an\u00e9mones sont mutualistes, car ces partenaires vont b\u00e9n\u00e9ficier positivement de leur relation symbiotique.\u00bb Jamais il ne viendrait \u00e0 l\u2019id\u00e9e des habitants d\u2019une ortie de mer de s\u2019\u00e9loigner de plus de deux m\u00e8tres de leur demeure. Ils n\u2019en sortent que pour manger des cop\u00e9podes (des crustac\u00e9s, ce qui en fait des zooplanctivores) et reviennent illico se cacher pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre d\u00e9vor\u00e9s par d\u2019autres poissons. \u00abDe leur c\u00f4t\u00e9, les an\u00e9mones vont \u00eatre prot\u00e9g\u00e9es de leurs propres pr\u00e9dateurs par leurs h\u00f4tes qui vont les d\u00e9fendre de mani\u00e8re tr\u00e8s agressive, car il s\u2019agit aussi de leur territoire\u00bb, observe le doctorant. Des plongeurs sont parfois \u00e9bahis par les assauts t\u00e9m\u00e9raires de ce petit animal d\u2019une dizaine de centim\u00e8tres qui fonce vers leur masque pour les effrayer.<\/p>\n<p>D\u2019autres chercheurs ont aussi d\u00e9montr\u00e9 que durant leur sommeil, les poissons-clowns bougent beaucoup, ce qui aide l\u2019an\u00e9mone \u00e0 mieux s\u2019oxyg\u00e9ner. \u00abL\u2019an\u00e9mone respire par la peau, d\u00e9veloppe Glenn Litsios. Faire bouger ses tentacules favorise les \u00e9changes gazeux, ce qui augmente son m\u00e9tabolisme et lui permet de grandir significativement plus vite qu\u2019une an\u00e9mone sans poisson-clown.\u00bb De la sorte, le mutualisme va augmenter leur esp\u00e9rance de vie, jusqu\u2019\u00e0 40 ans pour un poisson-clown et 100 ans pour une actiniaire! \u00abCette long\u00e9vit\u00e9 est extraordinaire, souligne le professeur Nicolas Salamin. Dans l\u2019oc\u00e9an, un animal de quelques centim\u00e8tres vit deux ou trois ans au maximum et finit dans l\u2019estomac d\u2019un autre dans la majorit\u00e9 des cas. Quant \u00e0 l\u2019an\u00e9mone de mer, qui cro\u00eet tr\u00e8s lentement, la pr\u00e9sence de r\u00e9sidents lui permet d\u2019atteindre jusqu\u2019\u00e0 1 m\u00e8tre de diam\u00e8tre, ce qui est \u00e9norme. Quand elle meurt, tous meurent, car les poissons-clowns n\u2019ont presque aucune chance de retrouver une autre an\u00e9mone vide.\u00bb<\/p>\n<p><strong>Une vie de famille particuli\u00e8re<\/strong><br \/>\nLa structure sociale des poissons-clowns \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de l\u2019an\u00e9mone de mer est encore plus surprenante. Et elle explique aussi la long\u00e9vit\u00e9 accrue des esp\u00e8ces. A l\u2019int\u00e9rieur de la maison an\u00e9mone vivent un svelte monsieur soumis et une dodue madame dominante poisson-clown, entour\u00e9s de juv\u00e9niles \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur (qui ne sont encore ni femelle ni m\u00e2le). Madame, reine des lieux, pond jusqu\u2019\u00e0 200 \u0153ufs sur le pied de sa demeure. \u00abLe job du m\u00e2le est alors de bouger autour de sa prog\u00e9niture afin que la ponte ne moisisse pas, explique Glenn Litsios. Ensuite, \u00e0 l\u2019\u00e9tat larvaire, entre l\u2019\u0153uf et le juv\u00e9nile, les petits vont quitter l\u2019an\u00e9mone parentale, se laisser prendre par le courant durant pr\u00e8s de dix jours et essayer de trouver une autre maison qui les accueille, o\u00f9 ils vont se fixer. Tr\u00e8s peu survivront lors de cette exp\u00e9dition.\u00bb Ces b\u00e9b\u00e9s ne conna\u00eetront donc jamais leur papa et leur maman\u2026<\/p>\n<p>Plus \u00e9trange encore, une m\u00e8re Nemo a d\u2019abord \u00e9t\u00e9 un p\u00e8re Nemo, et bien avant un juv\u00e9nile, qui a pass\u00e9 des ann\u00e9es \u00e0 attendre sa m\u00e9tamorphose. Car les poissons-clowns sont hermaphrodites. \u00abLa transformation du m\u00e2le en femelle reste peu courante, on remarque plut\u00f4t l\u2019inverse dans la vie animale\u00bb, \u00e9claire Nicolas Salamin. Lorsque dame poisson-clown d\u00e9c\u00e8de, son partenaire de toujours prend sa place et se m\u00e9tamorphose en reine. Son suivant, un juv\u00e9nile, devient lui son m\u00e2le. \u00abIl faut s\u2019imaginer que ce sont des Dalton, simplifie Glenn Litsios. Ils sont dispos\u00e9s par taille et la hi\u00e9rarchie est d\u00e9finie par l\u2019ordre d\u2019arriv\u00e9e des r\u00e9sidents. Personne n\u2019a besoin de se battre pour avoir sa place. Si la femelle trouve son m\u00e2le nul, elle le chasse et le juv\u00e9nile qui le suivait prend alors le r\u00f4le de reproducteur.\u00bb Le bio-informaticien aime \u00e0 noter que dans la r\u00e9alit\u00e9, en deux semaines, le papa de Nemo devient sa maman, \u00abet on ne peut plus en faire un film. Ou ce serait quelque chose qui ne ressemble pas \u00e0 un dessin anim\u00e9 pour enfants\u2026\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_4802\" aria-describedby=\"caption-attachment-4802\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_encadre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4802\" alt=\"Une demoiselle (Plectroglyphidodon lacrymatus) nage au-dessus de son champ d\u2019algues. \u00a9 Stephan Kerkhofs \/ Shutterstock\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_encadre.jpg\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_encadre.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/09\/nemo_encadre-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4802\" class=\"wp-caption-text\">Une demoiselle (Plectroglyphidodon lacrymatus) nage au-dessus de son champ d\u2019algues. \u00a9 Stephan Kerkhofs \/ Shutterstock<\/figcaption><\/figure>\n<h2>Des cultivateurs mod\u00e8les<\/h2>\n<p>Les chercheurs du DEE se sont d\u2019abord arr\u00eat\u00e9s sur le comportement singulier de certaines demoiselles v\u00e9g\u00e9tariennes. \u00abSur un petit territoire de 50 centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, un couple de demoiselles cultive des algues sp\u00e9cifiques, nomm\u00e9es \u201cPolysiphonia\u201d, parce qu\u2019elles se m\u00e2chent bien et sont facilement digestibles\u00bb, explique Glenn Litsios, doctorant au DEE.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, une sorte de couple \u00e0 la Ingalls, comme dans <em>La petite maison dans la prairie<\/em>, d\u00e9couvre une grande plaine de plantes et d\u00e9cide de s\u2019y installer. D\u2019abord, il nettoie une parcelle, en pr\u00e9levant la partie vivante du corail pour n\u2019en garder que le squelette, qui va ainsi se faire coloniser par les algues. S\u2019ensuit le d\u00e9sherbage, \u00e0 la force de la m\u00e2choire, pour \u00e9liminer les algues moins go\u00fbteuses et \u00abpromouvoir la pousse de celles que les poissons appr\u00e9cient, souligne le biologiste. Comme ces demoiselles ne sont pas capables d\u2019aller chercher des graines ou des souches, elles doivent attendre que \u00e7a pousse. Elles mangent leurs algues comme des salades \u00e0 tondre, n\u2019ingurgitent que le haut de la plante, qui va donc continuer \u00e0 cro\u00eetre. Le poisson a une gestion de sa source qui lui permet d\u2019avoir toujours de la nourriture en suffisance.\u00bb<\/p>\n<p>Le petit couple vivra toute son existence (jusqu\u2019\u00e0 10 ans) sur le m\u00eame terrain sablonneux. Et malgr\u00e9 une taille de 10 \u00e0 20 centim\u00e8tres, ni Madame ni Monsieur Demoiselle ne laissera son champ chapard\u00e9 par des intrus. En effet, tr\u00e8s territoriaux, ces poissons n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 attaquer les autres herbivores qui auraient la mauvaise id\u00e9e d\u2019approcher leur plantation. \u00abTr\u00e8s combatifs, ils se gonflent le plus possible pour avoir l\u2019air gros et foncent sur des \u201cgrandes vaches du r\u00e9cif\u201d, comme les poissons perroquets ou les chirurgiens qui font parfois quatre fois leur taille. Ces derniers pr\u00e9f\u00e8rent fuir que de se battre contre ces petits agressifs.\u00bb<\/p>\n<p>Toutefois, on notera que leur attachement \u00e0 un seul lieu aide d\u2019autres animaux \u00e0 se d\u00e9fendre. \u00abCe sont des milieux tr\u00e8s riches en crustac\u00e9s et toutes sortes de micro-organismes, car ils vivent dans le jardin d\u2019un v\u00e9g\u00e9tarien. Et sont prot\u00e9g\u00e9s de leurs pr\u00e9dateurs. Ces petites \u00e9tendues d\u2019algues augmentent la biodiversit\u00e9 du r\u00e9cif, car sans leur protection, un certain nombre d\u2019animaux ne pourrait pas survivre.\u00bb Toutefois, le c\u00f4t\u00e9 casanier des demoiselles fermi\u00e8res herbivores a ralenti leurs capacit\u00e9s \u00e0 \u00e9voluer, contrairement aux planctivores.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des chercheurs en bio-informatique de l\u2019UNIL ont d\u00e9couvert les \u00e9tonnantes capacit\u00e9s d\u2019une famille de poissons, les demoiselles, qui am\u00e9liorent la compr\u00e9hension de l\u2019\u00e9volution des esp\u00e8ces. 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