{"id":4673,"date":"2013-05-23T08:12:40","date_gmt":"2013-05-23T06:12:40","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=4673"},"modified":"2020-07-29T14:42:16","modified_gmt":"2020-07-29T12:42:16","slug":"bousculer-la-langue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/bousculer-la-langue\/","title":{"rendered":"Bousculer la langue"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_4447\" aria-describedby=\"caption-attachment-4447\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/05\/livre_meizoz.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-4447\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/05\/livre_meizoz.jpg\" alt=\"J\u00e9r\u00f4me Meizoz. F\u00e9lix Imhof \u00a9 UNIL\" width=\"590\" height=\"392\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/05\/livre_meizoz.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/05\/livre_meizoz-391x260.jpg 391w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-4447\" class=\"wp-caption-text\">J\u00e9r\u00f4me Meizoz. F\u00e9lix Imhof \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>J\u00e9r\u00f4me Meizoz poursuit l\u2019exploration litt\u00e9raire et sociale qui l\u2019anime au travers de S\u00e9ismes, sa premi\u00e8re \u0153uvre de fiction qui vient de para\u00eetre.<\/em><\/p>\n<p>Un petit village \u00e0 l\u2019ombre d\u2019un flanc de montagne o\u00f9 la jeunesse se heurte aux traditions ancestrales. Des drames, des rires, des b\u00eatises d\u2019adolescents, des secrets et des anecdotes qui parlent \u00e0 tout un chacun et en deviennent des mythologies sociales r\u00e9v\u00e9latrices de la vie. J\u00e9r\u00f4me Meizoz, ma\u00eetre d\u2019enseignement et de recherche en Litt\u00e9rature fran\u00e7aise, est \u00e9galement un \u00e9crivain reconnu. Son dernier ouvrage, <em>S\u00e9ismes<\/em>, offre un tableau impressionniste de son Valais natal.<\/p>\n<p>Du d\u00e9c\u00e8s de la m\u00e8re du narrateur, encore petit gar\u00e7on, au tir \u00e0 balles r\u00e9elles au service militaire qui fait du conteur un homme, vingt-quatre courts chapitres racontent ce traumatisme \u00e0 la saveur aigre-douce qu\u2019est l\u2019adolescence. Ce s\u00e9isme qui fait basculer l\u2019enfant dans le monde des adultes, J\u00e9r\u00f4me Meizoz sait le raconter au travers de sa vision sensible, mais non d\u00e9pourvue d\u2019ironie. Ceux qui ont grandi dans les ann\u00e9es 70 \u00e0 la campagne reconna\u00eetront au premier coup d\u2019\u0153il les salles de classe aux bancs de bois, la messe du dimanche matin, les souvenirs de guerre des plus vieux racont\u00e9s en patois, le camp scout, l\u2019argent \u00e0 \u00e9conomiser pour se payer une t\u00e9l\u00e9vision qui tr\u00f4ne fi\u00e8rement dans le salon ou l\u2019exploration de la grande ville et de ses libert\u00e9s. Pour les autres, ces histoires d\u00e9voilent cette p\u00e9riode de vie o\u00f9 tout est possible, ce sentiment d\u2019invincibilit\u00e9, la d\u00e9couverte de la sexualit\u00e9, ce regard \u00e0 la fois na\u00eff et tellement juste sur un monde que les adultes ne semblent d\u00e9j\u00e0 plus partager. \u00abEnfant, les choses sont ordonn\u00e9es, car l\u2019Univers est donn\u00e9 comme coh\u00e9rent par les adultes. Mais \u00e0 l\u2019adolescence tout s\u2019effrite et les r\u00e9ponses des grands se r\u00e9v\u00e8lent insuffisantes. Il faut d\u00e9couvrir la r\u00e9alit\u00e9 dans la douleur.\u00bb<\/p>\n<p>Le Valaisan de 46 ans tente ses premiers r\u00e9cits durant la r\u00e9daction de sa th\u00e8se, dans les ann\u00e9es 90. Il ressent l\u2019envie d\u2019\u00e9crire de mani\u00e8re plus personnelle et d\u2019explorer sa m\u00e9moire familiale. En na\u00eet le texte <em>Morts ou vif<\/em> (Zo\u00e9, 1999) qui est d\u00e9sign\u00e9 \u00abLivre de l\u2019ann\u00e9e de la Fondation Schiller\u00bb en 2000. \u00ab\u00c7a m\u2019a donn\u00e9 le go\u00fbt de continuer et d\u2019explorer plus \u00e0 fond certaines questions.\u00bb Inspir\u00e9 par des auteurs comme Annie Ernaux ou Pierre Bergounioux, J\u00e9r\u00f4me Meizoz s\u2019inscrit dans leur lign\u00e9e de questionnement sociologique sur la famille, les liens et le monde moderne. \u00abSi je me suis mis \u00e0 publier, c\u2019est que je pense que la litt\u00e9rature a quelque chose \u00e0 dire sur l\u2019arriv\u00e9e de cette modernit\u00e9 individualiste et sur le changement culturel des ann\u00e9es 70-80.\u00bb Au contraire de ses premiers textes clairement autobiographiques, <em>S\u00e9ismes<\/em> est une innovation puisque c\u2019est une fiction. Un r\u00e9cit qui s\u2019inspire tout de m\u00eame de souvenirs et de situations v\u00e9cues mais remodel\u00e9es, recoll\u00e9es ou d\u00e9form\u00e9es. \u00abLa fiction permet des libert\u00e9s avec ses propres souvenirs. Dans la vie, il y a certaines choses qui sont devenues des malheurs parce qu\u2019on n\u2019a pas su en parler. L\u2019\u00e9criture, c\u2019est aussi trouver les mots pour le dire.\u00bb<\/p>\n<p>Si J\u00e9r\u00f4me Meizoz partage au travers de ses livres, il le fait \u00e9galement en face-\u00e0-face avec ses \u00e9tudiants de fran\u00e7ais, gr\u00e2ce notamment \u00e0 un atelier pratique d\u2019\u00e9criture litt\u00e9raire qu\u2019il anime depuis deux ans. L\u2019auteur les invite \u00e0 ne pas se laisser intimider par la langue. \u00abLa litt\u00e9rature est un acte cr\u00e9atif, il faut oser s\u2019en emparer pour exprimer des \u00e9motions. Il s\u2019agit de bousculer la langue, de faire entendre le bruissement de la rue et pas seulement l\u2019ordre impeccable de la grammaire.\u00bb Partant de ses carnets de notes pour aller vers de petits textes qui forment peu \u00e0 peu une vaste fresque, l\u2019enseignant griffonne en permanence. Mais il ne r\u00e9dige vraiment que par p\u00e9riodes. \u00abJ\u2019\u00e9cris quand \u00e7a presse. Je prends des notes, j\u2019ai des images en t\u00eate et tout \u00e0 coup \u00e7a s\u2019agr\u00e8ge.\u00bb Si les sph\u00e8res acad\u00e9mique et litt\u00e9raire ont des liens pour J\u00e9r\u00f4me Meizoz, elles restent toutefois s\u00e9par\u00e9es. L\u2019\u00e9criture acad\u00e9mique est format\u00e9e par des r\u00e8gles pr\u00e9cises tandis que l\u2019\u00e9criture de fiction ne doit pas respecter un cadre ni une mission. \u00abEcrivain, ce n\u2019est pas un m\u00e9tier pour moi. A l\u2019adolescence, personne ne m\u2019avait jamais dit qu\u2019il \u00e9tait possible de devenir \u00e9crivain.\u00bb<\/p>\n<p>Pour les lecteurs d\u2019<em>Allez savoir!<\/em>, J\u00e9r\u00f4me Meizoz lit un extrait de <em>S\u00e9ismes<\/em>.<\/p>\n<audio class=\"wp-audio-shortcode\" id=\"audio-4673-1\" preload=\"none\" style=\"width: 100%;\" controls=\"controls\"><source type=\"audio\/mpeg\" src=\"https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS054_seismes.mp3?_=1\" \/><a href=\"https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS054_seismes.mp3\">https:\/\/cw.unil.ch\/allezsavoir\/AS054_seismes.mp3<\/a><\/audio>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>J\u00e9r\u00f4me Meizoz poursuit l\u2019exploration litt\u00e9raire et sociale qui l\u2019anime au travers de S\u00e9ismes, sa premi\u00e8re \u0153uvre de fiction qui vient de para\u00eetre. 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