{"id":4157,"date":"2013-01-24T08:16:02","date_gmt":"2013-01-24T06:16:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=4157"},"modified":"2022-11-07T16:48:36","modified_gmt":"2022-11-07T14:48:36","slug":"le-notaire-feru-de-lettres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-notaire-feru-de-lettres\/","title":{"rendered":"Le notaire f\u00e9ru de lettres"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_3978\" aria-describedby=\"caption-attachment-3978\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-notaire-feru-de-lettres\/alumni\/\" rel=\"attachment wp-att-3978\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3978\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/01\/alumni.jpg\" alt=\"Franco del Pero. Licence en droit en 1974 et doctorat en 1993. Notaire. \u00a9 Pierre-Antoine Grisoni\/Strates\" width=\"590\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/01\/alumni.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2013\/01\/alumni-390x260.jpg 390w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-3978\" class=\"wp-caption-text\">Franco del Pero. Licence en droit en 1974 et doctorat en 1993. Notaire. \u00a9 Pierre-Antoine Grisoni\/Strates<\/figcaption><\/figure>\n<p>L&rsquo;\u00e9tude, que se partagent plusieurs associ\u00e9s, se situe \u00e0 Morges, au bord du lac, dans une vieille b\u00e2tisse. Le bureau de Franco del Pero intrigue. On pensait ses quartiers chics et stricts. Au premier coup d\u2019\u0153il, ils le paraissent. Le coin de la pi\u00e8ce r\u00e9serv\u00e9 aux rendez-vous est imposant et d\u00e9pouill\u00e9. Mais le regard de la visiteuse est vite happ\u00e9 par la table de travail \u00e0 proprement parler. Partout, des classeurs \u00e9parpill\u00e9s, des plumes utilis\u00e9es ; un d\u00e9sordre plaisant.<\/p>\n<p>L\u2019endroit incarne \u00e0 merveille un parcours au double visage. A la fin des ann\u00e9es 60, Franco del Pero entame un cursus de droit, parall\u00e8lement \u00e0 des \u00e9tudes en histoire de l\u2019art, latin et fran\u00e7ais. Au bout de quelques ann\u00e9es, l\u2019\u00e9tudiant, qui s\u2019autofinance et cumule les jobs, abandonne les Lettres pour se consacrer au droit. \u00abJ\u2019ai fait un choix de raison.\u00bb<\/p>\n<p>Longtemps, Franco del Pero se destine \u00e0 une carri\u00e8re d\u2019avocat, puis \u00e0 la magistrature ; une trag\u00e9die familiale en d\u00e9cide autrement. Le d\u00e9c\u00e8s de sa femme et la priorit\u00e9 d\u2019\u00e9lever leur fils seul l\u2019am\u00e8ne vers le notariat. \u00abCe choix n\u2019\u00e9tait pas tout \u00e0 fait innocent. C\u2019est un m\u00e9tier stimulant o\u00f9 on a une responsabilit\u00e9 \u00e9gale \u00e0 l\u2019\u00e9gard des deux parties et o\u00f9 on est pouss\u00e9 \u00e0 trouver des solutions imaginatives.\u00bb<\/p>\n<p>Mais la vraie vie est ailleurs. \u00abJ\u2019ai toujours consacr\u00e9 du temps \u00e0 la collectivit\u00e9, avec beaucoup de joie, en pensant qu\u2019on a un devoir.\u00bb L\u2019\u00e9poux et p\u00e8re de deux enfants cumule les activit\u00e9s b\u00e9n\u00e9voles. Il a pass\u00e9 plus d\u2019une d\u00e9cennie \u00e0 la t\u00eate de la Soci\u00e9t\u00e9 acad\u00e9mique vaudoise ; une fonction qu\u2019il vient de quitter. \u00abLe renouvellement est n\u00e9cessaire. C\u2019est pourquoi j\u2019ai voulu partir avant, mais il \u00e9tait difficile de trouver un successeur\u00bb, affirme-t-il. Et il s\u2019empresse d\u2019ajouter qu\u2019il reste membre du Conseil. Ancr\u00e9 dans la culture locale, le notaire a rejoint le comit\u00e9 de publication de l\u2019Encyclop\u00e9die vaudoise avec l\u2019\u00e9diteur Bertil Galland et pr\u00e9side le Conseil de fondation du Th\u00e9\u00e2tre du Jorat.<\/p>\n<p>Franco del Pero a aussi men\u00e9 une carri\u00e8re politique, en tant que d\u00e9put\u00e9 au Grand Conseil (1982-1998), au sein du Parti lib\u00e9ral vaudois, dont il a \u00e9t\u00e9 le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral pendant quatre ans. N\u00e9 en 1949 dans une famille d\u2019immigr\u00e9s italiens \u2013 un p\u00e8re chef cuisinier, une m\u00e8re aide-soignante \u2013 le \u00absecondo\u00bb a go\u00fbt\u00e9 \u00e0 la notion d\u2019individualisme autour de la table familiale. \u00abOn ne discutait pas de politique directement. Mais mon grand-p\u00e8re maternel \u00e9tait un antifasciste et autonomiste vald\u00f4tain et l\u2019id\u00e9e de responsabilit\u00e9 individuelle a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s importante.\u00bb<\/p>\n<p>A l\u2019instar de son parti, il juge les \u00e9tudes universitaires trop accessibles et pr\u00f4ne des exigences strictes. Mais lorsqu\u2019il s\u2019agit de l\u2019alma mater, le notaire se positionne parfois en porte-\u00e0-faux avec sa famille politique. Il s\u2019est notamment oppos\u00e9 \u00e0 un projet de coupes budg\u00e9taires visant l\u2019UNIL. Tout en restant lib\u00e9ral, jusque dans ses convictions religieuses: \u00e9duqu\u00e9 dans une famille catholique, il se sent proche du protestantisme et participe \u00e0 la vie de cette collectivit\u00e9.<\/p>\n<p>Lettreux par amour, notaire par raison, Franco del Pero n\u2019exprime pas de regrets. Aux futurs \u00e9tudiants, il prodigue pourtant un conseil que lui-m\u00eame n\u2019a pas suivi: ne pas faire de calculs en fonction des d\u00e9bouch\u00e9s, mais ob\u00e9ir \u00e0 ses envies. Et l\u2019avenir suivra. Devant la perplexit\u00e9 de l\u2019interlocutrice, il pr\u00e9cise. \u00abOui, je suis un \u00eatre de contradiction.\u00bb<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;\u00e9tude, que se partagent plusieurs associ\u00e9s, se situe \u00e0 Morges, au bord du lac, dans une vieille b\u00e2tisse. Le bureau de Franco del Pero intrigue. 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