{"id":3727,"date":"2012-09-20T08:09:07","date_gmt":"2012-09-20T06:09:07","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=3727"},"modified":"2012-09-18T15:30:31","modified_gmt":"2012-09-18T13:30:31","slug":"etudiant-un-metier-en-pleine-mutation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/etudiant-un-metier-en-pleine-mutation\/","title":{"rendered":"Etudiant, un m\u00e9tier en pleine mutation"},"content":{"rendered":"<p><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-3871 alignnone\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/ascouv_57.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"211\" \/><\/p>\n<p><em><strong>Dans l\u2019\u00e9dition de Allez savoir! de juin 1996, le journaliste Pietro Boschetti battait en br\u00e8che le clich\u00e9 de l\u2019\u00e9tudiant \u00e0 la vie idyllique. Seize ans plus tard, qu\u2019est-ce qui a chang\u00e9? Exercice comparatif, \u00e0 l\u2019heure de la rentr\u00e9e.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>\u00abEn 1983, la dur\u00e9e moyenne des \u00e9tudes en Suisse jusqu&rsquo;\u00e0 la licence \u00e9tait de onze semestres. Cinq ans plus tard, cette moyenne n&rsquo;a pas boug\u00e9. Contrairement \u00e0 ce que beaucoup pensaient, on n&rsquo;a constat\u00e9 aucun rallongement des \u00e9tudes. Idem pour les \u00e9tudiants \u00ab\u00e9ternels\u00bb (15 semestres ou plus): leur proportion \u00e9tait de 12,6% de l&rsquo;effectif en 1983 contre 13,3% en 1988\u00bb, pouvait-on lire \u00e0 l\u2019\u00e9poque dans <em>Allez savoir!<\/em> Par le pass\u00e9, et notamment en Lettres, il n&rsquo;existait pas de d\u00e9lai maximal pour d\u00e9crocher une licence, m\u00eame si les textes pr\u00e9voyaient des sanctions en cas de non-pr\u00e9sentations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es aux examens.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, et pour toutes les facult\u00e9s, l\u2019UNIL limite les \u00e9tudes de bachelor \u00e0 10 semestres, et celles de master \u00e0 5 ou 6, selon que ces derni\u00e8res imposent 90 ou 120 cr\u00e9dits ECTS. La notion d\u2019\u00e9tudiant \u00ab\u00e9ternel\u00bb devient floue: il est possible de d\u00e9crocher un bachelor rapidement, et de se lancer dans un master bien plus tard dans la vie. La dur\u00e9e totale moyenne des cursus demeure stable: d\u2019apr\u00e8s une enqu\u00eate publi\u00e9e fin 2011 par l\u2019UNIL, elle se monte \u00e0 6 semestres pour le bachelor, et 4 pour le master.<\/p>\n<p>En 1996, <em>Allez savoir!<\/em> anticipait l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une nouvelle population. \u00ab[Alors] responsable du service Orientation et conseil aux \u00e9tudiants de l&rsquo;Universit\u00e9 de Lausanne, Claude Roulin est bien plac\u00e9 pour observer les changements du public universitaire. Les personnes qui reprennent des \u00e9tudes apr\u00e8s une p\u00e9riode de vie active, par exemple: \u201cC&rsquo;est difficile \u00e0 mesurer, mais il n&rsquo;y a aucun doute que cette population grandit, dit-il. C&rsquo;est li\u00e9 \u00e0 la d\u00e9stabilisation du monde du travail. Il y a une demande croissante de formation universitaire pour des gens qui sont dans la vie active ou qui en sortent. On est conscient qu&rsquo;au cours de sa vie professionnelle, on va changer deux ou trois fois de m\u00e9tier. Et b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;une large formation repr\u00e9sente un s\u00e9rieux atout\u201d. Un ph\u00e9nom\u00e8ne qu&rsquo;on conna\u00eet bien aux Etats-Unis o\u00f9 plus de la moiti\u00e9 des nouveaux \u00e9tudiants dans certaines universit\u00e9s sont des <em>returners<\/em>, des personnes qui reprennent des \u00e9tudes apr\u00e8s un passage par la vie professionnelle.\u00bb<\/p>\n<p>Dans l\u2019article de 1996, Bologne pointait d\u00e9j\u00e0 son nez: \u00ab[&#8230;] l&rsquo;offre universitaire est bien mal adapt\u00e9e \u00e0 ces \u00e9tudiants atypiques. \u201cAccueillir correctement les returners supposerait d&rsquo;importantes modifications de la culture universitaire, souligne Claude Roulin. En termes d&rsquo;organisation des \u00e9tudes, tout d&rsquo;abord, avec peut-\u00eatre un syst\u00e8me de cr\u00e9dits permettant de faire sa licence \u00e0 la carte. Il faudrait \u00e9galement des changements p\u00e9dagogiques dans le sens d&rsquo;une \u201cd\u00e9scolarisation\u201d de l&rsquo;enseignement. Et puis, l&rsquo;horaire devrait \u00eatre revu de fa\u00e7on \u00e0 ce que les gens qui travaillent pendant la journ\u00e9e puissent \u00e9tudier le soir.\u201d Bref, une petite r\u00e9volution.\u00bb<\/p>\n<p>Depuis septembre 2010, l\u2019UNIL permet de suivre un master \u00e0 temps partiel: l\u2019an pass\u00e9, 57 personnes se sont inscrites dans un cursus de ce genre. Des am\u00e9nagements sont possibles pour le bachelor, mais pas dans toutes les facult\u00e9s. L\u2019admission sur dossier, autoris\u00e9e depuis le d\u00e9but du XXIe si\u00e8cle, attire \u00e9galement un public plus \u00e2g\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le temps, l\u2019argent. Alors secr\u00e9taire politique de l\u2019Union des \u00e9tudiant-e-s de Suisse (UNES), Michel Cambrosio estimait en 1996 que \u00ables contingences d&rsquo;aujourd&rsquo;hui sont d&rsquo;une autre intensit\u00e9 que dans les ann\u00e9es 80. \u201cLa situation typique est celle de la double d\u00e9pendance financi\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des parents et au fait de trouver un job. Une enqu\u00eate de 1993 montrait que si les trois quarts des \u00e9tudiants \u00e0 Lausanne avaient une activit\u00e9 lucrative, les deux tiers d\u00e9pendaient malgr\u00e9 tout de l&rsquo;aide financi\u00e8re de leurs parents\u201d.\u00bb<\/p>\n<p>La situation n\u2019a pas \u00e9volu\u00e9 depuis: selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (chiffres 2009), 75% des \u00e9tudiants exercent aujourd\u2019hui une activit\u00e9 r\u00e9mun\u00e9r\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 leur cursus. 90% d\u2019entre eux b\u00e9n\u00e9ficient d\u2019un soutien de leur parent\u00e9. Cette derni\u00e8re fournit, en moyenne, plus de la moiti\u00e9 de leurs ressources.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans l\u2019\u00e9dition de Allez savoir! de juin 1996, le journaliste Pietro Boschetti battait en br\u00e8che le clich\u00e9 de l\u2019\u00e9tudiant \u00e0 la vie idyllique. 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