{"id":3669,"date":"2012-09-20T08:18:12","date_gmt":"2012-09-20T06:18:12","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=3669"},"modified":"2012-09-18T15:07:49","modified_gmt":"2012-09-18T13:07:49","slug":"le-paysan-de-demain-deviendra-t-il-un-jardinier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/le-paysan-de-demain-deviendra-t-il-un-jardinier\/","title":{"rendered":"Le paysan de demain deviendra-t-il un jardinier ?"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_3836\" aria-describedby=\"caption-attachment-3836\" style=\"width: 590px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3836\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44.jpg\" alt=\"Bertrand Meldem. Cet agriculteur d'Apples vend ses produits directement aux consommateurs. \u00a9 Nicole Chuard\" width=\"590\" height=\"401\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44.jpg 590w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44-383x260.jpg 383w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44-135x93.jpg 135w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44-382x260.jpg 382w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/agri44-160x110.jpg 160w\" sizes=\"auto, (max-width: 590px) 100vw, 590px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3836\" class=\"wp-caption-text\">Bertrand Meldem. Cet agriculteur d&rsquo;Apples vend ses produits directement<br \/>aux consommateurs. \u00a9 Nicole Chuard<\/figcaption><\/figure>\n<p><em><strong>Avant, la Suisse subventionnait ses agriculteurs pour qu\u2019ils la nourrissent. Ce n\u2019est plus le cas, et les agriculteurs toussent. Leur m\u00e9tier, disent-ils, c\u2019est de donner \u00e0 manger \u00e0 la population, pas d\u2019entretenir des petites fleurs et des coccinelles. Que vont-ils devenir? Des chercheurs de l\u2019UNIL se sont pench\u00e9s sur la question.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Chaque ann\u00e9e, la Suisse voit dispara\u00eetre 1600 exploitations de son territoire. Faute de ne pas d\u00e9gager de revenus suffisants, pour des probl\u00e8mes de successions, ou aussi parce que la for\u00eat mange du terrain. Si le plan Wahlen leur avait octroy\u00e9 un r\u00f4le pr\u00e9pond\u00e9rant au sein de la soci\u00e9t\u00e9 durant la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, s\u2019ils ont ensuite \u00e9t\u00e9 subventionn\u00e9s afin de produire toujours plus \u2013 avant de recevoir des aides de l\u2019Etat pour cultiver moins \u2013, les agriculteurs doivent aujourd\u2019hui imaginer des strat\u00e9gies de survie au jour le jour.<\/p>\n<p>Autant de changements dont on ne mesure pas forc\u00e9ment l\u2019ampleur quand on fait son march\u00e9. C\u2019est pourquoi Nelly Niwa, doctorante \u00e0 l\u2019UNIL et directrice du projet \u00abVaud 2030: quelle agriculture pour quel territoire?\u00bb, a mis sur pied une exposition virtuelle sur Internet qui raconte l\u2019\u00e9volution de la paysannerie dans le canton de Vaud (<a href=\"https:\/\/www.vaud2030.ch\" target=\"_blank\">www.vaud2030.ch<\/a>). Le tout accompagn\u00e9 de cinq films tr\u00e8s didactiques, r\u00e9alis\u00e9s par la cin\u00e9aste ind\u00e9pendante <a href=\"https:\/\/melusinefilms.ch\/?page_id=396\" target=\"_blank\">M\u00e9lanie Pitteloud<\/a>, o\u00f9 l\u2019on d\u00e9couvre concr\u00e8tement ces changements \u00e0 travers les destins d\u2019agriculteurs contemporains, bien d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 garder leur exploitation.<\/p>\n<p>On part d\u2019abord \u00e0 la rencontre de Dominique Yersin, qui a labellis\u00e9 la fabrication de son fromage \u00e0 Ch\u00e2teau-d\u2019OEx. Gr\u00e2ce \u00e0 la production d\u2019Etivaz, il re\u00e7oit de \u00abgrosses subventions\u00bb, mais doit en contrepartie participer \u00e0 la sauvegarde du paysage en d\u00e9frichant la montagne. Rien \u00e0 voir avec l\u2019usine agroalimentaire de Sylvain Agassis, qui emploie 160 personnes pr\u00e8s d\u2019Yverdon. Son grand-p\u00e8re \u00e9tait l\u2019un des premiers \u00e0 proposer des carottes sous emballage. Selon lui, s\u2019il s\u2019en sort, c\u2019est parce qu\u2019il est pass\u00e9 d\u2019une entreprise familiale artisanale \u00e0 une production industrielle.<\/p>\n<p>Martine et Bertrand Meldem, eux, pr\u00e9f\u00e8rent vendre leurs produits directement aux consommateurs \u00e0 Apples et \u00e0 Lausanne. Ils voient dans l\u2019agriculture contractuelle, du type \u00abLes jardins du Flon\u00bb, un moyen de \u00abrassembler des \u00e9nergies pour construire des choses\u00bb. Tandis que Georges Martin, \u00e9leveur de bovins, r\u00e9cup\u00e8re fumier et purin pour en faire de l\u2019\u00e9lectricit\u00e9 par le biogaz. Une tactique qui, selon lui, sera \u00e0 l\u2019avenir \u00abpeut-\u00eatre plus payante que de faire du lait ou de l\u2019engraissement\u00bb.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Jean-Marc Bovay partage son temps entre ses vaches laiti\u00e8res et une classe d\u2019accueil, dans sa commune, pour enfants en difficult\u00e9 scolaire. Ce qui lui apporte un revenu suppl\u00e9mentaire sans devoir s\u2019\u00e9loigner trop de ses b\u00eates. \u00abQuand on \u00e9voque l\u2019agriculture, on a l\u2019image d\u2019un gars sur son tracteur, alors que pour survivre il doit d\u00e9velopper toutes sortes de strat\u00e9gies\u00bb, souligne Nelly Niwa.<\/p>\n<h2>L\u2019agriculteur d\u2019aujourd\u2019hui est multifonctionnel<\/h2>\n<p>\u00abCes portraits sont assez r\u00e9v\u00e9lateurs de ce que devient la paysannerie en Suisse, remarque Jean Ruegg, professeur de politiques territoriales et pr\u00e9sident du comit\u00e9 de pilotage du projet Vaud 2030. C\u2019est-\u00e0-dire un monde de plus en plus diversifi\u00e9, avec des trajectoires de plus en plus sp\u00e9cialis\u00e9es, de l\u2019agriculteur devenu entrepreneur au petit paysan qui tire toutes les ficelles de la nouvelle politique agricole pour pouvoir maintenir son exploitation.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 60, \u00e9leveurs et cultivateurs recevaient des subventions en rapport avec leur production, ce qui faisait d\u2019eux des producteurs de denr\u00e9es alimentaires. Mais d\u00e8s le d\u00e9but des ann\u00e9es 90, la Conf\u00e9d\u00e9ration a fait \u00e9voluer sa politique en cessant de soutenir la production pour d\u2019autres services, li\u00e9s \u00e0 l\u2019environnement par exemple.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3837\" aria-describedby=\"caption-attachment-3837\" style=\"width: 390px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3837\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32.jpg\" alt=\"Nelly Niwa. Doctorante \u00e0 l\u2019UNIL et directrice du projet \u00abVaud 2030: quelle agriculture pour quel territoire?\u00bb Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"390\" height=\"389\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32-261x260.jpg 261w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32-250x250.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32-150x150.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32-260x260.jpg 260w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/NellyNiwa_32-60x60.jpg 60w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3837\" class=\"wp-caption-text\">Nelly Niwa. Doctorante \u00e0 l\u2019UNIL et directrice du projet \u00abVaud 2030: quelle agriculture pour quel territoire?\u00bb Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00abA cette \u00e9poque, la Suisse signe de nombreux accords de libre-\u00e9change, commente Nelly Niwa. Ce qui fait qu\u2019elle ne peut plus, vis-\u00e0-vis des autres pays, aider sa propre production. La Conf\u00e9d\u00e9ration a donc trouv\u00e9 une parade: l\u2019agriculture sera soutenue gr\u00e2ce \u00e0 des paiements directs pour des prestations qui ne sont pas li\u00e9es \u00e0 la production alimentaire. Tels que l\u2019entretien du paysage ou la sauvegarde de l\u2019environnement.\u00bb<\/p>\n<p>En d\u2019autres termes, l\u2019agriculteur re\u00e7oit dor\u00e9navant des primes pour des activit\u00e9s qui ne sont plus directement li\u00e9es \u00e0 son m\u00e9tier. \u00abIl se fait r\u00e9compenser pour ne plus cultiver comme on le lui avait appris, analyse Jean Ruegg. Auparavant, on lui demandait d\u2019utiliser son outil de production de la mani\u00e8re la plus efficace possible. Tandis qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, il peut recevoir un soutien pour des t\u00e2ches de maintien du paysage. Mentalement, c\u2019est quand m\u00eame un changement consid\u00e9rable.\u00bb<\/p>\n<p>Par ailleurs, le paysan contemporain semble oblig\u00e9 de s\u2019accrocher \u00e0 des revenus accessoires pour ne pas perdre son domaine. En effet, 20% du revenu des agriculteurs proviendraient actuellement d\u2019une activit\u00e9 annexe, sur l\u2019exploitation ou \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. \u00abEt ce pourcentage risque d\u2019augmenter, signale Nelly Niwa. Souvent, les agriculteurs font une double formation pour pouvoir plus tard osciller entre deux m\u00e9tiers. Le salaire de l\u2019\u00e9pouse, ou de l\u2019\u00e9poux, est \u00e9galement tr\u00e8s important pour la survie de l\u2019exploitation.\u00bb<\/p>\n<h2>As de la d\u00e9brouille<\/h2>\n<p>Comme le signale la doctorante de l\u2019UNIL, les paysans ont d\u00fb devenir des as de la d\u00e9brouille ces derni\u00e8res ann\u00e9es. \u00abCelui qui n\u2019\u00e9tait que dans la production auparavant commence \u00e0 proposer un service de loisirs, des balades \u00e0 cheval, des d\u00eeners \u00e0 la ferme. Ce qui, peut-\u00eatre, est en train de d\u00e9truire l\u2019agriculture. Dans le sens o\u00f9 si les paysans montrent trop qu\u2019ils arrivent \u00e0 joindre les deux bouts sans les aides de la Conf\u00e9d\u00e9ration, elle ne va plus rien leur donner du tout. Et la part consacr\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9levage et aux cultures diminuera.\u00bb<\/p>\n<p>Jean Ruegg ajoute que le paysan para\u00eet tr\u00e8s seul dans ses choix. Si la Conf\u00e9d\u00e9ration semble le pousser \u00e0 offrir des activit\u00e9s diverses sur son exploitation, les organismes de coordination capables de g\u00e9rer la nouveaut\u00e9 et les articulations avec d&rsquo;autres domaines sont peu nombreux. \u00abLors d\u2019une pr\u00e9-\u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e dans le canton de Neuch\u00e2tel au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, j\u2019ai eu l\u2019impression qu\u2019on invitait les paysans \u00e0 se tourner vers le tourisme \u00e0 la ferme sans trop r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 une \u00e9ventuelle concurrence avec les structures h\u00f4teli\u00e8res, sans v\u00e9ritable discussion ou coordination de l&rsquo;offre avec les offices du tourisme, signale le professeur de politiques territoriales. Si l\u2019agriculteur \u00e9tait bon, il rentrait dans ses fonds. Sinon, il ne faisait qu\u2019augmenter sa dette.\u00bb<\/p>\n<figure id=\"attachment_3835\" aria-describedby=\"caption-attachment-3835\" style=\"width: 390px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3835\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/JeanRuegg_32.jpg\" alt=\"Jean Ruegg. Professeur de politiques territoriales et pr\u00e9sident du comit\u00e9 de pilotage du projet Vaud 2030. Nicole Chuard \u00a9 UNIL\" width=\"390\" height=\"387\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/JeanRuegg_32.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/JeanRuegg_32-262x260.jpg 262w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/JeanRuegg_32-150x150.jpg 150w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/JeanRuegg_32-60x60.jpg 60w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3835\" class=\"wp-caption-text\">Jean Ruegg. Professeur de politiques territoriales et pr\u00e9sident du comit\u00e9 de pilotage du projet Vaud 2030. Nicole Chuard \u00a9 UNIL<\/figcaption><\/figure>\n<p>La Conf\u00e9d\u00e9ration devrait-elle donc se mouiller davantage pour ses agriculteurs \u00e0 l\u2019avenir? \u00abJ\u2019esp\u00e8re que ce sera la population, enfin consciente de la gravit\u00e9 de la situation, qui demandera elle-m\u00eame \u00e0 l\u2019Etat d\u2019intervenir plus, d\u00e9clare Jean Ruegg. Pour l\u2019instant, la paysannerie suisse subit une crise, silencieuse, car personne n\u2019en sait rien.\u00bb<\/p>\n<p>A cela s\u2019ajoute le fait que les paysans sont loin d\u2019avoir termin\u00e9 leur r\u00e9volution. Une recherche de l\u2019UNIL, plus exactement de l\u2019Institut de g\u00e9ographie et durabilit\u00e9 (anciennement IPTEH), a tent\u00e9 de savoir quel futur il fallait envisager pour ces paysans suisses, qui se retrouvent balad\u00e9s au rythme de la mondialisation. Elle s\u2019est longuement pench\u00e9e sur le sort des agriculteurs vaudois, qui peut \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 toute la Suisse, comme l\u2019explique Nelly Niwa, responsable de l\u2019enqu\u00eate: \u00abLe canton de Vaud repr\u00e9sente une agriculture traditionnelle, avec des r\u00e9seaux de villes et une agriculture au centre. On y trouve des paysages de montagne, des bordures de lac, le littoral, la plaine. Il s\u2019agit vraiment d\u2019une Suisse miniature.\u00bb<\/p>\n<p>Le projet \u00abVaud 2030: Quelle agriculture pour quel territoire?\u00bb invite donc les internautes \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 l\u2019avenir des paysans vaudois, voire helv\u00e9tiques. Ce travail collectif de longue haleine a permis de donner naissance \u00e0 quatre sc\u00e9narios hypoth\u00e9tiques, qui vont de la g\u00e9n\u00e9ralisation optimiste du contrat bobo entre producteurs et consommateurs \u00e0 celui, plus catastrophique pour la paysannerie suisse, d\u2019une lib\u00e9ralisation totale du march\u00e9 (<a href=\"https:\/\/www.vaud2030.ch\" target=\"_blank\">voir les sc\u00e9narios<\/a>).<\/p>\n<p>Cette recherche, qui fera prochainement l\u2019objet d\u2019un cours public (lire l\u2019encadr\u00e9 ci-contre) a lev\u00e9 quelques li\u00e8vres. Et pos\u00e9 quelques questions ultrasensibles, comme celle-ci: faut-il, par exemple, responsabiliser les producteurs ou continuer \u00e0 les entretenir? Sur le terrain, Nelly Niwa a relev\u00e9 qu\u2019un agriculteur n\u2019aborde pas facilement la part des aides de l\u2019Etat dans son revenu. Le sujet reste tabou. \u00abIl existe des profils tr\u00e8s divers d\u2019agriculteurs, signale-t-elle, qui re\u00e7oivent plus ou moins de subventions. Selon moi, il faudrait plut\u00f4t utiliser le terme d\u2019encouragement, \u00e0 devenir plus \u00e9cologique, \u00e0 produire plus d\u2019\u00e9nergie, \u00e0 fournir des produits sains. Les subventions doivent se faire en fonction des services fournis par l\u2019agriculture. Je ne pense pas qu\u2019il faille placer les agriculteurs dans la cat\u00e9gorie des fonctionnaires de l\u2019Etat.\u00bb<\/p>\n<h2>Vers des cultures ultabiologiques<\/h2>\n<p>Faudrait-il encore, c\u2019est une autre piste, inciter les agriculteurs \u00e0 foncer dans la direction des cultures ultrabiologiques? 95% des exploitations vaudoises poss\u00e8dent en effet le logo IP-Suisse, la fameuse petite coccinelle, qui indique que les producteurs fournissent des prestations \u00e9cologiques. \u00abOn utilise moins de produits fertilisants phytosanitaires (pesticides, ndlr), donc moins de produits chimiques polluants, note Nelly Niwa. Les ann\u00e9es 60 ont caus\u00e9 beaucoup de d\u00e9g\u00e2ts sur l\u2019environnement, car c\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque qu\u2019on a commenc\u00e9 \u00e0 employer des produits d\u00e9riv\u00e9s du p\u00e9trole, ce qu\u2019on appelait la r\u00e9volution verte.\u00bb<\/p>\n<p>Dans les ann\u00e9es 90, les autorit\u00e9s en ont pris conscience et des mesures ont \u00e9t\u00e9 mises sur pied. C\u2019est la fin du slogan critique \u00abagriculteurs pollueurs\u00bb, mais cela ne veut pas dire pour autant que l\u2019on estime qu\u2019ils font tout juste. Au contraire, les agriculteurs restent dans le collimateur des associations de protection de l\u2019environnement. Les raisons de la discorde: l\u2019octroi de paiements directs pour des activit\u00e9s \u00e9cologiques n\u2019aurait pas fait augmenter la biodiversit\u00e9, ou peu.<\/p>\n<p>\u00abCes associations aimeraient que l\u2019on soumette les paysans \u00e0 des r\u00e9sultats, explique Nelly Niwa. Mais les agriculteurs que j\u2019ai rencontr\u00e9s trouvent qu\u2019ils en font d\u00e9j\u00e0 beaucoup pour l\u2019environnement. Alors qu\u2019avant les champs de bl\u00e9 \u00e9taient propres et carr\u00e9s, y abandonner des bandes de terre pour laisser s\u2019\u00e9panouir des coquelicots ne va pas de soi pour eux. Leur m\u00e9tier, disent-ils, c\u2019est de donner \u00e0 manger \u00e0 la population, pas d\u2019entretenir des petites fleurs et des coccinelles.\u00bb<\/p>\n<p>Autre question qui aura son importance dans les ann\u00e9es \u00e0 venir: peut-on allier les cultures biologiques avec des perspectives de b\u00e9n\u00e9fices? Oui, estime la doctorante de l\u2019UNIL. Il s\u2019agit clairement d\u2019un enjeu d\u2019avenir: allier \u00e9cologie et rendement agricole, avec des \u00e9nergies renouvelables, produites par les agriculteurs eux-m\u00eames. Avec un passage obligatoire au bio? \u00abIl sera n\u00e9cessaire de trouver un compromis, car il n\u2019y a pas que du mauvais dans les solutions chimiques, juge-t-elle. Une \u00e9tude mondiale de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l\u2019alimentation et l\u2019agriculture) a fait sensation en proclamant qu\u2019on arriverait \u00e0 tous nous nourrir gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019agriculture biologique. Certes, mais si ce genre de production n\u2019utilise pas de produits chimiques, il faut savoir par exemple que pour d\u00e9sherber, on br\u00fble les jeunes pousses au lance-flammes, avec d\u2019\u00e9normes machines qui consomment beaucoup d\u2019\u00e9nergie.\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tude apporte aussi quelques bonnes nouvelles aux agriculteurs. Nelly Niwa souligne ainsi que, contrairement \u00e0 ce que l\u2019on imagine, il reste des march\u00e9s \u00e0 conqu\u00e9rir pour les agriculteurs suisses. Par exemple, la production de c\u00e9r\u00e9ales bios, car, \u00e9tonnamment, ce march\u00e9 n\u2019existe pas en\u00a0 Suisse: \u00abCe qui fait que quand je vais acheter mon mu?esli bio typiquement suisse \u00e0 la Coop, je constate qu\u2019il est plein de produits qui viennent du bout du monde.\u00bb<\/p>\n<p>D\u2019ailleurs, les relations qu\u2019entretiennent grands distributeurs et agriculteurs restent myst\u00e9rieuses. Ni les producteurs ni les grandes surfaces ne tiennent \u00e0 s\u2019appesantir sur le sujet. \u00abC\u2019est un peu la mafia, rigole Nelly Niwa. Ce qui est s\u00fbr, c\u2019est que les supermarch\u00e9s ont un r\u00f4le \u00e9norme pour l\u2019agriculture. 95% de la production suisse finissent dans leurs magasins.\u00bb<\/p>\n<p>Comme le remarque le professeur Ruegg, ce qui compte aux yeux du consommateur demeure le prix, qui doit continuer \u00e0 \u00eatre bas. \u00abEn Suisse, on justifie une bonne partie des aides de l\u2019Etat parce qu\u2019on veut des productions respectueuses de l\u2019environnement, mais cela ne veut pas dire pour autant que chacun est pr\u00eat \u00e0 payer le juste prix. A ma connaissance, la quantit\u00e9 d\u2019argent d\u00e9pens\u00e9 par les m\u00e9nages helv\u00e9tiques de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la fronti\u00e8re, en France, ne diminue en tout cas pas.\u00bb<\/p>\n<h2>Libre-\u00e9change avec la Chine<\/h2>\n<p>Autre enjeu du futur: nos relations bilat\u00e9rales avec la Chine. Car si la Conf\u00e9d\u00e9ration propose d\u2019un c\u00f4t\u00e9 une nouvelle politique agricole pour 2014-17 (PA 14-17) \u2013 dont les buts, selon le site de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019agriculture (OFAG), sont \u00abde promouvoir davantage l&rsquo;innovation dans l&rsquo;agriculture et la fili\u00e8re alimentaire, d\u2019accro\u00eetre encore la comp\u00e9titivit\u00e9 et de soutenir d&rsquo;une mani\u00e8re plus cibl\u00e9e les prestations d&rsquo;int\u00e9r\u00eat public\u00bb \u2013 elle n\u00e9gocie en m\u00eame temps des accords de libre-\u00e9change avec l\u2019Empire du Milieu. Ce qui provoque une certaine inqui\u00e9tude chez les agriculteurs.<\/p>\n<p>Beat R\u00f6\u00f6sli, chef de la division Relations internationales \u00e0 l\u2019USP, regrette de ne pas avoir d\u2019informations concr\u00e8tes sur le contenu des accords. \u00abNous ne pouvons r\u00e9fl\u00e9chir qu\u2019en fonction des sensibilit\u00e9s de chacune des branches. Ces accords peuvent \u00eatre une chance dans le secteur laitier, surtout pour des produits comme les yoghourts et le fromage, qui se vendent d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien \u00e0 Hong Kong ou Shanghai. Mais les paysans n\u2019en profiteront que si les entreprises de transformation utilisent le lait suisse et partagent les profits avec les producteurs sur un prix \u00e9lev\u00e9.\u00bb<\/p>\n<p>En revanche, Beat R\u00f6\u00f6sli souligne que les importations de viande ainsi que de fruits et l\u00e9gumes pr\u00e9par\u00e9s ou congel\u00e9s pourraient devenir probl\u00e9matiques. \u00abLa grande question selon moi est: voulons-nous sacrifier nos principes \u00e9thiques \u00e9lev\u00e9s (\u00e9cologiques, sociaux, sur la protection des animaux) uniquement pour que les grandes entreprises industrielles et de services fassent du profit?\u00bb<\/p>\n<p>A ce jour, environ 45% des denr\u00e9es alimentaires consomm\u00e9es sur notre territoire sont import\u00e9es, qu\u2019en sera-t-il apr\u00e8s des accords avec la Chine? Va-t-on vers la disparition pure et simple de l\u2019agriculture helv\u00e9tique? \u00abEn 2030, cela semble peu plausible, car il restera forc\u00e9ment au moins quelques r\u00e9sistants, affirme Nelly Niwa. Mais si on se projette sur le long terme, la Suisse, tr\u00e8s attractive, pourrait plut\u00f4t miser sur les entreprises de pointe avec des personnes \u00e0 fort niveau \u00e9conomique et social. On laisserait alors tomber les agriculteurs.\u00bb<\/p>\n<h2>Concurrence urbaine<\/h2>\n<p>Autre param\u00e8tre qui va jouer un r\u00f4le \u00e0 l\u2019avenir: l\u2019\u00e9volution du rapport ville-campagne. En effet, la doctorante ne peut imaginer que le monde agricole suisse disparaisse, car depuis la crise \u00e9conomique de 2008, elle constate un boom de l\u2019agriculture urbaine: \u00abApr\u00e8s les probl\u00e8mes financiers, sanitaires, avec l\u2019augmentation des cancers, le nombre de reportages sur les animaux dans les abattoirs, on se raccroche \u00e0 la terre. On s\u2019est connect\u00e9 \u00e0 la modernit\u00e9, maintenant, on veut un retour aux racines. Et la population se met \u00e0 cultiver des jardinets.\u00bb<\/p>\n<p>Encore une nouvelle concurrence qui effraie les cultivateurs dipl\u00f4m\u00e9s qui ne comprennent pas qu\u2019on installe l\u2019agriculture dans les villes, alors que ces derni\u00e8res avancent et mangent leurs terrains. \u00abLa Loi sur l\u2019am\u00e9nagement du territoire de 1979 faisait de l\u2019agriculture un outil clair, une vraie barri\u00e8re \u00e0 l\u2019extension de l\u2019urbanisation, assure Jean Ruegg. On a affaibli cette fonction en 2000, lors de la r\u00e9vision de cette loi.\u00bb Aujourd\u2019hui, les terrains agricoles ne voient plus seulement les producteurs, mais aussi les touristes et les promeneurs.<\/p>\n<p>Un doux m\u00e9lange qui provoque de nombreuses querelles de voisinage. \u00abLes d\u00e9jections de chiens dans les champs sont une plaie pour les \u00e9leveurs, raconte Nelly Niwa. Car les vaches qui les ing\u00e8rent tombent malades. En outre, les d\u00e9g\u00e2ts dans les cultures sont en augmentation.\u00bb<\/p>\n<p>Les urbains venus s\u2019installer au vert pour le calme et les paysages acceptent mal les odeurs de fumier et les tracteurs qui roulent le week-end. \u00abCe n\u2019est pas compatible avec l\u2019image qu\u2019ils se font de la campagne, ajoute la doctorante. Ils veulent voir de jolies vaches, avec de jolies cornes, mais pas de taureaux parce qu\u2019ils sont dangereux. Sans oublier des gros probl\u00e8mes de circulation. L\u2019apparition de dos d\u2019\u00e2ne pour prot\u00e9ger les enfants sur les routes rurales rend le passage des tracteurs tr\u00e8s difficile, ce qui ralentit le trafic.\u00bb<\/p>\n<p>Pour le moment, l\u2019agriculture occupe encore 42% du territoire vaudois. On essaie de faire revenir la population en ville afin d\u2019\u00e9viter un mitage, une explosion de villas \u00e0 la campagne. Mais pour combien de temps? \u00abSi les agriculteurs n\u2019occupent plus ce terrain, la for\u00eat reprendra sa place, car elle pousse extr\u00eamement rapidement et est bien prot\u00e9g\u00e9e en Suisse, remarque Nelly Niwa. L\u2019urbanisation ira aussi plus vite.\u00bb Jean Ruegg se souvient que dans les sc\u00e9narios les plus fous imagin\u00e9s, on a pens\u00e9 aux fermes verticales. \u00abIl s\u2019agirait de structures empil\u00e9es les unes sur les autres. Par gravit\u00e9, l\u2019eau et les d\u00e9chets organiques des \u00e9tages sup\u00e9rieurs serviraient \u00e0 fertiliser les \u00e9tages inf\u00e9rieurs. Cela formerait un circuit ferm\u00e9 de cultures totalement hors-sol, ind\u00e9pendantes de la terre. Ce qui au niveau paysage donnerait naissance \u00e0 de magnifiques \u201cgratteciel\u201d de fermes agricoles entour\u00e9s, sur les terres ainsi non cultiv\u00e9es, de terrains de golf ou de territoires urbanis\u00e9s.\u00bb<\/p>\n<p>Et vous, de quelle agriculture r\u00eavez-vous? A vous de vous exprimer sur <a href=\"https:\/\/www.vaud2030.ch\" target=\"_blank\">www.vaud2030.ch<\/a>.<\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<h1>Un cours public \u00e0 suivre<\/h1>\n<p>Des rencontres publiques sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture sont organis\u00e9es en octobre dans le canton de Vaud.<\/p>\n<p>Jeudi 4 octobre \u00e0 19 h. Morges. Agrilogie Marcelin &#8211; Ecole d&rsquo;agriculture et de viticulture, Avenue Marcelin 29. 021 557 92 50<br \/>\nLundi 8 octobre \u00e0 18 h 30. Ch\u00e2teau d\u2019Oex. Salle du Conseil communal, Grand-Rue 67. 026 924 22 00<br \/>\nJeudi 11 octobre \u00e0 19 h. Moudon. Agrilogie Grange-Verney &#8211; Ecole et stations cantonales d&rsquo;agriculture, Chemin de Grange-Verney 2. 021 557 98 98<br \/>\nMardi 16 octobre \u00e0 18 h 30. Vallorbe. Auberge communale, Place du Pont 3. 021 843 12 52<\/p>\n<p>Le mercredi 28 novembre, l\u2019UNIL accueille un cours public portant sur la recherche men\u00e9e par Nelly Niwa. Les r\u00e9sultats du vote des internautes sur l\u2019avenir de l\u2019agriculture seront pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 cette occasion (b\u00e2timent Amphimax, 18h)<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/autrementdit\" target=\"_blank\">www.unil.ch\/autrementdit<\/a><\/p>\n<p>&#8212;&#8212;-<\/p>\n<h1>Un projet innovant<\/h1>\n<p>Vaud 2030: quelle agriculture pour quel territoire?, est l\u2019un des 6 projets retenus dans le cadre du programme \u00abVivre ensemble dans l\u2019incertain \u00bb (VEI). Ce dernier est consacr\u00e9 aux d\u00e9fis qui attendent la soci\u00e9t\u00e9 vaudoise dans le futur proche. Soutenue financi\u00e8rement par la Fondation du 450e anniversaire de l&rsquo;UNIL et chapeaut\u00e9e dans ses aspects scientifiques par le Conseil Anthropos de l\u2019UNIL, la d\u00e9marche de VEI est inhabituelle et novatrice. Il s\u2019agit \u00abd\u2019impliquer la soci\u00e9t\u00e9 civile dans des travaux acad\u00e9miques qui traitent de questions \u00e9mergeant du terrain\u00bb, explique Philippe Moreillon, vice-recteur en charge de la recherche.<\/p>\n<p>Ainsi, un dialogue s\u2019\u00e9tablit entre les sciences humaines et les pr\u00e9occupations des citoyens. Le mitage du territoire et la densification en font partie aujourd\u2019hui, ce qui rend le projet de Nelly Niwa d\u2019autant plus int\u00e9ressant.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/vei\" target=\"_blank\">www.unil.ch\/vei<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Avant, la Suisse subventionnait ses agriculteurs pour qu\u2019ils la nourrissent. 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