{"id":3658,"date":"2012-09-20T08:19:53","date_gmt":"2012-09-20T06:19:53","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=3658"},"modified":"2013-01-18T12:46:38","modified_gmt":"2013-01-18T10:46:38","slug":"anthropocene","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/anthropocene\/","title":{"rendered":"L&rsquo;anthropoc\u00e8ne, qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est?"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Les activit\u00e9s humaines ont transform\u00e9 la plan\u00e8te. Est-ce au point de justifier notre entr\u00e9e dans une nouvelle \u00e8re, appel\u00e9e \u00abanthropoc\u00e8ne\u00bb ? En ao\u00fbt dernier, cette id\u00e9e a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e lors 34e Congr\u00e8s international de g\u00e9ologie de Brisbane. Les explications d\u2019un participant \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement: Torsten Vennemann, professeur \u00e0 l\u2019Institut des sciences de la Terre de l\u2019UNIL.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En tr\u00e8s peu de temps, notamment \u00e0 l\u2019\u00e9chelle g\u00e9ologique, l\u2019homme a boulevers\u00e9 la surface de la Terre et modifi\u00e9 son climat. C\u2019est probablement la premi\u00e8re fois dans l\u2019Histoire qu\u2019une esp\u00e8ce atteint un tel degr\u00e9 de contr\u00f4le sur son environnement. Cela justifie-t- il l\u2019introduction d\u2019une nouvelle p\u00e9riode g\u00e9ologique qui porterait notre nom, l\u2019anthropoc\u00e8ne? Cette derni\u00e8re succ\u00e9derait \u00e0 l\u2019holoc\u00e8ne, qui a d\u00e9but\u00e9 il y a 11 700 ans environ et qui dure encore \u00e0 ce jour. En 2007, la parution d\u2019un article scientifique r\u00e9dig\u00e9 par Will Steffen, le prix Nobel de chimie Paul J. Crutzen et John R. McNeill a fait entrer cette question dans le monde des chercheurs.<\/p>\n<p>La notion d\u2019anthropoc\u00e8ne pose d\u2019abord la question de sa d\u00e9finition et de ses limites. Les g\u00e9ologues ont besoin d\u2019une localit\u00e9 type, c\u2019est-\u00e0-dire un lieu, quelque part dans le monde, o\u00f9 les couches s\u00e9dimentaires (nos \u00abarchives\u00bb) montrent qu\u2019un \u00e9v\u00e9nement s\u2019est produit, qu\u2019une nouvelle p\u00e9riode a commenc\u00e9 dans l\u2019histoire de la Terre. Il peut s\u2019agir d\u2019un changement dans la composition chimique du sol. La pal\u00e9ontologie fournit \u00e9galement des informations, gr\u00e2ce aux fossiles. A un moment donn\u00e9 dans le pass\u00e9, certaines esp\u00e8ces disparaissent alors que d\u2019autres apparaissent, ce qui marque un changement d\u2019\u00e9poque. Les foraminif\u00e8res, de minuscules organismes unicellulaires r\u00e9pandus dans les milieux marins, sont tr\u00e8s sensibles aux changements climatiques et donc souvent utilis\u00e9s pour donner la limite des grandes extinctions. Ensuite, il faut prouver que le changement constat\u00e9 localement dans les couches s\u00e9dimentaires est en fait global, donc observable ailleurs dans le monde.<\/p>\n<p>Une localit\u00e9 type, et un ph\u00e9nom\u00e8ne global: voil\u00e0 donc les deux points qui doivent \u00eatre \u00e9claircis avant que la Commission internationale de stratigraphie d\u00e9cide d\u2019avaliser l\u2019anthropoc\u00e8ne officiellement.<\/p>\n<p>Un travail qui n\u2019est pas simple, tant notre impact varie d\u2019un endroit \u00e0 l\u2019autre du globe. En Australie, les Hommes ont provoqu\u00e9 la disparition d\u2019esp\u00e8ces, il y a plus de 5000 ans. Mais pour un Danois,\u00a0 l\u2019anthropoc\u00e8ne pourrait d\u00e9buter \u00e0 la cr\u00e9ation du Jardin Botanique de Copenhague au XVIIe si\u00e8cle, qui induit un changement dans les s\u00e9diments et l\u2019apparition de nouveaux pollens. D\u2019autres chercheurs penchent pour l\u2019augmentation g\u00e9n\u00e9rale de la quantit\u00e9 de carbone 14, provoqu\u00e9e par les tests nucl\u00e9aires du d\u00e9but des ann\u00e9es 60. De son c\u00f4t\u00e9, Paul J. Crutzen privil\u00e9gie le taux de CO2 dans l\u2019atmosph\u00e8re, qui a fortement augment\u00e9 depuis l\u2019\u00e2ge industriel.<\/p>\n<p>Mais comment cela se traduit- il dans les couches? En seulement un si\u00e8cle, tr\u00e8s peu de s\u00e9diments se sont accumul\u00e9s, avec de grandes variations d\u2019un endroit \u00e0 l\u2019autre. L\u2019anthropoc\u00e8ne se situe donc au carrefour du temps long des g\u00e9ologues et du temps court des chercheurs\u00a0 en sciences de l\u2019environnement, ce qui permet un dialogue entre ces disciplines. L\u2019adoption de cette notion serait une premi\u00e8re: jamais aucune esp\u00e8ce n\u2019a donn\u00e9 son nom \u00e0 une p\u00e9riode g\u00e9ologique. Notre entr\u00e9e dans l\u2019anthropoc\u00e8ne montrerait \u00e9galement que les scientifiques se sont mis d\u2019accord pour affirmer que l\u2019Homme poss\u00e8de un impact majeur sur son environnement. Une\u00a0 id\u00e9e aujourd\u2019hui contest\u00e9e, chez certains chercheurs et dans quelques milieux politiques.<\/p>\n<p>D\u00e9couvrez G\u00e9oblog: <a href=\"https:\/\/www.unil.ch\/geoblog\" target=\"_blank\">www.unil.ch\/geoblog<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les activit\u00e9s humaines ont transform\u00e9 la plan\u00e8te. 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