{"id":3566,"date":"2012-09-20T08:30:30","date_gmt":"2012-09-20T06:30:30","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=3566"},"modified":"2012-09-20T09:02:50","modified_gmt":"2012-09-20T07:02:50","slug":"paysan-ca-eu-paye-ca-paie-plus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/paysan-ca-eu-paye-ca-paie-plus\/","title":{"rendered":"Paysan, \u00e7&rsquo;a eu pay\u00e9. \u00c7a paie plus."},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_3767\" aria-describedby=\"caption-attachment-3767\" style=\"width: 150px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3767\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2012\/09\/edito_gd.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"200\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3767\" class=\"wp-caption-text\">Jocelyn Rochat, r\u00e9daction en chef<\/figcaption><\/figure>\n<p>\u00abJ\u2019suis qu\u2019un pauvre paysan\u2026 J\u2019ai 89 hectares de bl\u00e9, mais le bl\u00e9, \u00e7a paie quoi? \u00c7a paie la semence. Le bl\u00e9, \u00e7\u2019a eu pay\u00e9, mais \u00e7a paie plus\u2026\u00bb Avec ce sketch inoubliable, Fernand Raynaud faisait glousser la France. Mais c\u2019\u00e9tait en 1965, au mill\u00e9naire pr\u00e9c\u00e9dent, et l\u2019on peut parier qu\u2019il mettrait moins facilement les rieurs de son c\u00f4t\u00e9 s\u2019il venait donner son spectacle, aujourd\u2019hui \u00e0 Lausanne. Notamment parce que, chaque ann\u00e9e en Suisse, il y a d\u00e9sormais 1600 exploitations agricoles qui disparaissent. Et que, selon les sc\u00e9narios qui ont \u00e9t\u00e9 esquiss\u00e9s par des chercheurs de l\u2019UNIL, le ph\u00e9nom\u00e8ne risque de s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer m\u00e9chamment d\u2019ici \u00e0 2030.<\/p>\n<p>Pourtant, les Suisses des villes n\u2019ont jamais sembl\u00e9 si envieux de renouer avec leurs racines terriennes. Ils plantent des tomates sur leur balcon et cultivent leur jardinet. Ils font leurs courses au march\u00e9 fermier, parce qu\u2019ils ont pris go\u00fbt au bio, aux produits de saison et au slow-food. Les Helv\u00e8tes se bousculent encore \u00e0 la ferme pour le brunch du 1er Ao\u00fbt. Nos enfants des cit\u00e9s fr\u00e9quentent l\u2019\u00e9cole \u00e0 la campagne pour d\u00e9couvrir que le lait ne tombe pas sur terre dans les berlingots du supermarch\u00e9. Et nous avons tous en t\u00eate la musique jazzy de la pub Migros qui rythme la course folle de Chocolate, cette petite poule rousse qui file \u00e0 cr\u00eate abattue afin de pondre l\u2019oeuf manquant dans la barquette en partance pour le grand magasin. Enfin, le lundi soir venu, quand on allume sa t\u00e9l\u00e9, on se retrouve sur M6 avec plus de 100 000 Romands pour suivre \u00abL\u2019amour est dans le pr\u00e9\u00bb, cette t\u00e9l\u00e9-r\u00e9alit\u00e9 qui sourit des amours contrari\u00e9es des fermiers fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>C\u2019est dire si le petit peuple de la terre a r\u00e9ussi \u00e0 se d\u00e9faire de la mauvaise r\u00e9putation qui lui collait aux basques au si\u00e8cle dernier, quand les humoristes ironisaient sur les paysans en Mercedes, les \u00e9leveurs subventionn\u00e9s et autres \u00abagriculteurs pollueurs\u00bb. Seulement voil\u00e0, entre-temps, tout a chang\u00e9, ou presque. Au point que cette profession ne ressemble plus vraiment aux clich\u00e9s que s\u2019en font les bobos urbains du XXIe si\u00e8cle. Le paysan sur son tracteur? Seulement quand il trouve le temps d\u2019aller aux champs, car, d\u00e9sormais, cet \u00abas de la d\u00e9brouille\u00bb gagne 20% de son revenu dans une activit\u00e9 accessoire, comme emmener des adolescentes en balade \u00e0 cheval, produire du biogaz ou emballer ses l\u00e9gumes dans du plastique.<\/p>\n<p>Les paysans subventionn\u00e9s? C\u2019est toujours vrai, mais encore faut-il savoir pourquoi. Au si\u00e8cle dernier, la Conf\u00e9d\u00e9ration demandait aux fermiers de nourrir la nation. Et voil\u00e0 qu\u2019ils re\u00e7oivent des paiements directs pour entretenir les for\u00eats, laisser s\u2019\u00e9panouir des coquelicots et assurer le bien-\u00eatre des coccinelles. Bref, pour devenir des jardiniers zen du paysage. Une mutation qui ne va pas forc\u00e9ment de soi. Sans parler des nouveaux nuages qui s\u2019accumulent \u00e0 l\u2019horizon. Et qui ne promettent pas une pluie bienvenue sur des cultures assoiff\u00e9es apr\u00e8s un mois d\u2019ao\u00fbt caniculaire. On pense ici \u00e0 la possible ouverture de nos fronti\u00e8res aux fruits et l\u00e9gumes chinois, certes terriblement moins chers, mais produits dans des conditions sociales et biologiques incompatibles avec nos standards helv\u00e8tes.<\/p>\n<p>Du coup, vous serez certainement nombreux \u00e0 d\u00e9couvrir dans ce num\u00e9ro que la paysannerie suisse subit actuellement \u00abune crise silencieuse\u00bb (c\u2019est en page 30). La situation est d\u2019autant plus probl\u00e9matique que les agriculteurs se retrouvent souvent \u00abtr\u00e8s seuls\u00bb quand ils doivent s\u2019inventer un avenir, \u00abcar personne n\u2019en sait rien\u00bb. L\u2019importance de l\u2019enjeu, comme le peu d\u2019\u00e9cho que rencontrent les difficult\u00e9s actuelles des paysans, ont pouss\u00e9 des chercheurs de l\u2019UNIL \u00e0 s\u2019investir dans le projet \u00abVaud 2030: quelle agriculture pour quel territoire?\u00bb. Ils vous invitent d\u00e9sormais \u00e0 cheminer un moment avec eux, que ce soit sur Internet ou dans le cadre d\u2019un cours public (prenez rendez-vous en page 33), afin d\u2019imaginer un avenir pour cette profession aussi fantasmatique que menac\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abJ\u2019suis qu\u2019un pauvre paysan\u2026 J\u2019ai 89 hectares de bl\u00e9, mais le bl\u00e9, \u00e7a paie quoi? \u00c7a paie la semence. 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