{"id":329,"date":"2006-10-03T21:20:25","date_gmt":"2006-10-03T19:20:25","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=329"},"modified":"2010-10-26T12:25:03","modified_gmt":"2010-10-26T10:25:03","slug":"comment-les-zoos-sont-devenus-moins-cruels-pour-les-animaux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/comment-les-zoos-sont-devenus-moins-cruels-pour-les-animaux\/","title":{"rendered":"Comment les zoos sont devenus moins cruels pour les animaux"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2006\/10\/zoo.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-611\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2006\/10\/zoo.jpg\" alt=\"Comment les zoos sont devenus moins cruels pour les animaux\" width=\"530\" height=\"260\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2006\/10\/zoo.jpg 530w, https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2006\/10\/zoo-300x147.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 530px) 100vw, 530px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em>En quelques d\u00e9cennies, les parcs animaliers ont beaucoup \u00e9volu\u00e9.  Leur gestion est devenue scientifique. Au point de convaincre des  animaux sauvages d\u2019y faire \u00e9tape et d\u2019inciter des \u00e9cologistes militants  d\u2019y travailler. Retour sur cette r\u00e9volution discr\u00e8te avec Nathalie  Rochat, une biologiste qui a \u00e9t\u00e9 form\u00e9e \u00e0 l\u2019UNIL.<\/em><\/p>\n<p>Vue de Suisse romande, Nathalie Rochat est certainement l\u2019une des attractions les plus exotiques du zoo de B\u00e2le. Ancienne coordinatrice des campagnes nationales de l\u2019association Pro Natura, cette biologiste form\u00e9e \u00e0 l\u2019UNIL s\u2019est fait conna\u00eetre en d\u00e9fendant la cause des loups qui d\u00e9barquaient en Suisse.<\/p>\n<p>Ex-collaboratrice du KORA, qui surveille les grands carnivores dans ce pays, la jeune femme est \u00e9galement un d\u00e9fenseur enthousiaste de la pr\u00e9sence du lynx dans nos for\u00eats. Et la voil\u00e0 qui travaille d\u00e9sormais comme&#8230; guide dans le c\u00e9l\u00e8bre parc animalier!<\/p>\n<h2>Une \u00e9cologiste guide dans un zoo!<\/h2>\n<p>Une \u00e9cologiste militante dans un zoo, \u00e7a ressemble \u00e0 une tigresse en cage. La militante aurait-elle tourn\u00e9 sa veste? \u00abPas du tout\u00bb, sourit-elle. D\u2019abord, Nathalie Rochat n\u2019oublie pas qu\u2019un zoo comme celui de B\u00e2le, avec ses 1,46 million d\u2019entr\u00e9es chaque ann\u00e9e (dont de nombreux Romands), constitue un formidable moyen de sensibiliser les gens aux questions \u00e9cologistes. \u00abLes visiteurs viennent voir des animaux exotiques. Mais je profite toujours des visites que je conduis pour faire des parall\u00e8les entre des \u00e9cosyst\u00e8mes suisses et ceux d\u2019Afrique qu\u2019on leur montre ici.\u00bb<\/p>\n<p>Notamment dans la maison \u00e0 th\u00e8me Etosha du zoo de B\u00e2le qui traite de la loi de la nature \u00abManger et \u00eatre mang\u00e9\u00bb, o\u00f9 les visiteurs d\u00e9couvrent une cha\u00eene alimentaire basique. \u00abJe m\u2019amuse toujours \u00e0 rappeler \u00e0 mon groupe qu\u2019on aurait pu leur dire exactement la m\u00eame chose en pr\u00e9sentant une cha\u00eene alimentaire qui irait des moineaux jusqu\u2019aux lynx, plut\u00f4t qu\u2019en montrant des animaux africains.\u00bb<\/p>\n<p>Plus largement, Nathalie Rochat trouve encore \u00abque les gestionnaires des grands zoos, comme celui de B\u00e2le, ont \u00e9norm\u00e9ment \u00e9volu\u00e9 dans leur r\u00e9flexion ces derni\u00e8res d\u00e9cennies. Le bien-\u00eatre des animaux y est bien mieux pris en compte que par le pass\u00e9.\u00bb Cette \u00e9volution des parcs animaliers constitue d\u2019ailleurs la colonne vert\u00e9brale des visites qu\u2019elle conduit. Nous suivons donc la guide qui nous entra\u00eene vers les enclos des loutres et des ours.<\/p>\n<h2>Comment sont n\u00e9s les zoos?<\/h2>\n<p>\u00abIl faut se souvenir que les zoos actuels sont les tr\u00e8s lointains descendants des m\u00e9nageries o\u00f9 l\u2019on montrait des animaux, il y a tr\u00e8s longtemps, \u00e0 des gens qui n\u2019avaient ni t\u00e9l\u00e9vision, ni radio, ni livres, ni images, raconte Nathalie Rochat. On y amenait une faune exotique, par exemple un rhinoc\u00e9ros, on lui donnait du pain sec pendant deux ou trois mois et il finissait par mourir, parce qu\u2019il \u00e9tait mal nourri et que l\u2019on n\u2019\u00e9tait pas capable de s\u2019en occuper. Comme c\u2019\u00e9taient des gens richissimes qui organisaient ces spectacles, ce n\u2019\u00e9tait pas grave. Ils avaient \u00e9pat\u00e9 la galerie et montr\u00e9 qu\u2019ils pouvaient s\u2019offrir un animal rare.\u00bb<\/p>\n<p>Ces exhibitions cruelles ont progressivement pris de l\u2019ampleur. Et la d\u00e9tention des animaux sauvages s\u2019est professionnalis\u00e9e. \u00abOn a commenc\u00e9 \u00e0 collectionner ces animaux et on a imagin\u00e9 ces m\u00e9nageries, souvent en \u00e9toile, avec un petit pavillon et deux-trois petits parcs autour\u00bb, ajoute la biologiste de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>\u00abA B\u00e2le, j\u2019aime bien montrer cette \u00e9volution des zoos au travers des enclos, notamment ceux des loutres et des ours, qui furent l\u2019une des premi\u00e8res r\u00e9volutions des zoos, un enclos mettant l\u2019animal en sc\u00e8ne dans un d\u00e9cor qui ressemble \u00e0 la nature o\u00f9 il \u00e9volue \u00e0 l\u2019\u00e9tat sauvage. Apr\u00e8s la m\u00e9nagerie, les zoos ont en effet d\u00e9velopp\u00e9 les enclos ma\u00eetris\u00e9s. On y trouvait souvent des catelles et de gros barreaux. Les catelles parce qu\u2019elles \u00e9taient faciles \u00e0 nettoyer, et les gros barreaux, parce qu\u2019ils permettaient d\u2019obtenir un effet, du sensationnalisme. Ils devaient montrer aux visiteurs que l\u2019animal est dangereux.\u00bb<\/p>\n<h2>L\u2019abolition des barri\u00e8res<\/h2>\n<p>Le hic, c\u2019est que de tels d\u00e9cors ne conviennent pas \u00e0 toutes les esp\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es dans les zoos, notamment les ongul\u00e9s. \u00abPendant des ann\u00e9es, on n\u2019a pas compris pourquoi ils mourraient les uns apr\u00e8s les autres, alors que la nourriture \u00e9tait bonne. Jusqu\u2019\u00e0 ce que l\u2019on d\u00e9couvre qu\u2019ils souffraient de vers intestinaux, qui \u00e9taient \u00e9limin\u00e9s avec le crottin, qui contaminaient l\u2019enclos et qui infectaient les ongul\u00e9s par leurs sabots. En b\u00e9tonnant le sol de leur enclos, devenus alors lavables, beaucoup de zoos ont pu \u00e9viter ce probl\u00e8me.\u00bb<\/p>\n<p>Les zoos ont encore \u00e9volu\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des changements de mentalit\u00e9 intervenus chez leurs visiteurs. \u00abL\u2019homme a commenc\u00e9 \u00e0 se plaindre des barreaux et de la d\u00e9tention des animaux, et l\u2019on a pass\u00e9 directement \u00e0 l\u2019\u00e9tape que j\u2019appelle la mise en sc\u00e8ne. Avec des \u00e9l\u00e9ments compl\u00e8tement domin\u00e9s par l\u2019architecte, notamment du b\u00e9ton, on a cherch\u00e9 \u00e0 reproduire le biotope de l\u2019animal pr\u00e9sent\u00e9. On a install\u00e9 des mini falaises, des arbres pour reproduire une forme de milieu naturel tr\u00e8s rudimentaire tout en maintenant un milieu contr\u00f4lable au niveau de l\u2019hygi\u00e8ne.\u00bb<\/p>\n<p>Une deuxi\u00e8me r\u00e9volution se produit quasi simultan\u00e9ment, avec \u00abl\u2019abolition de la barri\u00e8re qui s\u00e9parait le visiteur de l\u2019animal. Dans les zoos modernes, les enclos sont con\u00e7us de mani\u00e8re \u00e0 ce que le spectateur ait un maximum de possibilit\u00e9s d\u2019observation d\u00e8s qu\u2019il arrive pr\u00e8s de l\u2019enclos et qu\u2019il oublie presque que l\u2019animal est en captivit\u00e9. Il n\u2019y a donc plus de barri\u00e8re entre le visiteur et l\u2019animal\u00bb, poursuit Nathalie Rochat.<\/p>\n<h2>Les maisons \u00e0 th\u00e8me<\/h2>\n<p>Le stade d\u2019apr\u00e8s, dans l\u2019\u00e9volution des zoos, c\u2019est le remplacement des enclos par une maison \u00e0 th\u00e8me : l\u00e0, ce n\u2019est plus seulement un animal qui est pr\u00e9sent\u00e9 aux visiteurs, mais un th\u00e8me. Plusieurs esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales se c\u00f4toient donc dans ces nouveaux enclos. Actuellement \u00e0 B\u00e2le, ces nouvelles d\u00e9clinaisons du parc animalier sont au nombre de trois. Etosha pr\u00e9sente la cha\u00eene alimentaire avec des gu\u00e9pards et des criquets en vedette. A Gamgoas, on d\u00e9couvre les effets de l\u2019intervention humaine dans un \u00e9cosyst\u00e8me, notamment sur les crocodiles et les lions. Et la nouvelle attraction, Australis, th\u00e9matise la reproduction en montrant les cas souvent tr\u00e8s particuliers, entre autres ceux des marsupiaux.<\/p>\n<p>Cette gestion moderne des zoos, qui privil\u00e9gie la qualit\u00e9 \u00e0 la quantit\u00e9, a encore des effets directs sur le nombre d\u2019animaux pr\u00e9sent\u00e9s. \u00abNous avons d\u00fb \u00e9carter certaines esp\u00e8ces, explique Olivier Pagan, le directeur du zoo de B\u00e2le. Nous avons notamment renonc\u00e9 aux tigres et aux ours polaires, qui \u00e9taient des attractions tr\u00e8s populaires. Mais notre mission n\u2019est pas de pr\u00e9senter une collection d\u2019animaux. Cela, c\u2019est le r\u00f4le d\u2019un mus\u00e9e d\u2019histoire naturelle. Nous, nous devons nous concentrer sur le comportement des animaux, sur la biologie. Nous devons proposer au visiteur de prendre le temps de s\u2019arr\u00eater et de chercher ce qui se passe, notamment au travers de grandes baies vitr\u00e9es qui lui donnent l\u2019impression d\u2019\u00eatre dans l\u2019intimit\u00e9 des animaux.\u00bb<\/p>\n<h2>Des criquets \u00e0 la place des tigres<\/h2>\n<p>Ces nouvelles orientations donnent effectivement de bien meilleures garanties d\u2019un point de vue \u00e9cologique. Reste \u00e0 savoir si les visiteurs suivent le mouvement. \u00abQuand nous avons ouvert Etosha,\u00a0o\u00f9 nous pr\u00e9sentions des sauterelles \u00e0 la place des tigres, nous avons effectivement eu un doute, reconna\u00eet le directeur, mais il ne s\u2019est pas concr\u00e9tis\u00e9. Nos sondages ont montr\u00e9 que les criquets \u00e9taient l\u2019attraction la plus populaire d\u2019Etosha. Cela montre qu\u2019un zoo ne doit pas forc\u00e9ment permettre \u00e0 ses visiteurs d\u2019aller le plus pr\u00e8s possible de ce qu\u2019il y a de plus rare ou de plus dangereux. Il peut aussi attirer les foules en montrant de la diversit\u00e9 biologique.\u00bb<\/p>\n<p>Une conclusion qui ne fait que des heureux. \u00abTout le monde y trouve son compte, observe Nathalie Rochat : le visiteur qui a plus de choses \u00e0 observer, les animaux entre eux, parce qu\u2019ils b\u00e9n\u00e9ficient d\u00e9sormais d\u2019interactions avec diff\u00e9rentes esp\u00e8ces, comme ils les vivent dans leur milieu naturel, le zoo, les \u00e9cologistes&#8230; Mais il a fallu un bon si\u00e8cle de connaissances biologiques, d\u2019exp\u00e9riences dans les parcs, de sensibilit\u00e9 humaine et d\u2019\u00e9thologie pour aboutir \u00e0 ce r\u00e9sultat intelligent.\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Jocelyn Rochat<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En quelques d\u00e9cennies, les parcs animaliers ont beaucoup \u00e9volu\u00e9. Leur gestion est devenue scientifique. 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