{"id":26,"date":"2008-12-01T09:38:16","date_gmt":"2008-12-01T07:38:16","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=26"},"modified":"2012-05-15T16:55:06","modified_gmt":"2012-05-15T14:55:06","slug":"ne-pestez-plus-sur-les-virus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/ne-pestez-plus-sur-les-virus\/","title":{"rendered":"Ne pestez plus sur les virus\u2026 Ils nous soignent aussi et ils nous sauveront peut-\u00eatre un jour du cancer"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2323\" aria-describedby=\"caption-attachment-2323\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2323\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2008\/12\/rhume.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"260\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2323\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 DPix Center - fotolia.com<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Rhume, grippe, etc. Pas un hiver sans le nez qui coule et la gorge qui nous d\u00e9mange. Et pourtant, s\u2019ils tuent parfois, les virus sont aussi, on le sait moins, de pr\u00e9cieux alli\u00e9s. La m\u00e9decine les utilise d\u00e9j\u00e0 pour pr\u00e9parer certains vaccins et elle aura besoin d\u2019eux pour \u00e9laborer de futures th\u00e9rapies g\u00e9niques contre des maladies g\u00e9n\u00e9tiques. Les explications des chercheurs de l\u2019UNIL.<\/em><\/p>\n<p>\u00abJe suis tr\u00e8s enthousiaste quand je pense \u00e0 tout ce que les virus nous ont appris!\u00bb Ces propos de Winship Herr, responsable d\u2019une \u00e9quipe du Centre int\u00e9gratif de g\u00e9nomique (CIG) de l\u2019UNIL, ont, a priori, de quoi surprendre. Il est vrai que les virus n\u2019ont pas la cote, tant ils sont associ\u00e9s \u00e0 des maladies infectieuses, anciennes ou \u00e9mergentes, b\u00e9nignes ou mortelles, comme le rhume, la variole, le sida, Ebola ou la grippe aviaire. Il suffit de prononcer leur nom pour agiter aussit\u00f4t le spectre d\u2019\u00e9pid\u00e9mies, voire de pand\u00e9mies.<\/p>\n<h3>De pr\u00e9cieux auxiliaires de la recherche<\/h3>\n<p>Pourtant, les virus ne sont pas que des microbes mal\u00e9fiques. Dans leur tr\u00e8s large majorit\u00e9, ils sont d\u2019ailleurs inoffensifs. Sur les quelque 6000 sp\u00e9cimens r\u00e9pertori\u00e9s \u00e0 ce jour \u2013, et qui ne repr\u00e9sentent qu\u2019une petite part de la population virale globale \u2013 seuls 200 environ sont pathog\u00e8nes pour l\u2019\u00eatre humain. Mais m\u00eame ces derniers ont parfois leurs bons c\u00f4t\u00e9s, en tant que pr\u00e9cieux auxiliaires de la recherche.<\/p>\n<p>Pour les biologistes, ils sont devenus de v\u00e9ritables \u00aboutils\u00bb qui ont conduit \u00e0 \u00abune floraison de connaissances\u00bb, comme le souligne Elena Buetti, privat-docent \u00e0 l\u2019UNIL et cheffe de projet de recherche au CHUV.<\/p>\n<p>Cela ne date pas d\u2019hier. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1930, des chercheurs venus de la physique ont utilis\u00e9 des bact\u00e9riophages (virus qui infectent les bact\u00e9ries) pour r\u00e9aliser des \u00e9tudes de g\u00e9n\u00e9tique. Ces derni\u00e8res ont conduit, au milieu du si\u00e8cle dernier, \u00e0 \u00abl\u2019identification du r\u00f4le de l\u2019ADN dans l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9\u00bb, rappelle l\u2019enseignante \u00e0 l\u2019UNIL. Depuis, la recherche sur ces micro-organismes a d\u00e9bouch\u00e9 sur le clonage mol\u00e9culaire et le s\u00e9quen\u00e7age de l\u2019ADN, qui ont permis de grandes avanc\u00e9es en biologie mol\u00e9culaire et en g\u00e9n\u00e9tique.<\/p>\n<h3>\u00abGrand\u00bb virus, petit g\u00e9nome<\/h3>\n<p>Dans ces domaines, l\u2019un des atouts des virus tient dans la petite taille de leur g\u00e9nome. Consid\u00e9r\u00e9 comme faisant partie des \u00abgrands\u00bb virus, l\u2019Herp\u00e8s simplex, sur lequel travaille Winship Herr, ne poss\u00e8de que 150\u2019000 paires de bases \u2013 ces fameuses lettres dans lesquelles est \u00e9crit le patrimoine g\u00e9n\u00e9tique \u2013 alors que le n\u00f4tre en compte plus de trois milliards.<\/p>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 ces micro-organismes, les chercheurs disposent d\u2019organismes simples qui leur permettent d\u2019\u00e9tudier de pr\u00e8s la fonction des diff\u00e9rents g\u00e8nes, dont certains sont analogues aux n\u00f4tres. Cela s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 particuli\u00e8rement utile, surtout avant que le g\u00e9nome humain ne soit enti\u00e8rement d\u00e9crypt\u00e9, en 2000.<\/p>\n<h3>Ce sont des pirates de l\u2019air<\/h3>\n<p>Les virus ont une autre caract\u00e9ristique qui les rend incomparables dans le monde des micro-organismes. Ils sont incapables de se multiplier et de se reproduire par leurs propres moyens. Et, pour se d\u00e9velopper, ils ne peuvent compter que sur la machinerie des cellules qu\u2019ils infectent. De ce fait, \u00abils peuvent aussi fournir de nombreux renseignements sur les fonctions cellulaires qu\u2019ils d\u00e9tournent \u00e0 leur profit\u00bb, pr\u00e9cise Elena Buetti.<\/p>\n<p>Adoptant un langage imag\u00e9, Winship Herr les compare \u00e0 des \u00abpirates de l\u2019air\u00bb. Lorsqu\u2019ils sont dans un avion qu\u2019ils veulent d\u00e9tourner, explique-t-il, ces intrus s\u2019adressent en priorit\u00e9 \u00e0 l\u2019homme-cl\u00e9 de l\u2019avion: le pilote. Les virus font la m\u00eame chose. \u00abPour manipuler la cellule, ils ciblent les \u00e9l\u00e9ments importants pour le fonctionnement de celle-ci: les prot\u00e9ines r\u00e9gulatrices.\u00bb Il suffit donc d\u2019observer le travail des microbes pour reconna\u00eetre les prot\u00e9ines en question.<\/p>\n<h3>Une d\u00e9couverte choc<\/h3>\n<p>Les biologistes se sont d\u2019abord focalis\u00e9s sur des virus qui provoquent le d\u00e9veloppement de tumeurs sur les animaux. Cela leur a permis de mieux comprendre les m\u00e9canismes qui rendent une cellule canc\u00e9reuse, y compris chez l\u2019homme.<\/p>\n<p>C\u2019est par ce biais qu\u2019ils ont mis au jour les oncog\u00e8nes, ces g\u00e8nes qui d\u00e9clenchent la prolif\u00e9ration anarchique des cellules, laquelle est \u00e0 l\u2019origine des cancers. \u00abCette d\u00e9couverte a \u00e9t\u00e9 un choc dans la communaut\u00e9 scientifique, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1970\u00bb, se souvient Elena Buetti.<\/p>\n<h3>Comment un virus nous a aid\u00e9s \u00e0 comprendre les cancers<\/h3>\n<p>Des chercheurs, qui travaillaient sur le virus du sarcome de Rous qui provoque des tumeurs chez les poules, ont observ\u00e9 que le virus avait int\u00e9gr\u00e9, dans son propre g\u00e9nome, un g\u00e8ne de la cellule- h\u00f4te qu\u2019il avait infect\u00e9e. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 la cause du mal.<\/p>\n<p>Ils ont alors compris que \u00abce n\u2019\u00e9tait pas une information extraterrestre qui provoquait le cancer, mais un morceau d\u2019un g\u00e8ne cellulaire que nous poss\u00e9dons tous. Mais ce dernier avait \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9 par le virus qui l\u2019avait ainsi soustrait au contr\u00f4le de la cellule.\u00bb<\/p>\n<p>Ainsi lib\u00e9r\u00e9e des processus r\u00e9gulateurs, de ses \u00abfreins\u00bb habituels, la cellule se mettait donc \u00e0 se multiplier de fa\u00e7on anarchique. \u00abSans le virus qui, en la mati\u00e8re, a servi d\u2019espion, on n\u2019aurait eu aucune id\u00e9e de ce qui se passait\u00bb, conclut l\u2019enseignante de l\u2019UNIL.<\/p>\n<p>Depuis, et toujours gr\u00e2ce aux virus, les biologistes ont aussi d\u00e9couvert les anti-oncog\u00e8nes, qui \u2013 comme leur nom l\u2019indique \u2013 agissent \u00e0 l\u2019inverse des pr\u00e9c\u00e9dents. Aussi nomm\u00e9s \u00abg\u00e8nes suppresseurs de tumeurs\u00bb, ils emp\u00eachent l\u2019emballement de la division cellulaire.<\/p>\n<h3>Des virus sont nos espions ou nos mouchards<\/h3>\n<p>C\u2019est \u00e9galement en utilisant ces microorganismes comme \u00abmouchards\u00bb qu\u2019Elena Buetti et ses coll\u00e8gues ont \u00e9lucid\u00e9, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1980, l\u2019un des m\u00e9canismes conduisant au cancer de la glande mammaire chez la souris. \u00abLorsqu\u2019elles ont des petits, certaines souris produisent des virus dans leur lait, et nous soup\u00e7onnions que cela avait un lien avec leur syst\u00e8me hormonal\u00bb, explique la chercheuse.<\/p>\n<p>Pour le confirmer, les biologistes ont cultiv\u00e9 des s\u00e9quences virales qu\u2019ils ont introduites dans des cellules. \u00abNous avons alors montr\u00e9 que, lorsque l\u2019on rajoutait des hormones st\u00e9ro\u00efdes, la production de s\u00e9quences virales augmentait. Pour la premi\u00e8re fois, nous avions ainsi prouv\u00e9 que des hormones pouvaient avoir un effet direct sur une activit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique. \u00bb<\/p>\n<p>Les virus-espions n\u2019en ont d\u2019ailleurs pas fini de servir d\u2019auxiliaires de la recherche. Ils sont toujours employ\u00e9s pour d\u00e9monter les rouages, tr\u00e8s complexes, de la canc\u00e9risation des cellules.<\/p>\n<h3>Des alli\u00e9s pour produire des vaccins<\/h3>\n<p>Entre les mains des biologistes, les virus sont aussi devenus des alli\u00e9s tr\u00e8s utiles pour la production de vaccins. Tel est notamment le cas du Baculo virus, un micro-organisme qui infecte les insectes.<\/p>\n<p>\u00abLes scientifiques peuvent remplacer l\u2019une de ses prot\u00e9ines par une autre, de leur choix\u00bb, explique la chercheuse du CHUV. Il suffit ensuite d\u2019infecter des cellules d\u2019insecte avec le virus modifi\u00e9 pour que celui-ci se multiplie et transforme les cellules en mini-usines produisant de grandes quantit\u00e9s de la prot\u00e9ine vis\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est sur ce principe qu\u2019a \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9 l\u2019un des vaccins r\u00e9cemment commercialis\u00e9s pour prot\u00e9ger les femmes contre le virus du papillome, responsable du cancer du col de l\u2019ut\u00e9rus.<\/p>\n<h3>Ce sont des \u00abv\u00e9hicules de transport\u00bb<\/h3>\n<p>Les virus n\u2019ont pas leur pareil pour p\u00e9n\u00e9trer au sein des cellules. C\u2019est ce qui fait leur force en tant qu\u2019agents pathog\u00e8nes. Mais cette caract\u00e9ristique peut aussi \u00eatre mise \u00e0 profit par la recherche biom\u00e9dicale qui les utilise comme vecteurs.<\/p>\n<p>Dans ce cas, ils ne jouent plus les agents secrets, mais servent plut\u00f4t de v\u00e9hicules de transport. Une fois consid\u00e9rablement att\u00e9nu\u00e9s, ou m\u00eame d\u00e9sactiv\u00e9s \u2013 et donc d\u00e9pourvus de leur pouvoir infectieux \u2013 ils peuvent acheminer, dans les cellules, des prot\u00e9ines pr\u00e9lev\u00e9es sur un tout autre virus contre lequel on souhaite vacciner.<\/p>\n<p>L\u2019un des agents couramment employ\u00e9s \u00e0 cette fin est le virus de la vaccine (responsable de la variole chez la vache). Il a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de la premi\u00e8re vaccination jamais tent\u00e9e sur l\u2019homme, \u00e0 la fin du XVIIIe si\u00e8cle \u2013 c\u2019est d\u2019ailleurs de l\u00e0 que vient le terme de \u00abvaccination\u00bb \u2013 et il a depuis permis d\u2019\u00e9radiquer la variole.<\/p>\n<p>A l\u2019\u00e9poque, le virus \u00e9tait inocul\u00e9 tel quel. Depuis, les biologistes ont appris \u00e0 le manipuler \u00e0 leur gr\u00e9. Ils l\u2019ont notamment dot\u00e9 d\u2019une des prot\u00e9ines de surface appartenant au virus de la rage. C\u2019est ce qui leur a permis de fabriquer un vaccin pour prot\u00e9ger les renards contre cette maladie.<\/p>\n<h3>La vaccine contre le sida<\/h3>\n<p>Le virus de la vaccine pourrait aussi contribuer \u00e0 la lutte contre le sida. Il est en effet \u00e0 la base de l\u2019un des vaccins (\u00e0 vis\u00e9e th\u00e9rapeutique et non pas pr\u00e9ventive), con\u00e7u par plusieurs \u00e9quipes coordonn\u00e9es par Giuseppe Pantaleo, directeur du nouvel Institut de recherches sur les vaccins de l\u2019UNIL, sous l\u2019\u00e9gide du programme europ\u00e9en EuroVacc.<\/p>\n<p>Pour \u00e9laborer un vaccin antisida, il est exclu d\u2019utiliser le virus VIH, m\u00eame att\u00e9nu\u00e9, qui pourrait se r\u00e9v\u00e9ler trop dangereux. Les chercheurs ont donc utilis\u00e9 la vaccine, qui fait office de cheval de Troie puisqu\u2019elle est capable d\u2019atteindre les cellules du syst\u00e8me immunitaire. Ils ont ensuite arm\u00e9 ce virus en le dotant de prot\u00e9ines appartenant au VIH, seules susceptibles d\u2019induire une d\u00e9fense immune.<\/p>\n<p>Test\u00e9 sur des volontaires sains \u00e0 Lausanne et \u00e0 Londres, ce candidat-vaccin a d\u00e9j\u00e0 fait l\u2019objet d\u2019essais cliniques pr\u00e9liminaires dont les premiers r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s prometteurs.<\/p>\n<h3>P\u00e9n\u00e9trer dans les muqueuses ou le cerveau<\/h3>\n<p>Si la vaccine est devenue un outil de choix pour l\u2019\u00e9laboration de vaccins, ce virus n\u2019est pas le seul \u00e0 tenir ce r\u00f4le. Les agents de la grippe, de la rougeole ou encore de l\u2019herp\u00e8s peuvent, eux aussi, \u00eatre mis \u00e0 profit. \u00abOn exploite les diff\u00e9rentes propri\u00e9t\u00e9s des virus\u00bb, explique Elena Buetti.<\/p>\n<p>Les coronavirus \u2013 famille \u00e0 laquelle appartient le SRAS (responsable du syndrome respiratoire aigu s\u00e9v\u00e8re) \u2013 ont par exemple la particularit\u00e9 de s\u2019attaquer aux muqueuses. Ils sont donc des vecteurs id\u00e9aux pour acheminer des prot\u00e9ines vaccinales dans ces tissus. D\u2019autres, comme les alpha-virus, ont la capacit\u00e9 de franchir la barri\u00e8re enc\u00e9phalo- rachidienne; ils pourraient donc p\u00e9n\u00e9trer dans le cerveau et y convoyer des prot\u00e9ines vaccinales charg\u00e9es de prot\u00e9ger les neurones. Et la liste est loin d\u2019\u00eatre close.<\/p>\n<h3>Les promesses de la th\u00e9rapie g\u00e9nique<\/h3>\n<p>Les virus sont donc d\u2019excellents v\u00e9hicules. En outre, il est possible de les manipuler et d\u2019ins\u00e9rer dans leur g\u00e9nome des g\u00e8nes \u00e9trangers. Il n\u2019en fallait pas plus pour que les biologistes fassent appel \u00e0 eux pour mettre au point des th\u00e9rapies g\u00e9niques, des m\u00e9thodes qui visent \u00e0 remplacer un g\u00e8ne \u00abd\u00e9fectueux\u00bb par son \u00e9quivalent sain afin de traiter certaines maladies g\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n<p>Au d\u00e9part, les m\u00e9decins ont plac\u00e9 d\u2019immenses espoirs dans ces th\u00e9rapies, mais force est de constater qu\u2019ils ont d\u00fb d\u00e9chanter.<\/p>\n<p>A ce jour, les seules th\u00e9rapies g\u00e9niques qui ont eu quelques succ\u00e8s sur l\u2019homme \u00absont celles qui sont pratiqu\u00e9es sur des cellules du sang, ex-vivo\u00bb, constate Elena Buetti. Elles consistent \u00e0 pr\u00e9lever, dans la moelle osseuse des malades, les cellules qui sont \u00e0 l\u2019origine des globules blancs. Puis \u00e0 y ins\u00e9rer \u2013 via un virus \u2013 un g\u00e8ne \u00e9tranger, avant de les r\u00e9injecter dans l\u2019organisme du patient.<\/p>\n<p>En revanche, tous les essais cliniques in vivo qui ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 et dans la d\u00e9cennie suivante se sont sold\u00e9s par des \u00e9checs. La seule r\u00e9ussite \u2013 relative \u2013 \u00e0 ce jour est \u00e0 porter au compte de m\u00e9decins fran\u00e7ais qui ont trait\u00e9 par ce biais les fameux \u00abb\u00e9b\u00e9sbulles \u00bb, ces nouveaux-n\u00e9s atteints d\u2019immunod\u00e9ficience s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Neuf des vingt jeunes patients trait\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 gu\u00e9ris, mais quatre d\u2019entre eux ont ensuite d\u00e9velopp\u00e9 une leuc\u00e9mie. Cette issue malheureuse, qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e au moment o\u00f9 l\u2019on annon\u00e7ait le d\u00e9c\u00e8s d\u2019un Am\u00e9ricain trait\u00e9 par th\u00e9rapie g\u00e9nique, a conduit \u00e0 la suspension de tous les essais cliniques pendant plusieurs ann\u00e9es.<\/p>\n<h3>Un brillant avenir<\/h3>\n<p>Ces exp\u00e9riences malheureuses ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 aux chercheurs et m\u00e9decins qu\u2019ils s\u2019\u00e9taient lanc\u00e9s trop vite dans l\u2019aventure des essais cliniques. Les techniques utilis\u00e9es dans ces traitements tr\u00e8s complexes n\u2019\u00e9taient alors pas au point. Les erreurs du pass\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es et, aujourd\u2019hui, les essais reprennent timidement, et sur d\u2019autres bases.<\/p>\n<p>Le principe de la th\u00e9rapie g\u00e9nique n\u2019est en effet pas en cause et, si la communaut\u00e9 scientifique et m\u00e9dicale se montre aujourd\u2019hui plus prudente, elle table toujours sur le d\u00e9veloppement de cette technique pour lutter, dans le futur, contre de nombreuses maladies.<\/p>\n<p>Si les \u00e9v\u00e9nements lui donnent raison, les virus seront \u2013 plus encore qu\u2019aujourd\u2019hui \u2013 fortement mis \u00e0 contribution en tant qu\u2019auxiliaires de la recherche et de la m\u00e9decine.<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Elisabeth Gordon<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Rhume, grippe, etc. Pas un hiver sans le nez qui coule et la gorge qui nous d\u00e9mange. 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