{"id":2116,"date":"2011-05-09T14:09:43","date_gmt":"2011-05-09T12:09:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/?p=2116"},"modified":"2012-05-11T09:27:11","modified_gmt":"2012-05-11T07:27:11","slug":"cest-lete-au-ou-jamais-de-gouter-au-bon-air-des-alpes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/cest-lete-au-ou-jamais-de-gouter-au-bon-air-des-alpes\/","title":{"rendered":"C&rsquo;est l&rsquo;\u00e9t\u00e9 ou jamais de go\u00fbter au bon air des Alpes"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_2204\" aria-describedby=\"caption-attachment-2204\" style=\"width: 530px\" class=\"wp-caption alignnone\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2204\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/allezsavoir\/files\/2011\/05\/alpes.jpg\" alt=\"\" width=\"530\" height=\"260\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2204\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Yvann K. - fotolia.com<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong><em>Cet hiver, le pr\u00e9sident du PDC suisse incitait ses compatriotes \u00e0 rester dans les fronti\u00e8res pour les vacances. Une invitation qui rejoint le pass\u00e9 prestigieux des Alpes, comme nous le rappellent le professeur Claude Reichler et Daniela Vaj, de l&rsquo;UNIL.<\/em><\/strong><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La Suisse est un paradis pour les vacances!\u00a0\u00bb C&rsquo;est le credo d\u00e9velopp\u00e9 cet hiver par le pr\u00e9sident du PDC suisse Christophe Darbellay pour consolider la position du tourisme suisse face \u00e0 la crise financi\u00e8re, et notamment en p\u00e9riode de franc fort. Passer ses vacances dans les Alpes? D&rsquo;autres y ont pens\u00e9 avant lui, \u00e0 commencer par de nombreux et prestigieux h\u00f4tes \u00e9trangers au XVIIIe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Les Alpes ont en effet suscit\u00e9 un int\u00e9r\u00eat dans le monde europ\u00e9en d\u00e8s la Renaissance, et cette curiosit\u00e9 s&rsquo;est consid\u00e9rablement modifi\u00e9e au cours des si\u00e8cles, comme nous le racontent le professeur de litt\u00e9rature fran\u00e7aise et d&rsquo;histoire de la culture \u00e0 l&rsquo;UNIL Claude Reichler, et l&rsquo;historienne Daniela Vaj, responsable de la base de donn\u00e9es Viatimages, partenaires et initiateurs du projet Viaticalpes, financ\u00e9 par l&rsquo;UNIL et le FNS, qui \u00e9tudie les repr\u00e9sentations iconographiques et litt\u00e9raires des Alpes \u00e0 travers les r\u00e9cits de voyage, de la Renaissance jusqu&rsquo;au XIXe si\u00e8cle.<\/p>\n<h2>Monts affreux, monts sublimes<\/h2>\n<p>\u00ab\u00a0Il y a toute une historiographie qui explique que, jusqu&rsquo;au XVIIIe si\u00e8cle, les Alpes \u00e9taient une r\u00e9gion qui faisait peur, elle \u00e9tait \u00e0 la fois \u00e9vit\u00e9e et rejet\u00e9e, et qu&rsquo;\u00e0 partir du XVIIIe si\u00e8cle, les voyageurs europ\u00e9ens se sont passionn\u00e9s pour ces montagnes\u00a0\u00bb, raconte le Professeur Claude Reichler.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cette version traditionnelle est tr\u00e8s bien exprim\u00e9e par la double anthologie de l&rsquo;historienne Eliane Engel intitul\u00e9e \u00ab\u00a0Ces monts affreux\u00a0\u00bb\/\u00a0\u00bbCes monts sublimes\u00a0\u00bb. Et d&rsquo;ajouter: \u00ab\u00a0Ce n&rsquo;est pas faux, mais en m\u00eame temps, les chercheurs ont r\u00e9cemment montr\u00e9 qu&rsquo;on rencontre d\u00e9j\u00e0 un int\u00e9r\u00eat pour les Alpes \u00e0 la Renaissance. Dans le milieu des humanistes protestants suisses, des voyages dans les Alpes ont lieu, on trouve des \u00e9crits qui font l&rsquo;\u00e9loge de la beaut\u00e9 du paysage des Alpes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si la Renaissance est l&rsquo;\u00e9poque des grandes d\u00e9couvertes g\u00e9ographiques, elle est aussi celle de l&rsquo;invention de l&rsquo;imprimerie. Appara\u00eetra d\u00e8s lors un genre litt\u00e9raire nouveau: le r\u00e9cit de voyage, accompagn\u00e9, dans toute l&rsquo;histoire europ\u00e9enne, d&rsquo;illustrations.<\/p>\n<h2>Naissance d&rsquo;une mode<\/h2>\n<p>De ces textes, il ressort que ce n&rsquo;est cependant qu&rsquo;au XVIIIe si\u00e8cle que l&rsquo;on peut r\u00e9ellement parler d&rsquo;une \u00ab\u00a0mode des Alpes\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Dans le Grand Tour, comme on a nomm\u00e9 le voyage de formation que faisaient les jeunes gens des grandes familles anglaises sur le continent, la Suisse n&rsquo;\u00e9tait alors qu&rsquo;un passage\u00a0\u00bb, rel\u00e8ve Daniel Vaj.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On passait les Alpes pour aller en Italie ou dans le Sud, on ne s&rsquo;y arr\u00eatait pas. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;au XVIIIe si\u00e8cle que l&rsquo;on s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la Suisse comme pays \u00e0 visiter pour ses paysages\u00a0\u00bb. A cette \u00e9poque, l&rsquo;on voit d&rsquo;ailleurs se multiplier les gravures colori\u00e9es d&rsquo;artistes que l&rsquo;on appelait les \u00ab\u00a0petits ma\u00eetres suisses\u00a0\u00bb, comme Aberli ou Biedermann, parce qu&rsquo;ils travaillaient sur des petits formats. Des images que l&rsquo;on vendait aux voyageurs, plus d&rsquo;un si\u00e8cle avant l&rsquo;apparition des premi\u00e8res cartes postales.<\/p>\n<h2>L&rsquo;attrait du sauvage<\/h2>\n<p>Mais comment expliquer les raisons de ces nouvelles habitudes alpines? \u00ab\u00a0Elles sont de divers ordres\u00a0\u00bb, r\u00e9pond Claude Reichler. \u00ab\u00a0Mais on remarque surtout que le go\u00fbt pour le paysage se modifie vers le milieu du XVIIIe si\u00e8cle. On passe de l&rsquo;admiration pour les paysages \u00e0 la fran\u00e7aise, c&rsquo;est-\u00e0-dire des paysages g\u00e9om\u00e9triques o\u00f9 la nature est ma\u00eetris\u00e9e et ordonn\u00e9e, comme les grands parcs de Versailles, au go\u00fbt pour les paysages \u00e0 l&rsquo;anglaise, au landscape gardening: ces parcs paysagers o\u00f9 on dissimule l&rsquo;intervention humaine derri\u00e8re la nature qui para\u00eet alors la ma\u00eetresse. On y cache par exemple les barri\u00e8res derri\u00e8re les haies d&rsquo;arbres, on fait comme si le parc se prolongeait de mani\u00e8re naturelle et quasi infinie dans la nature environnante. Cela refl\u00e8te un v\u00e9ritable changement dans la relation que l&rsquo;on entretient avec la nature. Tout \u00e0 coup, la nature sauvage devient pr\u00e9f\u00e9rable \u00e0 la nature domestiqu\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>On vient en Suisse admirer la d\u00e9mocratie<\/h2>\n<p>Pas \u00e9tonnant d\u00e8s lors de voir les Alpes, o\u00f9 la nature s&rsquo;impose dans toute sa grandeur, devenir une des destinations de choix pour les voyageurs aristocratiques du XVIIIe si\u00e8cle. Mais la Suisse attire \u00e9galement sur un autre plan, plus politique.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0A l&rsquo;\u00e9poque de la modernisation, de l&rsquo;urbanisation et de l&rsquo;industrialisation, la Suisse des Alpes appara\u00eet comme une sorte d&rsquo;\u00eele pr\u00e9serv\u00e9e o\u00f9 l&rsquo;homme vit en harmonie avec la nature. On vient alors en Suisse et on admire ce qu&rsquo;on pense \u00eatre la d\u00e9mocratie, dans une opposition totale avec les monarchies absolues environnantes\u00a0\u00bb, explique encore le Professeur Reichler.<\/p>\n<p>Il ajoute: \u00ab\u00a0Tout cela est partiellement imaginaire, bien entendu, mais cet imaginaire, les voyageurs pensent le v\u00e9rifier quand ils se prom\u00e8nent dans les cantons alpins&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour preuve encore de ce nouvel engouement, la multiplication des ouvrages consacr\u00e9s aux voyages dans les Alpes. Selon Gavin de Beer, un \u00e9rudit anglais, on recenserait vers le milieu du XVIIIe si\u00e8cle \u00e0 peu pr\u00e8s cinq livres nouveaux portant sur la Suisse en Europe par ann\u00e9e, contre trente \u00e0 quarante apr\u00e8s les guerres napol\u00e9oniennes, soit apr\u00e8s 1815. Des livres aujourd&rsquo;hui tr\u00e8s rares et pratiquement inconsultables, car dispers\u00e9s dans les collections des biblioth\u00e8ques, d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la base de donn\u00e9es mise en ligne pour le public par le projet Viaticalpes.<\/p>\n<h2>Byron, Goethe, Turner&#8230;<\/h2>\n<p>En d\u00e9coulera toute la mythologie de notre pays, qui, \u00ab\u00a0m\u00eame si nous voulons croire l&rsquo;avoir autog\u00e9n\u00e9r\u00e9e, est largement le produit de l&rsquo;image que les voyageurs europ\u00e9ens ont construite et projet\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Outre ces r\u00e9cits de voyage et autres textes savants, cette image de la Suisse est \u00e9galement construite, au fil des d\u00e9cennies, par les nombreux artistes prestigieux que la Suisse a vu d\u00e9filer dans ses montagnes comme Goethe, Byron, Mary Shelley, qui place son personnage Frankenstein dans les Alpes, ou encore le c\u00e9l\u00e8bre peintre Turner, qui viendra en Suisse \u00e0 sept ou huit reprises. Autant d&rsquo;artistes qui laisseront \u00e0 chaque fois des traces de leurs impressions dans leurs \u0153uvres respectives.<\/p>\n<h2>Le bon air des Alpes<\/h2>\n<p>Au XIXe si\u00e8cle, un autre crit\u00e8re appara\u00eet dans l&rsquo;int\u00e9r\u00eat suscit\u00e9 par les Alpes, celui du fameux \u00ab\u00a0bon air pur\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Conjointement au d\u00e9veloppement des \u00e9tudes scientifiques sur la physiologie, la m\u00e9decine va de plus en plus s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 l&rsquo;air des Alpes\u00a0\u00bb, explique Daniela Vaj.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Les scientifiques vont d\u00e9couvrir une s\u00e9rie de propri\u00e9t\u00e9s propres \u00e0 la montagne qui devient une sorte de laboratoire en plein air pour l&rsquo;observation scientifique et la m\u00e9decine. Ce nouvel int\u00e9r\u00eat sera alors r\u00e9duit au domaine du bien-\u00eatre physique, l&rsquo;air pur des Alpes devenant carr\u00e9ment un \u00e9l\u00e9ment th\u00e9rapeutique au cours du XIXe si\u00e8cle, car il soignerait de nombreuses maladies, en particulier la tuberculose\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une croyance d&rsquo;ailleurs v\u00e9hicul\u00e9e \u00e9galement par la tradition locale: \u00ab\u00a0On envoyait couramment les femmes enceintes \u00e0 la montagne\u00a0\u00bb, raconte encore Daniela Vaj.<\/p>\n<h2>La Suisse devient \u00ab\u00a0\u00bbe terrain de jeu de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb<\/h2>\n<p>Si l&rsquo;on note tr\u00e8s clairement des \u00e9volutions dans la mani\u00e8re dont on regarde les Alpes suisses et ce qu&rsquo;on y recherche au cours des si\u00e8cles, le changement le plus remarquable, note Claude Reichler, est de type sociologique: \u00ab\u00a0On est pass\u00e9, au milieu du XIXe si\u00e8cle, de voyageurs issus d&rsquo;\u00e9lites urbaines, comme des aristocrates et des artistes, \u00e0 un mode de voyage qui s&rsquo;est de plus en plus r\u00e9pandu et \u00e0 des technologies du voyage qui ont donn\u00e9 naissance \u00e0 une \u00ab\u00a0industrie des \u00e9trangers\u00a0\u00bb, comme on l&rsquo;appelait \u00e0 ce moment-l\u00e0, avec des infrastructures, des modes de transports &#8211; la vapeur, le chemin de fer -, qui permettaient aux touristes \u00e0 proprement parler d&rsquo;arriver en beaucoup plus grand nombre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette massification du voyage, qui arrive vers les ann\u00e9es 1860, avec notamment l&rsquo;agence Cook qui propose les premiers voyages organis\u00e9s, est d&rsquo;ailleurs relat\u00e9e par certains auteurs avec une certaine ironie: \u00abCertains voyageurs se moquent de ces Suisses qui, d\u00e8s le printemps, regardent tous vers les fronti\u00e8res et attendent les \u00e9trangers avec impatience\u00bb, raconte encore Claude Reichler.<\/p>\n<p>A cette m\u00eame p\u00e9riode, les touristes, notamment les Anglais, commencent \u00e0 se passionner pour l&rsquo;alpinisme, ce go\u00fbt de vaincre les sommets si pr\u00e9sent dans les mentalit\u00e9s \u00e0 cette \u00e9poque qu&rsquo;il inspirera le titre d&rsquo;un c\u00e9l\u00e8bre essai de Leslie Stephen, \u00ab\u00a0The playground of Europe\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Le terrain de jeu de l&rsquo;Europe\u00a0\u00bb).<\/p>\n<h2>Identit\u00e9 nationale et clich\u00e9s<\/h2>\n<p>Avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat grandissant pour les Alpes et sa d\u00e9mocratisation, il n&rsquo;\u00e9tait pas \u00e9tonnant de voir \u00e9galement appara\u00eetre leur r\u00e9cup\u00e9ration tant sur le plan politique que publicitaire. \u00ab\u00a0Cette reprise et la cr\u00e9ation de clich\u00e9s \u00e0 usage politique, que les historiens montrent \u00e0 l&rsquo;\u0153uvre d\u00e8s l&rsquo;Exposition nationale de 1896 \u00e0 Gen\u00e8ve, avec la construction du fameux \u00ab\u00a0village suisse\u00a0\u00bb, a un effet ambigu: si l&rsquo;on renforce l&rsquo;attrait de l&rsquo;image helv\u00e9tique, on la vide en m\u00eame temps de sa r\u00e9alit\u00e9, on en fait une sorte de mythe\u00a0\u00bb, analyse le Professeur Reichler.<\/p>\n<p>En m\u00eame temps, il est ind\u00e9niable que les Suisses ont construit leur identit\u00e9 sur la montagne et l&rsquo;identification au paysage alpin. \u00ab\u00a0L&rsquo;Expo.02 a voulu d&rsquo;ailleurs r\u00e9agir l\u00e0 contre en montrant non pas une Suisse des Alpes, mais une Suisse du Plateau et des lacs. Cette r\u00e9action \u00e9tait peut-\u00eatre juste, mais elle n&rsquo;a gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 suivie d&rsquo;effets\u00a0\u00bb, raconte le Professeur Reichler. \u00ab\u00a0Tout de suite apr\u00e8s, \u00e0 Shanghai, c&rsquo;\u00e9tait de nouveau la montagne qui repr\u00e9sentait la Suisse. Les Alpes semblent indissociables de notre identit\u00e9 collective\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h2>Le Disneyland suisse<\/h2>\n<p>Devenu une v\u00e9ritable industrie depuis le milieu des ann\u00e9es 1950, le tourisme a quant \u00e0 lui engendr\u00e9 un espace factice, si l&rsquo;on suit le sociologue valaisan Bernard Crettaz, pour qui les Alpes seraient r\u00e9duites \u00e0 un \u00ab\u00a0Disneyland\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0On vient y voir non seulement des paysages, pr\u00e9cise Claude Reichler, mais \u00e9galement des coutumes, comme les combats de reines ou la d\u00e9salpe. Il y a aujourd&rsquo;hui une pseudo-tradition qui correspond \u00e0 une demande de pass\u00e9 qui est une demande construite. Les images produites aujourd&rsquo;hui sur les Alpes sont cr\u00e9atrices d&rsquo;illusions, elles sont d\u00e9connect\u00e9es avec la r\u00e9alit\u00e9 de la nature, elles ne sont plus que des simulacres. Le tourisme alpin a pris des formes de divertissement urbain\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et d&rsquo;\u00e9voquer la publicit\u00e9 autour des sports extr\u00eames, \u00ab\u00a0ces t\u00e9moignages d&rsquo;une sorte d&rsquo;activit\u00e9 fr\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb, ou encore la production de neige artificielle, qui assimile la montagne \u00e0 une piste de skateboard.<\/p>\n<h2>Red\u00e9couvrir les Alpes avec le regard des voyageurs d&rsquo;autrefois<\/h2>\n<p>Pourtant, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, une demande d&rsquo;un autre tourisme a commenc\u00e9 \u00e0 se faire sentir, avec notamment un grand retour \u00e0 la pratique de la randonn\u00e9e. C&rsquo;est l\u00e0 pr\u00e9cis\u00e9ment qu&rsquo;intervient la volont\u00e9 du projet Viaticalpes: red\u00e9couvrir les Alpes avec le regard \u00e9merveill\u00e9 des voyageurs d&rsquo;autrefois, avant ces d\u00e9rives du tourisme de l&rsquo;hypermodernit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nous sommes des chercheurs qui se soumettent \u00e0 des crit\u00e8res scientifiques, mais nous sommes aussi conduits par des motivations d&rsquo;ordre \u00e9thique, spirituelle m\u00eame, et la diffusion d&rsquo;images anciennes peut nous aider \u00e0 retrouver un lien avec ce monde naturel, un monde qui peut nous enchanter et nous \u00e9merveiller si nous apprenons \u00e0 le regarder. Nous esp\u00e9rons qu&rsquo;\u00e0 travers la contemplation de ces images anciennes, revienne quelque chose de cet enchantement\u00a0\u00bb. Et Daniela Vaj d&rsquo;ajouter: \u00ab\u00a0Il serait bon de ne pas se rappeler la grandeur de la nature uniquement lors de catastrophes naturelles&#8230;\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: right\">Anne-Sylvie Sprenger<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cet hiver, le pr\u00e9sident du PDC suisse incitait ses compatriotes \u00e0 rester dans les fronti\u00e8res pour les vacances. 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